Twin peaks : le retour

septembre 16th, 2019

Le monde est ton aventure.

La seule question qui me paraisse se poser est de savoir s’il est opportun alors qu’on a déjà réalisé une manière de chef-d’œuvre – la première série de Twin Peaks, évidemment -, de se lancer le défi de poursuivre. Et de poursuivre 25 ans plus tard. Il va de soi que j’écarte, pour qui me mettrait ça dans le nez, les hideux Bronzés 3 parce que les deux premiers films, si agréables qu’ils sont, n’atteignent tout de même pas les sommets de la création artistique et qu’on doit aller chercher plus substantiel. Alors quoi ? Je ne vois pas grand chose au cinéma. En littérature, deux idées me viennent en tête : la trilogie des Mousquetaires d’Alexandre Dumas ; le premier opusLes trois mousquetaires, suivis de Vingt ans après (comme son nom l’indique) puis du Vicomte de Bragelonne (qui se situe dix ans après le deuxième volume). Mais les trois œuvres ont été écrites très rapidement : 1844, 1845 1848. Voyons dans un tout autre recoin : l’histoire de Solal, contée par Albert Cohen : ah tiens ! : Solal en 1930, Mangeclous en 1938, Belle du Seigneur en 1968. Mais là, il y a une unité de personnage. Read the rest of this entry »

Mon pire cauchemar

septembre 11th, 2019

L’aiguille creuse.

Comme j’avais ouï dire du bien du cinéma d’Anne Fontaine sans jamais y avoir goûté, je n’ai pas manqué l’occasion de regarder un de ses films qui passait l’autre soir à la télévision. Disons que Mon pire cauchemar ne m’a pas du tout donné envie de découvrir le reste de ses assez abondantes réalisations. Peut-être suis-je mal tombé, au demeurant et la vision de Nettoyage à sec ou de Entre ses mains pourrait modifier mon impression. Mais enfin, ça n’est pas tellement bien barré, après ce que j’ai vu. Read the rest of this entry »

Une nouvelle amie

septembre 10th, 2019

Passe-moi le mascara !

Le cinéphage qui a déjà un peu de bouteille et quelques années de route ne peut qu’être surpris de découvrir une nouvelle catégorie de films, dont il ne croyait pas l’existence possible. Et puis voilà que surgit sous ses yeux effarés un film qui est à la fois particulièrement malsain et particulièrement ridicule. Au demeurant il n’a rien contre la première spécificité, y attachant même souvent de l’intérêt ; quant au ridicule, il en a tellement vu et en verra tellement que la chose glisse sous ses paupières comme l’eau sur les plumes d’un canard. Read the rest of this entry »

Independence day : resurgence

septembre 9th, 2019

Summer holiday.

En 1996, lors de la sortie sur les écrans d’Independence day, le film initial de ce qui est en passe de devenir une série, mon fils avait 11 ans et je me faisais un devoir de l’accompagner dans les salles obscures où les petits garçons de son âge aimaient à se repaître de films catastrophe de ce genre. Que le danger vienne des forces naturelles (Twister de Jan de BontLe pic de Dante de Roger DonaldsonPluie d’enfer de Mikael Salomon), de la malfaisance des hommes (Speed de Jan de Bont encore) ou des petits hommes verts (le délicieux et parodique Mars Attacks ! de Tim Burton), les enfants bien nés aiment en effet à s’identifier aux paladins qui, avec leur seul courage et leur obstinée détermination parviennent à chaque fois à sauver le groupe, la ville, le pays ou même la planète. Read the rest of this entry »

More

septembre 7th, 2019

En route vers l’enfer.

