Fils de la Nation

avril 18th, 2018

Pour saluer l’Histoire.

Qu’on le veuille ou non, qu’on en enrage ou qu’on s’en attriste, Jean-Marie Le Pen est une des figures intéressantes du dernier demi-siècle. « Intéressantes » ne veut pas dire « importantes » : n’ayant eu aucun poids sur le cours des choses, n’ayant jamais détenu une once de pouvoir, il ne peut pas prétendre à être qui que ce soit d’autre qu’un témoin engagé. Read the rest of this entry »

Le marquis de Saint-Évremond

avril 16th, 2018

Ferme les yeux et pense à l’Angleterre !

Chers Anglais, insupportables et indispensables à l’équilibre du Monde, vous avez toujours été stupéfiants ! Lorsque, bien à l’abri de l’autre côté du Channel, vous prétendez jeter un regard – souvent légèrement pincé, au demeurant – sur les réalités et mœurs françaises, vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère. Aller postuler, comme le fait Le marquis de Saint-Evremond,le roman Un conte des deux cités de Charles Dickens et le film dont il est tiré que la population parisienne était si affamée dans les années qui précèdent immédiatement la Révolution qu’elle pouvait se précipiter pour laper le vin d’un tonneau éclaté sur la chaussée n’est-il pas légèrement excessif ? Et surtout terriblement hypocrite lorsqu’on fait partie d’un pays dont les habitants victimes d’une intense misère n’avaient cessé d’émigrer dans le Nouveau Monde, vers des terres plus accueillantes, depuis deux siècles… Et imaginer que les grands seigneurs méchants hommes comme le marquis de Saint-Evremond tel qu’il est montré dans le film avaient autant de latitude sanguinaire que les lords britanniques pour écraser la populace (revoyons Le chien des Baskerville !), c’est vraiment transposer sa propre sauvagerie sur une terre qui n’a que très marginalement connu ces ignominies qui étaient presque un sport national Outre-Manche. La réalité française, c’est bien davantage la peine capitale infligée au comte de Horn que le Régent ne graciera pas (revoir Que la fête commence). Read the rest of this entry »

Les barbouzes

avril 16th, 2018

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Guère loin du dérapage…

Curieux film, finalement, qui dix fois, vingt fois, conduit à se dire Ce que c’est idiot ! et à s’agacer un peu de sa propre complaisance à le regarder, mais qui, tel l’acrobate qui manque perdre l’équilibre et tomber de son fil de fer dans la rue, se rétablit à l’instant suivant grâce à une des divines formules de Michel Audiard, divinement dites par l’un ou l’autre des acteurs… On imagine assez, finalement, le climat sûrement irréel du tournage, son côté décousu et invraisemblable, la découverte incrédule que les techniciens devaient faire de ces superbes tempéraments lâchés dans un climat de complète fantaisie ; l’inventivité qui roule sur elle-même, l’outrance des situations et des comportements, l’accentuation de tous les stéréotypes possibles finissent par placer ce film enragé sur le bon plateau de la balance, alors qu’il tutoie perpétuellement l’obstacle. Read the rest of this entry »

F comme Flint

avril 13th, 2018

3344428008956Gardez vos poules, je lâche mon coq !

Dans le souvenir que j’avais gardé de la brève, très brève série des Flint, le second épisode, F comme Flint, était le meilleur. Et après tout, pourquoi pas ? Pour les Bond, la préférence de beaucoup d’amateurs (dont je suis) va plutôt au n°3 (Goldfinger) ou au n°2 (Bons baisers de Russie) qu’au n°1 (Dr. No). Et il est vrai que, dans ce genre où le héros revient de film en film, la familiarité avec lui et avec les codes qui le portent peut mettre davantage de souplesse dans le propos, comme un vêtement qu’on porte s’assouplit à l’usage et devient plus seyant. Mais au bout d’un certain temps, à la souplesse succède l’usure. C’est ce qui est arrivé à Bond, dès le n°5, On ne vit que deux fois, et ce qui se poursuit aujourd’hui vers l’avachissement total, malgré ici et là quelques sursauts.

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Lucia et le sexe

avril 12th, 2018

La chair est triste, hélas…

Si les deux actrices principales, Paz Vega et Elena Anaya, n’étaient pas l’une et l’autre dotées de corps superbes souvent non dissimulés et quoique la première nommée n’ait pas un bien joli visage, j’aurais certainement mis une note encore inférieure à ce film fourre-tout , film dont le titre roublard a sûrement été imposé pour attirer le chaland. Je n’ai rien contre la beauté féminine, bien au contraire, et de jolies anatomies dénudées n’ont rien pour me choquer, encore moins me déplaire. Après tout, si le Bon Dieu a fait la femme si harmonieuse, c’est qu’Il avait d’excellentes raisons et que nous serions bien hypocrites, bien cagots, bien médiocres de nous affliger de cette beauté, qui n’est pas plus scandaleuse que celle des mers et des montagnes. Read the rest of this entry »

Le récupérateur de cadavres

avril 11th, 2018

La leçon d’anatomie.

