Ah si j’étais riche !

juillet 22nd, 2017

Bas de gamme.

Un soir d’été paresseux, on regarde le programme de la télévision, on se dit qu’on ne va pas subir pour la vingtième fois les mésaventures filmées en documentaire des gendarmes et des voleurs (ou des Pompiers, ou des vétérinaires, ou des médecins du SAMU) dans le Nord, à Paris, sur la Côte d’Azur, au fin fond de la Creuse, que les débats politiques de La chaîne parlementaire ou de BFM commencent à sentir le réchauffé et que, somme toute, un petit truc de rien du tout avec de bons acteurs comme Jean-Pierre Darroussin et Valeria Bruni-Tedeschi est une façon convenable de passer la soirée. Read the rest of this entry »

La neige en deuil

juillet 21st, 2017

Bataille dans la montagne.

Est-ce qu’il n’est pas étonnant que les riches capacités dramatiques des aventures en montagne, tragiques, exaltantes, cruelles, pleines de retournements angoissants et à même de donner des images magnifiques ne soient pas parmi les plus délaissées du cinéma ? Une rapide recherche sur Wikipédia ne signale que quelques œuvres au demeurant d’ailleurs généralement invisibles, comme L’enfer blanc du Piz Palü ou La lumière bleue (parce que Leni Riefenstahl y a collaboré) ou souvent presque documentaires comme Les étoiles de midi de Marcel Ichac. Je n’ai rien vu de tout ce qui est cité sinon – mais j’étais très très jeune – Premier de cordée de Louis Daquin qui m’avait d’ailleurs donné envie de lire le passionnant bouquin de Roger Frison-Roche dont il est adapté. Il semble que, lors des dernières décennies, grâce sans doute aussi à la plus grande facilité de filmer, on se soit aperçu de cette carence et qu’on ait essayé de la combler un peu (Cliffhanger de Renny HarlinVertical limit de Martin Campbell), mais enfin rien à voir avec l’abondance des films maritimes…

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La légende du Tour de France

juillet 20th, 2017

Ne touchez pas à nos légendes !

S’il m’était donné de réaliser un film sur le Tour de France, en bénéficiant des moyens de l‘I.N.A. et de France Télévisions, c’est-à-dire des milliers et des milliers d’heures d’images accumulées depuis 1903, je ne présenterais sûrement pas quelque chose d’aussi ennuyeux, douteux et dépourvu d’émotion que ce documentaire réalisé par Jean-Christophe Rosé et Benoît Heimermann en 2013 et présenté en deux épisodes lors des journées de repos de l’actuelle édition du Tour. Read the rest of this entry »

À l’est d’Eden

juillet 17th, 2017

Point cardinal.

Curieuse idée de faire précéder le générique d’un prologue en images (presque) fixes ; habituellement, ce genre de procédé n’était utilisé que pour les films à grand spectacle d’une longueur inhabituelle, en sus souvent segmentés par un entracte (par exemple Autant en emporte le vent, ou Les Dix commandements). Là, Elia Kazan s’est limité à presque deux heures et on ne comprend pas très bien pourquoi l’utilité de ce prologue, qui permet simplement d’entendre à loisir la mélodie du compositeur Leonard Rosenman, ensuite utilisée jusqu’à plus soif tout au long du film. En tout cas ça ne fait qu’ajouter à la lenteur bien décevante et ennuyeuse d’un film évidemment surcôté. Si À l’est d’Eden demeure encore un peu dans les mémoires, c’est vraisemblablement parce que c’est le premier film tourné par l’étoile filante James Dean qui se tua en voiture juste après le troisième. Read the rest of this entry »

Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause

juillet 15th, 2017

Écrasons l’insecte !

C’est moins dramatiquement affreux que dans mon souvenir et si – chose improbable – ça avait pu maintenir pendant les pourtant minces 85 minutes de sa durée, le rythme et l’enjouement du premier quart d’heure, ça vaudrait beaucoup mieux, bien sûr… Hélas Michel Audiard, une fois son équipe en place et son récit de départ trouvé et mis sur les rails, se fiche complètement de conduire son film à bien ; c’est d’ailleurs là sa constante de réalisateur : génie des titres, talent de la caractérisation outrancière des personnages, drôlerie des dialogues (évidemment !) et totale désinvolture sur le cheminement du scénario… Read the rest of this entry »

Le fantôme vivant

juillet 12th, 2017

Rentre dans ta tombe !

