
Charmante petite chose farfelue
Évidemment, ce n’est pas à mettre entre toutes les mains, ou plutôt sous tous les yeux ; pour supporter ce cinéma-là, sa fausse naïveté (finalement assez roublarde), la nonchalance, souvent très insuffisante de sa réalisation, l’invraisemblance de l’anecdote, et les numéros d’acteurs trop appuyés pour être honnêtes, il faut être – comme je m’honore de l’être – un inconditionnel de Danielle Darrieux
et un spectateur plutôt (très) bon public pour ces films déjà septuagénaires qui évoquent une France et un Paris qui n’existent plus, une France endormie dans les illusions de la Victoire et dans les certitudes de son empire colonial… (suite…)

, (si bien interprété par
, qui avait alors tant et tant de talent), est revenu du Brésil, a été démobilisé, a épousé Agnès Villermosa (
), a vécu un bonheur sans nuages jusqu’à ce que, en 1967, cette chienne de vie, au détour d’un virage dangereux, lui ravisse Agnès, vraiment femme de sa vie. 
et c’est un délicieux vrai mélodrame, et se mêlent dans
des torrents de méchanceté et de belles rédemptions bouleversantes. Même si je mets la même note de 5, je trouve que c’est un soupçon inférieur à
, qui poursuit une intrigue à la fois moins tragique (il n’y a pas de mort d’homme) et plus dramatique (parce que ça s’arrange beaucoup moins vite et que Patricia, la fille qui a fauté –
– est répudiée longuement par son bonhomme de père –
-) ; en fait, je crois que c’est précisément 
. Il a été tourné un an après
mais, curieusement, semble plus archaïque, plus marqué par les derniers soubresauts du cinéma muet ; non seulement les dialogues sont réduits au minimum, et l’intrigue se comprendrait fort bien grâce à quelques cartons opportunément proposés à la lecture, mais les angles de prise de vues, très modernistes, constructivistes, futuristes, le style même de l’action, et l’appel à certains procédés – notamment les courses-poursuites échevelées, similaires à celles qui font florès dans les films de
ou de
-, paraissent nier que le cinéma est devenu parlant.
, hagiographie du scientifique, et
,
est la première réalisation de
, sans doute une de celles où l’auteur dramatique conçoit que ce nouvel Art, un peu méprisé à ses débuts, paraissant ennuyeuse copie en conserve du royal théâtre peut, grâce à l’abolition des conventions et des artifices de la scène devenir une œuvre absolument magique, qui plus est susceptible d’être reproduite à l’infini et enregistrée, mettant fin à l’éphémère de la représentation théâtrale. 
, je ne pouvais évidemment pas rater son premier film parlant, édité, sans grand luxe par Les films du collectionneur : l’image est souvent floue, le son connaît des alternances un peu gênantes, et aucun supplément ne vient resituer l’œuvre dans son contexte…. 


, de
, de
étaient présentés en France et rencontraient un grand succès, l’abondance de la production faisait que bien d’autres films formidables des mêmes réalisateurs sont demeurés méconnus au moment de leur sortie, même pour ceux qui, comme moi, ingurgitaient beaucoup de ce qui passait sur les écrans…Si j’ai découvert tout à fait par hasard
, sorti dans une édition couplée avec
, si appréciés à l’époque et que je voulais revoir, je dois à un ami du Québec deux très grands moments de bonheur,
, l’été dernier, et, en ce début d’année,
. 
– dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas progressiste, mais aussi de
, qui avait tourné, l’année d’avant l’agréable
et allait tourner, l’année suivante,
, aux accents plutôt réactionnaires !