Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La baie des Anges

dimanche, décembre 12th, 2010

La malédiction du hasard.

Ah, je suis bien d’accord avec qui dit que La baie des Anges est le meilleur film interprété par Jeanne Moreau, avec, sans doute, Ascenseur pour l’échafaud et Journal d’une femme de chambre… (et on se dit, d’ailleurs que la grande dame du cinéma français n’a pas tourné tant que ça de si bons films…).

Ce serait même un très bon film, et mon appréciation serait plus haute encore si je ne ressentais encore le dépit donné par la fin, bâclée, bébête, ridicule, même, ce happy end qui dénature tout le discours du film, la soif du jeu, et, absolument invraisemblable, est inutile et malfaisant. (suite…)

Dune

lundi, décembre 6th, 2010

600x800_200464Raté ; quelquefois enivrant.

Est-ce que, au delà de la physionomie habituelle de Kyle MacLachlan, de Blue Velvet et de Twin peaks, il y a quelque chose de David Lynch, dans ce film aux effets spéciaux spectaculaires, à l’atmosphère soignée, aux visages surprenants, aux costumes rares ?

Il paraît que le réalisateur a renié sa créature et on conçoit d’ailleurs assez bien qu’une pensée aussi originale et paranoïaque ait pu ne pas vraiment apprécier tourner une adaptation romancée, même issue d’un roman aux vastes volutes, qui demeure un souvenir fort du temps où je lisais de la science-fiction ; un univers cohérent, du souffle, une ample vision épique, la construction d’un monde ordonnancé, un récit maîtrisé. (suite…)

Les Vampires

lundi, décembre 6th, 2010

Baroque et précurseur.

Un bref film fauché, tourné à la va-vite, interprété par des acteurs tous plus mauvais ou insignifiants les uns que les autres (allez, j’exclue avec bienveillance Gianna Maria Canale, parce qu’elle est très belle, et Antoine Balpêtré dont la voix est toujours aussi ample)…

Une sorte de roman-photo, quelquefois – les images de Paris furent, paraît-il peintes sur l’objectif ; en tout cas, pour qui connaît un peu la Capitale, il y a des angles de vue qui présentent un Paris impossible -, des péripéties qui font songer, par le je-m’en-foutisme du scénario, au pire Jesus Franco, un assez banal duo compétitif entre un journaliste fougueux, Pierre Lantin (Dario Michaelis) et un policier sceptique, l’Inspecteur Chantal (Carlo D’Angelo), rien qui puisse retenir l’attention, en apparence… (suite…)

Guerre et Paix

jeudi, décembre 2nd, 2010

Et la neige a tout emporté…

C’est tout de même bien long, ces 3 heures 20 de spectacle, même si les images sont belles et Audrey Hepburn adorable ; je me demande s’il ne vaut pas mieux regarder, précisément, l’adaptation de Sergueï Bondartchouk qui dure exactement le double de temps (6 heures 4O) mais qui, découpée en quatre épisodes, est plus appropriée, sans doute, à une mesure raisonnable des choses. Du moins si l’on peut qualifier de raisonnable le foisonnement torrentueux de l’œuvre de Léon Tolstoï (plus de 1500 pages en Pléiade !) et, d’une façon générale, tout ce qui peut toucher la Russie et les Russes. (suite…)

Les maudits

lundi, novembre 29th, 2010

En route pour l’enfer.

Curiosité piquée à bon escient pour un film excellent, bien construit, inquiétant, où, le 19 avril 1945, un ramassis de fanatiques, de collaborateurs compromis ou de simples arsouilles quitte Oslo, encore sous la main de l’Allemagne, quelques jours avant son effondrement, pour l’Amérique du Sud, où se réfugièrent, de fait, nombre de criminels nazis. (suite…)

Un grand Patron

dimanche, novembre 28th, 2010

hkCs3LKHommes en blanc.

L’ambiance lourde des hôpitaux a de tout temps été une mine pour les œuvres de fiction, paradoxalement grâce au réalisme supposé des histoires portées. Il y a eu, jadis et naguère, une mode de ce genre de récits et le filon ne s’épuise pas, si j’en crois la notoriété que George Clooney a acquise avec la série Urgences, dont on m’a dit du bien… (suite…)

Circulez y’a rien à voir !

mercredi, novembre 24th, 2010

Et de fait il n’y a pas grand chose…

Comment ne pas beaucoup aimer Patrice Leconte, sa boulimie filmique sympathique, ses très très bons films et ses ratages absolus. Elle cite Tandem, qui est effectivement une merveille ; j’ai, moi, une dilection particulière pour Le parfum d’Yvonne, la plus juste adaptation de Modiano qui se puisse… et puis Monsieur HireLa fille sur le pontL’homme du train

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Manon

dimanche, novembre 21st, 2010

Film de transition ?

Je partage assez globalement les points de vue qui considèrent, en regard des films de Clouzot, ceux d’avant et d’après,  que c’est plutôt en retrait, et quelquefois même un peu médiocre. Mais il y a par ailleurs des noirceurs magnifiques et la patte d’un grand réalisateur. (suite…)

Le vieux fusil

dimanche, novembre 14th, 2010

L’émotion.

Il faut beaucoup de détermination pour résister à la fascination qu’exerce toujours Le vieux fusil, qui est un des films les plus émouvants qui se puissent et où, immanquablement, à la fin, la représentation figée du bonheur, sur la musique enchantée de François de Roubaix, fait monter les larmes aux yeux. Cet arrêt sur l’image où la famille Dandieu, accompagnée du chien Marcel, pédale en riant sur une route de campagne, et qui reprend et boucle le générique est une des séquences les plus poignantes de mon large passé de spectateur. (suite…)

Il boom

samedi, novembre 13th, 2010

Il_Boom

Moins féroce qu’on l’espérait.

Je soupçonne un peu  de parti-pris  ceux qui crient au très bon film en collant un 5/6 à Il boom qui ne reçoit de ma part qu’un 4/6 assez complaisant et où je ne retrouve pas, malgré l’ingéniosité de l’idée de départ, la féroce et tendre cruauté de la comédie italienne.

Je ne reconnais d’ailleurs pas trop, non plus, la patte de Vittorio De Sica, dont les meilleures réalisations me semblent bien plus réussies quand elles touchent au drame (du Voleur de bicyclette au Jardin des Finzi-Contini en passant par Umberto D) que lorsqu’elles sont tournées vers la comédie (j’ai un souvenir mitigé de Hier, aujourd’hui et demain et je n’ai pas trouvé Sept fois femme bien convaincant). (suite…)