C’est un drôle de film, ce Récupérateur de cadavres. Ce n’est pas tout à fait un thriller, malgré l’angoissante atmosphère qui l’entoure ; ce n’est pas tout à fait un film d’épouvante, alors même que le sujet est absolument glaçant ; ce n’est pas tout à fait un film fantastique, même si la fin et l’obsessionnelle hantise du docteur Mac Farlane (Henry Daniell) y dirigent ; et ce n’est pas tout à fait non plus une sorte de film historique et documentaire consacré aux pas hésitants de la médecine expérimentale qui a besoin, après les travaux empiriques, de s’appuyer sur des réalités plus fermes et de disséquer à grande échelle des corps humains pour explorer les secrets de la nature ; et ce n’est pas non plus tout à fait le récit transposé des réelles affaires troubles et sans doute criminelles survenues à Edimbourg vers 1830 où deux sacripants irlandais, Burke et Hare, furent suspectés de ne pas livrer au docteur Knox seulement des cadavres frais récupérés dans les cimetières mais d’accélérer autant qu’il se pouvait l’action du temps et du destin.

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Le bonheur est dans le pré

avril 9th, 2018

Histoire d’oies.

Avec Le bonheur est dans le préÉtienne Chatiliez, réalisateur publicitaire qui avait fait une irruption tonitruante au cinéma avec l’excellent La vie est un long fleuve tranquille et le presque aussi bon Tatie Danielle, films grinçants, narquois, intelligents, drôles comme tout, qui renversaient les vaches sacrées de la bien-pensance, engageait une longue dégringolade. Et même une dégringolade stupéfiante dans l’intensité et la profondeur pour parvenir à l’abomination absolue d’Agathe Cléry.

 

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Aventure à Paris

avril 7th, 2018

Le grand Jules.

Aventure à Paris est un brave petit film, nullement désagréable, mais qui n’a pas d’autre intérêt que de montrer dans sa splendeur la grandiose outrance et l’absolue séduction de Jules Berry, qui occupe l’écran en permanence passant comme un coup de vent, bluffant tous les hommes et charmant toutes les femmes. Puis deux excellents comédiens en faire-valoir : la rondeur un peu soufflante et embarrassée de Lucien Baroux et le ravissant minois de Danièle Parola, que j’avais déjà remarquée dans Sous les yeux d’Occident du même réalisateur Marc Allégret et du même producteur André Daven (d’ailleurs le mari de la belle qui abandonna très vite, au demeurant, le cinéma).

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Dupont Lajoie

avril 5th, 2018

C’est la chenille qui redémarre.

Oui, il y a deux films bien différents et très clivés dans Dupont Lajoie. Le premier est une sorte d’illustration narquoise, un prolongement cinématographique des dessins féroces de Cabu (les Beauf) ou de Reiser (Gros dégueulasse ou Vive les femmes). Le second est un pamphlet antiraciste à la Boisset, plutôt lourd et caricatural qui dénonce, s’il en était encore besoin, la stupidité collective des foules. C’est aussi pesant et démonstratif que le médiocre À mort l’arbitre de Jean-Pierre Mocky, consacré à la terrifiante stupidité des supporteurs de football. Read the rest of this entry »

Les 4 fils de Katie Elder

avril 1st, 2018

Fantasia chez les ploucs.

Encore une de ces productions étasuniennes de série qui ont envahi nos écrans en n’apportant que des images poussives d’histoires bien banales ! Comment se fait-il que notre Europe qui a ressenti sur sa propre terre tant de convulsions passionnantes aient pu s’intéresser à ces histoires bouseuses de garçons vachers qui règlent leurs comptes de façon sommaire sur fond de coups de fusils et de bagarres alcoolisées ? J’ai beau en avoir vu une palanquée, je n’arrive pas à concevoir comment on peut être fasciné par ce genre primitif du western, sauf lorsqu’il permet l’évasion vers l’exotisme et qu’il montre de sauvages peignées infligées aux ou reçues des indiens… Mais ça n’a d’agrément que comme les films consacrés à l’empire des Indes, aux maharadjahs fabuleux et aux tigres du Bengale. Read the rest of this entry »