Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Daïnah la métisse

vendredi, avril 22nd, 2016

dainah-la-metisse-56075Moyen, très moyen…

Moyen métrage, certes (48 minutes) d’un format assez rare et qui correspond, en littérature, à la nouvelle, illustrée par Maupassant ; je gage que La maison Tellier, deuxième volet du Plaisir, un des chefs-d’œuvre de Max Ophuls doit à peu près avoir cette durée là (sans doute un peu moins). Mais un format resserré qui permet de poser une idée et de la développer suffisamment sans avoir besoin de l’entourer de digressions périphériques qui, trop souvent, en gâchent l’originalité.

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Lettres d’Iwo Jima

mercredi, avril 20th, 2016

18721539Vue de l’autre côté.

J’ai d’abord été extrêmement surpris que Clint Eastwood adopte le point de vue de l’ennemi japonais et rende le Nippon presque sympathique, jusqu’à ce que j’apprenne que Lettres d’Iwo Jima était le pendant d’un autre film, Mémoires de nos pères consacré aux mêmes combats dépeints du côté étasunien. Je veux bien que l’exercice puisse flatter l’intellect et séduire l’acrobate. Il n’empêche que je m’interrogerai toujours sur l’indulgence, voire la bienveillance dont ont bénéficié les sujets du Soleil Levant, dont la barbarie fut à peu près aussi atroce en Extrême-Orient que celle des Allemands en Occident. Il se peut que le sentiment – injustifié – de culpabilité ressenti à la suite de l’apocalypse nucléaire d’Hiroshima et Nagasaki ait entraîné cette mansuétude dont n’ont pas bénéficié les habitants de Berlin et de Dresde. (suite…)

L’affaire Dominici

lundi, avril 18th, 2016

0-15517Une indifférence d’insecte.

Le triple assassinat de Lurs a laissé tant et tant de traces dans l’imaginaire collectif français que le drame fait aujourd’hui partie de notre histoire, de notre sociologie collective en tout cas, au même titre que L’affaire du courrier de Lyon, L’affaire Lafarge, L’affaire Marie Besnard jadis, que L’affaire du petit Grégory naguère. Énigmes insolubles sur quoi ont été écrites des bibliothèques, sur quoi des générations d’amateurs passionnés se sont penchées et ont défendu des thèses les unes et les autres d’autant plus convaincantes qu’elles sont souvent absolument contradictoires. Sur Dominici, lire le considérable et touffu article de Wikipédia et essayer de se faire une opinion !! (suite…)

Ne nous fâchons pas

jeudi, avril 14th, 2016

iU3ZJdeMFnt6aaFcLTRjAyDYaL9Un culte excessif.

À force de connaître le succès auprès des spectateurs et le mépris quelquefois haineux auprès de la critique chic, Georges Lautner a quitté peu à peu ce qui faisait son extrême originalité dans le cinéma de divertissement français : une forme de folie douce, de loufoquerie, qui culminent dans les quatre ou cinq ans qui vont de L’œil du monocle à Ne nous fâchons pas en passant par Les tontons flingueurs et Les barbouzes. Au delà des recettes convenues et très classiques (fussent-elles excellentes et pimentées mêmement des fulgurances langagières de Michel Audiard, Cent mille dollars au soleil d’Henri Verneuil par exemple), il y avait chez Lautner un grain de cinglerie iconoclaste assez surprenant. (suite…)

21 grammes

mardi, avril 12th, 2016

18370253Au fond du trou.

Ce mélodrame habile a connu à sa sortie un succès mérité, en partie dû à son titre, à cette idée cocasse que tout corps humain, à sa mort, perd 21 grammes qui pourraient être le poids de l’âme. Fantasmatique à la portée d’un courant sensitif, quelquefois larmoyant, compassionnel et effusionnel de la société occidentale moderne. C’est un peu court mais ça répond à une réelle demande au delà du matérialisme. C’est déjà ça. (suite…)

Les oiseaux

samedi, avril 9th, 2016

Les_Oiseaux …de mauvais augure.

J’avais conservé un assez bon souvenir des Oiseaux, malgré la présence d’un nouveau glaçon scandinave (finlandais, cette fois), Tippi Hedren, aussi enquiquinante et dépourvue de tout glamour que toutes les autres égéries de ce vieux coquin frustré d’Hitchcock et grâce aux volatiles, idéalement odieux (souvenons-nous de Les oiseaux sont des cons, court métrage du génial dessinateur d’humour noir Chaval). (suite…)

Le scandale

mercredi, avril 6th, 2016

45458Ratage majuscule.

Dans la riche recension des films complètement ratés de Claude Chabrol, Le scandale pourrait bien occuper une place éminente et figurer au rang des pires nullités. Ce qui est curieux c’est que le film a été tourné en 1967, immédiatement avant les trois chefs-d’œuvre, qui datent de 1969 et 1970, La femme infidèle, Que la bête meure, Le boucher, qui permettront que le nom du metteur en scène persiste un bon moment. (suite…)

Un Américain bien tranquille

lundi, avril 4th, 2016

92c008mmDeux hommes dans la ville. Et une fille.

Les États-Unis d’Amérique ont dépensé beaucoup d’argent, dans le cadre de la lutte contre l’expansion mondiale du communisme, pour soutenir les efforts de maintenir la présence française en Indochine. Mais parallèlement, en raison d’un vertueux anticolonialisme et sous l’influence d’une multitude de groupes et d’institutions voués à la libération de peuples sous tutelle, ils ont mis sûrement autant de dollars à saboter ce qu’ils tentaient de sauver. (suite…)

Existenz

mercredi, mars 30th, 2016

20084496Mal d’entrailles.

Je n’accroche pas trop au cinéma de David Cronenberg et pourtant je m’obstine de temps à autre à regarder un de ses films, souvent déçu, jamais pleinement satisfait en tout cas par de drôles d’objets qui ne manquent pas d’originalité ni d’ambition narrative, mais qui ne portent pas les promesses de leurs scénarios. (suite…)

Le trou

mardi, mars 29th, 2016

artoff247Les bijoutiers du clair de lune.

Jacques Becker est parti au paradis des cinéastes (qui est aussi un peu le nôtre) sur un de ses plus beaux films, lui qui dans sa brève carrière de réalisateur (18 ans de Dernier atout en 1942 au Trou en 1960) n’a pas réalisé un seul mauvais film, à peine au pire, des seulement bons et mis en scène deux chefs-d’œuvre, Casque d’or et Touchez pas au grisbi. Il n’y a pas beaucoup d’exemple, en tout cas, d’une pareille densité de carrière. (suite…)