
Le Birotteau de la paillette
Pure provocation de ma part que d’intituler ce message d’une allusion à un des romans pathétiques de Balzac
, où un brave homme de parfumeur se voit grimper, grimper jusqu’à une empyrée improbable qui, naturellement, le précipitera dans une chute cruelle ; pure provocation, car mon habituel pédantisme n’est tout de même pas complètement approprié au sujet du Grand Ziegfeld
, entrepreneur de spectacle brûlant d’ambition, parfaitement conscient de ses dons, de ses talents et de sa chance et qui ne se cassera la figure que du fait de la Crise de 1929, et peut-être aussi, mais la chose n’est pas explicite dans le film, de l’irruption du cinéma parlant qui, par son existence même démonétise un peu les grands spectacles musicaux qui faisaient la fortune de Broadway (d’autant que la couleur ne tardera pas à se surajouter…). (suite…)



, prolifique et inégale, il y avait un bloc de trois films exceptionnels, réalisés en moins de trois ans,
,
et
, cela dans l’ordre de parution. 

est sorti en France, il y a trois ou quatre ans, dans la médiocre collection Ciné-Club, il est vrai ; bradée sur les sites de discompte, il valait néanmoins la peine de s’en procurer les productions. 

et surtout si vous n’êtes pas, comme je le suis, absolument frappadingue du lumineux charme de
, ne vous donnez pas la peine d’arrêter un instant votre attention sur cette assez curieuse production franco-allemande, co-réalisée (le second réalisateur est un certain 
au cinéma et j’en avais été enchanté. La musique capricante y était bien sûr pour quelque chose, mais aussi une certaine façon élégante et distanciée de filmer l’Amérique de la Crise, de reproduire dans ce film de 1973 l’atmosphère des productions du début du cinéma, ne serait-ce que par les cartons, fort esthétiques, qui découpent le film et nomment les différentes étapes du scénario, ou par ces fondus en œil qui se referme (ça porte un nom technique qui m’échappe) si caractéristiques… 
!
!), les heureux possesseurs d’un poste (en noir et blanc, bien sûr) s’offrent une rasade de popularité en invitant, certains soirs, des voisins choisis à s’entasser devant le poste. Gamin de 13 ans ami des Lettres et des Arts, j’ai à peu près facilement obtenu de la férule paternelle de veiller un peu tard (car ces cinq actes en vers – 2h40 – vont allègrement nous conduire à près de 11 heures et demie !) ; déjà le théâtre m’enquiquine, mais la télévision varie les angles, permet les gros plans, recueille les soupirs… c’est moins faux que la scène…