Dune

600x800_200464Raté ; quelquefois enivrant.

Est-ce que, au delà de la physionomie habituelle de Kyle MacLachlan, de Blue Velvet et de Twin peaks, il y a quelque chose de David Lynch, dans ce film aux effets spéciaux spectaculaires, à l’atmosphère soignée, aux visages surprenants, aux costumes rares ?

Il paraît que le réalisateur a renié sa créature et on conçoit d’ailleurs assez bien qu’une pensée aussi originale et paranoïaque ait pu ne pas vraiment apprécier tourner une adaptation romancée, même issue d’un roman aux vastes volutes, qui demeure un souvenir fort du temps où je lisais de la science-fiction ; un univers cohérent, du souffle, une ample vision épique, la construction d’un monde ordonnancé, un récit maîtrisé.

Mais le monde de David Lynch est si terriblement personnel que la collision avec celui d’un autre créateur n’est sûrement pas ce que l’auteur de Mulholland Drive souhaite vraiment…

Dune, le film, est un livre d’images impressionnantes souvent, et inspirées, toujours, où les références et les citations sont omniprésentes : les décors, les orientations, les angles font songer à Metropolis ou – plus bizarrement – au Magicien d’Oz ; et il m’étonnerait bien que Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, dans La cité des enfants perdus ne se soient pas souvenus des architectures baroques et compliquées de Lynch.

En fait le récit, trop complexe, et trop resserré, n’est pas ce qu’il y a de mieux, d’autant que, tel qu’il est présenté, il est un peu cucul-la-praline (en gros, c’est la victoire du Bien contre le Mal, des gentils contre les méchants, de l’harmonie contre la cupidité) ; en revanche, il y a plein de séquences glauques (les délires sexuels sanglants du Baron Harkonnen – Kenneth McMillan, immonde à vomir) où inquiétantes (les premières apparitions des vers des sables géants ; mais il y en a un peu trop par la suite : on finit par se lasser de ces grosses braves bêtes) ; c’est spectaculaire, et ça devait l’être davantage sur un écran géant, grâce à la photogénie immuable du désert…

Mais enfin, ce n’est pas un vrai Lynch, dont les interrogations restent en tête si durablement…

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