J’ai trouvé ça, découvert hier, bien long et bien vertueux, sans flamme mais avec cette impeccable bonne conscience qui est un des plus ennuyeux tropismes du cinéma : il ne se passe rien d’autre que la célébration narcissique d’un flic assez banal qui se refuse à entrer dans les combines inhérentes à sa fonction. (suite…)
Archive for the ‘Chroniques de films’ Category
Serpico
lundi, septembre 30th, 2013The Mist
dimanche, septembre 29th, 2013
Rose bonbon.
Il y a deux choses intéressantes dans The Mist : l’inventive variété des monstres et l’absolue désespérance de la fin. Cela étant, est-ce que ça justifie l’assez banale dispersion sur deux heures de temps d’une assez banale histoire ? Sans doute oui, si on a un bout d’après-midi paresseuse à passer et un goût prononcé pour les films d’angoisse ; sans doute non si on ne dispose que d’un temps limité et si on n’est pas attiré par les brutalités sanguinolentes. Mais on peut penser aussi qu’une des qualités du filment la possibilité d’empathie qu’on peut avoir avec les personnages représentés. Comment réagirais-je, moi, si… ? (suite…)
Présumé coupable
dimanche, septembre 29th, 2013
Lancé sans bouclier dans une mêlée furieuse…
Davantage un téléfilm qu’un film, dans son côté sujet de société, mais plutôt habilement présenté, Présumé coupable s’appuie sur le récit d’un seul des protagonistes de l’affreuse affaire d’Outreau. L’huissier de justice Alain Marécaux, emporté dans la tourmente des accusations folles de Myriam Badoui a vu sa famille dispersée, sa vie professionnelle détruite, son existence démolie. Il raconte ce cauchemar et Vincent Garenq le met en images avec une certaine sobriété, dont on lui saura gré. (suite…)
Land of plenty
vendredi, septembre 27th, 2013
La tragédie d’un homme ridicule.
Je crois bien que Land of plenty est le premier film que j’aie jamais vu de Wim Wenders, cinéaste allemand qui a joui d’une certaine notoriété il y a une trentaine d’années avant de disparaître à peu près complètement de nos écrans radars. Je ne suis pas persuadé, après avoir vu le film, que ce soit une bien grande perte.
Ce n’est pas désagréable, bien loin de là, malgré un certain systématisme dans la mise en scène des personnages, une sorte de présentation en parallèle de l’oncle Paul Jeffries (John Diehl), vétéran du Vietnam obnubilé par les périls qui guettent les États-Unis et de sa nièce Lana (Michelle Williams), fraîche jeune fille évangéliste vouée à toutes les empathies généreuses. (suite…)
Pattes blanches
mardi, septembre 24th, 2013Sur le fil de L’étrange Madame X, qui est l’avant-dernier film de Jean Grémillon et qui réunit Michèle Morgan et Henri Vidal, j’écrivais, à propos de l’intrigue C’est sans doute par là que ça commence à être un peu bancal ; c’est à la fois assez compliqué et trop invraisemblable pour qu’on adhère pleinement. Je sais bien qu’il n’est pas de bon goût de se citer, mais je ne vois pas pourquoi je me torturerais le peu de méninges qui me restent pour exprimer avec d’autres mots exactement la même chose.
Très curieux réalisateur, Grémillon, un nom un peu maudit du cinéma français : des films aussi formidables que Gueule d’amour, Le ciel est à nous, Remorques (et même Pour un sou d’amour), tournés avec mille difficultés et d’autres qui semblent bizarres, mal équilibrés et même un peu ridicules, avec des outrances qui laissent pantois, comme Lumière d’été et, donc, ce Pattes blanches qui m’a interloqué. (suite…)
Les deux papas
mardi, septembre 24th, 2013
Moyen métrage gentillet.
Vraiment, et à tous points de vue, un petit film de complément, un moyen métrage de 40 minutes, gentil, sans prétention, plein de bons sentiments et d’une bonhomie rafraîchissante… (suite…)
La Zone
lundi, septembre 23rd, 2013
Au pays des chiffoniers.
Georges Lacombe fut un honnête artisan du cinéma français, capable de films intéressants (Derrière la façade, La nuit est mon royaume) ou simplement plaisants (Café de Paris, Le dernier des six), mais il n’a jamais eu la capacité d’enchanter les images. Et, pour supporter les contraintes du Muet, il faut davantage que son petit talent.
La Zone a été réalisée en 1928 ; l’année suivante, Jean Vigo tournait À propos de Nice et Marcel Carné Nogent, Eldorado du dimanche, deux films du même esprit, deux moyens métrages parvenant à capter sans paroles deux mondes très différents alors, mais aujourd’hui également morts. Deux films bluffants, l’un que l’on peut découvrir dans le beau coffret contenant la (si courte) intégrale de Vigo, l’autre que je n’ai vu qu’une fois, lors d’une diffusion télévisée nocturne. Rien à voir, dans l’inventivité, l’originalité, le jaillissement, avec cette Zone assez banale, alors qu’elle montre une réalité fascinante. (suite…)
Voici le temps des assassins
vendredi, septembre 20th, 2013
Noir, c’est noir.
Le duo de garces absolues, mère et fille liées, est une des spécialités reconnues du cinéma français de la grande époque : il n’est que de citer Gueule d’amour (Marguerite Deval et Mireille Balin) ou Manèges (Jane Marken et Simone Signoret) pour en être convaincu. Voici le temps des assassins en est une autre illustration, présentant le visage charmant de Catherine (Danièle Delorme) et l’affreuse, abominable trogne hallucinée de Gabrielle (Lucienne Bogaert) comme les deux faces, angélique et diabolique, d’une même réalité monstrueuse. (suite…)
Le rendez-vous des quais
vendredi, septembre 20th, 2013
« Ma blonde, entends-tu dans la ville ? »
Voilà un délicieux film très reposant parce que, même si on le prend en route, si on en a raté le début, comme ce fut mon cas, l’autre soir, sur la chaîne Histoire, même si on ne connaît pas d’emblée le nom des personnages, on saisit immédiatement le fil du récit et on s’installe dans une grande tranquillité de regard, ce qui est souvent bien agréable pour le spectateur un peu las. (suite…)
Le salaire du péché
dimanche, septembre 15th, 2013Et tout à fait par hasard, en zapettant paresseusement, je suis tombé sur Le salaire du péché. J’ai raté le premier quart d’heure du film, long pour l’époque (110 minutes) et il était l’heure de déjeuner, mais je me suis pris au jeu. C’est une marque de film bien fichu, d’ailleurs, que de pouvoir être pris en marche et de tenir attentif malgré les effluves de foie de veau au vinaigre de Xeres et à l’ail haché qui montaient de la cuisine (accompagné d’une écrasée de pommes de terres à l’huile d’olive, je vous conseille cette préparation ; de surcroît cet abat est plein de vitamine B12, de vitamine A, de cuivre, d’acide folique, de riboflavine, de sélénium et de fer). (suite…)


