Montagne rouge

mai 25th, 2017

Vertige mémoriel.

Il y a plus de 60 ans que je n’avais pas entendu parler de Montagne rouge et, compte tenu de l’absence de messages sur ce film, je vois bien que je ne suis pas le seul à l’avoir ignoré. Et pourtant je me rappelais fort bien l’avoir vu, en 1952 ou 53 au cinéma Casino de Digne (Basses-Alpes), ma ville natale. La belle affaire allez-vous me dire ! Un cinéphage septuagénaire a tellement accumulé d’images dans sa tête et dans sa mémoire (mais aussi en a tellement oublié), qu’il n’y a rien là de surprenant. Au lieu de nous enquiquiner avec vos souvenirs de bambin à peine sevré, vous feriez mieux, pour le peu de temps qui vous reste à pouvoir aligner deux phrases à la suite, de vous convertir à de grands cinéastes que vous ignorez, du type Satyajit RayAkira KurosawaIngmar Bergman ou Michelangelo Antonioni et de venir à résipiscence en proclamant leur génie !.
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Discount

mai 23rd, 2017

Oh les beaux jours !

Si opulents et enchantés que sont (ou paraissent être) ses rivages, le cinéma exploite (ce mot n’est pas neutre) de plus en plus souvent les territoires de l’horreur économique en dénonçant à tous les échos la victoire complète du capitalisme mondialisé et ses conséquences sur la vie des gens. Voilà longtemps que cette dénonciation est le fond de commerce de Ken Loach, mais une grande partie des films des frères Dardenne ou de Robert Guédiguian sont aussi bâtis sur ces questions. Read the rest of this entry »

Quand j’étais chanteur

mai 21st, 2017

La fureur de vivre.

Ce ne sont pas vingt minutes seulement qui sont excédentaires, mais trois bons quarts d’heure et on finit par se demander comment Xavier Giannoliva parvenir à terminer le travail et, au demeurant, pourquoi il doit le terminer : on se dit que ça pourrait continuer comme ça pendant des heures et des heures, sans pratiquement aucune progression dramatique ; on se dit que l’on pourrait suivre ainsi les pérégrinations d’Alain Moreau (Gérard Depardieu) et de son ex, qui est aussi son impresario Michèle (Christine Citti) tout au long des animations musicales dans les maisons de retraite, les galas du Rotary et les boîtes de nuit campagnardes sans que ça s’arrête jamais. Et j’ai l’impression, d’ailleurs que Giannoli est bien conscient de l’impasse dans quoi il s’est fourré puisqu’il bâcle sa conclusion dans un petit morceau de guimauve, sans oser tout à fait aller au bout de sa logique qui aurait été la séparation définitive, sans espérance aucune du chanteur et de la délicieuse Marion (Cécile de France) ; Marion rencontrée, espérée, séduite, perdue, retrouvée, gâchée… Mais ne fait pas une comédie à l’italienne qui veut…

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Fahrenheit 451

mai 20th, 2017

Vertueux ratage.

Drôle d’idée qu’a eue François Truffaut de tourner Fahrenheit 451 qu’on ne peut pas considérer comme une de ses grandes réussites et où on ne reconnaît guère le talent du cinéaste dont la meilleure inspiration concerne les relations – multiples, complexes, heureuses et malheureuses – avec les femmes et, d’une certaine façon, le monde de l’enfance. La science-fiction n’est en tout cas pas son truc.

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Cyprien

mai 18th, 2017

Accablant.

Et voilà que l’autre soir passe sur une chaîne de télévision insignifiante un film dont la rumeur m’avait dit le plus grand mal : Cyprien de David Charhon avec Élie Simoun et (horreur ! malheur !), Catherine Deneuve. Ce film a eu le rare privilège d’être nominé à 6 reprises sur les 13 possibles lors de la cérémonie des Gérards qui, chaque année désigne avec un goût très sûr les pires horreurs du cinéma français. Cyprien a eu le privilège, en 2009, de décrocher deux de ces Gérards. D’abord celui du Désespoir féminin pour Catherine Deneuve (bien fait !) qui l’a emporté notamment sur Emmanuelle Béart (dans Disco) et Sophie Marceau (dans Les femmes de l’ombre).

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La ronde de nuit

mai 17th, 2017

L’aiguille creuse.

Pour faire du bon et même du grand cinéma, il n’est pas nécessaire que l’intrigue soit nourrie d’aventures caracolantes, d’événements bouleversants, de caractères tranchés, de scènes dramatiques. C’est un peu comme pour un roman, d’ailleurs et il faut avoir l’aveuglement d’André Gide pour refuser le premier tome de La Recherche (Du côté de chez Swann) que Marcel Proust voulait faire paraître à la Nrf en donnant comme prétexte qu’il ne pouvait pas comprendre comment un monsieur était capable de consacrer tant de pages à expliquer comment il s’endort. Read the rest of this entry »

L’homme tranquille

mai 12th, 2017

Irlandouillerie.

Le trop prolifique John Ford a principalement brillé dans le genre du western, qui me paraît bien surfait, mais il faut reconnaître qu’il a tourné certaines des meilleures réussites de cette catégorie, notamment la chevauchée fantastique et surtout le chef-d’œuvre classique La prisonnière du désert. Il est vrai que je n’ai pas vu grand chose de lui à part l’assez plaisant Mogambo, réalisé en Afrique, mais qui n’arrive tout de même pas à la cheville du formidable Hatari ! d’Howard Hawks, sur un sujet assez analogue. Read the rest of this entry »

Le voile bleu

mai 10th, 2017

Larmoyant et délicieux.

C’est le cinéma dans ce qu’il peut avoir de plus convenu, de plus niais, de plus attendrissant mais aussi de plus charmant, de plus gentil, de plus émouvant. C’est un cinéma où même les âmes les plus austères, les plus bronzées, les plus cyniques (celles parmi quoi j’aime à me ranger quelquefois) ne parviennent pas à ne pas laisser perler à certains moments une larme tendre. Read the rest of this entry »

Scream

mai 7th, 2017

Vais-je aller tuer ma voisine ?

Je grogne assez souvent contre la pratique qui consiste, après avoir réussi à trouver une pépite, à exploiter jusqu’au bout le filon. Jusqu’au bout et au delà du raisonnable. Il paraît que vient de sortir le 8e volume de Fast and furious, que paraît cette semaine le 6e Alien et que, dans le genre du film d’horreur mâtiné de hurlements de teen-agers on a atteint 9 pour la franchise des Griffes de la nuit (notre ami Freddy). Read the rest of this entry »

Requiem for a dream

mai 4th, 2017

Le régiment des esquintés.

Parti pris de filmer le parcours – dans une certaine mesure le Destin – de quatre personnages dans le Brooklyn du début de ce siècle. Le parcours vers une déchéance, une dégradation absolues : il n’y a pas une image lumineuse, si ce n’est, de temps à autre, mais bien rarement une échappatoire onirique vers ce qui aurait pu être, vers ce qui serait si les personnages étaient autre chose que des marionnettes à la fois ridicules et pitoyables. Read the rest of this entry »