janvier 16th, 2018

 

Le diable qui veut se faire ermite.

On demeure rêveur, tout de même : qu’est-ce qui a pu conduire Claude Autant-Lara, un des cinéastes français les plus talentueux, mais sûrement aussi le plus destructeur, le plus méchant, le réalisateur grinçant, féroce de Douce, de L’auberge rouge, de La traversée de Paris à filmer une pouillerie pareille ?? C’est tout dire, on croirait voir un de ces affreux films d’André Cayatte, un de ces films à thèse tout dégoûtants de crème indignée à la Stéphane Hessel, où une voix supérieure tonne du haut de sa chaire pour faire passer des idées censées réunir par leur noblesse affectée tous les spectateurs, y compris (et surtout) ceux dont le cœur est le plus endurci. Et, par dessus le marché de faire progresser la Société vers l’avenir radieux où elle éliminera vertueusement les pires entraves d’un passé forcément abominable…

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Ma vie avec Liberace

janvier 14th, 2018

Des mauvais goûts et des couleurs.

Étrange film de Steven Soderbergh (en fait c’est un téléfilm tourné pour la chaîne HBO), étrange film sur un personnage bien plus étrange encore : Wladzu Valentino Liberace, né en 1919 d’un père napolitain et d’une mère polonaise pauvres et mort du sida en 1987, multi-millionaire. Il est certain que, sauf à être particulièrement passionné par le show-biz nord-américain on n’aurait jamais entendu parler de ce pianiste fantaisiste virtuose avant la sélection au festival de Cannes de 2013 de Ma vie avec Liberace. Read the rest of this entry »

Le spectre du chat

janvier 11th, 2018

L’oeil était dans la tombe.

Je n’irai pas jusqu’à dire que ce film de série de la célèbre Hammer (qui, pour des raisons juridiques conjoncturelles n’est pas créditée au générique, comme expliqué dans un supplément du Dvd), je n’irai pas jusqu’à dire que ce bon spectacle de cinéma de quartier hantera mes nuits d’angoisse. Non, tout de même : c’est un peu fauché, l’intrigue est terriblement téléphonée et, sauf à être totalement ignorant de la grammaire élémentaire du film fantastique, les péripéties sont absolument prévisibles. Malgré une dernière image un tout petit peu ambiguë, la fin du film est extrêmement morale et d’un classicisme éprouvé : le mariage des deux personnages positifs, Elizabeth Venable (Barbara Shelley) et Michael Latimer (Conrad Phillips). Read the rest of this entry »

Out of Africa

janvier 10th, 2018

Ennuyeux mais joli.

Trente deux ans depuis que, dans une salle de la ville d’Ajaccio, lors de la sortie en France de Out of Africa, j’ai vu le film en m’endormant presque, trente deux ans que je proclamais à cor et à cri que le film de Sydney Pollack faisait partie de ceux que je détestais le plus.

Je n’entends pas par là un film insignifiant ou franchement plat, comme la nullissime Année sainte mais comme un des mauvais coups contre le cinéma, un de ceux dispensés par BergmanGodard ou Antonioni : un truc terrifiant de suffisance et d’ennui. Read the rest of this entry »

La grande extase du sculpteur sur bois Steiner

janvier 6th, 2018

L’aigle vole au soleil.

Issu d’un DVD consacré à des courts métrages montagnards réalisés par Werner Herzog, qui comprend aussi un reportage sur le volcan de La Soufrière aux Antilles et un autre sur une ascension en Himalaya, La grande extase du sculpteur sur bois Steiner est un objet assez bizarre, dont on aurait bien vu la place dans la défunte émission de télévision Les coulisses de l’exploit, depuis bien longtemps disparue. Une émission un peu similaire dans son esprit à celui de Cinq colonnes à la une, le grand magazine d’information et qui, sur le volet sportif s’efforçait d’aller voir un peu au delà de la seule performance pour en exposer les singularités et les à-côtés. Read the rest of this entry »

Le fils de Jean

janvier 3rd, 2018

C’est mieux que « Joséphine ange gardien ».

