Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Mes amis, mes amours

mardi, décembre 11th, 2018

Puits sans fond.

On n’a pas forcément envie après plusieurs semaines où, sur toutes les chaînes, les images des ronds-points campagnards occupés par les gilets jaunes ont occupé le maigre espace disponible d’un cerveau vieillissant et où, en début de soirée, les propos du Président de la République ont absorbé le mince filament de capacité intellectuelle qui demeurait, on n’a pas d’autre envie, donc, que de se laisser aller à une sorte de léthargie plon-plon, avant d’aller mettre la viande dans le torchon, comme le dit avec grâce Marcelle Groseille (Christine Pignet) dans La vie est un long fleuve tranquille. On zappe le long de la théorie des chaînes minuscules, on aperçoit le nom de Vincent Lindon,celui de la jolie Virginie Ledoyen. On bâille et on regarde. (suite…)

Rec 4 – Apocalipsis

samedi, décembre 8th, 2018

On n’est pas sorti de l’auberge !

Je craignais que le numéro 4 de la série ne fût l’abomination de la désolation (ce qui est plutôt cohérent, s’agissant d’un film à allusions bibliques – Daniel 11-31), survenant après le numéro 3, (Rec 3 Genesis) qui n’avait à peu près aucun intérêt, mais voilà que ça a redressé un peu la tête. Il était temps néanmoins que ça se termine, toutes les pistes ayant été explorées et chacun ayant eu son content de tripailles déchirées et de hurlements de bêtes fauves. Je note toutefois que les scénaristes ont laissé une fin ouverte à l’aventure ce qui permettra le cas échéant de remettre cent sous dans la machine (ou deux thunes dans le bastringue). Mais c’en est en tout cas bien fini avec ce qui faisait l’intérêt des deux premiers épisodes, le côté reportage de la caméra portée et, si farfelue qu’il était, le parti de relier possession démoniaque et contamination virale. (suite…)

Rec 3 Genesis

mercredi, décembre 5th, 2018

Mariage sanglant, mariage pétulant !

Les deux premiers films de la série ayant eu un réel succès – mérité au demeurant, surtout pour le premier – on comprend bien l’envie de tirer sur la pelote de laine et de la dévider jusqu’au bout. Ce n’est sans doute pas bien élégant, mais, dans le monde cruel de l’économie du cinéma, ça peut se comprendre. Il y a des tas d’exemples où un public peu exigeant se satisfait du réchauffage des recettes cuites et recuites, aimant retrouver un paysage, des personnages, des situations connus et appréciés. On en est au numéro 5 dans la série des Taxi, au 8 (en comptant les téléfilms) dans la série des American pie. Rec compte 4 films. (suite…)

Rec

samedi, décembre 1st, 2018

Les animaux malades de la peste

Voilà un film, déjà vu, mais agréablement revu, qui a surfé sur plusieurs vagues intéressantes et qui, lorsqu’il est sorti, offrait d’intéressantes perspectives. La manie du reportage en direct, l’utilisation de la caméra portée, qui en est corollaire, la mise en avant des héros anonymes, qui obtiennent ainsi le fameux quart d’heure de célébrité, annoncé par le pimpant Andy Warhol. Le boy next door ou la voisine d’en face, la recherche d’un prétendu regard authentique qui fait que, chaque soir ou presque, sur l’une ou l’autre chaîne de télévision, il y a un sujet sur La police municipale de Châteauroux se mobilise contre les incivilités ou Les pompiers de Montauban gardent toute leur vigilanceRec utilise à merveille tout cela et s’appuie aussi sur la nuit, ses avenues vides, son étrange atmosphère. (suite…)

Panic room

jeudi, novembre 29th, 2018

Des chats et des souris.

Si je devais un jour, muni par le Bon Dieu d’une mission en ce sens, donner un conseil aux cinéastes de tous les pays, je me permettrais de leur en glisser deux, pour le même prix. Le premier serait : Hors rares exceptions, coupez toujours le dernier quart d’heure de vos films, quelle qu’en soit la durée. Et le second, bien plus impératif et contraignant, serait : Ne vous contentez pas d’une situation de départ originale et bien fichue : vous y tournerez vite en rond, vous devrez étirer votre rythme, inclure dans votre propos des éléments parasites et vous décevrez le spectateur avec la fin de votre film ! (Ce qui, au demeurant, rejoint tout à fait l’esprit de mon premier précepte et en confirme la pertinence). (suite…)

Le veuf

samedi, novembre 24th, 2018

Douceurs de l’hyménée.

