Casanova 70

janvier 20th, 2019

Le babilan intrépide.

On ne va pas classer ce film du merveilleux Mario Monicelli au rang de ses meilleures réalisations, Le pigeonLes camarades, ni surtout Mes chers amis : c’est plaisant, habile, quelquefois très drôle, c’est enluminé par le jeu toujours très juste de Marcello Mastroianni et par la beauté de plusieurs des agréables gourgandines du cinéma de l’époque (1965), Marisa MellVirna LisiMichèle Mercier voire des moins notoires, mais bien agréables à regarder Moira Orfei et Margaret Lee. Et ajoutons même que le cher Bernard Blier y fait une courte pige. Read the rest of this entry »

Niagara

janvier 17th, 2019

 Méfiez-vous des chutes !

Franchement, est-ce que quelqu’un se souviendrait de ce film, au scénario rebattu, tourné par un artisan sans génie du cinéma étasunien, s’il n’était illuminé par la séduction vénéneuse de Marilyn Monroe (qui disparaît malheureusement vingt minutes avant la fin et dès lors c’est un peu ennuyeux) ? Et aussi, sûrement peut-être davantage par le cadre qui donne son nom au film, les chutes du Niagara, qui ne sont ni les plus hautes, ni les plus spectaculaires du monde, celles du Zambèze, entre la Zambie et la Rhodésie (Victoria falls) et celles d’Iguazu, au Brésil étant, paraît-il, plus grandioses. Mais les chutes du Niagara ont l’avantage d’être admirablement situées, à la frontière du Canada et des États-Unis et d’avoir de longue date été aménagées pour la séduction des touristes et la prospérité du commerce local.

Read the rest of this entry »

Dialogue des Carmélites

janvier 17th, 2019

le_dialogue_des_carmelites01

Marche au supplice

D’une vision télévisée très ancienne, je ne conservais guère que le souvenir des dernières séquences, qui sont absolument bouleversantes, sauf à être de ceux qui ricanent devant le sacré et le vrai pathétique et qui relatent le martyre des seize Carmélites de Compiègne, guillotinées le 17 juillet 1794, seulement onze jours avant que le buveur de sang Robespierre et sa clique de fous furieux soit conduite à l’échafaud le 27 juillet (9 Thermidor an II). On peut ne voir là qu’une coïncidence ou peut-être bien l’exaucement par Dieu du vœu solennel que les religieuses avaient formé pour obtenir la fin des violences et la paix pour l’Église et l’État. Read the rest of this entry »

Total recall

janvier 13th, 2019

Coquecigrues.

Parodiant une séquence récurrente de la mythique émission Les raisins verts de Jean-Christophe Averty, je pourrais m’exclamer comme le Professeur Choron : Que ceux qui ont compris quelque chose à ce salmigondis interminable nous écrivent : ils ont gagné !. S’il est de fait que, même aux temps où je dévorais exclusivement de la science-fiction, je ne me plaisais pas tellement aux histoires fuligineuses de Philip K. Dick, je parvenais néanmoins, en m’accrochant, à saisir le sens général de Ubik ou du Maître du haut château. Mais pour le film de Paul Verhoeven, réalisateur que je tiens pourtant en haute estime (La chair et le sangStarship troopersElle), alors là, rien du tout, nib de nib. Et davantage. Read the rest of this entry »

Avec le sourire

janvier 12th, 2019

La fête des fripouilles.

Avec le sourire n’est pas seulement un très gentil film de 1936, année follement insouciante, un film qui permet à Maurice Chevalier de faire admirer sa gouaille et son incroyable talent d’interprète ; un talent qui culmine au moment où il explique à Marie Glory qui interprète Gisèle, débutante au music-hall le délicieux Chapeau de Zozo en indiquant comment, pour séduire un public forcément très varié, il faut en détailler chaque distique de façon différente : pour les gens du monde, pour les gens du peuple, pour les apaches et pour une minorité, oh, une toute petite minorité, les gens un peu, un peu efféminés…Avec le sourire, c’est encore beaucoup mieux que ça, quelque chose qui détonne un peu et qui surprend davantage. Read the rest of this entry »

120 battements par minute

janvier 10th, 2019

Le masque de la mort rose.

