On écrirait volontiers de Fantômes à Rome que c’est un film gentil et agréable si les deux adjectifs assemblés ne risquaient pas de confiner le film de Pietrangeli du côté mièvre de la comédie. Alors que ce n’est pas du tout ça : c’est gai, enlevé, spirituel, joliment interprété, le scénario est inventif et intelligent et l’esprit du propos est excellent : de sales corrupteurs enlaidisseurs sont obligés de céder à la coalition bienvenue des occupants traditionnels du palais, fantômes et vivants, maîtres et serviteurs mêlés. Et les corrupteurs sauvages, qui plus est, qui ne connaissent d’autre ressort que les liasses de billets, sont roulés de façon rocambolesque au bénéfice de la protection des monuments historiques et des œuvres d’art, avec, en passant une amusante satire des experts picturaux. (suite…)
Archive for the ‘Chroniques de films’ Category
Fantômes à Rome
vendredi, décembre 25th, 2015Chaînes conjugales
dimanche, décembre 20th, 2015Il y a bien (presque) toujours quelque chose qui me bloque un peu chez Joseph Mankiewicz et qui m’empêche de le tenir, comme beaucoup d’amateurs distingués le font, au rang des plus grands. C’est assez curieux : j’ai vu une dizaine de ses films – c’est-à-dire à peu près la moitié de son parcours de réalisateur, qui n’est pas très abondant – j’ai presque chaque fois apprécié, quelquefois même beaucoup (Ève, L’aventure de Mme Muir, L’affaire Cicéron). Et pourtant je ne suis jamais parvenu à mettre la note maximale et, a fortiori, à aller jusqu’au chef-d’œuvre. (suite…)
La famille Bélier
dimanche, décembre 20th, 2015
Recette immanquable de fin d’année.
Supposons que vous soyez un réalisateur un peu roublard qui a connu déjà un certain succès avec un film qui ne manque pas tout à fait d’intérêt, L’homme qui voulait vivre sa vie ; vous êtes Éric Lartigau et vous vous dites qu’il doit bien y avoir des recettes pour décrocher un plus gros cocotier et gagner plein de picaillons.
Cause toujours, tu m’intéresses
jeudi, décembre 17th, 2015Supposons qu’Édouard Molinaro, réalisateur et Francis Veber, scénariste possèdent un peu davantage que leur talent habituel : un talent réel, aimable, mais trop léger, trop souriant, trop désinvolte pour tirer le sujet qui leur est donné vers le grincement et le désespoir souriant. Quelle comédie à l’italienne ils auraient pu tirer de cette histoire triste, parcimonieuse, étriquée, accablante finalement, de ces deux solitaires qui, à la dernière image, finiront bien par se résigner l’un à l’autre !
La French
mercredi, décembre 16th, 2015Voilà qui n’a ni le souffle, ni l’intelligence de French connection de William Friedkin ! La French a été bâti sur la seule présence d’un des acteurs les plus bankables du cinéma français, Jean Dujardin, qui dispose d’un beau physique et d’une réelle présence mais qui, employé par des gens qui ne croient plus au cinéma, est en train de gâcher, artistiquement parlant, une carrière qui aurait pu le mettre à un certain rang. Il faut reconnaître que c’est à peu près normal, puisqu’à part de rares exceptions, le cinéma tout entier oscille entre le téléfilm complètement formaté et la superproduction pour adolescents attardés (le lancement du dernier Star Wars est, à cet égard, d’une parfaite obscénité). (suite…)
La fiancée de Dracula
dimanche, décembre 13th, 2015Cédant à la nécessité de compléter une commande sur un site de discompte (10 DVD pour 30 € !), j’ai eu la mauvaise idée de m’offrir ce Jean Rollin tardif (2002) qui n’a pas grand chose de commun avec les films des débuts de ce cinéaste complètement cinglé et résolument branque. Il y avait une telle étrangeté malade dans Le viol du vampire, La vampire nue, Le frisson des vampires, tant de lumières bizarres, rouges, vertes, violettes, illuminant des ruines et des jeunes filles toutes nues avides de sang (et souvent de leur propre sexe), tant de physionomies étranges d’acteurs marginaux (Michel Delahaye ou Jacques Robiolles), tant de fascination – souvent maladroite, il est vrai – pour la pure étrangeté, celle de Bunuel ou de Franju (qui sont tout de même très loin devant), tant de défauts que, finalement c’était un cinéma d’un certain intérêt. (suite…)
Le costaud des Batignolles
samedi, décembre 12th, 2015Je pourrais presque recopier mot à mot ce que j’ai écrit ici il y a quelques années sur Mon frangin du Sénégal, identiquement réalisé par Guy Lacourt, scénarisé et dialogué par Norbert Carbonnaux, mis en musique par Norbert Glanzberg et interprété par le couple (à la scène comme à la ville) Raymond Bussières et Annette Poivre. Ça faisait un moment que je ne m’étais pas replongé dans mon honteuse passion des nanards français des années 50 et je ne pouvais pas me tromper beaucoup d’orientation en allant voir du côté de la fine équipe précitée. (suite…)
Viridiana
mardi, décembre 8th, 2015C’est vraiment ce que j’ai vu de moins bon de ce vieux pirate sceptique et sarcastique de Luis Bunuel et c’est en en tout cas bien en deçà des œuvres majeures de la période antérieure (mexicaine), Los Olvidados, Tourments, La vie criminelle d’Archibald de La Cruz et de la période suivante (française), Le journal d’une femme de chambre, Belle de jour, Cet obscur objet du désir. (suite…)
Quai des Orfèvres
dimanche, décembre 6th, 2015D’abord, voilà peut-être l’hommage le plus réussi et le plus déférent que le cinéma a rendu à la scène, au music-hall, au spectacle, en fin de compte. Presque aussi souvent que dans les couloirs vermoulus du 36 quai des Orfèvres et davantage que dans le studio de Dora ou l’appartement des Martineau, on est dans le monde si singulier des coulisses, des planches, des bureaux encombrés où se presse la foule des ratés, des paumés, des miteux (comme dans Les grands ducs de Patrice Leconte), qui viennent avec humilité ou jactance, c’est selon, mendier aux imprésarios le droit de venir se montrer à la salle. Et où le populo, comme au temps des Enfants du paradis vient applaudir, s’émerveiller, rêver… siffler aussi parfois le cabotin ou la goualeuse. Où il vient, en tout cas, le temps d’une soirée, oublier la chienne de vie, la concierge qui réclame hargneusement le paiement du terme et le contremaître qui est le chien de garde du patron. (suite…)
Gran Torino
vendredi, décembre 4th, 2015Je suis loin de connaître bien l’abondante filmographie de Clint Eastwood, réalisateur que j’ai découvert assez tardivement, il est vrai. En tout cas, à chaque fois je suis partagé entre le facile agrément ressenti grâce à des histoires plutôt originales et bien construites et une certaine insatisfaction. Insatisfaction entraînée par un manque d’épaisseur des films qui fait, pour moi en tout cas, qu’on ne conserve pas grand chose en tête de ces réalisations. Peu d’images fortes, peu de dialogues éclatants, peu de personnalités vraiment marquantes. En gros, de la belle ouvrage, filmée souplement, de bons acteurs, du rythme, un plaisir immédiat qui fait qu’on ne s’ennuie pas et qu’on oublie vite. (suite…)








