Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

La femme infidèle

vendredi, janvier 4th, 2008

femme_infideleLe bonheur dans le crime

Le bonheur dans le crime, c’est une des nouvelles du recueil Les Diaboliques, de Barbey d’Aurevilly (nouvelle qui donna lieu, en 1961, sous le titre Hauteclaire, à une remarquable adaptation télévisée de Jean Prat avec Mireille Darc).

Mais Le bonheur dans le crime, c’est aussi l’exacte caractérisation de ce film de Chabrol, peut-être son meilleur, avec Le boucher ; son meilleur, parce qu’il n’y a pas, pour une fois, de pamphlet anti-bourgeois, toujours tellement convenu, complaisant et répétitif, mais exactement une épure, certes située dans la grande bourgeoisie, mais qui pourrait tout autant se dérouler dans d’autres milieux sociaux. (suite…)

Le tueur

jeudi, janvier 3rd, 2008

Quel flop !

Émoustillé par de nombreuses critiques favorables (et variées ! de Paris-Match à Libération en passant par Le Parisien Libéré) et par la présence de Gilbert Melki, un acteur que j’apprécie beaucoup (que ceux qui en sont restés à la caricature, amusante, au demeurant, de La vérité si je mens ! se rendent compte de la variété de son jeu), intéressé par le thème tel qu’il était présenté dans les gazettes, je suis allé, avec ma femme, voir ça hier soir. (suite…)

La mariée était en noir

mardi, janvier 1st, 2008

mariee-etait-en-noir1Exercice de style

Je pense avant tout au curieux film de Jean-Louis Trintignant, qui s’appelle Une journée bien remplie, avec un Jacques Dufilho exceptionnel, qui me semble bien plus original que cette Mariée était en noir, finalement assez convenue, assez prévisible, qui ne brille que par l’accumulation d’excellents acteurs, notamment Lonsdale, Bouquet et Denner. (suite…)

Le prisonnier de Zenda

mardi, janvier 1st, 2008

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Stewart Granger double

D’abord, une énergique protestation : afin de pouvoir regarder ce mythique Prisonnier de Zenda, la Warner vous oblige à une vente forcée : cette édition est couplée avec Scaramouche dans un coffret indissociable ; ça n’aurait rien de scandaleux, si Scaramouche n’avait connu il y a quelques mois une édition simple ! Qui veut Zenda se retrouve donc avec deux Scaramouche ; j’ai fait cadeau de l’exemplaire en trop, mais le procédé est d’un parfait mauvais goût. (suite…)

La maison du Diable

vendredi, décembre 21st, 2007

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Virtuosité exceptionnelle

Il me semble qu’à chaque fois on se laisse aussi fort prendre qu’à la première vision par la virtuosité extraordinaire de Robert Wise, par sa façon d’installer un climat étouffant, avec un crescendo bluffant… (suite…)

Le gentleman d’Epsom

vendredi, décembre 7th, 2007

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Gabin – Troisième époque/1ère

Jean Gabin n’est plus le beau mec d’avant-guerre, clef des cœurs marqué par la poisse de cette chienne de vie et par la duplicité des femmes, incarné de Pépé le Moko à Gueule d’amour, ni ce type fatigué, usé par trop d’émotions et de trahisons des potes qu’il joue dans Touchez pas au grisbi ou Voici le temps des assassins. Il est vieux, désormais – parce qu’en 1964, quand on a soixante ans, on est vieux -, il regarde derrière lui, il descend la pente ; d’ailleurs est-ce que ceci ne pourrait pas avoir été écrit par Michel Audiard, alors que c’est extrait de Bel-Ami de Maupassant ? La vie est une côte. Tant qu’on monte, on regarde le sommet, on se sent heureux, mais dès qu’on arrive en haut, on aperçoit tout d’un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ça va lentement quand on monte, mais ça va vite quand on descend. (suite…)

Borsalino

mercredi, décembre 5th, 2007

Oh là là, quelle déception

Comme beaucoup , je pense, j’étais excité comme une puce à l’idée de revoir à la télévision ce Borsalino qui avait enchanté mon année 1970 et qui apparaissait mythique à tous égards, de la confrontation réussie de Delon et de Belmondo à la musique inoubliée de Claude Bolling en passant par la reconstitution soignée du Marseille des Années Trente. Il n’y avait pas jusqu’à la rareté du film (non diffusé à la télé depuis près de vingt ans, comme il est rappelé ici et là) qui contribuait à nous donner ce délicieux frisson de plaisir qui fait les bonnes soirées. (suite…)

Au p’tit zouave

mercredi, décembre 5th, 2007

l_238052_680f5d24Assassin affadi

Ma note de 4 ne se justifie qu’en faisant abstraction des dix dernières minutes, larmoyantes et niaises ; mais excepté le ridicule de l’assassin rédimé par l’amour pur d’une jeune fille (snif !) mais néanmoins arrêté, parce qu’il faut bien que la conclusion soit morale, excepté, donc, cette concession au sentimentalisme, ce film du début de la carrière de Gilles Grangier n’est pas mal, pas mal du tout vraiment. (suite…)

La nuit nous appartient

lundi, décembre 3rd, 2007

Brillant, mais…

Indéniablement un bon film, très spectaculaire, très bien rythmé, avec des morceaux d’anthologie brillants, et un peu davantage (la poursuite en voiture du héros par les tueurs sous une pluie battante, la scène finale dans les joncs en flamme), des acteurs brillants et des gueules efficaces. On ne s’ennuie pas un seul instant et on s’identifie volontiers à Bobby (Joaquin Phoenix), fils prodigue aux relations scabreuses qui, parce que les trafiquants ont décidé de faire la peau à son père et son frère, revient dans le droit chemin et se débarrasse de ses vieux oripeaux (c’est là une rédemption, non pas une délation, moins encore une lâcheté). (suite…)

Tanguy

dimanche, décembre 2nd, 2007

tanguyBien décevant.

C’est bien décevant, tout ça ! Je trouvais à Chatilliez une grande capacité à saisir, par instantanés, certains travers et ridicules de l’époque, à bousculer les vaches sacrées, à décaper sarcastiquement les présupposés angéliques en cours, la prévalence du milieu social dans La vie est un long fleuve tranquille ou l’évidence de la bonté supposée des vieillards dans Tatie Danielle, mais à part ces deux premiers films, tout ce qu’il a produit ensuite, dès Le bonheur est dans le pré était l’exploitation d’une seule idée qui ne s’étayait que sur pas grand chose. (suite…)