Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Barton Fink

dimanche, mai 10th, 2009

bartonLe Diable, probablement…

Après avoir découvert et beaucoup apprécié Fargo, je poursuis mon exploration de l’œuvre des frères Coen ; eh bien, me voilà bien perplexe pour Barton Fink, que je viens de voir, sans m’y ennuyer, mais sans y adhérer tout à fait… (suite…)

Promenade avec l’amour et la mort

samedi, mai 9th, 2009

Ravages.

Le beau titre de ce film triste et sensible me fait irrésistiblement penser à la gravure d’Albert Dürer, Le chevalier, la mort et le diable, image forte de ces temps où l’Europe était plongée dans les guerres étrangères, les guerres civiles, les guerres religieuses, où l’anarchie et la violence des temps laissaient si peu d’espace aux histoires individuelles… On me dira qu’il n’y a pas grand exemple que, dès ses origines, l’Europe n’ait pas été ravagée par une curieuse et abominable propension de ses habitants à ne pas vivre sereinement ensemble et on n’aura pas tort… (suite…)

Capitaine Conan

samedi, mai 9th, 2009

6eb6e75fddec0218351dc5c0c8464104L’âme du guerrier.

Est-il si étrange que ça que Bertrand Tavernier ait consacré deux de ses films, et parmi les plus réussis, La vie et rien d’autre et Capitaine Conan aux années qui ont suivi la Première Guerre ? Lui-même fils d’un grand résistant, sans doute a-t-il tôt perçu ce que le massacre de 14-18, événement traumatique du siècle pour la France, portait en germe d’horreurs suivantes… (suite…)

Remorques

samedi, mai 2nd, 2009

Océan d’amertume.

Sur une trame de pur mélodrame (rudes gens de mer, épouse alanguie et malade, belle inconnue mariée à un salaud, amours impossibles, mort de l’épouse, départ pour toujours de l’héroïne, retour du héros à sa dure et courageuse condition), Jacques Prévert a écrit un dialogue magnifique, plein de mots d’esprit étincelants (Il ne peut pas faire vilain tous les jours, ce serait trop beau ! ou Tu n’as pas su me garder, alors tu veux me perdre !) mais surtout très cruel et parfait de justesse sur la lassitude, le temps qui passe, l’émoi de la nouvelle rencontre…

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Mademoiselle Swing

vendredi, mai 1st, 2009

Gentiment excentrique.

Voilà un charmant petit film musical, un peu fauché, assez mièvre et plein de bons sentiments, mais c’est l’époque – 1942 – qui veut ça : devant une réalité qui n’est pas très reluisante, autant faire rêver la jeunesse (Premier rendez-vous d’Henri Decoin est bâti également sur cette eau sucrée).

Mais la jeunesse qui a vingt ans, pendant l’Occupation, est née au lendemain de la Première guerre, et elle ne fait pas qu’écouter Maréchal, nous voilà ! célébré par la voix de ténor léger d’André Dassary, ni même La chanson des blés d’or ou La romance de Maître Pathelin : la jeunesse est swing depuis Charles Trénet et, si elle est un peu plus provocante, elle peut même être zazou et entrer dans la Résistance passive, comme on disait, arborant vestons et cheveux exagérément longs, en contravention avec les préceptes du régime de Vichy. (suite…)

Le signe de Vénus

samedi, avril 25th, 2009

La soif des mâles.

Ce n’est évidemment pas un Risi majeur, de l’extrême qualité du Fanfaron, de Une vie difficile, de Parfum de femme, mais c’est rudement bien et, en 1955, ça augurait de la suite : déjà la même capacité à briser les codes, à rendre sympathiques les fripouilles pour mieux les montrer dans leur absolue médiocrité, à poser un regard sans méchanceté, mais sans apitoiement sur les vacheries du monde… (suite…)

Gigi

dimanche, avril 19th, 2009

Paris 1900.

Il serait intéressant de comparer le film de Minnelli avec celui que, près d’une décennie auparavant (1949), Jacqueline Audry avait tiré de la même nouvelle de Colette… Mais je doute que cette adaptatrice fréquente (il y eut aussi L’ingénue libertine et Mitsou), sinon inspirée de la dame de Saint-Sauveur en Puisaye et du Palais-Royal ait pu aussi bien réussir un si charmant bijou ! (suite…)

La lune était bleue

vendredi, avril 17th, 2009

Insignifiant.

Je ne connais pas, ou presque pas Otto Preminger, à part Sainte Jeanne, où l’héroïne était incarnée par Jean Seberg, Exodus, comme tout le monde, dont le vague souvenir tient plus à la musique et au caractère de grand spectacle, et, assez récemment L’homme au bras d’or apprécié sans émotion particulière. Le terrain était donc glissant de s’aventurer sur un film moins connu que ne le sont Rivière sans retour ou Autopsie d’un meurtre… mais ça ne m’a pas beaucoup donné envie d’aller voir plus loin. (suite…)

Le jardin des Finzi-Contini

dimanche, avril 12th, 2009

Qu’est-ce qui manque ?

Qui découvre en DVD un film précédé de l’aura dorée de son titre mélodieux, de sa tristesse infinie, de la réputation de Vittorio De Sica alors qu’il ne l’avait pas vu à sa sortie en salle, il y a plus de cinquante ans, s’attend à une de ces fortes émotions qui font la magie du cinéma et marquent durablement le regard. (suite…)

Ma saison préférée

mercredi, avril 8th, 2009

On aimerait aimer…

On aimerait aimer parce qu’il y a une histoire, des personnages que l’on prend le temps de poser et de suivre sur quelque temps, une photographie très réussie de Toulouse et de sa campagne, des acteurs souvent bons et des séquences réussies ; on aimerait aimer parce que le scalpel posé sur plusieurs situations est aigu et précis (la lassitude d’un couple d’apparence parfaite qui se délite, l’horreur du grand âge qui vient et de la décrépitude physique et mentale qui l’accompagne souvent, la difficulté des rapports fraternels)… (suite…)