Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le coup de l’escalier

mardi, novembre 8th, 2016

19869288Célébration des temps morts.

Voilà un film intelligent et magnifiquement réalisé où l’intérêt tient moins au suspense du hold-up, pourtant bien rythmé et très réussi, qu’à ce qui se passe avant lui et – un peu – après. Un film où la présentation des personnages, les rapports violents qu’ils entretiennent et, surtout, l’attente, exaspérante, énervante, angoissante du coup sont primordiaux. De fait, je ne crois pas qu’on ait réussi aussi exactement à décrire les heures qui n’en finissent pas de s’écouler avant le moment de l’action qu’en filmant les trois personnages, Slater (Robert Ryan), Ingram (Harry Belafonte) et Burke (Ed Begley) qui essayent de tromper le temps, chacun de son côté, en guettant le moment où ils vont aller cambrioler la banque. (suite…)

Quelques messieurs trop tranquilles

samedi, novembre 5th, 2016

253518Bucolique et opiacé.

Voilà un film qui n’a, en lui-même, strictement aucun intérêt et qui est gravement plombé par l’affreuse médiocrité d’une grande partie de sa distribution : Jean Lefebvre, Paul Préboist, Michel Galabru, Philippe Castelli, Nathalie Courval c’est tout de même ce qui s’est fait de pire dans les derniers temps du siècle passé, ou peu s’en faut (je ne parle pas de talent intrinsèque, mais des emplois dont on les affublait). Voilà pourtant un film qui a la qualité d’avoir dépeint certains aspects d’une époque, en maniant une caricature assez outrancière, mais adossée à des traits réels et dont plusieurs acteurs sont excellents : Miou-Miou, Renée Saint-Cyr, André Pousse, Henri Guybet, Robert Dalban (au fait, même observation que ci-dessus sur le talent de ces interprètes)… (suite…)

Les apprentis

samedi, novembre 5th, 2016

21055147_2013110518284263Fuligineux.

L’autre soir était annoncé, sur la chaîne Arte, le film À l’origine de Xavier Giannoli que j’avais assez apprécié il y a quelques années et que je n’étais pas mécontent de revoir. Et puis, bizarrement, c’est un film différent qui a été passé, Les apprentis, avec le même François Cluzet,  mais de Pierre Salvadori. (suite…)

Hana bi

mercredi, novembre 2nd, 2016

hana-bi-movie-poster-1997-1020236359-1Le Japon, c’est trop loin…

Un ami qui me veut du bien et qui malgré l’extrême difficulté de la tâche espère encore ouvrir mes horizons intellectuels, qui a la faiblesse de croire que je puis être converti au cinéma des régions extrêmes m’a prêté Hana-bi, feux d’artifice. Que dire sinon que je me suis mortellement ennuyé, de la première à la dernière image et que j’ai été renforcé dans mon aversion pour le Japon, pays où je viens – en plus ! – de découvrir que les voitures roulent sottement à la gauche de la route et que les prénoms se placent après le nom. (suite…)

Marie-Octobre

jeudi, octobre 27th, 2016

marie-octobre-1959-aff-01-gNe vous retournez pas !

Au delà de la magnifique trouvaille sonore du prénom/pseudonyme titre du film et du huis-clos étouffant dans la grande demeure sévère de François Renaud-Picart (Paul Meurisse) où se retrouvent, quinze ans après leurs dernières rencontres, les Résistants d’un groupe disparate, au delà des dialogues étincelants d’Henri Jeanson et de la conjonction d’un groupe d’acteurs dont on serait bien en mal aujourd’hui, de retrouver les équivalents, qu’est-ce qui reste de Marie-Octobre après la dixième vision, lorsque l’intérêt n’est plus la progression de l’intrigue, les chausse-trapes habilement déposées ici et là, les morceaux de bravoure et l’impeccable réalisation technique aux cadrages magnifiques de Julien Duvivier ? (suite…)

Fight club

lundi, octobre 24th, 2016

fight-club-posterFeu d’artifices.

Malgré l’évidente virtuosité technique de David Fincher et la qualité de la distribution, je ne suis pas certain d’avoir apprécié ce film, assez long (plus de 2 heures 15) et dont les ramifications m’ont paru un peu trop tordues. Je ne suis pas certain non plus, d’ailleurs, de ne pas l’avoir apprécié. Et cette ambivalence correspond d’une certaine façon au jugement des critiques qui, à l’époque de la sortie sur les écrans de Fight club, avaient pris des positions antagoniques très arrêtées, les uns s’en enthousiasmant, les autres le descendant en flammes. (suite…)

Voyage à travers le cinéma français

jeudi, octobre 20th, 2016

b30c2-tavernierMais quelle merveille ! Courrez-y !

Comment donner une note à ce monument d’amour du cinéma français ? Comment remercier Tavernier, réalisateur inégal mais amoureux parfait d’offrir ce pur moment de bonheur dont les 3 heures (et davantage !) (ponctuées par un entracte) sont une promenade enchantée, virevoltante, délicieuse, passionnante, pleine de tours et détours, de digressions, de clairières lumineuses, d’anecdotes amusantes, de perspectives intelligentes, d’extraits des plus beaux films qui se puissent ? (suite…)

Léon Morin, prêtre

dimanche, octobre 16th, 2016

B2086La pesanteur de la Grâce

Jean-Pierre Grumbach, qui choisit de s’appeler Jean-Pierre Melville dans la Résistance, en hommage à l’auteur de Moby Dick, après avoir rejoint la France libre en 1942, a réalisé trois films sur cette époque dramatique de notre longue histoire. D’abord, en 1947, Le silence de la mer, dont je pense beaucoup de mal, histoire guindée d’un amour impossible et ennuyeux. Et, bien plus tard, L’armée des ombres, la geste épique de l‘Armée secrète, d’une beauté grave d’acier bleui. Et, entre les deux, en 1961, Léon Morin, prêtre, qui se déroule dans une petite ville des Alpes, où les horreurs du conflit sont un peu (un tout petit peu) atténuées. (suite…)

Complot de famille

jeudi, octobre 13th, 2016

18462111Fripounet et Marisette contre  les gangsters.

Finalement, alors que je n’attendais plus rien d’Alfred Hitchcock, qu’il me fallait simplement, par acquit de conscience, achever le visionnage d’un gros coffret blanc de ses œuvres reçu naguère en héritage, finalement les deux derniers films de son long parcours, Frenzy (1972) et Complot de famille (1976) me conduiraient plutôt à rehausser l’opinion assez médiocre que j’ai du cinéma du gros bonhomme. (suite…)

Le canardeur

mercredi, octobre 12th, 2016

pxbylkk_rozhcgatww_h-hxesqaLa route est languissante.

Ah, le titre du film est minable et privilégie de façon absurde le seul personnage interprété par Clint Eastwood, alors que celui de Jeff Bridges lui tient la dragée haute durant ce road-movie, genre étasunien s’il en est ; on a d’ailleurs l’impression que ces gens là passent les trois quarts de leur temps chez leur automobile (chez, comme disait Nougaro). Il est vrai que le pays est grand, qu’on y roule, paraît-il, plus lentement que chez nous et on y a une conception de la virilité qui s’exprime par les armes et les bagnoles. (suite…)