Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La vie commence demain

mercredi, novembre 13th, 2019

Allons au devant du matin !

Faire revivre magnifiquement Paris 1900 dans un film de montage d’une fluidité et d’une intelligence exceptionnelles a sûrement donné envie à Nicole Vedrès de regarder et d’illustrer la société qui prétendait, aux lendemains de la Deuxième guerre mondiale, ouvrir des horizons vibrants et chantants, une société qu’elle voyait vibrionner autour d’elle. Au milieu des espérances démesurées de la Libération, de l’aveuglement qui conduit, à chaque fin de conflit, à penser que l’Humanité sera désormais plus sage et que cette fois, elle aura retenu la leçon, voilà que la Science – avec un S majuscule – va nous ouvrir des chemins pavés de lys et de diamants. (suite…)

Benjamin Gates et le trésor des Templiers

dimanche, novembre 10th, 2019

Rouletabille en Amérique.

Si l’on n’est pas trop regardant sur les vraisemblances, si l’on accepte de recevoir de gros paquets de poudre aux yeux et d’admettre tout le lot des coïncidences qui sont à la fois le fardeau et le charme des feuilletons haletants, Benjamin Gates et le trésor des Templiers tient à peu près son rang de sous-produit de la série des Indiana Jones et parvient même quelquefois à captiver l’adolescent qui sommeille encore dans le presque vieillard. Après tout, nous avons tous élevés dans le plaisir sans mélange, sans doute issu du scoutisme (mais peut-être encore des quêtes médiévales) de l’aventure et du jeu de piste. (suite…)

Delicatessen

lundi, novembre 4th, 2019

Stupeur et tremblements.

À ce moment-là, personne ne s’est méfié. Dans un pays plutôt réticent aux innovations et qui n’a pas vraiment la tête au fantastique, ni même le plus souvent à l’onirisme, voilà qu’éclatait sur les écrans et remportait un succès critique et public inattendu et considérable, un film qui ne ressemblait à rien de connu, conçu par deux réalisateurs anonymes. Un film qui, en plus, n’était interprété par aucune des têtes d’affiche censées remplir les salles, mais par des trognes judicieusement choisies, qui ancraient ainsi facilement le film dans l’imaginaire. (suite…)

Quand la femme s’en mêle

lundi, novembre 4th, 2019

Petit précis de catastrophes.

Au simple vu du titre, Quand la femme s’en mêle, j’imaginais que le film faisait partie de la veine bien française et légèrement misogyne qui a donné les œuvrettes illustrées par Raoul André, du type Les pépées font la loi ou Clara et les méchants. Des films où avec une finesse pachydermique, on démontre au bout d’une intrigue à vague prétexte policier, que que les représentantes de la plus charmante partie de l’Humanité, apparemment causes de catastrophes, sont en fait beaucoup plus subtiles, beaucoup plus malignes, beaucoup plus astucieuses et tout aussi courageuses que l’autre partie. (suite…)

Arachnophobie

vendredi, novembre 1st, 2019

« Et ma blême araignée, ogre illogique et las… »

Que les spectateurs impatients et pressés se rassurent : une fois les sept ou huit premières minutes d’Arachnophobie regardées, ils peuvent passer à autre chose et, comme on le disait naguère à la télévision, reprendre leurs activités habituelles. Les premières minutes, en effet, présentent un des plus spectaculaires sites de notre Terre, qui en compte pourtant beaucoup : le Salto angel au Vénézuela, la plus haute chute d’eau du monde (979 mètres), située en rupture d’un plateau stupéfiant. C’est encore plus extraordinaire que le début d’Aguirre de Werner Herzog et de la descente des pauvres gens vers la vallée. (suite…)

La chambre des officiers

mardi, octobre 29th, 2019

Après la vie.

Du plus grand conflit de notre Histoire, de celui qui a laissé des cicatrices encore purulentes, un siècle après son achèvement, on ne parle plus tant que ça, finalement. De leur brève existence, les Étasuniens ont tiré des dizaines et des dizaines de beaux et grands films, sur la Guerre de Sécession ou sur l’extermination des Peaux-Rouges. Et nous bien peu, alors qu’il y aurait tant et tant à décrire… Qui se récriera et me citera une bonne centaine d’œuvres inspirées par le conflit majeur du siècle n’aura pas tort ; mais qu’est-ce que c’est que cette nomenclature au regard de celle consacrée à la Deuxième guerre, infiniment moins importante pour notre identité et notre être profond ? (suite…)

Les Misérables 1934

lundi, octobre 28th, 2019

Caramba ! Encore raté !

On me disait depuis toujours tellement monts et merveilles de cette version du plus grand mélodrame populaire français, de ce roman que tout le monde croit connaître et aimer que je me faisais un bonheur de la découvrir enfin. On me la présentait dense, longue, fidèle autant qu’il est possible au riche terreau, trop riche terreau, hugolien, on me disait que les près de quatre heures et demie de spectacle, divisées souplement en trois films (Une tempête sous un crâneLes ThénardierLiberté, liberté chérie) permettaient de mettre en scène les ramifications et les évolutions d’une œuvre qui s’étend sur une large vingtaine d’années (et sur 1486 pages en Pléiade). On me disait aussi que la distribution du film était exceptionnelle et que le rassemblement de grands noms et de grand talent, Harry Baur en Valjean, Charles Vanel en Javert, Charles Dullin et Marguerite Moreno en Thénardier était gage de merveilles. (suite…)

Restons groupés !

mercredi, octobre 23rd, 2019

Les voyageurs imprudents.

C’est vraiment un petit film sympathique, qui se laisse toujours regarder sans désagrément à la troisième ou quatrième vision paresseuse sur une chaîne de télévision secondaire. Un film qui, malgré plusieurs concessions à l’esprit du temps et au goût de l’époque n’est pas si mal fichu que ça, comporte bon nombre de scènes amusantes et met en scène des situations sans doute outrées mais plutôt habilement présentées. (suite…)

Les hommes préfèrent les grosses

dimanche, octobre 20th, 2019

Vive la liberté !

Les hommes préfèrent les grosses a été réalisé par Jean-Marie Poiré en 1981, il y a donc presque trente ans. Une génération. En revoyant hier cette excellente comédie pour la sept ou huitième fois, en y prenant toujours autant de plaisir, je me disais que nous avions alors bien de la chance ! Est-ce que l’on imagine, dans ce glacial et glaçant début de 21ème siècle qu’il serait possible de tourner un film doté d’un titre pareil, sans se faire traiter d’un de ces nouveaux mots incantatoires qui ont pour effet de vous dénier droit à la parole ; tout ces mots en -phobe qui vous disqualifient. (suite…)

Watchmen – Les gardiens

vendredi, octobre 18th, 2019

À mille encablures…

Il faut bien que je me rende à l’évidence, que je m’y résigne, que je tire des conclusions presque définitives. Quoi que je fasse et quel que soit l’avenir, je suis arrivé à un moment de mon existence où je ne suis plus capable de comprendre certaines évolutions du monde et de ce que je ne suis pas certain de pouvoir encore appeler cinéma. Et ceci – qui me glace -, alors que je constate que Watchmen – Les gardiens est un film qui a été tourné en 2009, il y a dix ans, époque où mes neurones étaient moins flagada qu’aujourd’hui. Le Temps est une donnée à peu près toujours aussi impitoyable. (suite…)