Franchement, quelle drôle d’idée de ressortir et d’éditer, au demeurant assez bien, des fragments, des bribes, des embryons de ce cinéma de genre ? Être présenté comme « le premier film britannique de l’ère du parlant » (tout en s’appuyant sur les recettes éprouvées étasuniennes) suffit-il à donner au Fantôme vivant  le moindre intérêt ? Le sympathique Jean-Pierre Dionnet, spécialiste des œuvres connexes et marginales s’évertue, en les présentant, de faire croire au spectateur naïf qu’il va découvrir une pépite oubliée : c’est méritoire mais ça n’abuse personne… (Au fait, avez-vous remarqué que Dionnet, au fil des années et de l’âge qu’il prend, ressemble de plus en plus à un personnage des films d’horreur de série Z qu’il défend, flamberge au vent ?). Read the rest of this entry »

Tuez Charley Varrick !

juillet 9th, 2017

Quelques jours au Nouveau Mexique.

Lorsqu’on lit dans le texte de présentation du DVD que le film est une irrésistible mécanique de précision et une référence absolue du film policier, que l’on prend connaissance aussi des appréciations flatteuses d’amateurs de qualité, on est en droit de s’attendre à un spectacle nerveux, passionnant, inventif, plein de suspense et d’angoisse. On a convenablement apprécié la réalisation précédente de Don Siegel, qui est L’Inspecteur Harry, premier titre d’une longue série et on pense retrouver dans Tuez Charley Varrick !, le visage trouble de Andrew Robinson, affreux Scorpio opposé à Harry (et plus tard affreux Harry Cotton de Hellraiser, film démoniaque qui n’a pas que des défauts). Et puis on se dit qu’il doit bien avoir des rapports entre Tuez Charley Varrick ! et l’admirable cruel Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia de Sam Peckinpah, Read the rest of this entry »

Le navire blanc

juillet 5th, 2017

Giovinnezza, primavera di bellezza !

Peut-être avais-je lu quelque part que le grand Roberto Rossellini avait noué une amitié solide avec Vittorio Mussolini, fils du Duce et qu’il avait commencé sa grande carrière sous ces auspices, qu’on peut juger délicates. Peut-être savais-je qu’il avait assisté quelques réalisateurs fascistes pour des films qu’on ne peut plus voir aujourd’hui (Luciano Serra, pilote, de Goffredo Allessandrini, paraît-il immense succès public). Comme on a jeté un voile aussi pudique qu’hypocrite sur ce cinéma-là, c’est vraiment par miracle que je suis tombé, au Cinéma de minuit sur Le navire blanc, premier film d’une trilogie engagée qui comprend aussi les inconnus (pour moi) Un pilote revient et L’homme à la croix. Read the rest of this entry »

Deux hommes dans la ville

juillet 3rd, 2017

 

Les saints vont en enfer.

Une nouvelle vision de Deux hommes dans la ville m’a fait oublier que j’avais presque apprécié jadis ou naguère cette sorte de pamphlet assez mou qui sent fort son idéologie post-Mai 68 : la victime de la société empêchée de réintégrer le clan des honnêtes gens par la malfaisance de la police, et malgré l’humaniste bienveillant… c’était bien à la mode dans les années où ça a été tourné et ça a donc beaucoup vieilli.
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Le bal des casse-pieds

juillet 1st, 2017

Comment peut-on rater ça ?

Il a fallu que le film me tombe sous les yeux cinq ou six fois en 25 ans pour que je réussisse à aller jusqu’à sa fin ; sans doute l’âge qui vient m’a rendu sinon plus indulgent, du moins plus apathique, plus capable de supporter avec constance un amoncellement de bêtises, quelquefois choquantes, à peine relevées ici et là par des comédiens qu’on aime bien et, tels des oasis en plein milieu d’un Sahara cinématographique, ici un mot drôle, là une situation cocasse, là encore une trouvaille qui permet de sourire. Read the rest of this entry »