Le veuf, c’est une farce, une véritable farce, avec des excès, des outrances, des trucs et des truquages, mais c’est une farce si méchante, si cruelle, tellement cynique qu’on voit bien poindre déjà ce qui, dans les années suivantes, seront les chefs-d’œuvre de ce genre original, novateur de la comédie à l’italienne’. C’est caustique, vif, enlevé, rythmé. Surtout, à bien y réfléchir, il n’y a pas dans le film un seul personnage vraiment positif : tous sont avides, méprisables, minables, d’un égoïsme entier, suffisants, sans scrupules. Il y en a de pires que d’autres, plus arrogants, plus orgueilleux, plus insupportables, mais aucun ne vaut grand chose. (suite…)

Floride

lundi, novembre 19th, 2018

Oh, les beaux jours !

Peut-être parce que la question va de plus en plus me concerner et que je ne crains rien davantage que d’être rattrapé au tournant par l’inquiétant Docteur Alzheimer, j’ai pris un certain intérêt à Floride, dont je ne me souviens pas d’avoir entendu parler. Soit dit en passant, cet oubli n’est pas très bon signe pour le sujet qui me préoccupe, n’est-ce pas ? En tout cas toute la relation presque clinique de cette affligeante plongée dans la nuit m’a parue très bien venue et conforme à ce que je sais de la maladie : trous béants dans la mémoire immédiate, confusions multiples, irritabilité sans vraie cause, appréciation absolument injuste des efforts que vos proches font pour vous, refus obstiné d’admettre que les facultés mentales sont en pleine déroute et qu’il n’y aura pas de contre-attaque.

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Merci pour le chocolat

vendredi, novembre 16th, 2018

Méfiez-vous des eaux dormantes.

Peut-être parce que j’ai moi-même vécu de belles années de ma vie à Annecy, je me méfie assez de l’atmosphère des lacs, en apparence si paisible, si sereine, si harmonieuse, si bien élevée mais qui, comme leurs flots peut être secouée par des tempêtes assassines. Et cela, même si les traces de leurs fureurs disparaissent presque instantanément pour leur permettre de recouvrer leur élégance. Jeu de massacre, d’Alain JessuaLe parfum d’Yvonne de Patrice Leconte sont, ainsi des films de malaise. Et que dire du glaçant Funny games de Michael Haneke ? Au fait, quand ces lacs sont situés dans l’opulente tranquille Suisse, où rien de grave, jamais, ne semble pouvoir survenir, ce sentiment un peu ambigu s’accentue encore. (suite…)

Police python 357

mercredi, novembre 14th, 2018

Petits meurtres entre amis.

1976, c’était l’époque où Yves Montand était au sommet de sa notoriété et de ses succès cinématographiques. Entre Z de Costa Gavras en 1969 et Garçon ! de Claude Sautet en 1983, il n’y a pas un grand réalisateur français (Philippe de BrocaJean-Pierre MelvilleJean-Paul RappeneauHenri Verneuil et même Jean-Luc Godard) qui n’ait fait appel à lui. 1976, c’était aussi la dernière fois que l’acteur et sa femme, Simone Signoret tournaient ensemble (et à vrai dire, ils l’ont assez peu fait depuis Les sorcières de Salem de Raymond Rouleau en 1957). Le metteur en scène, Alain Corneau tournait là son deuxième film et ce début était plutôt réussi, quoiqu’il soit tissé d’invraisemblances. (suite…)

Reservoir dogs

vendredi, novembre 9th, 2018

La vermine est dans la cale.

Je suivrais assez sur ce coup le point de vue de Bertrand Tavernier dans 50 ans de cinéma américain qui, en admirant profondément la maîtrise et la vivacité du film précise toutefois qu’on sort avec un léger malaise, l’impression d’avoir été bluffé par un brillant joueur de poker. Et de fait, le premier film de Quentin Tarantino s’apparente avant tout à un brillant, très brillant exercice de style où un brillant, très brillant jeune réalisateur présente à un jury charmé tout ce qu’il sait et peut faire : audaces de construction, de ruptures rythmiques, d’images violentes, de séquences difficilement soutenables au service d’une conclusion totalement macabre. On applaudit et on dit bien fort Bravo l’artiste !. (suite…)