Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Un cœur en hiver

jeudi, août 4th, 2016

4181215839La glaciation.

Eh bien moi, j’ai à peine reconnu le cher Claude Sautet, le si exact cinéaste des fiévreuses années 70, à part ici et là dans son goût pour le brouhaha des scènes de restaurants… Mais il n’y a plus (ou je ne les ai pas vues, peut-être) les fumées des cigarettes et c’est bien important, cela. Et s’il n’y avait le souvenir de cette décennie extraordinaire, qui va des Choses de la vie en 1970 à Un mauvais fils en 1980, avec cette densité des groupes, des personnages, des situations, j’aurais sans doute donné une note encore inférieure à cet exercice de style glacial. (suite…)

Le petit lieutenant

mardi, août 2nd, 2016

18452271La mort dans l’âme

À côté des mises en scène violentes et flamboyantes des policiers stars des brigades centrales (la Criminelle ou l‘Antigang), il y a des films qui posent leur regard réaliste, naturaliste sur la vie quotidienne, routinière, répétitive de policiers des unités de terrain, les Divisions de Police judiciaire, souvent noyées sous les contraintes de la procédure pénale et mobilisées pour des crimes qui occuperont, au mieux, trois lignes dans les journaux. Jamais rien de bien glorieux mais au bout du compte, pourtant, presque la même vie, presque les mêmes risques . (suite…)

La grande guerre

lundi, août 1st, 2016

La_Grande_Guerra5La valse des pantins.

J’avais déjà trouvé, en 2007, lorsque j’ai découvert le film, que La Grande guerre n’était pas tout à fait du niveau des chefs-d’œuvre de la comédie à l’italienne. Il me semble d’ailleurs que, tourné en 1958, c’est l’un des premiers films qui puisse revêtir cette étiquette et que tous les ingrédients n’y sont pas aussi exactement dosés qu’ils le seront plus tard. (suite…)

Danger Diabolik

vendredi, juillet 29th, 2016
jaquettePoussière de pellicule.
Pour prendre un vrai plaisir à regarder Danger : Diabolik, où l’on sent, c’est vrai, la patte du grand Mario Bava, il faut tout de même avoir le goût de l’archéologie cinématographique. Qu’est-ce que j’entends par là ? Moins l’intérêt pour les vieux films du passé, pour les vestiges quelquefois éclatants et dont les meilleurs sont unanimement appréciés, que l’attirance pour la façon dont le cinéma s’est constitué au cours des âges, sédimentant longuement de multiples couches dont l’exploration permet de comprendre (mais pas toujours d’apprécier) ce qui s’est passé ensuite. Danger : Diabolik, si original qu’il est, ne peut pas, à vrai dire, être placé sans avertissement sous d’autres yeux que ceux des amateurs de cette archéologie-là.

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Mary à tout prix

jeudi, juillet 28th, 2016

53755Une souris et des hommes.

Je ne crois pas avoir jamais vu un film aussi vulgaire (je dis bien vulgaire et non pas grossier) et pourtant, en même temps et peut-être grâce à cela, aussi drôle. Voilà qui remet en cause beaucoup de mes certitudes, frottées de sel attique et de mesure classique : j’ai quelquefois détesté aimer ça, mais je mentirais en écrivant que je n’ai pas ri. (suite…)

Les tribulations d’un Chinois en Chine

dimanche, juillet 24th, 2016

055180Autopsie d’un bide.

Vous prenez l’équipe du chef-d’œuvre du gai cinéma d’aventure français, L’homme de Rio. C’est-à-dire le réalisateur, Philippe de Broca, le scénariste, Daniel Boulanger, le musicien, Georges Delerue, le chef opérateur, Edmond Séchan et naturellement, la vedette masculine, Jean-Paul Belmondo. Vous partez sur la solide base d’un roman d’un maître, Jules Verne. Vous ne bénéficiez pas du concours merveilleux de Françoise Dorléac, mais vous compensez, à peu près, par une actrice moins intéressante mais plus spectaculaire, Ursula Andress. Vous bénéficiez d’importants moyens de production, vous permettant de tourner à Hong-Kong, au Pakistan, au Népal, en Malaisie. Vous engagez des seconds rôles qui ont du talent (Jean Rochefort, Jess Hahn) ou à qui la rumeur publique en a accordé (Maria Pacôme, Paul Préboist, Mario David, Darry Cowl). (suite…)

Dom Camillo Monseigneur

jeudi, juillet 21st, 2016

18473991Paisible agréable ronronnement.

Douce paresse des programmes télévisés d’été qui permettent ad libitum de voir et revoir de solides vieilleries dont on ne se lasse pas. Et cela même si l’on n’est pas dupe que le meilleur et premier film de la série des Don Camillo (Le petit monde) est le seul à être vraiment une œuvre d’importance. Ensuite, ça dérive un peu, dès le deuxième volet, Le retour, pourtant lui aussi réalisé par Julien Duvivier et ça continue à ronronner dans les trois autres épisodes (je tiens pour rien Don Camillo et les contestataires, réalisé bien plus tard et avec deux autres acteurs que les immortelles incarnations des cinq premiers films). Mais en aucun cas – ce qui est rare pour une telle suite – les opus postérieurs ne sont dégradants ou ridicules. (suite…)

Pour une poignée de dollars

dimanche, juillet 17th, 2016

18610576La crasse originelle.

Qui découvre aujourd’hui, comme c’est mon cas, Pour une poignée de dollars en est un peu perplexe : quel serait son jugement sur le film s’il l’avait vu à sa sortie en 1964 et qu’aurait-il pensé de la révolution dans le western, genre ripoliné s’il en est où, jusqu’alors, les bagarres les plus farouches ne laissaient pas le moindre grain de poussière accroché aux visages des combattants, d’ailleurs généralement glabres ? (suite…)

L’étau

samedi, juillet 16th, 2016

Poster - Topaz_01Guerre froide et femmes chaudes.

Voilà le 15ème film d’Alfred Hitchcock sur quoi je donne un avis, ce qui, me semble-t-il, me permet d’asseoir mon point de vue sur un assez large panorama, puisque le gros homme a réalisé une quarantaine de films (je tiens pour rien les muets). Je verrai d’ici la fin de l’année Frenzy et Complot de famille, ses dernières œuvres, qui figurent dans un gros coffret que je détiens. Qu’est-ce qui me manquera ? Trois ou quatre notoriétés, Rebecca, La maison du Docteur Edwardes, Les enchaînés…. Ah et puis La mort aux trousses, que j’ai déjà dû voir deux ou trois fois, qui est, dit-on, un chef-d’œuvre, mais dont la scène fétiche, la tentative d’assassinat de Cary Grant par un avion dans un champ de maïs m’a toujours paru si farfelue que j’hésite à m’y replonger. (suite…)

Joyeuses Pâques

jeudi, juillet 14th, 2016

joyeuses_paques01 Désastreux.

Un cas d’école, ce film de 1984. D’abord un réalisateur, Georges Lautner, qui a montré (il est vrai que c’était vingt ans auparavant, entre L’œil du monocle et Les barbouzes) qu’il avait de l’humour, de la drôlerie, de la fantaisie et qui s’est ensuite installé comme un maître du film d’action à la française (Le Professionnel 1981). (suite…)