Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Nana

vendredi, mai 11th, 2007

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Les plaisirs avilis

La brièveté déroutante, puérile et vulgaire du titre fait qu’on se souvient généralement du nom de ce volume, le neuvième de la série des Rougon-Macquart, sans même l’avoir lu. Le roman est long, foisonnant, désespérant – comme nombre des Zola – mais ce n’est pas un chef d’oeuvre comme l’Assommoir, Germinal ou Pot-Bouille. (suite…)

Le faucon maltais

mercredi, mai 9th, 2007

Iconoclasme

Ce n’est pas du fait d’un mouvement d’humeur et d’un agacement conjoncturel que je vais jeter mon pavé dans la mare (restons modeste ! mon caillou dans la flaque d’eau) à propos de ce Faucon maltais révérencieusement cité comme un film important, voire comme un chef d’œuvre et un archétype du film noir américain des années Quarante. (suite…)

Le Pacha

dimanche, mai 6th, 2007

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Délicieusement poujadiste

Je ne qualifierais pas la ravissante Dany Carrel d‘aristocratique ; son frais minois, son nez mutin, ses seins pointus me paraissent l’avoir confinée dans des rôles de soubrettes piquantes, de petite peste (Des gens sans importance), de fille légère (Les grandes manœuvres), de gamine déjà rouée et prête à se vendre (Pot-Bouille) et, naturellement de jolie pute (La petite vertu) comme dans ce Pacha, où elle a, avec André Pousse un des échanges les plus gigantesques dans le culot et la superbe outrance qu’Audiard ait jamais écrit :

J’ai des envies de voyage. L’Océanie, Bora-Bora, les vahinés… Tu connais ?
Pourquoi ? Tu veux m’emmener ?
On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort !.

Grandiose, non ?

(suite…)

Branquignol

samedi, mai 5th, 2007

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Une catastrophe !

J’aurais aimé  livrer  une savante glose ou – mieux encore – une piste polémique susceptible de déclencher cette sorte d’avalanche qui, périodiquement, pour des raisons dont la logique interne m’échappe encore, enflamme un fil de discussion et entraîne les protagonistes  à partir d’une opinion qui en vaut une autre vers des sommets digressifs et des détournements de sens invraisemblables. (suite…)

L’aventure c’est l’aventure

mardi, mai 1st, 2007

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Accablant

Ce Lelouch, depuis nombre d’années bénéficie d’une côte absurde.  J’en avais pour ma part un souvenir bonhomme et très ancien, plutôt amusé et gentiment débonnaire. Et l’autre jour, en acquérant quelques DVD sur un site de discompte, voilà que je tombe sur L’aventure, c’est l’aventure proposé pour trois francs six sous ; pour compléter mon colis, et avec l’idée que la conjonction de Ventura, Denner, Brel, Yves Robert, André Falcon, et aussi de la charmante Nicole Courcel ne pouvait pas manquer totalement d’esprit. (suite…)

Macadam cow-boy

jeudi, avril 26th, 2007

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Suintant de désespoir et de misère

C’est un bien étrange mystère, et un des grands miracles du cinéma que pouvoir susciter l’empathie, la tendresse et la fraternité pour une histoire et des personnages dont on jurerait a priori qu’on les regarderait à peine dans la vie prétendue réelle et de vivre jusqu’au bout une histoire improbable, en tout cas bien loin de toutes les virtualités d’identification qui rendent les sympathies si aisées lorsqu’on peut se glisser soi-même dans les oripeaux mis en scène… (suite…)

Top Hat

mardi, avril 24th, 2007

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Artificiel n’est pas factice !

On peut  marquer sans mal, et même à juste titre, certaines limites du genre, celui de comédies musicales sans queue ni tête, aux scénarios indigents ou embrouillés, sans la moindre profondeur ni épaisseur, qui mettent en scène des mondes artificiels où tout s’arrange comme par enchantement, où tout est occasion de rire et de plaisir, où, finalement, la réalité n’a pas la moindre participation. On a parfaitement raison, mais je n’ai pas tort en regardant ce style comme un sous-genre important, néanmoins, dans l’histoire du cinéma : celui d’une quasi féerie, que certains esprits chagrins pourront bien considérer, avec quelque raison, pour un habile détournement des préoccupations sociales, après la grande crise de 1929. (suite…)

Le Diable boiteux

mardi, avril 24th, 2007

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Guitry survitaminé

Titanesques combats et affrontements herculéens que ceux auxquels se livrent à propos de  Sacha Guitry,  jugés par de mauvais bougres un faiseur léger jusqu’à l’insignifiance, doté de trop de talents pour en exprimer vraiment un et moi-même et ses autres thuriféraires, qui tenons au contraire le Maître de l’avenue Élysée Reclus pour un des très grands enchanteurs du siècle passé, et un modèle d’inventivité et d’allégresse dans le cinéma français. (suite…)

La jetée

dimanche, avril 22nd, 2007

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Vraiment tout le cinéma que je déteste ! Prétentieux, hermétique, languissant (ça ne dure que 27 minutes et on a l’impression qu’on pourrait s’endormir dix fois !), porteur d’une philosophie à trois sous, se voulant d’une avant-garde qui n’a conduit qu’aux pires impasses. (suite…)

Victor/Victoria

mercredi, avril 18th, 2007

victor_victoria_0001_620pxSur le fil du rasoir

Sur un scénario malin et scabreux écrit en 1933 par Reinhold Schünzel et Hans Hoemburg – dont j’avoue, à ma courte honte, qu’ils me sont complètement inconnus, mais dont le patronyme évoque l’Allemagne, et vraisemblablement l’Allemagne d’avant, celle mise en scène dans Cabaret (mais je m’avance, peut-être…), sur un scénario délicat et ambigu, Blake Edwards réalise une merveille de film, plein de délicatesse et de drôlerie. (suite…)