L’économie du couple

février 23rd, 2018

Les bobos peints par eux-mêmes.

On se demande bien où est la différence entre ce film et un truc tourné pour la télévision. On se dit, d’ailleurs que si ça avait été financé pour TF1, il y avait moyen de tirer une longue série de l’histoire de ce couple un peu plus que trentenaire affublé de deux charmantes jumelles de 7 ou 8 ans, qui vit dans une maison pleine de charme on ne sait où dans ce qui doit être la banlieue parisienne colonisée par les professions boboïsées. Ça pourrait être à Montreuil ou à Bagnolet, dans une de ces communes où, tout doucement la pression immobilière et la griserie libertaire alternative écologiste locavore attirent des tas de gens. Read the rest of this entry »

Ma cousine de Varsovie

février 16th, 2018

Triste comme un chameau sous la neige.

Juste avant de signer une entrée tonitruante dans le cinéma, en 1942, avec L’assassin habite au 21 – immédiatement suivi par Le corbeauHenri-Georges Clouzot avait prêté son talent de scénariste et de dialoguiste à deux films qui ne sont pas négligeables, Le dernier des six de Georges Lacombe en 1941 et Les inconnus dans la maison de Henri Decoin en 1942. Mais auparavant ? Eh bien, à partir de 1931, il avait entamé le rude apprentissage du métier de cinéaste en adaptant et dialoguant une quinzaine de films dont bien peu ont laissé la moindre trace dans la mémoire des cinéphages les plus assidus. À peine peut-on citer, dans cette veine et cette époque Un soir de rafle de Carmine Gallone en 1931, avec Albert Préjean et Annabella et Éducation de prince d’Alexandre Esway en 1938, avec Louis Jouvet et Elvire Popesco. Read the rest of this entry »

Le choix des armes

février 14th, 2018

Le calme des vieilles troupes.

C’est bien le rythme et la vivacité qui font d’abord l’intérêt du Choix des armes et qui permettent de passer au dessus d’un scénario un peu funambulesque. Qu’est-ce que j’entends par là ? Non pas un scénario vraiment compliqué, fuligineux, incompréhensible, comme il en existe tant et tant : non, le récit est bien maîtrisé et clairement conté. Mais plutôt parce que le scénario, de Michel Grisolia (à qui on doit notamment Flic ou voyou, agréable polar parodique de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo) est assez mécanique et que, comme toutes les mécaniques, il manque un peu de chaleur et de chair. Read the rest of this entry »

Les Tuche

février 13th, 2018

La civilité puérile et honnête.

Mon cerveau ayant malheureusement désormais atteint un état intermédiaire entre le fromage blanc et l’éponge synthétique, je ne me rappelais absolument pas que j’avais déjà vu Les Tuche il y a plus de cinq ans : c’est le propre de ces horreurs de vous sidérer, de vous statufier, de vous vitrifier. Deux ou trois fois pendant le film ce qui me reste de lucidité a cru reconnaître un épisode déjà regardé, mais, comme bon nombre de psychopathes, je suis alors parti dans le déni, refusant d’admettre que je venais de passer à nouveau de précieuses minutes du temps qu’il me reste à vivre à regarder ça, alors que je viens de m’acheter l’édition Bluray de Autant en emporte le vent et l’intégrale de Angélique, marquise des anges qui auraient été bien plus intelligents à regarder. Que dire ? La vieillesse est un naufrage, on ne le répétera jamais assez fort et assez souvent. Read the rest of this entry »

D’où viens-tu Johnny ?

février 10th, 2018

Eh bien, retournes-y !

J’ai déployé des efforts intellectuels invraisemblables pour enregistrer D’où viens-tu Johnny ? qui passait sur TV5 à une heure indécente et je me trouve bien nigaud de ne pouvoir dire un peu de bien du film. Nul n’imaginait que L’idole des jeunes allait nous planter là, comme un vulgaire mortel et recevoir un hommage aussi démesuré qu’intéressant à contempler. Read the rest of this entry »

Le reptile

février 9th, 2018

Trop habile.

