Coup de foudre

Coup de foudre, affiche

Aux deux colombes.

Voilà le genre de films dont on ne se souvient pas dix minutes après l’avoir regardé, tant c’est inconsistant et fuligineux. Et comme ma vision date de presque une semaine, ça n’a rien arrangé ; ah, non, ce n’est pas un des films dont les images vous reviennent, vous sourient ou vous angoissent, vous émeuvent ou vous glacent plusieurs années après que vous les avez découvertes. Je sais qu’il s’agit d’une relation romancée de la vie pendant et après la dernière guerre de la mère de Diane Kurys, juive, et de son amitié singulière avec une autre jeune femme, mais une fois que j’ai dit ça, je demeure un peu coi. Je n’ai pas d’aversion de principe pour les récits à large dominante autobiographique et j’avais trouvé plutôt bien réussi celui que Diane Kurys a consacré à sa propre adolescence et à une de ses années de lycée, Diabolo menthe. Dans ce film, qui a connu un beau succès et qui a été multidiffusé à la télévision, la mère de Éléonore Klarwein, la jeune fille du premier rôle, était interprétée par Anouk Ferjac.

C’est donc cette femme qui, dans Coup de foudre est Lena Weber, mal mariée avec Michel Korski pendant la guerre – tous deux ayant le malheur d’être juifs à une époque où il n’était pas bon de l’être – qui engage une relation d’amitié avec Madeleine, une jeune femme rencontrée dix ans après la fin du conflit au grand désarroi de son mari, qui l’aime exclusivement.

Je n’ai pas cité au fil de mon propos les noms des interprètes de ces personnages, afin de les mieux mettre en exergue. La plus grande actrice française de sa génération (avec Sandrine Bonnaire), c’est-à-dire Isabelle Huppert et une autre actrice, qui peut être excellente, Miou-Miou. Et du côté masculin, deux acteurs de grande qualité, Guy Marchand, mari de Lena/Huppert et, dans le rôle du rastaquouère comédien raté, mari de Madeleine/Miou-Miou, le toujours étonnant Jean-Pierre Bacri.

Heureusement que la distribution est réussie (on peut y inclure, dans des rôles très secondaires, Dominique Lavanant, la fascinante Christine Pascal et l’alors très jeune François Cluzet) parce que l’histoire, même appuyée sur la réalité biographique est assez ridicule et farfelue ; je me demande d’ailleurs si cet aspect biographique revendiqué n’est pas non plus très ornementé… enfin, ornementé, si j’ose dire. Parce que la scène où Léna, dans un train de nuit se fait sauter par un militaire en permission (Cluzet) sous les yeux mi-complices mi-effarés de ses copains de régiment est, à ce moment là, un peu choquante. La mère de Diane Kurys aurait-elle raconté cet exploit technico-érotique à sa fille ? Voilà qui me choque, en tout cas.

Quelques jolies images de Lyon, qui est une ville qu’on sait extrêmement photogénique et deux actrices qui paraissent parfaitement s’entendre, jusqu’à un peu plus loin, alors qu’il paraît que les relations de tournage ont été absolument exécrables. Magie du cinéma !

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