Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La La land

lundi, février 27th, 2017

Faut pas jouer dans la cour des Grands !

Je suis sorti  hier de la projection accablé, comme l’ont été ma femme et ma fille. Plusieurs spectateurs sont partis avant la fin et tous nos compagnons de géhenne cinématographique paraissaient dépités, presque assommés par la durée du film et son insignifiance, la plupart de ceux que j’ai questionnés partageant nos points de vue. Je n’avais pas vu d’aussi tristes mines depuis Les visiteurs 2.

La nuit ayant porté conseil, je reviens à La La land ; depuis ma déception de la projection, hier, j’ai eu deux ou trois fois dans l’oreille des mélodies qui me plaisaient et c’étaient les thèmes du film. Après me les être repassées grâce à YouTube, je me dis que, finalement, il n’y a pas que du languissant, du ridicule et du gloubi-glouba dans le film de Damien Chazelle, mais aussi quelques qualités, mineures, sans doute, mais réelles.

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Chez nous

samedi, février 25th, 2017

Qui trop embrasse mal étreint.

Dans l’idéal, pour se prononcer sur la seule qualité cinématographique de Chez nous, il faudrait oublier qu’à l’heure où est sorti le film sur les écrans, la France est à deux mois seulement d’une élection présidentielle singulière, pleine de marécages et de surprises. Il faudrait aussi oublier que c’est un pamphlet, une œuvre militante, clairement revendiquée comme telle par son auteur, Lucas Belvaux qui dit en ce moment à peu près partout, dans les journaux, à la radio, à la télévision qu’il est inquiet de la montée continue du Front national, de sa probable présence au second tour de l’élection et de son possible succès. (suite…)

Miracle en Alabama

lundi, février 20th, 2017

Les barricades mystérieuses.

Un sujet en or, une histoire en or. Une petite fille murée en elle-même, aveugle et sourde, que sa famille, aisée mais impuissante, aimante mais résignée abandonne peu à peu à sa nuit noire. Une institutrice issue d’une famille d’immigrés irlandais misérables, orpheline de mère à 8 ans, affligée d’un frère lourdement handicapé, elle-même mal voyante, guère douée pour la tendresse mais tendue par l’orgueil de réussir qui va s’atteler à une tâche impossible. Sujet en or, propre à émouvoir le cœur le plus sec. (suite…)

Elle

mardi, février 14th, 2017

Plein à craquer.

Il y a longtemps que l’on sait qu’Isabelle Huppert est une actrice magnifique, capable à elle seule d’illuminer un film et de lui donner de l’intérêt. Il y a longtemps, aussi, qu’on a compris que Paul Verhoeven est un réalisateur insolite et passionnant. Et en tout cas un homme capable de toucher à bien des genres et à leur apporter un éclat d’étrangeté, souvent même de folie. Cinéaste des terres de brume et de pluie protestantes, comme Michael Haneke ou Lars von Trier, il n’est pas davantage qu’eux solaire et mesuré et le bon goût n’est pas son point fort. (suite…)

Stanley Kubrick, une vie en images

samedi, février 11th, 2017

Les sommets du cinéma.

Pour qui tient, comme c’est mon cas, Stanley Kubrick comme le plus grand réalisateur du cinéma de tous les temps, très au delà de tous les autres par l’extraordinaire homogénéité de sa production, par la constance stupéfiante de son génie de la mise en scène, Une vie en images est une récapitulation un peu scolaire, mais utile de l’œuvre. (suite…)

Un homme et une femme

jeudi, février 9th, 2017

Mélodramatique et kilométrique.

Qu’est-ce qui m’a retenu de regarder ça il y a cinquante ans, lorsque c’est sorti sur les écrans, pour ne le découvrir qu’aujourd’hui ? Sans doute l’adulation consensuelle de tout le monde et le désastreux succès de la ritournelle Chabadabada du roublard Francis Lai.

Mais qu’est-ce qui m’aurait plu, si j’avais vu ça à l’époque ?

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Pétain

lundi, février 6th, 2017

Marchons sur des œufs.

Un peu compliqué d’évoquer le film de Jean Marbœuf sans risquer d’engager des polémiques désagréables mais surtout très vaines. Essayer de ne pas entrer, ou le faire le moins possible sur les jugements de valeur, l’accablement du personnage historique ou sa célébration ; et pas davantage sur l’interprétation factuelle des événements, que nous n’avons ici pas ou peu de pertinence à commenter en l’appuyant ou en la contestant. (suite…)

Lucrèce Borgia

jeudi, février 2nd, 2017

Fin de siècle.

Lucrèce Borgia fut assurément un des plus grands succès du prolifique Christian-Jaque, du fait, sans doute des scènes un peu dénudées, qui n’étaient pas légion à l’époque (1953) et du succès que remportait alors Martine Carol, star impudique à la carrière mince mais au décolleté pigeonnant. Et puis le nom de Lucrèce résonnait aux oreilles du spectateur égrillard comme une promesse de parcours salace, toujours bon à apprécier. (suite…)

Les égarés

jeudi, février 2nd, 2017

Été et fumées, Italie 43.

Les égarés est un film intéressant, excellemment mis en image et bien interprété, mais sa structure narrative est un peu lâche et, à mes yeux, il s’enfonce trop dans le mélodrame pour me satisfaire complètement. (suite…)

Le testament du docteur Mabuse

dimanche, janvier 29th, 2017

Génie du Mal pour classes maternelles.

Le docteur Mabuse, génie du Mal et création romanesque comparable à l’immortel Fantômas ? Mais quelle blague ! Je n’ai certes pas vu, et ne verrai sans doute jamais (mais si, depuis lors, j’ai vu le premier opus de la série)  le premier film consacré à ce grand criminel, Docteur Mabuse le joueur en 1922, par le même Fritz Lang qui a réalisé ce Testament du Docteur Mabuse en 1933, puis, en 1960, Le diabolique Docteur Mabuse, avant de laisser la place à des tâcherons de moindre notoriété, qui ont usé et abusé de la franchise (jusqu’au douteux Jésus Franco avec La vengeance du Docteur Mabuse). (suite…)