Jules et Jim

avril 22nd, 2017

Méfiez-vous des femmes !

Quatre ou cinq visions déjà de Jules et Jim, la dernière tout à l’heure et toujours le même étonnement que le film puisse bénéficier d’une aura pareille et être cité parmi les grandes réussites de François Truffaut alors que les débuts de la saga Doisnel (Les Quatre cents coups, Antoine et Colette, Baisers volés) mais aussi La peau douce, Tirez sur le pianiste, Le dernier métro, Vivement dimanche ont bien davantage de qualités. Read the rest of this entry »

Goltzius et la Compagnie des pélicans

avril 20th, 2017

Tohu-bohu.

Il me semble que l’étrange Peter Greenaway a un peu disparu des écrans de la notoriété, après des débuts tonitruants éclairés par cette étrangeté même. Et aussi par le caractère noir, mordant, ironique, érotique, violent, dérangeant de ses films aux beaux titres énigmatiques (Meurtre dans un jardin anglais –1982 -, Le ventre de l’architecte – 1987 -, Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant – 1989 -) et aux illustrations musicales de Michael Nyman. Read the rest of this entry »

Pirates des Caraïbes

avril 19th, 2017

Les enfants du siècle.

Et puis voilà que j’ai appris, en lisant la chose ici et là, que le film est la translation cinématographique d’une attraction créée à Disneyland, qui a dû faire briller bien des yeux de bambins et inspirer bien des vocations corsaires et boucanières ! Tout s’explique alors : le manque d’épaisseur des personnages, l’indigence des dialogues, les bizarreries de l’intrigue – qui se veut à la fois sombre et rigolote -, l’infantilisme des situations, l’abondance des effets spéciaux et le parti pris d’en fourrer à tout moment pour tous les yeux. Read the rest of this entry »

L’aîné des Ferchaux

avril 11th, 2017

laine-des-ferchauxPas de clerc

Lorsqu’on a en tête Samouraï, Doulos, Cercle rouge et autre Armée des ombres , L’aîné des Ferchaux ne tient vraiment pas la route, la route interminable parcourue par les deux protagonistes dans des États-Unis gluants, poisseux, nocturnes. Read the rest of this entry »

Police

avril 7th, 2017

Pialat hors de lui.

Je suppose que Maurice Pialat, assez grisé par le succès critique et même un peu public de Loulou et de À nos amours, bénéficiant de ce fait de la confiance des producteurs, a voulu alors se mesurer à une des figures imposées de la réussite cinématographique, le genre policier, qui, habituellement fait affluer le spectateur dans les salles. Police est issu de cette ambition, mais je trouve que, si estimable soit la copie, elle est un peu inférieure aux sujets vraiment graves et atypiques sur quoi la renommée du cinéaste s’est établie. Read the rest of this entry »

L’insoumis

avril 6th, 2017

Triste soldat perdu…

L’aventure suicidaire et désespérée des combattants perdus et fous de l’OAS n’a pas tenté grand monde au cinéma : à part une courte séquence dans Le feu follet où Alain Leroy (Maurice Ronet) bavarde quelques instants, au Café de Flore avec les frères Minville (Romain Bouteille et François Gragnon), je ne connais guère que Le combat dans l’île avec Jean-Louis Trintignant réalisé par Alain Cavalier, comme cet Insoumis que je viens de revoir. Read the rest of this entry »

Le vélo de Ghislain Lambert

mars 31st, 2017

« Baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur ! »

Le film est un peu à l’image de la carrière de son principal interprète, Benoît Poelvoorde : engagé à toute allure, sur des chapeaux de roues, il a tendance à s’engluer et à se dissoudre dans une certaine insignifiance, dans une torpeur qui n’est pas désagréable mais qui n’a plus beaucoup d’intérêt. On sait que Poelvoorde souffre depuis plusieurs années de syndromes dépressifs, ce qui peut expliquer l’engourdissement de son parcours ; on comprend moins pourquoi le souvent excellent Philippe Harel a donné au Vélo de Ghislain Lambert une durée démesurée de presque deux heures alors que, confiné dans un format plus restreint, il serait un de ces petits bijoux rares du cinéma qui sont les pépites d’une époque. Read the rest of this entry »

Hypnose

mars 30th, 2017

Rendez-vous dans la cave.

Voilà un bien honnête film fantastique mâtiné de thriller, qui s’appuie sur une histoire de Richard Matheson et qui présente quelques ressemblances, sans doute fortuites, avec Shining. C’est bien interprété, à une exception sur quoi je reviendrai, filmé efficacement et ça tient en haleine, même si l’amateur éclairé de ce genre de spectacles devine assez vite la clef du mystère et n’est pas surpris par son aboutissement. Mais enfin ! Dans la plupart des récits ou des films d’angoisse, le plaisir dudit amateur réside moins en la connaissance de l’énigme (surtout s’il a lu ou vu plusieurs fois l‘opus considéré) que dans la façon dont l’auteur la présente et la fait découvrir. Read the rest of this entry »

Mort d’un pourri

mars 28th, 2017

La corruption au bœuf miroton

Il y a eu une époque dans le genre du cinéma français de divertissement (j’écris ce terme, qui n’a rien de condescendant ni de méprisant, par opposition au cinéma directement militant) où des réalisateurs parmi les plus appréciés du bon public tranquille se sont senti animés d’une vertueuse fièvre dénonciatrice et ont tendu le poing à l’éternelle et insubmersible corruption des élites financières. Mort d’un pourri, de Georges Lautner date de 1977, Le sucre de Jacques Rouffio de 1978, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre de 1981, Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil de 1982. En gros les années Giscard, avec un petit dépassement sur les années Mitterrand, qui ne furent pas davantage exemptes de scandales affairistes et de jolis coups pleins de pognon. Read the rest of this entry »

Compartiment tueurs

mars 24th, 2017

« L’important, c’est le mobile ! »

Pour un premier film, Costa Gavras montrait qu’il connaissait déjà la musique et savait conduire une histoire, diriger des acteurs, conclure en temps voulu. Il n’y en a pas tant que ça qui peuvent en dire autant. En tout cas on ne s’ennuie pas une seconde dans Compartiment tueurs, où un meurtre commis dans l’étroit espace d’un train de nuit qui relie la Méditerranée à Paris et, plus étroitement encore, dans le compartiment où s’étagent six couchettes où sont censées dormir six personnages évidemment divers. Read the rest of this entry »