Les contes de la lune vague après la pluie

octobre 25th, 2021

Machin nippon.

Malgré mon ignorance et ma totale indifférence pour le Japon, sa culture, sa mentalité et même son existence, j’avais depuis longtemps résolu de regarder Les contes de la lune vague après la pluie. Pourquoi ? Exclusivement grâce au beau titre français, aux sonorités mélodieuses. Mais on devrait toujours se méfier de ce genre de curiosités bienveillantes : finalement, Mizoguchi, c’est aussi étranger et enquiquinant que tous les autres, Ozu ou Kurosawa ; ça se passe dans des contrées si exotiques qu’on n’en comprend rien, sur des modes et des rythmes qui sont si éloignés des nôtres qu’on doute vraiment qu’un Occidental puisse y piger quelque chose. Mais enfin, il y a toujours des gogos qui marchent dans l’exotisme. Read the rest of this entry »

Il Bidone

octobre 22nd, 2021

Tragédie d’un homme ridicule.

I Vitelloni, réalisé en 1953, montrait avec talent la vacuité des bandes de parasites incapables de construire leur vie. Il bidone, réalisé en 1955, représente l’infinie médiocrité d’escrocs à la petite semaine qui profitent petitement, méprisablement, de pauvres gens qu’ils grugent. Le film est souvent pathétique et même quelquefois glaçant. C’est vraiment le récit de la vie de minables qui, même s’ils se rendent compte de la saleté de leur existence ne peuvent pas à parvenir à s’en sortir. C’est un film qui pèse parce qu’il présente la réalité cinglante de la vie, les fausses bonnes raisons qu’on se donne, les accommodements avec la conscience, les tripatouillages avec sa morale. Read the rest of this entry »

Aux frontières de l’aube

octobre 20th, 2021

Retiens la nuit !

Voilà un film qui a l’intelligente disposition d’esprit de ne pas présenter les vampires comme de pauvres créatures vouées par une sorte de malédiction dont elles ne sont pas responsables à accomplir des actes abominables. Celles que Kathryn Bigelow présente dans Aux frontières de l’aube ont été happées sans le vouloir dans le cycle infernal des tueries, mais paraissent n’avoir aucun regret de leurs vies d’auparavant et se satisfaire avec volupté de leurs existences nocturnes de tueries. C’est déjà un bon point pour un film souvent maladroit et boursoufflé d’incohérences narratives, mais bien agréable à regarder et plein d’images magnifiques. Read the rest of this entry »

Kursk

octobre 16th, 2021

De l’air !

Même si l’on n’est pas soi-même particulièrement claustrophobe, on ne se sent pas vraiment à l’aise à l’intérieur d’un gros tube de métal immergé dans la mer glauque. Le cinéma ne déteste pas nous plonger dans les profondeurs abyssales, mais il faut bien dire que les conditions de vie présentées dans Les maudits de René Clément (1947) ou dans 20000 lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954) ne donnent pas une idée bien anxiogène de la réalité. Celle-ci est davantage montrée dans l’assez médiocre – à mon sens – Poursuite d’Octobre rouge de John McTiernan (1990) et le très précis Chant du loup d’Antonin Baudry (2019). Read the rest of this entry »

Le carnaval des âmes

octobre 14th, 2021

Le jour des morts-vivants.

Il fut un temps où nous recevions des États-Unis des films étranges et intéressants, des films un peu fauchés, plutôt minimaux et qui n’avaient rien à voir avec les blockbusters hollywoodiens, parfaites illustrations du mondialisme ambiant actuel. Il fut un temps où les réalisateurs ne se souciaient pas tellement de faire du cash un peu partout sur la terre mais davantage de présenter une réalité. À quoi puis-je penser en écrivant cela ? Par exemple à 2000 maniaques de Herschell Gordon Lewis : une photographie sarcastique de l’Amérique profonde, sans jugement moraliste et niais. Read the rest of this entry »

Le petit Claus et le grand Claus

octobre 11th, 2021

Les frères faiseurs.

Bien que ce téléfilm d’un peu plus d’une heure ait été commandé à Pierre Prévert par Claude Santelli, le merveilleux magicien du Théâtre de la jeunesse (une des splendeurs de la télévision d’antan), bien qu’il s’établisse sur un conte profond et sarcastique d’Hans Christian Andersen, il ne vaut pas grand chose. On peut d’ailleurs se demander pourquoi et comment il a bénéficié d’une si grande bienveillance critique et a reçu tant et tant de distinctions, notamment le prix de la meilleure émission de télévision. Read the rest of this entry »

Les yeux de Satan

octobre 9th, 2021

Sans démons ni trompettes.

Voici la version sombre, à prétention inquiétante, du fameux Cercle des poètes disparus de Peter Weir, qui, près de vingt ans plus tard, braquait ses projecteurs sur la capacité d’un professeur charismatique et séduisant de fasciner une classe de grands d’adolescents. Ceci jusqu’à faire perdre toute mesure à des élèves désormais prêts à tout, ou presque, pour suivre les orientations d’une sorte de gourou qui sait les manipuler vers de bases besognes. Adolescence, âge compliqué de la vie où l’on peut, de fait, se vouer à l’enseignement et aux préceptes d’un maître et en suivre aveuglément le chemin. Read the rest of this entry »

Un condé

octobre 6th, 2021

« Tout le monde déteste la police ! »

La pré-commission de censure à qui, à l’époque étaient soumis tous les films a imposé d’en changer le titre. C’est ainsi que Le condé a été modifié en Un condé, mais cette atténuation sémantique ne peut tromper personne : Yves Boisset avait entrepris de dresser un procès à la police. Non pas seulement à un mauvais policier, corrompu, brutal, malade, pervers, sadique pourtant nullement exemplaire, mais bien à l’institution policière en soi. Un des aphorismes du film est d’ailleurs : La police est un métier sale, qu’on ne peut faire que salement. Read the rest of this entry »

La cité de l’indicible peur

octobre 3rd, 2021

Affiche

Trois cavaliers de l’orage.

On sait bien que de Jean-Pierre Mocky, on ne peut pas attendre grand chose, si ce n’est de l’abondance et du verbiage. Et de l’excès et du mauvais goût. Et des orientations qui poussent vers l’invraisemblable, le grotesque, le caricatural, l’outrancier. C’est une sorte de marque de fabrique, fièrement arborée et finalement plutôt ridicule : un type qui a voulu entrer dans la cour des grands et a fini par tourner n’importe quoi en arborant sa solitude comme un bouclier odoriférant. Read the rest of this entry »

Bande à part

septembre 30th, 2021

Oublier Joinville.

Il paraît que Bande à part est un film apprécié par Quentin Tarantino qui a appelé sa société de production A Band Apart en hommage au film de Jean-Luc Godard. Diable ! Ce n’est pas que je sois un thuriféraire absolu de l’auteur de Reservoir dogs, mais je ne me suis jamais ennuyé à mourir en regardant un de ses films, je ne leur ai jamais trouvé une infinie vacuité prétentieuse, ni des dialogues moches et abscons, je n’ai pas repéré des tics de filmage exaspérants ; pour tout dire, je veux croire et j’espère bien qu’il demeurera plus longtemps dans les histoires du cinéma que le cagot Genevois que des régiments de gogos ont pris longtemps pour un phare de l’art cinématographique, avant que le monsieur se suicide, d’une certaine façon, après Mai 68, ne survivant que par des copinages éhontés et germanopratins. Read the rest of this entry »