Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Little big man

samedi, octobre 14th, 2017

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible…

Je serais bien surpris que, pour inventer le personnage de Little big man, le réalisateur (ou plutôt, sans doute le romancier Thomas Berger, de qui le film est adapté) n’ait pas songé, davantage encore qu’à Candide, évoqué par beaucoup, à un des personnages majeurs de la littérature européenne : Simplicius Simplicissimus, héros effaré, assez niais mais nullement nigaud, qui erre parmi les horreurs épouvantables de la Guerre de Trente ans (1618-1648) dans l’Allemagne et la Bohême dévastées par les querelles des Grands qui s’asseyent en forme de prétextes sur le conflit religieux catholiques/réformés. Dans le roman de Grimmelhausen, comme dans le film d’Arthur Penn, il y a cette stupéfaction, cette sidération (dirait-on aujourd’hui) devant la violence et la cruauté de tous mais aussi un regard distant sur les abjections de l’existence et l’incapacité de comprendre vraiment ce qu’est et ce que veut l’Autre.

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Le sens de la fête

mercredi, octobre 11th, 2017

L’hyménée sauvage.

À une époque où l’on se marie de moins en moins – et où, quelquefois les enfants du couple pourraient servir de témoins lors du mariage de leurs parents – est née une extraordinaire sophistication de cette pratique ; sans doute doit-on juger que moins l’institution est vivante, plus on souhaite l’entourer de fanfreluches. Toujours est-il qu’une sorte d’obligation sociétale oblige les futurs conjoints à planifier les moindres détails de la cérémonie et à organiser une fête éblouissante, pour des invités qu’on souhaite laisser bouche bée. C’est ainsi qu’est née la curieuse profession de wedding planner qui qualifie quelqu’un chargé, moyennant finances, de mettre en place une mise en scène réussie, proposant un lieu, une décoration, des agapes, une animation musicale, un spectacle correspondant à un devis discuté dans ses moindres détails et dont le caractère précis et même tatillon des clauses fait quelquefois songer à un traité international conclu entre États souverains. (suite…)

La cité sans voiles

vendredi, octobre 6th, 2017

Le livre de la jungle.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas été emballé, de la première à la dernière image par un film noir étasunien et si ma note peut sembler un peu élevée, c’est sûrement par principe de plaisir, pour remercier Jules Dassin de m’avoir fait passer une large heure et demie formidable (au paradis des cinéastes, il se fiche sûrement de mon point de vue, mais tout de même…). (suite…)

La vie rêvée des anges

samedi, septembre 30th, 2017

Où l’enfer n’est pas loin.

C’est un film formidable, attachant, généreux et triste, aussi, et désespérant même. Une étoile noire d’un réalisateur, Érick Zonca, qui tournait là son premier long métrage, qui connut un grand succès critique et une foule de récompenses (trois Césars, double prix d’interprétation féminine à Cannes), réalisa dix ans après un film inconnu Julia) et se prépare à sortir, en 2018, son troisième opusFleuve noir, après avoir tourné plusieurs spots de publicité et un téléfilm. Singulier parcours, d’autant que le scénario de La vie rêvée des anges est également de la plume de Zonca. (suite…)

My fair lady

jeudi, septembre 28th, 2017

Qu’est-ce qu’une comédie musicale sans bonne musique ?

L’époque était aux très longues comédies musicales à grand spectacle et, à peu près simultanément sortaient sur les écrans Mary PoppinsLa mélodie du bonheur et donc My fair lady. Je n’ai pas un mauvais souvenir du premier film cité (vu, il est vrai, il y a très longtemps), je suis en perpétuelle admiration devant le deuxième mais je n’avais jamais vu jusqu’alors le troisième, auréolé de ses 8 Oscars. Je ne peux pas dire que c’est dépourvu de qualités, mais enfin j’ai assez modérément apprécié. Il est vrai que j’ai capté ça sur Paramount channel à la télévision, qui a la désagréable manie de diffuser les œuvres en version française exclusive, y compris, hélas, les parties chantées et que c’est là une redoutable épreuve pour un film où les jeux de mots et les jeux sur les mots sont légion et que les impératifs du doublage abiment énormément les intentions du réalisateur. Il paraît d’ailleurs que cette version française est réputée pour être épouvantable ; il est fort possible que si j’avais vu My fair lady en VO, j’aurais mis un point de plus, un peu davantage que la moyenne donc.

