Cette invraisemblable histoire de trésor immergé par les Allemands à la fin de la guerre au large de la Corse est de la même veine que celle des Barbouzes
que le même Lautner
tournera deux ans plus tard, après avoir encore mieux rodé son thème avec Le monocle rit jaune
, qui est un des sommets de la loufoquerie cinématographique française. (suite…)
Archive for the ‘Chroniques de films’ Category
L’Œil du monocle
jeudi, octobre 27th, 2011Polisse
jeudi, octobre 27th, 2011C’est bien toujours un peu la même chose, lorsqu’il s’agit de filmer un métier aussi accaparant, aussi passionnant – aussi passionnel -, aussi usant que celui des brigades spécialisées de la police : des individus rassemblés par de drôles de hasards d’existence dans un même espace de vie, conduits par l’exercice de leur métier à déjeuner ensemble, à planquer ensemble, à se détendre ensemble, à partager des heures et des heures sur des affaires graves, blessantes, violentes : on n’échappe que rarement à la collection de têtes, au rassemblement de personnalités aussi différentes que possible, avec des histoires intimes qui surgissent au milieu du boulot – ou ne surgissent pas, d’où frustrations -, avec des amitiés, inimitiés, luttes de pouvoir, séductions diverses, histoires de sexe passées, présentes ou à venir… (suite…)
Hellraiser
mardi, octobre 25th, 2011J’étais tombé là-dessus par hasard, il y a une vingtaine d’années, et n’avais regardé que quelques séquences suffisamment horrifiques et originales pour me laisser un souvenir attentif ; de surcroît l’irruption de damnés dans le monde (non pas de pauvres zombis qui ne peuvent mais à la fatalité qui les frappe), des damnés qui ont passionnément cherché, désiré, revendiqué leur géhenne me semblait une idée à la fois assez originale et fascinante. Pour ceux, dont je suis, qui pensent que la plus grande ruse de Satan est de nous faire croire qu’il n’existe pas, tout ce qui en rappelle la présence constante, fût-ce par la voie de la fiction littéraire ou cinématographique est pain bénit (si j’ose écrire ; je dois admettre que la métaphore est hardie). (suite…)
Ils étaient neuf célibataires
lundi, octobre 24th, 2011
Trop et pas assez.
Le thuriféraire habituel du talent de Sacha Guitry
que je m’enorgueillis d’être sur ce site est, à la re-vision légèrement déçu de Ils étaient neuf célibataires
où il n’a pas tout à fait retrouvé la patte – ni la pâte – du Maître, en tout cas où il a constaté sans doute un peu trop de dilution du génie absolu de Sacha Guitry
: lui-même. (suite…)
8 femmes
samedi, octobre 22nd, 2011
Chaudron amer.
Dix ans après qu’est ce qui reste de 8 femmes
, qui a connu un grand succès, qui a ouvert des controverses, que j’avais beaucoup aimé à l’époque et que j’aime plutôt moins aujourd’hui ? Qu’est-ce qui reste de cet habile rassemblement de huit actrices, d’une théâtralité éprouvée, aux images colorées, aux rebondissements invraisemblables ? (suite…)
Les Quatre cents coups
mercredi, octobre 19th, 2011
Naissance du talent.
Le tintouin médiatique suscité par la Nouvelle Vague fut tel que l’on a peine, aujourd’hui, à distinguer les innovations apportées par Les quatre cents coups
de l’accession au premier plan, tout simplement, d’un cinéaste supérieurement doué. En d’autres termes, si un groupe de jeunes gens qui voulaient arriver au devant de la scène ne s’étaient pas constitués, quelquefois artificiellement, en une sorte d’école de pensée, est-ce qu’on grouperait sous la même étiquette les révolutionnaires Godard
ou Rivette
et les plus classiques Chabrol
et Truffaut
? (suite…)
La fille qui en savait trop
dimanche, octobre 16th, 2011
Traumnovelle.
Je suis assez de l’avis de celui qui a dit Meilleur est le méchant, meilleure est l’histoire (Hitchcock
, je crois) ; on pourrait ajouter, surtout pour les films de genre (et Dieu sait si le giallo en est un, avec son atmosphère, ses codes et son style), que plus intéressante est la victime, mieux ça se porte (que la victime s’en sorte ou non, d’ailleurs). (suite…)
Arizona dream
dimanche, octobre 16th, 2011J’ai trop souvent défendu, flamberge au vent et étendard déployé, le cinéma de Kusturica
pour ne pas m’arroger le droit de dire tout le mal que je pense de cet étrange machin qui me semble très extérieur à l’œuvre du réalisateur, bien qu’on puisse juger qu’il en présente, superficiellement, toutes les apparences, et même tous les tics (par exemple la constance de la présence d’animaux, ici poissons, chiens de traîneaux, porcelet, tortues), que le jeu des acteurs soit, comme de coutume, survitaminé, que la musique soit de Goran Bregovic et qu’on y trouve, ici et là, ces images étranges et magnifiques qui fascinent tant dans d’autres réalisations (ici les limousines présentées sur des sortes de pilotis, l’embrasement final de l’arbre devant qui ondoie le poisson volant, par exemple). (suite…)
Max et les ferrailleurs
vendredi, octobre 14th, 2011Claude Sautet
a longtemps dit que Max et les ferrailleurs
était son film préféré. Je trouve que ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux, mais peux comprendre que Sautet
ait éprouvé une véritable jubilation en revenant, plusieurs années après L’arme à gauche
et Classe tous risques
, au genre du polar et surtout en plaçant ses deux interprètes, Romy Schneider
et Michel Piccoli
dans des emplois carrément inverses à ceux des Choses de la vie
dont ils venaient de faire un triomphe. (suite…)
Zardoz
lundi, octobre 10th, 2011Il est tout de même assez invraisemblable qu’un réalisateur comme John Boorman
, auteur de Délivrance
et d’Excalibur
, qui sont des films importants, intelligents, profonds, ait pu tourner ce Zardoz
qui fait alterner, chez ses spectateurs, l’ennui, la dérision et, bien souvent, le fou-rire apitoyé. Tout cinéaste est certes capable de ratages absolus, Renoir
avec Le Testament du Docteur Cordelier
, Pagnol
avec La belle meunière
, Huston
avec Victory
, Polanski
avec What ?
, Risi
avec Le Bon roi Dagobert
, mais il est peu de choses aussi ridicules que Zardoz
. (suite…)





