Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le comte de Monte Cristo

mercredi, juin 22nd, 2016

le-comte-de-monte-cristo-1961-film-2899Sommaire, scolaire, satisfaisant.

Comment voulez-vous qu’une adaptation filmée puisse mettre en scène la fabuleuse efflorescence du roman d’Alexandre Dumas ? Monte-Cristo est, à mes yeux, le chef-d’œuvre du romancier, supérieur au cycle des Trois mousquetaires, à celui de la Révolution (Joseph Balsamo, Le collier de la Reine, La comtesse de Charny), à celui de la Renaissance (La Reine Margot, La Dame de Monsoreau, Les Quarante-cinq) ; en adapter le foisonnement dans un film de deux époques seulement, fût-il de plus de trois heures, me semble impossible. (suite…)

Ma loute

dimanche, juin 19th, 2016

178982Quelle affaire !

En plus de soixante ans de cinéphagie où, au cours des saisons j’ai regardé tout et n’importe quoi, je ne crois pas avoir vu quelque chose d’aussi bizarre que Ma loute, film insensé, décontenançant, incongru, qui souvent agace, désespère, exaspère mais devant qui on ne décroche pas. On a évoqué à son propos le Fellini de 8 1/2 ou le Bunuel de La voie lactée ; voire ! Le film de Bruno Dumont n’est ni onirique, ni surréaliste. C’est autre chose. (suite…)

Men in black

vendredi, juin 17th, 2016

120603 Les inconnus dans la maison.

Réjouissant film farfelu, drôle, enlevé où, pour une fois, les effets spéciaux ne prennent pas la main sur le rythme du récit et n’interviennent que pour porter les gags et les péripéties de l’histoire. Jubilatoire et complice, Men in black parvient, en s’en moquant, à donner corps à un des phantasmes les plus ancrés de l’Humanité, extrêmement à la mode aujourd’hui : celui qu’il y a une réalité dissimulée derrière la façade de la vie quotidienne, qu‘on ne nous dit pas tout, que les puissances nous cachent des choses et que nous ne sommes pas seuls dans l’Univers. (suite…)

Le temps des cerises

mercredi, juin 15th, 2016

mediaGai rossignol ou merle moqueur ?

Le Parti communiste ayant eu l’excellente idée de mettre ce film en accès libre dans son fonds documentaire Ciné-Archives, je me suis précipité, dès la chose sue, sur ce petit trésor d’archaïsme. Confectionné par Jean-Paul Le Chanois (qui signe de son véritable nom, Jean-Paul Dreyfus) pour appuyer une campagne du Parti en faveur de la retraite des vieux, il est sorti en janvier 1938, aux temps où les espoirs fous portés par le Front populaire commençaient à céder devant la réalité. (suite…)

La vie chantée

mardi, juin 14th, 2016

la_vie_chantee01Charmante poussière.

On n’imagine sans doute plus aujourd’hui ce que fut la célébrité de Noël-Noël pendant près de quarante ans dans un pays paisible dont il incarnait à la perfection le type ; modèle du Français moyen, au physique replet, au sourire narquois, souvent grognon,le cœur sur la main mais rouspéteur quand il faut sortir le portefeuille, plutôt trouillard dans les petites choses de la vie et plein de courage dans les grandes. Voir le très très bon Père tranquille de René Clément où il incarne un petit bourgeois de province, apparemment pusillanime et en réalité chef d’un important réseau de résistance. (suite…)

Identification d’une femme

mercredi, juin 8th, 2016

identification_d_une_femmeStupéfiant : il y a des gens qui aiment ça !

Comme je n’avais pas été trop mécontent de visionner Femmes entre elles,  il y a deux ans, comme le souvenir des redoutables purges que je m’étais infligées il y a cinquante ans en emmenant des donzelles voir La nuit, L’éclipse ou Le désert rouge (ça se faisait, à l’époque, si l’on voulait passer pour un peu intelligent auprès de chétives pécores qui se la jouaient grave) s’était un peu estompé, comme j’espérais que ce serait moins lambin que le terrifiant d’ennui Blow-up où j’ai découvert le gracieux sourire et les minuscules seins de Mlle Jane Birkin, j’ai capté l’autre soir Identification d’une femme au Cinéma de minuit. (J’oublie d’écrire que n’ayant compris que peu de choses à certains avis dithyrambiques, je souhaitais me faire une opinion personnelle). (suite…)

La neuvième porte

mardi, juin 7th, 2016

326915Tintin chez les satanistes.

La première partie du film mériterait, me semble-t-il, davantage que la moyenne, mais la seconde n’est pas du même niveau et place, à mes yeux La neuvième porte au rang d’un honnête film fantastique comme il y en a tant, peu propice à installer cette angoisse sacrée qui fait le meilleur des grandes réussites du genre. (suite…)

Le sauvage

dimanche, juin 5th, 2016

Allégresse, rythme et fantaisie…

On connaît depuis longtemps (en fait depuis L’homme de Rio) la recette pour réaliser une comédie allègre à la française (moins acide, moins drôle mais plus gaie que sa sœur à l’italienne) : partir à 100 à l’heure, ne freiner que dans les courbes vraiment dangereuses et accélérer jusqu’au bout. Quant c’est réussi, ça donne de petits bijoux, comme le diptyque Un éléphant, ça trompe énormément/Nous irons tous au paradis, César et Rosalie et comme ici Le sauvage. Il faut dire que dans ces deux cas, le scénariste aux manettes, c’est le délicieux, tendre, intelligent Jean-Loup Dabadie. (Et à la réflexion je me dis que si c’est moins méchant et cruel que dans la comédie à l’italienne, ça laisse tout de même, ici et là parsemées, quelques gouttes d’amertume). (suite…)

Lulu femme nue

jeudi, juin 2nd, 2016

lulu-femme-nue1Sinon rien, du moins pas grand chose…

Comme on est loin, dans ce genre de téléfilm, de la tristesse et de l’acidité vénéneuse de la comédie italienne et comment peut-on apprécier ce caramel mou gluant et bien-pensant de Lulu femme nue ? Voilà qui me déconcerte et me navre…

Qu’est-ce que j’ai vu hier à la télévision ? Une demi-folle qui laisse tomber son mari (ça s’est vu et, vu le bonhomme, ça peut sans doute se comprendre) et ses enfants (ce qui n’est pas concevable) pour s’offrir quelques jours d’errance et de pseudo liberté dans une station balnéaire aussi hideuse qu’hivernale de Vendée, joue à être à la dérive, s’acoquine avec des marginaux, organise sa petite fugue, tout cela dans une joyeuse anarchie crasseuse. (suite…)

Le rideau déchiré

mercredi, juin 1st, 2016

 

CEGjFpxWoAATfc6Quelle blague !

Dieu sait si dans ma longue vie de cinéphage j’ai vu des films médiocres de réalisateurs notoires ! Même les plus grands, Huston, Duvivier, Clouzot, Risi, ont commis des bêtises ou des trucs très pâles (à mes yeux, il n’y a que Kubrick qui se soit toujours tenu au plus haut, mais il est vrai qu’il n’a réalisé que 13 films) et comme Hitchcock n’est pas de ce niveau supérieur, ça donne un Rideau déchiré qui est un véritable lambeau d’inanité.

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