Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La maison Bonnadieu

mercredi, février 17th, 2010

Filles d’Ève…

Si admirateur que je suis de la magnifique Danielle Darrieux – qui effectivement, dans ce film-là et comme toujours, est belle à damner un saint – je conserve assez de lucidité pour  ranger La maison Bonnadieu à plusieurs longueurs derrière L’armoire volante !

Curieuse carrière que celle de Carlo Rim, touche-à-tout désinvolte du cinéma français, scénariste, dialoguiste, dessinateur de presse et rare, trop rare réalisateur, dont on peut regretter la parcimonie, au regard de l’intérêt de ses films. (suite…)

Les plages d’Agnès

samedi, février 6th, 2010

C’est bien dommage !

Je ne tiendrai pas sur Les plages d’Agnès un propos  dithyrambique. Je ne dirai pas autant de bien du film, que je le souhaiterais, alors même que j’ai pour Agnès Varda de l’admiration, de la révérence aussi, tout autant pour ses longs métrages de fiction (merveilleux moments, souvent poignants et graves, jamais légers, passés avec Cléo, Le bonheur ou Sans toit ni loi que pour ses documentaires. (suite…)

Brothers

mercredi, février 3rd, 2010

Poussière de lune

Grâce à une opportune avant-première à généreux cocktail, j’ai vu ça, qui n’est pas désagréable du tout, souvent émouvant, attachant quelquefois, plutôt bien interprété et jamais ennuyeux mais qui s’effacera assez vite des mémoires, du fait, à mes yeux, d’une structure romanesque un peu trop pesante. (suite…)

Douce

dimanche, janvier 24th, 2010

Noirceur et dévastation

À mon sens, le plus impur chef-d’œuvre de Claude Autant-Lara, où chacun est accroché, fouillé, interrogé… On a très souvent présenté ce film comme une critique anarchiste et cruelle de la bonne conscience et de l’aveuglement de l’aristocratie de la fin du 19ème siècle ; sans doute y a-t-il cela, mais sans doute est-ce plus vaste.

Il fallait toute l’idiote naïveté, la cafardise prétendument bien-pensante, l’aveuglement souvent stupide de la Révolution nationale pour s’indigner vertueusement, en 1943 devant ce chef-d’œuvre noir, réalisé par un Autant-Lara misanthrope absolu, souvent méchant comme une teigne et en tout cas superbement inspiré par un scénario des deux grands scénaristes Pierre Bost et Jean Aurenche, sur la base d’un roman de Michel Davet qui n’a pas laissé grande trace et dont je suppose – témérairement, je le reconnais – que le texte était moins mouillé d’acide que ne l’est le film.

(suite…)

No country for old men

samedi, janvier 16th, 2010

L’enlisement.

Ma note se situe entre celle de ceux qui ont apprécié le film, mais avec des nuances sérieuses, et celle de ceux qui ont été déçus, surtout en référence aux œuvres majeures des frères Coen ; mais, pour être parfaitement sincère, je penche un peu plus vers le second que vers le premier avis, et mon 4 serait davantage un 3,6 si la chose était possible… (suite…)

Fric-Frac

dimanche, janvier 10th, 2010

Irrésistible !

Fric-Frac est désormais là, dans une édition SNC-Les classiques français, assez bonne, malgré des tremblottis d’image et un son quelquefois nasillard, mais toujours audibles, et avec des suppléments honorables, sinon prodigieux d’intérêt…

Alors, qu’en dire, si ce n’est que ça ne déçoit en rien nos souvenirs, que c’est un festival d’acteurs, de mots d’esprit, de dialogues épatants, de situations drôles, et que c’est en plus un témoignage délicieux de l’insouciance d’avant-guerre, puisque ça date du printemps 1939 et qu’il faudrait être particulièrement esprit tordu pour trouver la moindre allusion aux quelques questions assez brûlantes, pourtant qui, au même moment, concernent l’Europe et le Monde ; finalement, après coup, on survalorise d’un regard rétrospectif la proximité des catastrophes et on imagine, parce qu’on sait soi-même la suite, que chacun avait les yeux fixés sur les échéances toutes proches ; comme disait Winston ChurchillLes prévisions sont particulièrement difficiles à faire, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. (suite…)

Avatar

dimanche, janvier 10th, 2010

Détendant.

J’avais perdu le fil depuis Super Mario 3, et je dois reconnaître qu’en une bonne vingtaine d’années, les jeux vidéo ont fait des progrès stupéfiants et qu’on passe plus de deux heures et demie sans s’ennuyer, malgré un scénario infantile et une idéologie auprès de laquelle les mômeries de MM. Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand pourraient passer pour de profondes méditations philosophiques.

Il y a une merveilleuse inventivité dans la re-création d’un monde où tout est presque familier, au rebours de nombre des univers de la science-fiction, et où tout est presque étranger ; de ravissantes idées, comme cette sorte de forêt enchantée luminescente, phosphorescente où les héros, Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana) s’avouent leur amour ou ces sortes de mogotes (comme on voit à Cuba) volantes où les habitants de la planète Pandora vont domestiquer leurs Ikrans volants… C’est très beau, souvent, et c’est réalisé avec des moyens à couper le souffle… (suite…)

The big Lebowski

lundi, janvier 4th, 2010

Le sens du dérisoire.

C’est bien, c’est drôle, ça n’est jamais ennuyeux, et ma toute petite découverte du travail des frères Coen ne s’interrompra pas là, mais j’ai tout de même trouvé The Big Lebowski à une longueur derrière Fargo, et même un soupçon derrière Barton Fink ; mais je parierais volontiers que c’est une note d’immédiate humeur, si je puis dire, qu’une re-vision améliorerait ; d’ailleurs, en regardant les suppléments et en revoyant certaines scènes, je me disais que c’était drôlement bien fait et que ça gagnerait à être revu. (suite…)

L’avocat de la terreur

jeudi, décembre 31st, 2009

Le salaud lumineux.

Le personnage de Jacques Verges est si fascinant que le film, consciencieux, mais parcellaire de Barbet Schroeder m’a plutôt déçu, surtout son dernier tiers, trop constellé de témoignages de terroristes de l’extrême-gauche allemande ou de la mouvance palestinienne, alors qu’il s’agissait moins, me semble-t-il, de réaliser un documentaire sur des questions d’une grande complexité historique et politique que de mettre en valeur celui qui s’intitule lui-même, dans un livre d’entretiens, Le salaud lumineux. (suite…)

Tristana

lundi, décembre 28th, 2009

La double nature de l’Espagne.

Charles Quint, qui s’y connaissait, a émis un jour cet aphorisme sans doute un peu caricatural, mais loin d’être insensé : Les Allemands ont l’air sage et sont fous ; les Français ont l’air fou et sont sages ; les Espagnols ont l’air fou et sont fous.

Il y a de la folie, c’est vrai, Outre-Pyrénées, à la fois de cette folie nécessaire qui a jeté des milliers d’aventuriers magnifiques à la découverte du Globe et de la folie orgueilleuse qui a confiné longtemps l’Espagne dans une sorte d’arrogance méprisante envers le reste du monde…

Tristana est un film passablement fou, comme le furent les dernières œuvres de Bunuel, tissées de contradictions et de bizarreries, vénéneuses et attachantes, malsaines et séduisantes tout à la fois, emplies de personnages complexes et dérangeants…

(suite…)