Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Un mauvais garçon

samedi, février 2nd, 2008

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Charmante petite chose farfelue

Évidemment, ce n’est pas à mettre entre toutes les mains, ou plutôt sous tous les yeux ; pour supporter ce cinéma-là, sa fausse naïveté (finalement assez roublarde), la nonchalance, souvent très insuffisante de sa réalisation, l’invraisemblance de l’anecdote, et les numéros d’acteurs trop appuyés pour être honnêtes, il faut être – comme je m’honore de l’être – un inconditionnel de Danielle Darrieux et un spectateur plutôt (très) bon public pour ces films déjà septuagénaires qui évoquent une France et un Paris qui n’existent plus, une France endormie dans les illusions de la Victoire et dans les certitudes de son empire colonial… (suite…)

Le cavaleur

mercredi, janvier 30th, 2008

Cavalcade brillante

En 1964, Adrien Dufourquet, L’homme de Rio, (si bien interprété par Jean-Paul Belmondo, qui avait alors tant et tant de talent), est revenu du Brésil, a été démobilisé, a épousé Agnès Villermosa (Françoise Dorléac), a vécu un bonheur sans nuages jusqu’à ce que, en 1967, cette chienne de vie, au détour d’un virage dangereux, lui ravisse Agnès, vraiment femme de sa vie. (suite…)

Naïs

dimanche, janvier 27th, 2008

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Ah que c’est beau, un vrai mélo !

C’est  du Pagnol et c’est un délicieux vrai mélodrame, et se mêlent dans Naïs des torrents de méchanceté et de belles rédemptions bouleversantes. Même si je mets la même note de 5, je trouve que c’est un soupçon inférieur à La fille du puisatier, qui poursuit une intrigue à la fois moins tragique (il n’y a pas de mort d’homme) et plus dramatique (parce que ça s’arrange beaucoup moins vite et que Patricia, la fille qui a fauté – Josette Day – est répudiée longuement par son bonhomme de père – Raimu -) ; en fait, je crois que c’est précisément Raimu qui fait la différence, par son extraordinaire talent… (suite…)

À nous la liberté

samedi, janvier 26th, 2008

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Parabole clownesque

Il y avait bien longtemps que je n’avais vu ce film, tenu souvent en grande estime dans les histoires du cinéma, et qui n’a pas peu fait pour la réputation de visionnaire de René Clair. Il a été tourné un an après Sous les toits de Paris mais, curieusement, semble plus archaïque, plus marqué par les derniers soubresauts du cinéma muet ; non seulement les dialogues sont réduits au minimum, et l’intrigue se comprendrait fort bien grâce à quelques cartons opportunément proposés à la lecture, mais les angles de prise de vues, très modernistes, constructivistes, futuristes, le style même de l’action, et l’appel à certains procédés – notamment les courses-poursuites échevelées, similaires à celles qui font florès dans les films de Harold Lloyd ou de Mack Sennett -, paraissent nier que le cinéma est devenu parlant.

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Le nouveau testament

dimanche, janvier 20th, 2008

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Naissance d’un réalisateur

Si l’on excepte Pasteur, hagiographie du scientifique, et Bonne chance, Le nouveau testament est la première réalisation de Sacha Guitry, sans doute une de celles où l’auteur dramatique conçoit que ce nouvel Art, un peu méprisé à ses débuts, paraissant ennuyeuse copie en conserve du royal théâtre peut, grâce à l’abolition des conventions et des artifices de la scène devenir une œuvre absolument magique, qui plus est susceptible d’être reproduite à l’infini et enregistrée, mettant fin à l’éphémère de la représentation théâtrale. (suite…)

David Golder

dimanche, janvier 20th, 2008

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Irène Nemirowsky portée au firmament

Je n’ai pas lu le roman d’Irène Nemirowsky, dont on chante merveilles, et mon programme de lecture des années à venir ne prévoit pas vraiment que je la découvre, mais, admirateur absolu de Julien Duvivier, je ne pouvais évidemment pas rater son premier film parlant, édité, sans grand luxe par Les films du collectionneur : l’image est souvent floue, le son connaît des alternances un peu gênantes, et aucun supplément ne vient resituer l’œuvre dans son contexte…. (suite…)

L’âge heureux

samedi, janvier 19th, 2008

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Tendres et niais petits rats

À l’heure du hip-hop et de la techtonik, la vision de L’âge heureux constitue une plongée abyssale et involontairement presque comique dans le monde extraordinairement suranné, compassé, du ballet classique, tel qu’il existait en 1966, et tel qu’il existe encore, voué à sa propre perpétuation, figé qu’il est dans un monde improbable que rien ne paraît atteindre. (suite…)

Judex

dimanche, janvier 13th, 2008

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Terreurs et bonheurs

Pour qui a gardé un soupçon d’esprit d’enfance, et qui est prêt à marcher dans une belle aventure, terrifiante et onirique tout à la fois, voilà un film qui nous replonge aux temps où les populations tout entières, du haut en bas de l’échelle sociale, guettaient, chaque jour ou chaque semaine, la parution de la suite du feuilleton qui les avait fait haleter… (suite…)

Une vie difficile

mercredi, janvier 9th, 2008

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Tempête satirique

Si, jadis, bon nombre de Risi, de Monicelli, de Scola étaient présentés en France et rencontraient un grand succès, l’abondance de la production faisait que bien d’autres films formidables des mêmes réalisateurs sont demeurés méconnus au moment de leur sortie, même pour ceux qui, comme moi, ingurgitaient beaucoup de ce qui passait sur les écrans…Si j’ai découvert tout à fait par hasard Le fanfaron, sorti dans une édition couplée avec Les Monstres, si appréciés à l’époque et que je voulais revoir, je dois à un ami du Québec deux très grands moments de bonheur, Au nom du peuple italien, l’été dernier, et, en ce début d’année, Une vie difficile. (suite…)

Meurtres ?

samedi, janvier 5th, 2008

Un des rôles dramatiques de Fernandel

Deux remarques à caractère para-historique tout d’abord

  • la qualité de l’édition René Château : tout est relatif, avec ce sagouin, bien sûr, mais enfin, pour ce film, sorti il y a trois ou quatre ans, l’image était de qualité, hors quelques scories, il y avait un chapitrage et même des suppléments (filmographies et petit retour sur le tournage).
  • plus sérieusement, on sent qu’on est en pleine époque de l‘engagement (le film date de 1950) et l’idéologie ne fait pas dans la dentelle ! C’est assez curieux, de la part de Fernandel – dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas progressiste, mais aussi de Richard Pottier, qui avait tourné, l’année d’avant l’agréable Barry et allait tourner, l’année suivante, Caroline chérie, aux accents plutôt réactionnaires ! (suite…)