C’est mieux, nettement mieux que Joséphine ange gardien, le feuilleton consensuel qui répand la gentillesse dans les chaumières, les barres et les tours, mais on a tout de même bien l’impression qu’on est dans un téléfilm réalisé pour TF1, avec de lourds secrets de famille qui ne seront dévoilés qu’à la fin, un bon moment d’exotisme verbal et géographique (puisque la quasi totalité du film se passe au Québec) et une marche au bord du précipice puisqu’on frôle les terrifiantes abysses de l’inceste. Ce qui permet de comprendre, s’il en était encore besoin pourquoi le héros, Matthieu (Pierre Deladonchamps, presque aussi torturé que dans L’inconnu du lac, mais nettement moins déshabillé) ne couche pas avec Bettina (Catherine de Léan, bien appétissante), alors que tous les deux, après une nuit alcoolisée en ont manifestement la plus grande envie. Read the rest of this entry »

Le Cid

janvier 2nd, 2018

Obscure clarté.

Il fallait bien l’heureux engourdissement des lendemains de réveillon et la droiture des bonnes résolutions charitables emmagasinées dans la perspective de 2018 pour que, cette après-midi, je puisse regarder ce gros gâteau de plus de 3 heures dégoulinant de caramel hollywoodien, verbeux, péteux, prétentieux, emphatique, nourri de dialogues infantiles et de respectueuses minauderies historiques, simplement maintenu hors d’eau par les millions de dollars et de milliers de figurants qui irriguent son interminable cours. Déjà, instinctivement, j’avais dû me méfier, en 1961, quand à grand coups de publicité le film avait envahi nos écrans déjà esclaves d’Hollywood… pourtant, pour une fois les Étasuniens ne s’attaquaient pas un péplum ou à un récit biblique mais faisaient preuve de quelque originalité en allant chercher au cœur de notre belle histoire occidentale un héros et une geste admirables. Le Cid, c’était un héros de la Reconquista, chassant les envahisseurs arabes de la péninsule… et voilà qu’on en fait un homme de consensus mou, frayant avec des Maures moins Maures que d’autres (il y a des gens qui vous expliquent, les yeux dans les yeux, qu’il existe des Islamistes modérés). Read the rest of this entry »

Les conquérants d’un nouveau monde

janvier 1st, 2018

Boussole contre Grand manitou.

Ah, c’est bien sympathique, un film d’antan (1947… mon âge) où les méchants sont vraiment des canailles sans aveu qu’on est content de voir zigouiller à la fin et où les Peaux-Rouges sont des sauvages fourbes, cruels, assoiffés de sang, comme dans mes souvenirs de petit garçon. Et lorsque toutes ces bonnes vieilles recettes éprouvées se développent au long d’un scénario habile et intelligent, nourri d’excellentes péripéties, porté par des acteurs de grande qualité, dans un cadre visuel magnifique, avec toutes les ressources d’un éclatant Technicolor, on passe un bien bon moment. Le film est long (plus de 2h20) mais il ne perd jamais son rythme : décidément, Cecil B. DeMille, un peu méprisé aujourd’hui, était un sacré réalisateur. Read the rest of this entry »

Toi, c’est moi

décembre 30th, 2017

« Avoir un bon copain… »

Bob Guibert (Jacques Pills) est un sacré noceur qui passe sa vie, en compagnie de son ami d’enfance Patrice Duvallon (André Tabet) au milieu de jolies filles à la cuisse évidemment très légère dans des soirées coquines et arrosées de Champagne et dans des cabarets à musiques endiablées. Il est le neveu d’Honorine (Pauline Carton), veuve, riche, indulgente à ses fredaines, mais qui est toujours flanquée de son homme d’affaires, Pfitz (Baron fils), d’apparence austère et sévère mais en fait canaille détourneuse de fonds et vipère lubrique insoupçonnée (là j’exagère un peu). Read the rest of this entry »

L’année sainte

décembre 27th, 2017

L’Univers aspire à la vacuité.

Il y a une quantité industrielle de très mauvais films. Mais, précisément, leur nullité peut être si abyssale qu’on peut éprouver à la regarder une forme de fascination atterrée ; une fascination qui, certes, ouvre de drôles de perspectives sur la nature humaine mais n’en est pas moins une dure réalité. Il va de soi, au demeurant, qu’il faut distinguer ces très mauvais films de la délicieuse catégorie des nanards qui, elle, tourneboule toutes les appréciations, tous les jugements possibles et dont on peut, à très juste titre, se repaître voluptueusement. Read the rest of this entry »