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Derrière la façade

mercredi, septembre 27th, 2017

derriere_facade

Quelle constellation !

Revu ce charmant film qui date de juste avant la guerre et séduit à nouveau par cette légèreté intelligente qui faisait cohabiter des tas d’acteurs connus dont tous n’étaient pas de second plan (Jules BerryErich von StroheimGaby MorlayElvire Popesco) au milieu d’une intrigue insignifiante,mais habile et en tout cas très propice à délivrer des scènes typiques et des numéros brillants.
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Au bon beurre

lundi, septembre 25th, 2017

Y’a pas de quoi rire…

Au bon beurre est l’exemple même de ce qu’était et de ce que pourrait être une télévision de qualité : le choix d’un réalisateur solide, Édouard Molinaro, sans doute dépourvu de grand talent, mais capable d’adaptations de bon niveau ; des acteurs de premier plan, Roger Hanin et Andréa Ferréol et une kyrielle de seconds rôles capables de donner de l’épaisseur à un film : Paul GuersDora DollClaude BrossetMonique Mélinand et beaucoup d’autres ; un roman idéalement découpé pour retenir constamment l’attention ; une période historique certes continuellement explorée et commentée mais considérée là principalement sous l’angle original du marché noir et de la crapulerie dénonciatrice ; une conclusion amère et juste, le triomphe immoral des profiteurs ; une adaptation très fidèle de l’œuvre d’un excellent romancier, Jean Dutourd, qui connaît aujourd’hui son purgatoire littéraire, dont je serais toutefois bien étonné qu’il ne ressorte pas dans quelques années ou décennies, tant sa verve narquoise et son œil ironique sont délicieux. (suite…)

El Dorado

samedi, septembre 23rd, 2017

Ça manque d’espace.

Je lis ici et là que El Dorado est plus qu’un remake, une variation sur le même thème que Rio Bravo. De fait on y retrouve les mêmes histoires de vendettas boueuses et bouseuses et les mêmes personnages taillés à la serpe, sans complexité ni ambiguïtés, chevaleresques à qui mieux mieux, comme dans des chansons de geste. Fallait-il que le Nouveau Monde, quand il créait ses légendes et construisait son identité passât par les mêmes ennuyeuses litanies sommaires ? C’est possible. (suite…)

Le château dans le ciel

vendredi, septembre 22nd, 2017

Le goût du saké, fade et tiède.

Ma foi ! On m’avait dit du bien des films du réalisateur japonais Miyazaki, de leur poésie, de leur originalité, de leur accompagnement musical de Joe Hisaishi, mais aussi de leur violence baroque, si particulière du pays du Soleil levant. J’ai voulu essayer, je n’ai pas détesté, mais je doute de repiquer au truc, sauf, peut-être, si c’était le seul moyen de calmer une bande d’enfants dissipés que je recevrais à l’occasion de l’anniversaire de ma petite fille. (suite…)

Anthony Zimmer

mardi, septembre 19th, 2017

Trop malin pour être honnête.

J’aurais aimé donner une assez bonne note à Anthony Zimmer, parce que je ne m’y suis pas ennuyé une seconde et parce que j’y ai apprécié le jeu toujours intelligent d’Yvan Attal et l’invraisemblable capacité séductrice de Sophie Marceau. Bon film de série, certes, bien charpenté, bien rythmé, bien conduit, avec tout ce qu’il faut de séquences brutales pour frapper l’imagination, tout ce qu’il faut d’images de palace pour qu’on puisse s’y prélasser virtuellement, juste ce qu’il faut d’assassinats et de courses poursuite pour qu’on puisse y trouver son content d’adrénaline.

 

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