Le colonel Chabert

août 17th, 2016

23mvdblIl ne manque pas un grain de poussière dans l’étude Derville

Lorsqu’un directeur de la photographie de métier entreprend de réaliser un film, il est à craindre qu’il privilégie l’aspect très extérieurement visuel et décoratif de ce qu’il tourne au détriment du sens et de la force du scénario. Et même si la puissance des récits de Balzac permet de sauver un peu la mise d’Yves Angelo, on ne peut pas dire que cette énième adaptation du Colonel Chabert soit vraiment satisfaisante. Read the rest of this entry »

Under 18

août 11th, 2016

MV5BZDljNGY4NWUtMmU5MS00Yzk1LTg4MjQtZjA4M2VjZjg4N2U0XkEyXkFqcGdeQXVyNjc0MzMzNjA@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_Bathing beauties.

Le nom rigolo du réalisateur, Archie Mayo, ne me disait rien et, à dire vrai, je doute qu’il ait laissé grande trace dans l’histoire du cinéma. Je remarque toutefois, dans son abondante filmographie, en 1942, La péniche de l’amour avec Jean Gabin, alors exilé aux États-Unis, qui doit être assez curieux et un film un peu notoire, en 1946, avec les Marx Brothers, Une nuit au Casablanca. J’ai capté Under 18 l’autre soir au Cinéma de minuit et, entre deux épreuves olympiques, je me suis projeté hier ce court petit truc de 80 minutes. Read the rest of this entry »

Trois jours à vivre

août 8th, 2016

71307Entre cour et jardin, le tapis mité.

D’ordinaire, quand on revoit un film qu’on n’a pas trop apprécié la première fois, on est plutôt confirmé dans l’opinion qu’on en avait ; et même qu’un peu gêné d’avoir cédé à la trouble pulsion de la révision, on abaisse souvent, par réaction, la note qu’on a mise. Eh bien Trois jours à vivre vient de me démontrer qu’il peut arriver qu’on soit heureusement surpris… (Ça m’était arrivé aussi, il est vrai avec Le silence est d’or de René Clair, longtemps décrié). Read the rest of this entry »

Un cœur en hiver

août 4th, 2016

4181215839La glaciation.

Eh bien moi, j’ai à peine reconnu le cher Claude Sautet, le si exact cinéaste des fiévreuses années 70, à part ici et là dans son goût pour le brouhaha des scènes de restaurants… Mais il n’y a plus (ou je les ai pas vues, peut-être) les fumées des cigarettes et c’est bien important, cela. Et s’il n’y avait le souvenir de cette décennie extraordinaire, qui va des Choses de la vie en 1970 à Un mauvais fils en 1980, avec cette densité des groupes, des personnages, des situations, j’aurais sans doute donné une note encore inférieure à cet exercice de style glacial. Read the rest of this entry »

Le petit lieutenant

août 2nd, 2016

18452271La mort dans l’âme

À côté des mises en scène violentes et flamboyantes des policiers stars des brigades centrales (la Criminelle ou l‘Antigang), il y a des films qui posent leur regard réaliste, naturaliste sur la vie quotidienne, routinière, répétitive de policiers des unités de terrain, les Divisions de Police judiciaire, souvent noyées sous les contraintes de la procédure pénale et mobilisées pour des crimes qui occuperont, au mieux, trois lignes dans les journaux. Jamais rien de bien glorieux mais au bout du compte, pourtant, presque la même vie, presque les mêmes risques . Read the rest of this entry »

La grande guerre

août 1st, 2016

La_Grande_Guerra5La valse des pantins.

J’avais déjà trouvé, en 2007, lorsque j’ai découvert le film, que La Grande guerre n’était pas tout à fait du niveau des chefs-d’œuvre de la comédie à l’italienne. Il me semble d’ailleurs que, tourné en 1958, c’est l’un des premiers films qui puisse revêtir cette étiquette et que tous les ingrédients n’y sont pas aussi exactement dosés qu’ils le seront plus tard. Read the rest of this entry »

Danger Diabolik

juillet 29th, 2016
jaquettePoussière de pellicule.
Pour prendre un vrai plaisir à regarder Danger : Diabolik, où l’on sent, c’est vrai, la patte du grand Mario Bava, il faut tout de même avoir le goût de l’archéologie cinématographique. Qu’est-ce que j’entends par là ? Moins l’intérêt pour les vieux films du passé, pour les vestiges quelquefois éclatants et dont les meilleurs sont unanimement appréciés, que l’attirance pour la façon dont le cinéma s’est constitué au cours des âges, sédimentant longuement de multiples couches dont l’exploration permet de comprendre (mais pas toujours d’apprécier) ce qui s’est passé ensuite. Danger : Diabolik, si original qu’il est, ne peut pas, à vrai dire, être placé sans avertissement sous d’autres yeux que ceux des amateurs de cette archéologie-là.

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Mary à tout prix

juillet 28th, 2016

53755Une souris et des hommes.

Je ne crois pas avoir jamais vu un film aussi vulgaire (je dis bien vulgaire et non pas grossier) et pourtant, en même temps et peut-être grâce à cela, aussi drôle. Voilà qui remet en cause beaucoup de mes certitudes, frottées de sel attique et de mesure classique : j’ai quelquefois détesté aimer ça, mais je mentirais en écrivant que je n’ai pas ri. Read the rest of this entry »

Les tribulations d’un Chinois en Chine

juillet 24th, 2016

055180Autopsie d’un bide.

Vous prenez l’équipe du chef-d’œuvre du gai cinéma d’aventure français, L’homme de Rio. C’est-à-dire le réalisateur, Philippe de Broca, le scénariste, Daniel Boulanger, le musicien, Georges Delerue, le chef opérateur, Edmond Séchan et naturellement, la vedette masculine, Jean-Paul Belmondo. Vous partez sur la solide base d’un roman d’un maître, Jules Verne. Vous ne bénéficiez pas du concours merveilleux de Françoise Dorléac, mais vous compensez, à peu près, par une actrice moins intéressante mais plus spectaculaire, Ursula Andress. Vous bénéficiez d’importants moyens de production, vous permettant de tourner à Hong-Kong, au Pakistan, au Népal, en Malaisie. Vous engagez des seconds rôles qui ont du talent (Jean Rochefort, Jess Hahn) ou à qui la rumeur publique en a accordé (Maria Pacôme, Paul Préboist, Mario David, Darry Cowl). Read the rest of this entry »

Octopussy

juillet 23rd, 2016

OctopussyPosterQuand James Bond se prend au sérieux…

En regardant le film, je m’étonnais que la première partie d’Octopussy soit si différente et si supérieure à la seconde partie. Je me disais que j’étais sans doute influencé par l’exotisme de l’Inde et la beauté des palais du Rajasthan et une certaine vivacité originale dans la rythme du récit (celui-ci fût-il aussi bêtement compliqué qu’il l’est). Et j’ai appris que les deux segments n’ont pas été écrits par le même scénariste ! La rupture de ton est en effet manifeste.
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