Le choc émerveillé que j’avais reçu avec La grande bellezza ne pouvait pas se poursuivre à ce niveau ; ça je m’en doutais bien, et j’ai passablement hésité à aller voir Youth, d’autant que le concert des critiques professionnelles était extraordinairement partagé sur le dernier film de Paolo Sorrentino. Remarquez bien, la haine et le mépris dispensés par Le Monde, Libération, Les Cahiers du cinéma, Les Inrockuptibles sont plutôt prétextes à en prendre le contrepied. Quand on évoque sur l’antépénultième titre de journal la grandiloquence criarde et éberluée des précédents navets de Sorrentino et sur le dernier Sorrentino semble souffrir d’une vieillesse dont il ne projette que des clichés désuets et baveux, on est plutôt disposé à apprécier un film détesté ainsi par des gens qu’on méprise. (suite…)
Archive for the ‘Chroniques de films’ Category
Youth
dimanche, septembre 27th, 2015Les prédateurs
samedi, septembre 26th, 2015Lorsque je l’ai vu, lors de sa sortie sur les écrans français, en 1983, ce film bizarre, atypique et violent m’avait particulièrement plu. Je l’ai sans doute un peu moins apprécié lorsque je l’ai revu en DVD, il y a quelques années. Je viens de le regarder à nouveau : sans aller au sommet, il est tout de même très plaisant, très séduisant, très intéressant. Esthétique des années 80, certes, type rock gothique, tenues en latex, lunettes noires, couple libéré, esthétique recherchée, troublante, audacieuse. Datée mais efficace. (suite…)
Monsieur La Souris
jeudi, septembre 24th, 2015S’il n’y avait pas eu les deux très intéressantes réalisations de Jean Delannoy, avec Jean Gabin dans le rôle titre (Maigret tend un piège et Maigret et l’affaire St-Fiacre), il y a longtemps que je ne croirais plus en la possibilité d’adapter un roman de la veine policière de Georges Simenon. (J’écris veine policière, parce que c’est loin d’être la seule : Le Chat, La veuve Couderc, Le train par exemple, ne sont pas de cette manière là). Et en tout cas ce n’est pas Monsieur La Souris qui me ferait douter ; il est vrai que, trop compliqué pour être honnête, ce n’est sûrement pas un des meilleurs romans du Liégeois.
Vive Henri IV, vive l’amour !
jeudi, septembre 24th, 2015
Naufrage dans une soupe à l’ail.
Débarrassons-nous vite des quelques et très rares qualités du film, qui permettent de le hausser – mais à peine ! – au dessus du zéro absolu : les costumes de Rosine Delamare, les décors de Max Douy, la musique de René Cloërec, tous complices habituels de Claude Autant-Lara, quelques répliques piquantes dues à la plume d’Henri Jeanson (de Charlotte de Montmorency/Danièle Gaubert au prince de Condé/Jean Sorel : Si vous m’aimiez, vous n’auriez pas accepté de me prendre pour femme…). Et peut-être aussi quelques intonations de Pierre Brasseur. (suite…)
L’inspecteur Harry
mercredi, septembre 23rd, 2015
La vie quotidienne en Californie.
Découverte d’un personnage dont j’ai souvent entendu parler sur les forums, cet Inspecteur Harry, exagérément vilipendé ou célébré selon les points de vue, qui a permis à la mâchoire marmoréenne de Clint Eastwood d’acquérir une réputation internationale et au possesseur de ladite mâchoire de réaliser un paquet de films qui ne sont, au demeurant, pas désagréables à regarder, même s’ils n’atteignent aucun sommet.
L’héritier
mercredi, septembre 23rd, 2015
La compagnie des poncifs.
On n’est pas si cohérent qu’on croit l’être. Il y a quelques années, j’avais jugé, avec beaucoup d’autres, que L’héritier était un film très honorable ; et après l’avoir revu l’autre soir, j’ai été effaré par ce tape-à-l’œil très années 70 et ses vertueuses indignations où un pur chevalier, dès l’abord menacé par séides et sicaires du grand patronat, avec la complicité passive du Vatican, s’efforce de démonter une vaste conspiration. (suite…)
Le club des monstres
jeudi, septembre 17th, 2015Tout petit film d’une petite maison de production, (Amicus, qui tentait de suivre sans y parvenir la grande Hammer), d’un réalisateur, (Roy Ward Baker), qui n’a pas laissé d’autre trace que de mettre en scène une honnête histoire du naufrage du Titanic (Atlantique, latitude 41) et le sixième opus de la série des Dracula avec Christopher Lee, Les cicatrices de Dracula, qu’on peut tout à fait aisément mettre aux oubliettes. (suite…)
Vie sauvage
mercredi, septembre 16th, 2015Fondé sur une de ces histoires vraies qui remuent les sympathies et les émotions des bonnes gens, Vie sauvage n’est ni meilleur, ni pire que tous les films qui brassent à la pelle un sujet de société, pont-aux-ânes de notre bel aujourd’hui.
Inspiré de l’aventure de Xavier Fortin et de ses fils, le film de Cédric Kahn met en scène la panique de Philippe (Paco) (Mathieu Kassovitz) lorsqu’il constate que le couple marginal qu’il formait avec Nora (Céline Sallette) est en train de se déliter. La jeune femme en a marre de passer ses journées à marcher dans la boue, de vivre en caravane, de boire du lait ribot ou des tisanes de salsepareille et de manger macrobiotique. Elle a surtout envie que ses trois garçons, deux qu’elle a fait avec Paco et l’aîné qui vient d’on ne sait où aillent à l’école, voient d’autres enfants et connaissent une vie normale.
La horde sauvage
dimanche, septembre 13th, 2015Lorsqu’on a déjà regardé plusieurs fois La horde sauvage, qu’on a conservé en tête les séquences initiale et finale, leur orgie de violence, leur furie presque hystérique, lorsqu’on sait, de ce fait, que tout le film est une sorte de chemin qui mène d’un massacre à un massacre, on est d’autant plus frappé de voir combien tout cela se fait sous le signe de la lassitude et de l’amertume. Le cinéma ne manque pas de ces voyous fatigués qui ne souhaitent que se retirer au soleil, fortune faite. Jean Gabin s’en était même fait, jadis, une spécialité, de Touchez pas au grisbi à Mélodie en sous-sol (et d’autres !). Mais je ne crois pas avoir jamais vu autant de fatigue et peut-être même de dégoût de soi, aussi bien dans la bande de Pike (William Holden) que dans celle de Deke (Robert Ryan), ancien complice, ancien ami, qui le pourchasse. (suite…)
Du sang dans le désert
vendredi, septembre 11th, 2015Comme il paraît qu’Anthony Mann est un grand réalisateur de westerns, genre prolifique et redondant, mais qui a ses amateurs, je me suis dit que je ne perdrais peut-être pas ma soirée, hier, en regardant Du sang dans le désert, qui avait l’avantage de ne pas être trop long (93 minutes), au contraire de la boursouflée, verbeuse et infantile Chute de l’Empire romain qui était jusqu’alors le seul film que j’aie vu de ce réalisateur. Et puis le grand Henry Fonda et même Anthony Perkins, dont la fragilité ambiguë ferait merveille un peu plus tard dans Psychose, mais aussi dans Aimez-vous Brahms ? ou Le Procès.






