Le foulard de Smyrne

août 15th, 2018

Le parapluie du colporteur.

Ce très bref bijou de court métrage (15 minutes) qui ne peut être regardé nulle part (à dire le vrai, je ne ne me souviens pas du site où miraculeusement je l’ai vu,) n’est pas simplement le prologue du film que Jean Giono souhaitait adapter de son Hussard sur le toit. Le roman, paru en 1951, avait été un immense succès et il paraissait plus facilement transposable au cinéma que beaucoup d’œuvres du romancier, qui allait, d’ailleurs, devenir de plus en plus elliptique.

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Itinéraire d’un enfant gâté

août 15th, 2018

Compte pour du beurre.

J’avais bien tort de penser que cet Itinéraire d’un enfant gâté était un des seuls films regardables de Claude Lelouch, après la très satisfaisante Bonne année. Mon ancien souvenir était trop bienveillant et, à la revoyure, j’ai malheureusement retrouvé les maladresses naïves et la prétention du cinéaste à être un auteur. Le personnage n’est pas désagréable en soi et, d’après certains témoignages, il est même assez sympathique et animé d’un sincère amour du cinéma. Mais y a pas à dire, ce qu’il tourne laisse presque toujours confondu devant tant d’inanité sonore (surtout lorsqu’il croit devoir truffer son film d’insupportables ritournelles de Jacques Brel et de Nicole Croisille). Read the rest of this entry »

La mazurka du baron

août 11th, 2018

L’atrabilaire amoureux.

Je ne connais pas plus que ça le cinéma de Pupi Avati. Je dois même à la vérité de dire que je n’avais jamais entendu parler de lui que pour un film d’angoisse, La maison aux fenêtres qui rient, dont le beau titre étrange m’attire mais que je ne suis jamais parvenu à voir. L’occasion m’ayant été donnée de regarder La mazurka du baron j’ai glissé avec une certaine curiosité le DVD dans mon lecteur. Et, après l’en avoir retiré, je suis resté bien perplexe et guère séduit. Read the rest of this entry »

Voyage à travers le cinéma italien

août 9th, 2018

Scolaire.

Le titre de ce montage, Voyage à travers le cinéma italien est tout à fait abusif. Il aurait été plus juste et plus honnête de l’intituler quelque chose comme Présentation des grands films italiens classiques des vingt ans qui ont suivi la guerre. Je conviens volontiers que cette appellation n’est pas des plus commerciales, mais elle recouvre beaucoup mieux la réalité : on est dans une sorte de manuel presque didactique et souvent scolaire, un Lagarde et Michard ou peut-être plus exactement encore un Que sais-je ? à usage d’étudiants sages et sérieux qui veulent réussir leur examen et écoutent respectueusement leur professeur, sorte de mandarin incontesté, style avant 68. Read the rest of this entry »

Arabesque

août 6th, 2018

Drôle de frimousse.

J’avais idée qu’Arabesque était un peu quelque chose comme Charade, délicieux film plein d’esprit du même Stanley Donen, tourné trois ans plus tôt. Une histoire spirituelle, intelligente, virevoltante, plaçant des acteurs, Cary Grant et Audrey Hepburn ici, Gregory Peck et Sophia Loren là dans des situations cocasses et légères. C’est d’ailleurs certainement ce que Donen a souhaité faire : un récit avec des aspects vaguement policiers, ou touchant à l’espionnage, mais filmés avec un certain sens de la dérision et une façon de ne pas se prendre trop au sérieux vraiment. Read the rest of this entry »

L’homme de la sierra

août 3rd, 2018

Verbeux, poisseux, ennuyeux.

J’ai rarement vu quelque chose d’aussi terne et d’aussi mou dans le genre du western, qui n’est pas, évidemment, parmi mes préférés, mais où je puis néanmoins parvenir à trouver ici et là un petit parfum d’exotisme qui tombe bien en temps d’été et de vacances. Mais là, j’en demeure baba ! Pas le moindre petit grain d’excitation dans un film qui se traine avec une paresse insondable et qui n’en finit pas de ne pas étonner. Read the rest of this entry »

Nikita

juillet 30th, 2018

Bonjour tristesse…

On comprend assez bien comment et pourquoi Nikita a été un très grand succès public et a propulsé Luc Besson, après le débile et ambigu Grand bleu, au premier rang de la production française et au rôle de grand manitou moral de ce que l’on n’est plus absolument obligé d’appeler du cinéma ; c’est bien davantage du spectacle destiné aux multiplexes de banlieue, à leurs populations bruyantes et décérébrées, nourries de seaux de pop-corn et abreuvées d’hectolitres de Coca-Cola. En d’autres termes, ça a autant de rapport avec le septième art que les graffeurs à la bombe de peinture agressive en ont avec Véronèse. Read the rest of this entry »

Une femme sans amour

juillet 27th, 2018

Fumée grise.

Il faudrait pouvoir juger avec plus de sérénité cette Femme sans amour qui se trouve presque au début (1951) de la période mexicaine de Luis Bunuel et a sans doute constitué pour lui une œuvre de commande, une adaptation littéraire, comme un peu plus tard (1954) Robinson Crusoé et Les Hauts de Hurlevent. Il n’y a rien là, en tout cas, ou si peu, de ce qui fait la particularité, l’originalité du cinéaste, souvent sarcastique et méchant, démolisseur anarchisant de tout l’espace social mais aussi de tous les espaces personnels. Voir en lui un révolutionnaire ou un idéologue me semble commettre, en tout cas, un gros contre-sens. Read the rest of this entry »

Jofroi

juillet 25th, 2018

Le bout du chemin.

Avec Angèle et Regain, voilà que Jofroi est le seul film de Marcel Pagnol adapté d’un texte de Jean Giono qui n’a pas encore été édité par la Compagnie méditerranéenne de films. Je ne suis pas certain que ce soit aussi embêtant que pour les deux autres œuvres – qui sont majeures – et cela pas simplement parce que c’est un simple moyen métrage de 52 minutes. Plutôt parce que c’est un métrage très moyen. Read the rest of this entry »

Le dîner de cons

juillet 23rd, 2018

La vie mode d’emploi.

Ce qui manque à ce Dîner de cons pour être un film vraiment imparable et inoubliable, c’est, finalement, un peu – ou beaucoup – de méchanceté. Là où un réalisateur italien de la grande époque aurait pu filmer un chef-d’œuvre d’acidité et de désespoir, Francis Veber escamote le coup, en faisant dans le gentil et le consensuel. Qu’il adapte, sans beaucoup d’efforts cinématographiques, sa propre pièce de théâtre n’est pas très embêtant, finalement : j’ai pourtant assez trépigné ici et là contre les pièces de boulevard, vouées aux tristes routines des amants dans le placard et des quiproquos improbables, mais là, le genre est tout de même passablement renouvelé. Mais que Veber ait recouvert l’acuité de son regard par une couche de guimauve terriblement bien-pensante me gêne un peu. Read the rest of this entry »