Indiana Jones et la dernière croisade

18895516N’a pas le niveau !

Mmouais… je trouve tout de même que ça s’essouffle un peu et que ça tourne sur soi-même en reprenant  les vieilles recettes éprouvées qui, à la revoyure, séduisent toujours mais ne surprennent plus.

Si un quatrième opus, davantage tourné vers la science-fiction, a été tourné (Le crâne de cristal), on perçoit bien que les auteurs, Spielberg et Lucas, tirent à la ligne. À preuve le pré-générique où bon nombre des traits caractéristiques d’Indiana Jones sont justifiés ou expliqués (sa peur des serpents, son usage virtuose du fouet, le port de son Borsalino et même la cicatrice qu’il porte au menton). Ce genre de dévoilement est assez typique des conclusions d’ouvrages où, dans une suprême complaisance, l’auteur-démiurge livre au lecteur ou au spectateur haletant les clés qui manquaient à sa parfaite information.

D’avoir placé auprès d’Indy son père, à la fois détonateur et poil à gratter de l’intrigue, est également un petit signe de lassitude : trop dire sur le personnage signifie qu’on en a marre d’en parler…

movie_callout_imageCela étant, le couple père/fils fonctionne à merveille, grâce aux talents respectifs de Sean Connery et de Harrison Ford, mais aussi grâce à la disparité de caractère voulue entre les deux hommes et à cette sorte de contre-emploi assumé par Connery, qui joue un vieil original égoïste, érudit mais inoffensif. Faire de la meilleure incarnation de James Bond une sorte de roi des empotés est une idée aussi excellente qu’efficace.

On a pourtant la sensation que les auteurs se sont un peu trop torturé les méninges pour élaborer des péripéties aussi haletantes que celles qui rayonnaient sur les deux premiers opus ; certaines sont aussi vibrantes qu’auparavant, par exemple la séquence initiale dans les wagons du cirque, pleins de vermines et de fauves divers, mais d’autres sont bien pesantes ou longuettes, comme l’interminable bataille sur, dans, autour du char allemand qui doit presque atteindre le quart d’heure.

m3bEQlir8IWpmFocQBXWM5fkHriLa quête du Graal, grand classique inusable, fournit un assez bon support, même si sa recherche par les Nazis redonde un peu beaucoup sur celle de l’Arche d’alliance (qui avait le mérite d’être originale) ; on retrouve les paysages désertiques des Aventuriers de l’arche perdue et, pour une fois, l’aventure est très précisément située, dans l’éphémère République du Hatay, démembrement du célèbre Sandjak d’Alexandrette, jadis syrien, aujourd’hui turc. On peut certes un peu reprocher à Spielberg d’avoir utilisé l’archi-connue façade du Khazneh de Pétra pour y abriter, prétendument, la cachette du calice sacré, mais il faut bien admettre que lorsque, comme c’est le cas, l’édifice est débarrassé de la pollution touristique, il s’impose admirablement.

Qu’est-ce qui imposait, en revanche, le passage dans le Berlin de 1938, du père et du fils Jones et, pire, la scène grotesque où Indy reçoit de la propre main d’Adolf Hitler un autographe ? On a l’impression que Spielberg n’a pas su résister à ce genre de blagues que l’on pourrait qualifier de potaches si elles ne survenaient pas dans un contexte glaçant.

La fin du film est assez réussie ; les trois épreuves terrifiantes que doit surmonter Indy pour s’approcher du Graal sont originales autant qu’impressionnantes… Mais ça ne suffit pas à hausser La dernière croisade au rang prestigieux des aventures précédentes.


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