Il me semble que je ne suis pas le seul à penser que l’intrigue du Reptile aurait pu tout à fait se passer de l’appareil clinquant du western ; et pour ma part, j’estime que l’aspect sarcastique et assez méchant du film aurait gagné à serépandre dans un autre cadre, peut-être quelque chose comme l’Angleterre victorienne. On me dira, avec quelque raison, que les nids de crotales ne se trouvent pas facilement dans l’Essex ou dans le Devon ; sans doute mais à part le jaillissement final et quasi conclusif, on ne peut pas dire que ces charmantes bestioles jouent un rôle essentiel dans l’aventure. En d’autres termes on aurait pu remplacer les ophidiens par je ne sais quoi d’autre que les scénaristes auraient sûrement facilement imaginé. Read the rest of this entry »

Paterson

février 6th, 2018

Musée de l’ennui.

Je n’ai rien contre, en principe, les films où il ne se passe rien, où la banalité extrême des jours l’emporte sur l’aventure : après tout, dans notre propre vie, à part les grands moments du mariage, de la naissance des enfants et de la mort (la sienne et celle de ceux que l’on aime vraiment, qui ne sont pas légion) il est bien rare que des événements extraordinaires surviennent ; même les guerres et les révolutions fichent la paix, hors exception rarissime à une grande partie des gens. Filmer le quotidien, ses mille tout petits instants insignifiants n’a rien de scandaleux. et après tout, dans un tout autre domaines un des plus grands écrivains de tous les temps a commencé sa Recherche en contant ses difficultés à s’endormir sans avoir reçu le baiser pacifiant de sa mère.

Read the rest of this entry »

Mireille

février 4th, 2018

Tutu panpan, aïoli, farandole…

Même si, selon mon vieux maître Charles Maurrasaucune origine n’est belle, je n’ai aucune prévention contre toutes les formes d’archéologie. Et donc pas d’avantage pour celles qui s’appliquent aux films et qui permettent de présenter aujourd’hui des œuvres anciennes – et souvent des ébauches – absolument dénuées d’intérêt intrinsèque mais qui peuvent quelquefois amuser les esprits curieux. C’est bien ce qui pourrait être le cas de Mireille tourné en 1932 par René Gaveau (plus connu pour être un honnête directeur de la photo) et Ernest Servaes. Sur la mince trame du poème provençal de Frédéric Mistral, voilà que les réalisateurs plaquent les airs célèbres de l’opéra tiré du poème par Charles Gounod, engagent des acteurs amateurs et intercalent entre les péripéties de belles vues des paysages de la Crau et de la Camargue.

Read the rest of this entry »

Oblivion

février 1st, 2018

Boutique obscure.

Que des esprits distingués et réellement amateurs de cinéma puissent trouver le moindre intérêt à Oblivion me déconcerte et m’interpelle. Que l’on puisse trouver les moindres qualités à ce film me surprend et m’effare. Qu’est-ce qu’il y a là-dedans, à part des images spectaculaires et des effets spéciaux soignés ? Rien du tout ! Et surtout pas un récit d’une complication excessive qui débouche sur un propos philosophique du niveau d’une mauvaise classe de Troisième de banlieue pourrie ? Au début, bien sûr, on se croit dans un récit plein d’aventures, point trop prétentieux et dispensateur de beaux décors, de belles images, d’architectures compliquées et lumineuses tout cela enluminé par des effets spéciaux de qualité. Et voilà qu’on se retrouve, comme d’habitude, hélas !, dans un prêchi-prêcha moralisateur, écologiste, terne, consensuel où le montage ultra-rapide et les accélérations hystériques ont déjà été vues cent fois et davantage. Read the rest of this entry »

La nuit du loup-garou

janvier 30th, 2018

Le loup, meilleur ami de l’homme.

En étant un peu sommaire, on pourrait classer les horreurs qui surgissent des films d’épouvante en deux catégories : celles qui ont, d’une façon ou d’une autre, été si fascinées par le Prince des Ténèbres qu’elle lui ont voué un culte, lui ont donné leur allégeance et sont devenues les séides de Satan en adhérant avec enthousiasme à son Évangile ; et, d’autre part celles qui, par malchance ou fatalité, sont en quelque sorte contraintes à massacrer parce qu’il ne leur est pas possible d’échapper à leur noire destinée. Parmi les premières figurent toutes les variétés satanistes, adoratrices du Malin, représentantes de sa puissance sur terre, par exemple les sectateurs de La Malédiction et, au sommet du romanesque, les vampires (tout au moins tant que l’on a confiné Dracula à sa place maléfique. Les secondes sont des malheureuses victimes à peu près innocentes d’une péripétie dramatique dont elles ne sont pas responsables, jouets de forces qui les dépassent. Par exemple les zombies ou la créature de Frankenstein. Read the rest of this entry »