Les nouveaux aristocrates

avril 20th, 2024

Le ver est dans le fruit.

Je crois que l’on ne se souvient plus beaucoup aujourd’hui de Michel de Saint-Pierre , qui connut pourtant, dans les années Cinquante et Soixante, un immense succès. Un peu comme (à gauche, si l’on peut dire) (Gilbert Cesbron (Chiens perdus sans collier) ou (à droite, carrément) (Jean de La Varende) (Nez-de-cuir). Issu d’une vieille famille normande, résistant, royaliste, philosémite (membre de la LICRA), catholique de plus en plus traditionaliste. Contrairement à ce que les gazetiers incultes croient, les positions ne sont jamais simples. Read the rest of this entry »

Guerre et paix (Bondartchouk)

avril 16th, 2024

Fresque glorieuse.

D’un roman-fleuve torrentueux, complexe, empli de personnages dont les mentalités ne correspondent pas toujours avec les nôtres, occidentales et souvent mesquines, on peut tirer un résumé qui demeure à la surface des choses, malgré de jolies qualités : c’est le film de King Vidor en 1956, grande machine hollywoodienne où les rôles principaux sont tenus par Mel FerrerHenry Fonda et Audrey Hepburn ; qui dure tout de même 3 heures et demie. On peut faire aussi des feuilletons télévisés dont on devine qu’ils ont privilégié les différentes broderies sentimentales en taillant sur l’essentiel : la singularité de la Russie. Read the rest of this entry »

Adieu Philippine

avril 7th, 2024

Mon cœur balance.

Sur la première demi-heure du film, j’étais tout prêt de m’extasier, de crier au grand film méconnu. Les balades des deux jeunes femmes, Liliane (Yveline Céry) et sa meilleure copine Juliette (Stefania Sabatini) font songer aux meilleurs Truffaut de l’époque (Les bonnes femmespar exemple) et surtout au chef-d’œuvre absolu du genre, Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda. Tout ceci dans un Paris délicieux où ne sévissaient pas l’affreuse Hidalgo et ses amis écologistes, un Paris sans vélos, sans trottinettes et plein de voitures. Un Paris qui vivait et qui était fier d’être Paris. Read the rest of this entry »

La ligne rouge

avril 6th, 2024

La guerre au ras du sol.

C’est un peu comme une saveur appréciée par tous ceux qui vous entourent, ou presque, et dont vous prenez les goûts et les points de vue au sérieux, mais que vous ne parvenez pas à aimer. Ceci malgré tous les efforts appliqués que vous faites. Je crains que ce soit à peu près irrémédiable et que la poursuite des tentatives pour forcer les choses n’aboutisse qu’aux mêmes résultats négatifs. On peut bien rarement aller au-delà de sa nature profonde, en fin de compte. Ma comparaison gustative n’a d’autre valeur qu’exemplaire ; n’empêche que c’est bien ce genre de réaction que j’ai ressenti en lisant, après coup, les flots dithyrambiques qui ont entouré La ligne rouge de Terrence Malick. Read the rest of this entry »

L’emprise

avril 3rd, 2024

Vaincu d’avance.

Philip Carey (Leslie Howard) jouit d’une petite aisance financière mais il est affligé d’une infirmité qui le paralyse et l’inhibe : un pied bot. Il aurait passionnément aimé être un grand peintre, est venu vivre à Paris pour y apprendre et y être consacré, mais le jugement de son professeur est absolument sans appel : Vous n’avez aucun talent et n’en aurez jamais !. Changement de cap et installation à Londres où il entreprend des études de médecine. Il a pour amis de joyeux lurons de son âge, notamment Harry Griffiths (Reginald Denny) et Cyril Dunsford (Reginald Sheffield), francs-buveurs et coureurs de filles. Mais Philip, timide, complexé, persuadé qu’il ne pourra jamais plaire à une femme demeure sur la touche. Read the rest of this entry »

Un missionnaire

mars 31st, 2024

Édifiant, sympathique et ennuyeux.

Maurice Cloche, bien qu’il ait tourné entre 1935 et 1973 une bonne quarantaine de films – dont certains ont connu le succès – est aujourd’hui bien oublié de nos mémoires. Il s’est appuyé sur des sujets très différents : les filles perdues (Marchand de filles 1957, Filles de nuit 1959), les pensionnats, maisons de correction (La cage aux filles 1949, Quand vient l’amour 1956 Prisons de femmes 1958), plusieurs films policiers ou d’espionnage (Requiem pour un caïd 1964, Coplan, agent secret FX 18 1964, Le vicomte règle ses comptes 1967, Le tueur aime les bonbons 1968). Read the rest of this entry »

Kung-fu master

mars 22nd, 2024

On ne sait pas où on va…

Quand Agnès Varda n’a pas un scénario intelligent et original (Cléo de 5 à 7Le bonheurSans toit ni loi), elle tombe facilement dans le pathos et l’insignifiance (La pointe courteL’une chante, l’autre pas). Naturellement j’exclue de ce propos les documentaires ou quasi-documentaires, généralement très réussis (DaguerréotypesJacquot de NantesLes glaneurs et la glaneuse) qui relèvent d’une autre logique et d’un autre regard. Mais dans tous les cas, bons et mauvais films, il y a toujours une sensibilité particulière, celle de la photographie, puisque la dame a été, à la base, une photographe. Read the rest of this entry »

Les sultans

mars 19th, 2024

Vision du vide.

Chef de file du cinéma de la Qualité française et donc tête-de-Turc des petits messieurs de la Nouvelle vaguequi ne souhaitaient rien plus que prendre leur place, Jean Delannoy n’est pas un mauvais cinéaste. Disons qu’il est un bon artisan du cinéma, alternant les réussites (Marie-Antoinette reine de France 1956 Maigret tend un piège 1958, Le baron de l’écluse 1960) et les ratages complets (L’assassin a peur la nuit 1942, L’éternel retour 1943, La symphonie pastorale 1946). Et beaucoup d’autres films qui ne laissent de traces que dans la tête des amateurs de vieilleries. Read the rest of this entry »

Nowhere

mars 17th, 2024

Aussi ennuyeux que dégueulasse.

Voilà un film vraiment détestable et même méprisable, pire encore que Bully de Larry Clark à qui l’on pouvait reconnaître certaines éminentes qualités, malgré l’omniprésence de la racaillerie intellectuelle qui le sous-tendait. Nowhere n’a rien de cela : : une collection d’infirmes mentaux, de dégueullasseries haineuses et d’incertitudes physiques. Les inconstances du cœur et de l’esprit (et du corps, bien, sûr et d’évidence) posées devant les nombreux protagonistes, tous emberlificotés dans leurs dépendances, drogues, sexes et amours. Pauvre souci de gamins abandonnés à eux-mêmes qui préfigurent notre pauvre aujourd’hui. Read the rest of this entry »

Platoon

mars 15th, 2024

Le bruit et la fureur.

Qu’est-ce qui a bien pu pousser John Kennedy, puis Lyndon Johnson, puis Richard Nixon à partir s’engluer dans le bourbier de l’Asie du Sud-Est, sinon la manie étasunienne, catastrophique et permanente, d’aller se mêler de ce qui ne les regarde pas, manie qui leur fait mettre le feu avec constance aux quatre coins du monde et qui nous vaut l’état de guerre presque permanent que nous subissons en nous soumettant à leurs ukases. Faisant semblant de vouloir arranger les choses – qui se règleraient tranquillement sans eux dans des conflits limités – ils les rendent naturellement bien pire qu’elles n’étaient auparavant. Read the rest of this entry »