Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Désiré

jeudi, mai 1st, 2008

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Ce qu’il y a derrière la porte…

Quoi qu’en dise François Truffaut dans un des (brefs) suppléments de cette édition, Désiré n’est pas, à mon goût, du meilleur Guitry, ni intrinsèquement (je préfère très largement les grandes fresques para-historiques, comme Les perles de la Couronne ou Remontons les Champs-Elysées), ni même dans le registre du théâtre filmé (à côté, par exemple du merveilleux Faisons un rêve). (suite…)

À pied, à cheval et en Spoutnik

mercredi, avril 30th, 2008

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Ça ne tourne pas bien

On avait quitté la famille Martin de A pied, à cheval et en voiture réconciliée avec le Progrès, sa grande fille fiancée et ses soucis aux vestiaires ; on en retrouve les deux principaux protagonistes, Léon (Noël-Noël) et Marguerite (Denise Grey) lancés dans un petit truc invraisemblable pourtant conçu par des auteurs généralement assez spirituels, Robert Rocca et Jacques Grello, grandes figures de La boîte à sel et du Club des Chansonniers (vous souvenez-vous, les Anciens ?). (suite…)

Topaze

vendredi, avril 25th, 2008

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Et ça grouille de canailles !

Sur l’idée brillante du consciencieux et honnête professeur d’institution privée, jeté à la rue par la malfaisance de ceux qui l’exploitent, repêché et utilisé par des aigrefins, il n’y a rien à dire, c’est vraiment de la belle ouvrage, écrite dans une langue magnifique, avec un sens et un goût des dialogues qui sont la marque du grand Pagnol. Mais lorsque le pauvre Topaze se résigne à sa malhonnêteté, puis lorsque, se rebiffant, il prend la main et, de dupe devient lui-même escroc, il y a là un retournement de situation qui sent à plein nez son théâtre et, pis, son boulevard. (suite…)

La kermesse héroïque

vendredi, avril 18th, 2008

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Joyeuses commères de Flandre !

Il y a bien longtemps, bien longtemps, peut-être quarante ans que je n’avais vu La kermesse héroïque, film majeur de la courte carrière dans le parlant de son auteur, Jacques Feyder, et film couronné de prix (Biennale de Venise, deux Oscars, etc.). Si l’œuvre fait bien ses soixante-treize ans, ce n’est pas du fait de ses images un peu floues, du Noir et Blanc, et de la jeunesse de Françoise Rosay ; mais plutôt parce qu’elle commence par un carton indiquant que la ville où se déroulera l’intrigue est imaginaire et ajoutant : S’ils ont choisi ce cadre, c’est que les auteurs ont pu, afin d’embellir leurs images, demander aux chefs-d’œuvre des grands peintres flamands, à toutes ces vies immobiles sur les murs des musées, le secret de leur vérité humaine et de leur gaieté. (suite…)

Casablanca nid d’espions

vendredi, avril 11th, 2008

casablanca-nid-despions1Il doit y avoir eu de la coucherie là-dessous…

Ce film est un des derniers qu’ait tourné le prolifique Henri Decoin et sûrement pas un des meilleurs ; mais profitant du bas prix d’une enseigne discompteuse, attiré par le titre, qui sent ses années Soixante à plein nez, par l’intérêt que je porte à ce qu’a tourné Maurice Ronet et davantage encore par ma propension à acheter tout et n’importe quoi, je viens de voir ce Casablanca nid d’espions dont le roublard titre espagnol est Las noches de Casablanca (olé !). (suite…)

Extension du domaine de la lutte

dimanche, mars 30th, 2008

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La vie au Prozac

Extension du domaine de la lutte est le premier roman de Michel Houellebecq et, sinon le plus structuré, du moins le plus évidemment théorique, le plus porteur de sens, celui dans quoi il théorise le mieux la misère sociale, l’effacement des relations humaines, l’uniformisation du monde, le sentiment double et parallèle de la satiété et de l’écœurement, la montée du chaos… (suite…)

Papa est en voyage d’affaires

dimanche, mars 30th, 2008

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Mise en place

Tout amateur inconditionnel que je suis d’Emir Kusturica, je ne suivrai pas dans le dithyrambe absolu le Jury du Festival de Cannes de 1985, et les fondus de ce film. Par rapport au Temps des gitans, à Underground ou à La vie est un miracle, ou même à Chat noir, chat blanc ou  Promets-moi, Papa est en voyage d’affaires manque tout de même un peu de rythme et de folie. (suite…)

Cléo de 5 à 7

samedi, mars 29th, 2008

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L’effet magique de Cléo

L’autre jour, en me promenant (je n’habite pas loin), je passe rue Daguerre, et j’entre dans les locaux de Ciné-Tamaris, qui est la maison de production d’Agnès Varda ; elle est là, accueillante et ressemblante, et elle travaille à un montage avec un collaborateur ; je suis assez ému ; j’achète le DVD de Peau d’âne, de Jacques Demy et on discute un moment; je lui demande ce qu’elle est en train de monter ; elle me dit qu’elle est a entrepris de réaliser les boni (comme elle dit c’est plus français et plus joli) de son film Les cent et une nuits. Je lui dis que je n’ai pas trop aimé, mais qu’en revanche, je courrai acheter dès qu’il sortira (s’il sort !) un DVD de Cléo de 5 à 7, avec tout plein de boni, aussi exceptionnellement intelligents que ceux de Sans toit ni loi. Elle dit qu’il faudra qu’elle y pense. Je sors, un peu déçu parce qu’elle ne dit pas quand elle le fera. (suite…)

Le mot de Cambronne

lundi, mars 24th, 2008

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Trop facile…

Même pour les thuriféraires les plus obstinés du grand Sacha Guitry, cette brève pochade n’est pas le meilleur, mais bien plutôt le plus irritant de l’auteur : facilité, art du tirage à la ligne, brio assez vain, théâtralisation forcenée. Rien qui aurait mérité de survivre puisque, d’ailleurs, et ainsi que Sacha le dit lui-même, ab initio, c’est sa centième pièce : un nombre, mais en aucun cas une date, un petit acte en vers un peu graveleux, comme on en jouait, jadis, à la grande excitation de spectateurs apoplectiques, sur nombre de scènes de boulevard… (suite…)

La Tunique

samedi, mars 22nd, 2008

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Monument de caramel mou

Qui se souviendrait de La Tunique si elle n’avait pas été le premier film tourné en Cinémascope ? Je me rappelle encore les publicités considérables qui appelaient le bon peuple à venir de visu se rendre compte d’un progrès technique presque assimilé au parlant et à la couleur ! Il est vrai que l’écran large extasiait les yeux qui n’avaient pas dix ans, et que le déferlement des légions romaines, l’apparente majesté des décors, la noblesse des caractères des premiers chrétiens exaltaient les cœurs vaillants… (suite…)