La bataille de Solférino

Très enlevé.

À l’orée d’une semaine bien dérangeante pour le président de la République, marquée par l’engagement de responsabilité de son chef de gouvernement et par sa propre conférence de presse, il y avait une heureuse opportunité de regarder La bataille de Solférino, dont on m’avait dit quelque bien. On avait d’ailleurs bien raison et ce premier film de Justine Triet est assez bien fichu et spirituel, agréable et, aux moins pour ses trois premiers quarts, bien rythmé. (Je ne cesserai d’ailleurs jamais de réclamer la suppression systématique des quinze dernières minutes de chaque film).

Le meilleur est dans l’entrecroisement des soucis de Lætitia (Lætitia Dosch), jeune journaliste d’une chaîne d’information continue. Elle est chargée d’aller couvrir l’atmosphère du quartier de la rue de Solférino, où est logé le Parti socialiste et où se rassemble la foule, le soir de l’élection de François Hollande ; mais elle doit parallèlement gérer sa vie privée, les tentatives de son ex, le père, Vincent (Vincent Macaigne) de ses deux tout petits enfants, Liv et Jeanne de s’introduire, sans y avoir droit, dans l’appartement où ils sont gardiennés par Marc (Marc-Antoine Vaugeois), baby sitter indolent et paumé, alors même que son actuel amant, Virgil (Virgil Vernier), peu soucieux de s’occuper des moutards, s’est défilé…

la-bataille-de-solferino-18-09-2013-4-gC’est un peu compliqué, écrit comme ça, mais on saisit le sens, je suppose ; et ce qui est drôle, c’est précisément la juxtaposition des images d’un couple qui se déchire hystériquement et de la liesse mêmement hystérique des nigauds qui continuent à imaginer que des lendemains peuvent chanter (qu’on ne se méprenne pas : je tiendrais le même discours à l’égard des partisans de Nicolas Sarkozy si, d’aventure, il l’avait emporté). Cela étant, à force d’avoir du brio, Justine Triet finit par pédaler un peu trop vite pour ses jambes et, finalement, à les tourner dans le vide.

Mais enfin, ce n’est pas mal du tout. Et nous n’en sommes qu’à la moitié du quinquennat. Vivement 2017 pour rire un peu !

 

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