L’Amérique insolite.
Je suis assez partagé entre une grande admiration pour la captation d’une atmosphère poussiéreuse, gluante, étouffante et bornée et par le jeu d’acteurs légendaires tous excellents et, à l’inverse, par une certaine déception sur le scénario bien banal et moralisant et une mise en scène très théâtrale, les protagonistes ne cessant de se croiser comme il faut dans les endroits où il faut qu’ils soient. Je pensais et pense toujours que ce genre de défaut, dans un film est facile et fréquent lorsqu’il s’agit d’une adaptation théâtrale, mais je n’imaginais pas qu’il pût exister au cinéma.

du pénultième film réalisé (si l’on peut dire !) par
est beaucoup moins intéressant que les premiers tournés (ah, la poésie baroque du
, le scénario a un peu plus de vivacité et d’allure et je crois bien que, sans atteindre des sommets, bien loin de les atteindre, les mésaventures du vendeur de Volcani, vermouth frelaté en proposant en prime un carillon Westminster immonde est un bien intéressant personnage minable.
Belle atmosphère.
dont il s’agit et qui donne son titre au film est un procédé narratif cousu de fil blanc (j’admets que mon image est hardie et très excessive).
Exercice de beau style.
ne déteste pas s’embarquer sur des vaisseaux sans réalité et dans des histoires sans vraisemblance. Des histoires nourries de hasards et de rencontres improbables. Ce qui compte pour lui, une fois les prémisses posées et le point de départ admis, c’est la cohérence des élans et des égarements du cœur et de l’esprit.
Quantus tremor est futurus…
qu’on avait déjà vus, on allait être déçu. Comme toujours on a été déçu parce que le film ne se pliait pas à ce qu’on pensait qu’il devait être (un film de science-fiction, une reconstitution historique, un film d’épouvante…). Comme toujours, quelques heures après la sortie de la salle on avait commencé à changer d’avis. Comme toujours on a vu et revu
comme on a vu et revu tous les autres…
est un des plus médiocres
qu’il m’ait été donné de voir ; naturellement ce point de vue est à l’aune de l’immense talent du réalisateur et doit être donc relativisé ; si par miracle, touché par on ne sait quelle grâce, l’ennuyeux
ou le pompeux
avaient tourné ça, je n’aurais pas hésité à mettre la note maximale. Mais le monde est ainsi fait et vit de comparaisons ; sans pouvoir attendre d’un cinéaste qu’il tourne toujours des merveilles aussi absolues que
ou des chefs-d’œuvre comme
ou
j’attendais mieux de lui…
d’afficher un certain mépris pour le succès qu’il a rencontré et de se gausser sur les bouffées de bonheurs minuscules et délicieux suscitées chez ses millions de spectateurs. Il est vrai qu’à l’époque un critique crapoteux des Inrockuptibes (pléonasme, non ?) avait dénoncé une complaisance du film de
en faveur de la Lepenisation des esprits, parce que les vues de Montmartre n’étaient pas assez ethniquement métissées et ne montraient pas suffisamment les minorités visibles de la Capitale. À ce degré de connerie, on a un peu honte que ce journal de la bien-pensance soit encore édité.
Étrange mélodrame narquois.
occupe une place un peu à part dans le paysage cinématographique français. Née en 1893, elle a commencé très jeune une carrière d’artiste, mais elle n’était pas loin de la quarantaine lorsque le cinéma est devenu parlant et ne pouvait plus, dès lors, jouer les ingénues ; son physique assez paisible et harmonieux ne pouvait pas davantage lui permettre de jouer les séductrices un peu mûres, comme y réussirent à merveille
(née en 1891) ou, plus tard
(née en 1907) ou
(née en 1912). En revanche elle a été parfaite pour interpréter les femmes honnêtes tentées un court instant par le vertige de la faute (
en 1946 – elle a 53 ans – avec
en 1955 – elle a 62 ans – avec
Le sourire d’
soit tout, sauf une réalisatrice et qu’elle n’ait pas confié à un vrai metteur en scène le tournage d’un film qui, pour une fois, n’était pas l’adaptation d’une pièce de théâtre mais une œuvre originale intelligente, subtile, profonde, souvent émouvante et magnifiquement interprétée. Ça sent encore un peu trop les conventions de la scène (par exemple cette manie de faire se retrouver les protagonistes à tout bout de champ dans le même bistro ; je sais : c’est là que se nouent les intrigues, mais c’est tout de même artificiel et maladroit), mais ça s’échappe enfin, après
et
à la restriction de l’intrigue dans un cadre trop étroit. Et malheureusement,
en s’égarant dans des récits moins harmonieux, avec
et
(je n’ai pas vu sa dernière production,
Les pauvres gens.
m’avait accroché lors d’un premier passage sur Canal +, alors que je l’avais regardé en le prenant en marche et donc par bribes ; c’est quelquefois un peu ainsi qu’on se rend compte de la qualité d’un film (pas toujours, mais souvent) et je me souviens encore de dix minutes de regard sur
pêchées au hasard de la diffusion de la série sur Canal +, jadis : la certitude qu’on est devant quelque chose d’intéressant, voire d’important.