Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Docteur Jivago

samedi, octobre 24th, 2009

Trop étasunien.

Je n’avais pas vu le film depuis sa sortie en France, en 1966 ; malgré des réticences, j’y avais été traîné par une petite amie qui commençait à me lasser sérieusement (en fait, que je ne supportais plus), ce qui m’avait naturellement entraîné à dévaloriser ce que j’avais vu, reportant sur Docteur Jivago une hargne et un ennui injustifiés.

Ces considérations aussi personnelles qu’oiseuses faites, que dire aujourd’hui d’une œuvre que je persiste à trouver trop longue, bien que je ne m’y sois pas une minute ennuyé, durant cette après-midi pluvieuse ?

 

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Conte d’automne

dimanche, octobre 18th, 2009

Conte_d_automneUne saison réussie.

Le quatrième des Contes des quatre saisons d’Éric Rohmer, quatrième à la fois dans l’ordre chronologique des tournages et dans celui de ma propre vision, me semble assez largement supérieur aux trois premiers et, à mes yeux, n’est pas loin d’atteindre la grande qualité, sans parvenir, bien sûr, à égaler Ma nuit chez Maud et Le genou de Claire. (suite…)

Marty

dimanche, octobre 11th, 2009

Sensible et tendre

Quel film frais, attachant, émouvant aussi, souvent et quel beau rôle pour Ernest Borgnine, qui fut justement couronné d’un Oscar, alors que, dans sa longue et abondante carrière, il n’a jamais occupé le premier rang… Belle interprétation, aussi, de Betsy Blair, qui se noya ensuite dans des productions moins réussies…

Dans l’Amérique heureuse de 1955, sûre d’elle-même, confiante, optimiste, animée d’un formidable dynamisme, qui a gagné la Guerre et, malgré la Corée, n’a pas commencé à s’enliser sur toutes les terres d’Asie, il y a ce coin italien du Bronx, populaire et paisible où de braves gens sans histoire vivent des jours simples, encore marqués par l’empreinte de la Sicile ou de la Campanie : soutien familial, pratique religieuse et obligation faite à tous de fonder une famille… (suite…)

Un homme marche dans la ville

mardi, septembre 29th, 2009

Mélodrame naturaliste.

Une œuvre vilipendée conjointement par le Parti Communiste, la C.G.T. et la Centrale Catholique du Cinéma peut-elle être absolument médiocre ? Sûrement pas ! Et Un homme marche dans la ville est, de fait, un sacré bon film, prenant, triste et désespérant, construit sur l’histoire simple d’un couple mal assorti, d’une frustration féminine à la limite de l’hystérie et d’une méprise policière… Tout cela est un peu mélodramatique, mais le côté conventionnel de l’anecdote est effacé par la qualité de la réalisation et du parti original de filmer Le Havre de 1950…. (suite…)

Le masque de la mort rouge

samedi, septembre 26th, 2009

Débordant d’idées.

Comment se fait-il qu’après la si ridicule adaptation du Corbeau, du même Edgar Poë, Roger Corman puisse réaliser, avec Le masque de la mort rouge une sorte de petit chef-d’œuvre du film de genre, bourré d’idées délicieusement horrifiques, précurseur et sans doute inspirateur d’autres magnifiques films de terreur ? Il me semble avoir lu quelque part que Corman s’était alors établi en Grande-Bretagne, pays de la Hammer et de la prise au sérieux de l’épouvante… (suite…)

Place aux jeunes

jeudi, septembre 24th, 2009

59411_t6Lucide, désolant…

Voilà un film magnifique, bouleversant sans être jamais larmoyant, une de ces histoires tristes comme la vie qui donnent au cinéma une dimension presque charnelle, tant le sujet est vrai, tant le discours est juste… (suite…)

Les camarades

dimanche, septembre 20th, 2009

Misère du monde sans lendemains chantants.

Ce film extraordinaire pourrait permettre d’engager des tas de discussions pour en toucher les aspects divers ! On aimerait jubiler devant un DVD de meilleure qualité, comportant une VOST, et additionner, sans réticence sur la qualité du produit édité, les remarques sur le talent de Monicelli et la capacité de la comédie italienne de donner sans cynisme aucun, mais avec une impitoyable lucidité, qui est le seul vrai réalisme un regard de tendresse à la pauvre humanité. (suite…)

Into the wild

dimanche, septembre 13th, 2009

Indifférence de la Nature.

C’est un film trop long, assez dilué dans un prêchi-prêcha dont on comprend mal le sens, mais sûrement pas un film insignifiant ou inintéressant ; c’est très bien filmé, les paysages, la musique, les acteurs sont à la mesure, assez élevée des prétentions du sujet ; et, malgré la longueur et la prévisibilité du dénouement, on ne s’ennuie pas… (suite…)

Le crime farpait

samedi, septembre 12th, 2009

18424588Heureuse iconoclastie.

Capté par hasard sur une chaîne improbable, ce petit conte noir sarcastique m’a retenu jusqu’au bout de ses péripéties, assez convenues, mais amusantes et agréablement cyniques. J’ai un peu craint, au début, qu’il ne s’agisse que, comme dans Le couperet d’une histoire de struggle for life et que l’argument ultime soit celui de la lutte pour le pouvoir, les sous, la renommée, la considération, ou tout ce qu’on veut, d’un type assez banal, simplement séducteur et séduisant, comme on en voit des quantités. (suite…)

Le plaisir

mardi, septembre 8th, 2009

L’éclatante élégance de Max Ophuls.

À ceux qui prétendraient, contre toute évidence, que le cinéma, ça n’est jamais que du théâtre filmé, il faudrait recommander, toutes affaires cessantes, de regarder ne serait-ce que les trois premières minutes de l’histoire initiale  du Plaisir, film qui en conte trois, histoire intitulée Le masque, minutes qui sont un vertige absolu, où une caméra virtuose cueille en quelques plans la frénésie de la fête tout autant que la folie de qui ne se résigne pas à avoir vieilli. Saisi dans sa cavalcade, Ambroise, le masque (Jean Galland) perce littéralement l’espace, traverse les étages, les paliers et les coulisses du Palais de la Danse, dégringole les escaliers au milieu d’une foule à bout d’excitation et se lance dans un furieux galop qui l’étourdit jusqu’à l’ivresse… Merveilleuse, grisante leçon de cinéma ! (suite…)