J’ai l’impression qu’on ne parle plus du tout aujourd’hui de More qui, en 1969, fut, d’une certaine façon, un coup de tonnerre dans le paysage français. Sans doute pas, évidemment, par la qualité cinématographique qu’il portait ou par les quelques innovations d’apparence hardies qu’il arborait. Ainsi Barbet Schroeder n’est-il pas peu fier de proclamer dans More la première nudité frontale masculine du cinéma français ; que d’histoire pour une zigounette ballottante et incertaine ! Sans doute pas par la linéarité et la simplicité du récit, ou par la course évidente du récit dont la conclusion est tout de suite évidente. Read the rest of this entry »

Dracula

septembre 7th, 2019

Nuit noire

Je suppose que tout le monde connaît la trame du roman de Bram Stoker, n’est-ce-pas ? La lutte acharnée et finalement victorieuse – mais non sans drames ni pertes – d’un groupe d’amis courageux contre le Mal incarné, la Créature de grande ancienneté, de grande intelligence, de grande cruauté surgie plusieurs siècles auparavant des forêts sombres de Transylvanie. La Créature qui a décidé d’établir son règne de mort dans Londres de la fin du 19ème siècle.

Le cinéma a donné du mythe, qui est parmi les plus effrayants, les plus glaçants qui se puissent, des interprétations innombrables.

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Retour vers le futur

septembre 6th, 2019

L’aiguille creuse.

Le voyage dans le temps et son corollaire, le paradoxe temporel n’ont cessé de séduire et de caresser les esprits romanesques, sans doute bien davantage que les cerveaux scientifiques qui doivent n’en pas voir la possibilité. Au cinéma, il y a un peu de tout, du très bien (Brigadoon de Vincente Minnelli) à l’insignifiant (C’est arrivé demain de René Clair) en passant par l’attrayant (François 1er de Christian-JaqueLes Visiteurs de Jean-Marie PoiréCamille redouble de Noémie Lvovsky). J’ai pourtant l’impression que si l’on interrogeait comme ça, au débotté, sur ce thème, un quidam dans la rue, il évoquerait Retour vers le futur, qui eut tant de succès qu’il y eut deux suites et qu’un quatrième film est même annoncé. Read the rest of this entry »

Car wash

septembre 4th, 2019

Breakfast in America.

Mon glaive vengeur et mon bras séculier ont plutôt tendance à s’abattre au moment où le film que je regarde s’étire, s’allonge et me paraît interminable, quelle que soit la durée du métrage, au demeurant. Et voilà que pour une fois, mon humeur qui était du genre morose et même morosissime s’est vaguement éclairé au moment où l’on parvenait au dernier quart d’heure. La chose est assez rare pour être relatée, mais il ne faudrait pas penser pour autant que j’ai passé un moment agréable en compagnie d’une troupe de laveurs de voiture, généralement noirs, dans un faubourg assez minable de Los Angeles. Read the rest of this entry »

OSS 117 : Le Caire, nid d’espions

août 31st, 2019

Le protocole et les usages.

Je crois qu’il faut d’abord que j’évacue ma bile noire. Alors que tous les pays du monde qui comptent un peu, États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, et sûrement Chine tentent se fièrement promouvoir aux yeux du monde, il n’y a que nous qui nous débinons et – gros malins jamais dupes – nous ridiculisons en nous moquant de nous-mêmes comme si nous n’étions pas le plus beau pays qui se puisse et celui qui a le plus apporté à l’Humanité. Au lieu de présenter un Français sauveur de la Terre et de la Civilisation, comme le firent souvent James Bond et une grande quantité de Yankees, voilà que nous nous diminuons, nous méprisons, nous goguenardons. Read the rest of this entry »

Minuit dans le jardin du Bien et du Mal

août 29th, 2019

Dans la chaleur de la nuit.

Le cadre magnifique de Savannah, une des villes de Géorgie qui laisse penser que les États-Unis auraient pu être une nation civilisée si le Sud n’avait pas perdu la Guerre de Sécession. Des architectures magnifiques, la douceur des pelouses et des ombrages de sassafras voilés de mousse espagnole. Un peu de civilisation patricienne et un Yankee journaliste, John Kelso (John Cusack), qui débarque là, un peu faraud mais intelligent, pour couvrir, dans une édition étasunienne de Gala ou de Voici la fête, en principe somptueuse, que donne le richissime collectionneur Jim Williams (Kevin Spacey) à la bonne société de la ville. Read the rest of this entry »