Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Grease

vendredi, février 29th, 2008

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L’Amérique

Sans partager la sévérité de beaucoup de bons esprits  je suis naturellement bien plus proche de leur position que des billevesées et outrances hystériques des gamines qui voient en cette comédie gentillette et datée un chef-d’œuvre insurpassable, John Travolta un titan de la comédie musicale et le scénario un exemple d’étude psychologique fouillée. (suite…)

Le chien des Baskerville

vendredi, février 29th, 2008

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Le charme fou de la Hammer

Malgré des moyens qui paraissent bien sommaires, à l’aune de ceux d’aujourd’hui, ce film de série de l’inégalée Hammer est une des très bonnes réussites de Terence Fisher, qui fait montre, une fois encore, de sa très grande maîtrise de l’inquiétude et de l’angoisse, grâce, notamment, à un sens des couleurs et de la lumière (de la pénombre, plus exactement) qui instaure un climat permanent de malaise. (suite…)

Un taxi mauve

lundi, février 25th, 2008
un_taxi_mauveUn Boisset moins raté que d’autres.

Je pensais à un miracle dans la carrière d’ Yves Boisset, tâcheron politiquement obsédé, redresseur de torts qui se croyait investi d’une mission dénonciatrice, de cet artiste engagé (comme si engagement et art pouvaient être copains !) ; ce miracle, c’était ce Taxi mauve. Et je demeurais d’ailleurs stupéfait qu’un homme de gauche aussi laborieux ait pu avoir l’idée d’adapter un roman grave et léger tout à la fois d’un homme de la droite désinvolte et dégagée aussi affirmé que Michel Déon. Les confesseurs de mon enfance pieuse appelaient ça « la Grâce d’état » : le sujet est si bon qu’il rend meilleur le pêcheur.

Sur la seule foi de mon souvenir, de mon goût pour les romans de Michel Déon et de l’éclatante distribution du film, je m’étais dit Miracle ! un Boisset réussi ! pensant à une bonne note.

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Vénus beauté institut

samedi, février 23rd, 2008

Chichiteuses pleurnicheries

Comme ce petit film qui a eu un certain succès était vendu moins de 1 euro sur un site de discompte, je me suis laissé avoir avec d’autant plus de facilité que la palette d’actrices citées au générique était de mon goût et plus encore parce que le monde des salons de beauté où l’intrigue se passe est, pour les crocodiles à peau tannée comme moi une terra incognita fantasmatique, attirante à la mesure de l’ignorance qu’en ont les mâles. (suite…)

La charrette fantôme

samedi, février 16th, 2008

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L’ennuyeuse Scandinavie

Mon 4 est bien près d’être un 3,5 et si je n’étais Duviviériste absolu, si Louis Jouvet n’apportait toute son extraordinaire présence, si je ne marquais un louche favoritisme pour mon compatriote andre Arnoux, la note serait moyenne, tant j’ai trouvé l’intrigue artificielle et les braves Salutistes empotés.

Disant cela, je vais déclencher des foudres humanistes et je conviens volontiers qu’il y a des élans très nobles, une ouverture à la charité qui n’est pas si fréquente que ça, une apologie du dévouement sans retour qui mérite d’être signalée ; mais – sans doute est-ce dû à ma vieille aversion pour les Scandinaves et le luthéranisme, je trouve cette charité caporalisée assez emmerdante et le personnage de Sœur Édith très cucul-la-praline (soit dit en passant, j’avais oublié que Micheline Francey, qui incarne la Salutiste poitrinaire, n’avait pas été que la Micheline de la Cage aux rossignols mais aussi l’ambiguïssime Laura Vorzet du Corbeau, la femme adulée du médecin fou, Pierre Larquey).

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La mémoire courte

jeudi, février 14th, 2008

 

Images rares des jours sombres

Dieu sait s’il existe sur la période noire du nazisme et de la guerre de 39-45 des monceaux d’archives et des montages subtils de documents, en premier lieu le remarquable De Nuremberg à Nuremberg de Frédéric Rossif qui date de 1994 et constitue le plus complet, le plus exhaustif des films (à qui je reproche seulement un peu de s’étendre très, trop longuement sur le procès de 45-46) ; Dieu sait si la télévision, périodiquement nous présente des archives, parfois très novatrices, comme la remarquable série Ils ont filmé la guerre en couleurs ; Dieu sait si des pistes ont été ouvertes, terrifiantes, sur l’Holocauste, jadis (Nuit et brouillard de Resnais) ou naguère (Shoah de Claude Lanzman) ; Dieu sait si Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls a permis de gratter jusqu’au saignement certaines hontes jusqu’alors tues… (suite…)

Faisons un rêve !

mardi, février 12th, 2008

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Imaginez qu’on n’ait pas filmé ça !

On cite à très juste titre le monologue de l’amant qui retrace fantasmatiquement le périple de la femme aimée jusqu’à son appartement de l’avenue de Messine ; mais le prologue étincelant, avec des mots et des numéros d’acteurs tous plus brillants les uns que les autres (Marguerite Moreno, Victor Boucher, André Lefaur et tant d’autres) ! Et la déclaration de l’amant Oh ne me le dites pas ! Oh si, elle va le dire ! Même le jeu pâle de Jacqueline Delubac, toujours un peu gourde, mais si charmante n’est pas décalé pour une fois !

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Promets-moi

lundi, février 11th, 2008

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Evidemment, si on n’aime pas Kusturica…

…Si on n’aime pas Kusturica, il faut absolument se dispenser de voir son dernier film, le fuir, même, parce que là, c’est du Kusturica à la puissance dix, bruissant d’animaux, poules, chats, dindons, vache qui traversent à tous moments l’écran, bruissant d’une musique envahissante et formidable (où le fils du cinéaste, Stribor, parvient presque à faire oublier le souffle de Goran Bregovic, si important dans Le temps des gitans ou Underground, bruissant aussi de personnages extraordinaires, baroques, tonitruants, qu’on croirait sortis d’une bande dessinée… (suite…)

Baccara

samedi, février 9th, 2008

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Pour les seuls amateurs du grand Jules

Touche-à-tout léger et désinvolte, spécialiste des comédies mondaines et des vaudevilles chics, Yves Mirande a signé avec Baccara un de ses plus grands succès, paraît-il ; il est vrai que le bon public de l’époque (1935) se satisfaisait largement des numéros d’acteurs, des intrigues bien ficelées, des épilogues heureux et, comme le populo d’aujourd’hui, qui lit Gala ou Voici, d’incursions dans le décor des maisons de riches… (suite…)

Le roman d’un tricheur

dimanche, février 3rd, 2008

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Un des meilleurs Guitry

On a tout dit, ici et ailleurs, de l’extraordinaire qualité du Roman d’un tricheur, des débuts des fameux génériques en situationGuitry rend hommage, en les faisant venir à l’image à tous ceux qui ont construit son film, de la vedette au machiniste, de l’invention de la voix off qui ponctue tout le film, de cette désinvolture impeccable et virevoltante qui nous met délicieusement dans la poche (sans fond !) du Maître, de ces innovations astucieuses (l’insertion d’images d’archives dans le cours du film, le jeu sur les images), de l’intelligence du texte… (suite…)