Je me méfie assez des films trop unanimement appréciés et couverts d’un nombre invraisemblable de prix et de récompenses : quand tous le jurys, toutes les académies, tous les groupements et syndicats de journalistes ou d’auteurs font pleuvoir sur un film, un réalisateur et des acteurs un déluge de mentions et de célébrations, on peut souvent se dire qu’il y a anguille sous roche. Et même qu’on n’a pas osé faire moins lorsqu’a été mise en scène une cause jugée incontestable (en tout cas non-critiquable en soi) et la réalité de drames humains survenus. Et si je renonce à citer tout ce qu’a obtenu 120 battements par minute, dont la liste est impressionnante, il faut tout de même citer le Grand prix du Jury et le Prix de la critique internationale au festival de Cannes et six Césars 2018, dont celui du meilleur film et celui du meilleur scénario. Read the rest of this entry »

Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse

janvier 9th, 2019

Le bruit et la fureur.

Et voilà que je ne suis pas loin de classer ce grand mélodrame flamboyant au premier rang des films que j’ai vus de Vincente Minnelli, alors même que beaucoup d’amateurs font la fine bouche et jugent que ce long récit plein de bruit et de fureur ne vaut pas tripette. Et pourquoi donc ? Parce que le roman de Blasco Ibanez (dont tous les écoliers d’antan avaient lu les magnifiques Arènes sanglantes) a été passablement modifié, transposé selon les exigences de la production de la 1ère à la 2ème guerre mondiale et que l’adjonction de la barbarie nazie à une histoire déjà bien romanesque est de trop ? Quelle absurdité ! Tant à faire dans l’emphatique et le baroque, autant convier autour de la table tous les sinistres convives possibles !

Read the rest of this entry »

Apollo XIII

janvier 7th, 2019

Oh la belle bleue !

C’est tout de même là une démonstration évidente de la puissance de la pénétration des États-Unis d’Amérique dans l’imaginaire mondial ! Voilà une adaptation (sûrement très fidèle, on ne reviendra pas là-dessus) du livre de James Lovell (dans le film interprété par Tom Hanks) qui relate la catastrophique mission Apollo XIII, dont il était le chef. Voilà un salmigondis de situations d’apparence très indigeste et d’une technicité qui dépasse les capacités scientifiques et pratiques de la quasi totalité de l’Humanité, puisque la concentration de cerveaux remarquables qui peuple les centres de décision de la mission se tient très au dessus de nos modestes connaissances. Read the rest of this entry »

Leguignon guérisseur

janvier 5th, 2019

La saveur du pot-au-feu.

Tombant à peu près par hasard sur ce film inconnu de l’assez peu notoire Maurice Labro, je me disais qu’il était bien extraordinaire qu’Yves Deniaud, figure seconde ou même troisième du cinéma du samedi soir des années 50 fût placé en vedette d’un spectacle. Il est vrai que le reste de la distribution ne comptait pas d’acteurs bien notoires, à l’exception minime de la rondeur institutionnelle (et toujours excellente) de Jane Marken, de Michel Roux, qui a rapidement compris que son avenir était davantage dans le théâtre de boulevard et dans le doublage, et des silhouettes stakhanovistes de Paul Demange et de Marcel Charvey et de Gabriello. Et de quelques autres sans beaucoup d’importance. Read the rest of this entry »

Moi, Daniel Blake

décembre 31st, 2018

« Vous qui entrez ici, quittez toute espérance… »

Voilà longtemps que j’avais envie de regarder un film de Ken Loach, ancré dans une veine de révolte, de rejet de l’horreur économique (selon l’expression de Viviane Forrester, auteur d’un livre de ce nom). Dieu sait pourtant si je ne partage pas les rêveries marxistes du réalisateur ; mais, de la même façon que j’apprécie le cinéma de Robert Guédiguian, évidemment plus ensoleillé, plus fraternel, plus charnel (et qui se passe pour l’essentiel, à Marseille et dans les environs), je trouve bien nécessaire que des cinéastes braquent leurs caméras sur des réalités sociales que les téléfilms sucrés ne veulent pas voir.

Read the rest of this entry »