Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Invasion Los Angeles

vendredi, janvier 17th, 2020

Foire des ténèbres.

On comprend assez bien que le réalisateur John Carpenter bénéficie d’une certaine aura dans le domaine vaste du cinéma de genre. C’est convenablement construit et mené, c’est de l’ouvrage passable, assez solide toutefois pour résister à la vision après quelques décennies et il y a quelques situations et images originales qui font qu’on ne peut pas tout à fait négliger le film qu’on regarde, même si on en voit bien les insuffisances et les roublardises. En d’autres termes on n’est pas dupe, mais on ne demande pas mieux que se laisser avoir par le fil du récit présenté. (suite…)

Une vie cachée

mardi, janvier 14th, 2020

La moisson du Ciel.

Que se passerait-il vraiment si ceux qui se disent chrétiens – et dont je suis ou que j’essaye d’être – suivaient vraiment la Parole divine et mettaient vraiment en pratique ce qu’ils lisent dans l’Écriture ? Comment serait la Terre si ceux-là avaient seulement le grain de Foi qui permettrait de déplacer les montagnes, selon le propos du Christ rapporté par les Évangiles de Matthieu (17.20) et de Marc (11.23) ? (suite…)

Top of the Lake

dimanche, janvier 12th, 2020

Cinq mois chez les sauvages.

Je ne suis pas très familier avec ce qui semble, depuis une vingtaine d’années, remplacer le classique film de cinéma : c’est-à-dire ce qu’on appelle les séries et que je persiste à nommer feuilletons lorsque les scénarios ne sont pas indépendants les uns des autres et doivent se voir successivement, de la présentation des personnages à l’épilogue. Je ne sais pas très bien pourquoi le genre s’est imposé avec tant de force et paraît séduire tant de publics de toute nature. Peut-être la durée relativement restreinte (moins d’une heure) de chaque segment, durée qui se conjugue avec, en sens inverse, la longue durée de l’histoire répartie sur de nombreux épisodes voire plusieurs saisons. (suite…)

Jenny

mercredi, janvier 8th, 2020

Le traité du vain combat.

Premier long- métrage de Marcel Carné, première collaboration avec Jacques Prévert, mais aussi avec Joseph Kosma à la musique, Jean d’Eaubonne aux décors, Roger Hubert à la photographie. Prémisses et prestiges de l’âge d’or du cinéma français. Un beau mélodrame à sentiments et personnages outrés, à déroulements évidents et où ne manque pas même la goutte de fiel terminale. Ça n’échappe pas toujours à la grandiloquence et au romanesque de la malédiction des filles perdues, mais ça fonctionne plutôt bien, propulsé par le talent des acteurs et la qualité des dialogues. (suite…)

Au hasard Balthazar

mardi, janvier 7th, 2020

Poussières du Rien

Qu’ils soient de l’enquiquinant Robert Bresson ou bien d’autres hiératiques, hautains, encapuchonnés réalisateurs, des films comme ça me semblent réservés à des spectateurs qui sont tout fiers de pouvoir, avec une certaine jactance, proclamer leur bon goût. Et aussi d’ajouter que ce genre de spectacle est destiné à une minorité intelligente, subtile, habituée à la réflexion existentielle et au cheminement élitiste. Autrement dit à l’élite qui sait mieux que vous ce qu’est véritablement le cinéma. J’ai entendu ce genre de propos, j’ai vu ce genre d’attitude mille fois, il y a cinquante ans et davantage, arborés par mes alors jeunes contemporains qui n’avaient que mépris pour Lautner ou Verneuil et se gargarisaient de Bergman,, d’Antonioni ou de Resnais. (suite…)

Huit et demi

samedi, janvier 4th, 2020

Une aussi longue absence.

Je me souviens encore très précisément de l’atmosphère qui régnait, dans une chaude nuit de l’été 1963, à la sortie du cinéma Casino de Digne, ma ville natale, où je passais rituellement mes vacances d’été. Nous devions bien être une dizaine de camarades, filles et garçons mêlés, et nous avions 16 ou 17 ans. Il me semble que nous n’étions pas très nombreux à avoir vu déjà La dolce vita – sans y comprendre grand chose – et je devais être le seul à connaître Les tentations du docteur Antonio du film à sketches Boccace 70, que j’avais pris comme une vaste rigolade. Mais, pour les jeunes péteux que nous étions, soucieux d’intellectualisme, le nom de Federico Fellini était comme une sorte de vache sacrée, quelque chose à quoi il n’est pas concevable de s’opposer.

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L’étrange histoire de Benjamin Button

vendredi, janvier 3rd, 2020

Love story.

Je suis assez étonné que tant de bons esprits attachent de l’importance à ce film bien larmoyant, extrêmement long (près de trois heures), ce qui, en soi, ne serait pas grave, mais surtout terriblement lent. Je m’empresse d’emblée de dire que je n’ai absolument rien contre le cinéma du réalisateur David Fincher, dont j’ai plutôt apprécié Seven et Gone girl et dont je n’ai pas détesté Fight club ou Panic room.

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Des oiseaux, petits et grands

mercredi, janvier 1st, 2020

L’art et la manière.

J’ai avec le cinéma de Pier Paolo Pasolini une relation incertaine, voire ambiguë. Il ne me viendrait pas à l’idée de nier son intelligence, sa finesse, sa subtilité. La beauté formelle (peut-être un peu trop guindée) de L’Évangile selon Saint Matthieu, la pitié chaleureuse exprimée dans Mamma Roma, surtout la sombre mais magnifique ignominie de Salo ou les 120 journées de Sodome. Mais d’un autre côté, les jeux complaisants médiocres de la Trilogie de la vie (Le DécaméronLes contes de CanterburyLes mille et une nuits) et aussi la complaisance nombriliste de Carnet de notes pour une orestie africaine. (suite…)

Les Misérables

mardi, décembre 31st, 2019

Notre riant avenir.

Ladj Ly, le réalisateur des Misérables vient de tenir des propos scandaleux, inadmissibles, intolérables sur des journalistes qui luttent contre l’islamisme, Éric Zemmour et Zineb El Rhazoui (ancienne de Charlie hebdo). Il a été condamné à 3 ans de prison pour complicité d’enlèvement et de séquestration à cause d’une histoire compliquée qui fait pièce sur la vertu de sa sœur. Ce n’est donc pas un garçon que j’aimerais compter parmi mes amis et il est certain que je ne serais pas rassuré si je me retrouvais à ses côtés lors d’un dîner en ville (voilà une hypothèse qui n’a vraiment aucune chance d’avoir lieu, soit dit en passant). (suite…)

L’abominable homme des douanes

lundi, décembre 30th, 2019

Au fond de la piscine, on peut encore creuser…

Ce n’est pas toujours bien beau, les fins de carrière. Si Marc Allégret n’a jamais eu le talent de son frère Yves (celui-ci bien assisté par le scénariste Jacques Sigurd), il a tout de même réalisé quelques films intéressants et même notables ; en premier lieu Entrée des artistes avec un Louis Jouvet étincelant, mais aussi Félicie Nanteuil et surtout Blanche Fury ou même Aventure à Paris ou Gribouille. Et son acteur principal, dans L’abominable homme des douanes, c’est Darry Cowl à l’étrange destin. D’abord irrésistible acteur de complément (un peu comme Louis de Funès), il passe en quelques mois à un statut de vedette, tournant en premier plan une dizaine de films très oubliables mais qui rencontrent un succès réel au cœur de la France profonde. (suite…)