Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La mort en direct

vendredi, janvier 21st, 2022

J’irai pleurer sous la pluie.

Bertrand Tavernier ne fait pas l’unanimité chez les amoureux du cinéma français et – moi qui l’aime bien – je trouve qu’il est parfois bien décevant et tout à fait à côté de la plaque. Comment a-t-il pu, quelques années après Que la fête commence et Le juge et l’assassin et un an seulement avant ce qui est sans doute son meilleur film, Coup de torchon, commettre cette absurdité ennuyeuse ? La mort en direct est long, mais pire encore, languissant, ennuyeux, mal fichu, mal joué, mal dialogué, mal tout ce que l’on veut. (suite…)

West side story 2021

mercredi, janvier 19th, 2022

À quoi ça sert ?

Comme tous ceux qui ont reçu en 1961 un des chocs de leur éveil au cinéma en découvrant le West side story de Robert Wise, j’ai été interloqué et même légèrement agacé lorsque j’ai appris que l’estimable Steven Spielberg avait entrepris d’en tourner un remake. Et que cette reprise soit – paraît-il -plus conforme à la comédie musicale créée à Broadway en 1957, plus respectueux de sa composition ne me semblait pas un argument bien pertinent, parce que cette fidélité plus ou moins scrupuleuse est absolument sans importance. (suite…)

Une sale histoire

jeudi, janvier 13th, 2022

Philosophie dans le boudoir.

Ce double court-métrage (22 et 28 minutes) a tout pour exaspérer la plupart des spectateurs ; je pense même qu’il peut exaspérer encore davantage que l’œuvre majeure de Jean Eustache, mystérieuse, crispante, interminable, La maman et la putain et ses 3h40 de non-spectacle. Je m’étonne d’ailleurs beaucoup de n’avoir pas été exaspéré, je m’étonne moins lorsque je songe que, contre toute attente, j’ai été fasciné d’emblée par La maman et la putain découvert sur un écran du Quartier latin au printemps 1973 ; pour qui ne jurait que par le cinéma de la Qualité française et méprisait violemment toutes les tentatives post Nouvelle vague (qui commençait à refluer largement, soit dit en passant), pour qui refusait tout intellectualisme, c’était une sacrée douche froide. (suite…)

Le festin nu

dimanche, janvier 9th, 2022

Âmes sensibles s’abstenir.

Cronenberg, ça ne m’a jamais émerveillé et je n’ai vraiment apprécié de lui que les assez classiques Promesses de l’ombre. Et William Burroughs, c’est tellement loin, tellement inimaginable pour un type nourri de culture classique et très réticent à toutes les dérives que je n’ai jamais imaginé en lire une seule ligne. Sans doute ai-je eu pourtant la curiosité excitée qui m’a conduit effaré, choqué, révulsé – mais jamais vraiment ennuyé – à regarder Le festin nu. (suite…)

La dame de Shanghai

samedi, janvier 8th, 2022

On ne badine pas avec l’amour.

Eh bien voilà qui ne me permettra pas d’accomplir une sorte de chemin de Damas, de me convertir au cinéma d’Orson Welles. Je n’ai certes pas épuisé toute sa filmographie de réalisateur ; je n’ai encore vu ni Le procès, ni Une histoire immortelle ; ni même Falstaff ; et comme je trouve ce que j’ai trouvé de mieux jusqu’alors ce sont les adaptations de Shakespeare, c’est-à-dire Othello et surtout Macbeth, c’est peut-être là que je trouverai mon bonheur. (suite…)

Cette sacrée vérité

vendredi, janvier 7th, 2022

La pièce que nous avons eu l’honneur d’interpréter devant vous…

Autant j’ai été ému et même souvent bouleversé par Au crépuscule de la vie,, filmé la même année par Léo McCarey, mélodrame triste, désespérant, autant j’ai trouvé que Cette sacrée vérité est une pure gogoterie qui n’a pour qualité que d’être assez brève (1h27) mais qui se traîne depuis son début dans le concert des évidences. Il faudrait en effet être grandement couillon pour ne pas saisir d’emblée que les deux époux qui paraissent ne plus se supporter Jerry (Cary Grant) et Lucy Warrimer (Irene Dunne) s’aiment en fait profondément et se réconcilieront à la fin après diverses péripéties cousues de fil blanc. (suite…)

Gens de Dublin

lundi, janvier 3rd, 2022

La neige sur les pas.

Qu’est-ce que je penserais de Gens de Dublin si je ne savais que le film est une adaptation d’une des parties d’un roman de James Joyce ? Joyce dont je n’ai pas lu une seule ligne et que je ne lirai probablement jamais mais qui est tenu par beaucoup de gens en qui j’ai confiance pour un des écrivains majeurs du siècle dernier, au niveau de Marcel Proust. Au fait, d’ailleurs, pourquoi ne pas le lire ? Ah, c’est complexe ; sans doute un peu par peur de me retrouver devant une montagne que je n’aurai pas la force de gravir, parce que les cheminements sont trop compliqués et les faces trop glaçantes. Je crois qu’il est trop tard désormais pour que je m’y mette. (suite…)

Une nuit à Casablanca

dimanche, janvier 2nd, 2022

Se perd dans l’ennui.

Il me semble que je commence par la fin. Je veux dire que je regarde les films des Marx brothers en marchant sur le mauvais versant, celui de la fin de leur aventure. Sans doute me semble-t-il qu’il y a bien longtemps, j’ai vu et je me suis amusé devant Plumes de cheval,La soupe au canard,Une nuit à l’Opéra,Panique à l’hôtel où les trois (et quelquefois quatre) frères donnent le meilleur d’eux-mêmes, de leur verve comique, de leur dynamite intérieure. Mais c’était il y a si longtemps dans ma mémoire que j’ai à peu près tout oublié. Au fait, ne vous moquez pas, les gamins qui n’ont pas 60 ans : quand vous en aurez 15 de plus, vous ricanerez moins. (suite…)

Escape 2 Le monde est un piège

jeudi, décembre 30th, 2021

Mauvais juge, mais juge sévère

Certes, certes, Escape 2 – Le monde est un piège peut être regardé tel quel, même s’il est la suite directe d’un premier épisode, Escape game, du même réalisateur Adam Robitel sorti en 2019, qui a connu un grand succès public, surfant, je suppose, sur la vogue de ce jeu d’évasion qui fait florès dans nos villes. Il s’agit – je dis cela pour les vieux schnockes dont je suis – de sortir d’une pièce ou d’un ensemble de pièces où l’on s’est fait volontairement enfermer en résolvant toute une suite d’énigmes ; chaque progression entraîne naturellement la butée contre un nouveau problème dont il est encore plus compliqué de triompher. Le jeu se pratique généralement en groupe et l’on peut s’affronter à différents niveaux de difficulté. Les jeunes gens bien nourris de nos civilisations débonnaires trouvent donc là un substitut sans vrai risque au besoin de danger et de risque que chacun ressent sans toujours se l’avouer. (suite…)

Capitaine de Castille

vendredi, décembre 17th, 2021

Au fond du rêve doré.

Pour qui aime le cinéma brillant, spectaculaire, simpliste d’Hollywood, Capitaine de Castille est assurément un régal ! Superproduction à fort budget, sans doute un peu longue mais pleine d’aventures et de retournements de situation, le film de Henry King ne s’embarrasse pas de finesses historiques. Mais il donne assurément au spectateur beaucoup d’images spectaculaires, de héros bien typés, de scènes impressionnantes, de sentiments exaltants. Vision assez manichéenne des choses mais toute inspirée de cette robuste bonne conscience des citoyens du Nouveau Monde.

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