L’intrigue est suffisamment crapuleuse, trouble, venimeuse, avec de larges aperçus des mesquineries minables et des secrets glaçants qui font le charme de toutes les petites villes de province : ces petites villes où chacun connaît chacun et surtout conserve le souvenir des coups tordus, malversations, adultères, anomalies survenus depuis plusieurs générations ; c’est un peu la même chose que dans les bourgades auscultées par L’Inspecteur Lavardin de Claude Chabrol ; comme l’écrivait le cher Léon Daudet : Il y a tout de même de drôles de crapauds dans le chaudron de la sorcière.
Excellent choix des décors ; le film n’est pas précisément situé mais il se passe en fait à Saint-Palais, à côté de Royan, commune dotée de formations rocheuses singulières et de nombreuses plages et aussi de belles villas de l’architecture balnéaire du siècle dernier. Voilà qui permet de présenter des séquences variées, originales, bien situées.
Deux groupes d’acteurs. Les filles, d’abord, magnifiques et montrées avec complaisance. Les trois goules sur qui repose le récit : Élisabeth (Élisabeth Bourgine, déjà magnifique dans Cours privé) et sa petite sœur Isabelle (Marie Trintignant) et Jeanne (Gabrielle Lazure) qui est peut-être (mais le saura-t-on ?) l’amante d’Élisabeth. Mais aussi Marie (Anne Roussel), qui se prostitue à l’occasion ; et Winny (Stefania Sandrelli) qui est la mère de Marie et l’ancienne amante de l’inspecteur principal Médinat (Philippe Noiret), dont nous allons bientôt parler. Et aussi Cora (Andréa Férréol), Gazelle (Suzanne Flon), Kéli (Laura Betti), le docteur Chauveau (Catherine Hiegel). Toutes ces actrices n’ont rien de médiocre. Mais vous ne trouvez pas qu’il y en a beaucoup ? Et que c’est sans doute le défaut extrême du film.
