Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Martin Roumagnac

samedi, mars 10th, 2007

martinroumagnac

Inutile grandiloquence

Martin Roumagnac, pour les amateurs de Gabin, c’est un film plein de singularités : c’est la premier film de l’acteur à son retour en France, après son exil aux États-Unis et son très beau comportement de combattant pendant la guerre ; Remorques, de Grémillon est bien sorti en 1941, mais avait été réalisé avant l’Invasion ; en fait, mis à part deux films qui n’ont guère laissé de traces tournés en Amérique, le public est encore branché sur les personnages de prolos au grand cœur persécutés par la Vie et – surtout ! – par les garces. (suite…)

Le majordome

lundi, mars 5th, 2007

majordomeStyle et bonnes manières

C’est un film assez drôle, mais qui, à mon sens, épuise un peu trop vite son sujet (ou, plus exactement, c’est un sujet trop mince pour être tenu pendant une heure et demie : la fin patouille un peu, comme dans nombre de cas, mais le moyen métrage, qui s’imposerait souvent n’est pas un format commercial). (suite…)

The Servant

dimanche, mars 4th, 2007

p10802

Quelque chose me retient…

Je ne connais pas, ou presque pas, l’oeuvre de Joseph Losey et si j’espère l’édition de Modesty Blaise, c’est davantage pour Monica Vitti et l’atmosphère déjantée des sixties que pour la célébration de l’auteur du Garçon aux cheveux verts et de Monsieur Klein, films qui ne m’accrochent pas… (suite…)

Les sept femmes de Barbe-Rousse

dimanche, mars 4th, 2007

009931-ajo0y

Quelle joie de vivre !

Les sept femmes de Barbe-Rousse, c’est, bien sûr, l’histoire renouvelée de l’enlèvement des Sabines en 1850, dans les paysages photogéniques et enneigés de l’Oregon, mais je serais bien étonné que les scénaristes – qui n’ont pas, pour une fois, adapté un musical de Broadway, mais écrit une histoire originale – n’aient pas songé, pour faire démarrer le film, à Blanche Neige et les sept nains. (suite…)

Le pont de la rivière Kwaï

samedi, mars 3rd, 2007

18770978

L’histoire folle du colonel Nicholson.

En cette année 1957 (s’il n’y a pas encore de Top 50, il y a déjà un hit-parade), tout le monde, dans la rue siffle la Marche du colonel Bogey que notre vieille connaissance Annie Cordy beugle sur des paroles idiotes :

Hello, le soleil brille, brille, brille
Hello, tu reviendras bientôt
Là-bas, dans ton village
Aux verts cottages
Pleins de chants d’oiseaux

On voit par là que l’Humanité n’a pas attendu la Star Académie pour chanter des conneries. Et d’ailleurs l’immortelle créatrice de Tata Yoyo n’est pas la seule à emplir les ondes : Les Compagnons de la Chanson, John William, Dalida vocalisent ad libitum cette même rengaine. (suite…)

Milou en mai

vendredi, mars 2nd, 2007

milou_en_mai

La douceur du village

Simplement quelques mots d’admiration pour le cinéma de Louis Malle, grand bourgeois capable, par l’acuité d’un regard jamais complaisant, d’aller dénicher la substance des réalités sociales. Il me semble que les deux premiers tiers du film sont une réussite parfaite : ces vieilles grandes maisons jadis éclatantes et cossues, et peu à peu ravalées par la course des temps, par l’indolence, le laisser-aller ou l’incapacité de leurs propriétaires, par l’éclatement des fratries, à des lieux de vacances où l’on se retrouve l’été, bon gré mal gré, ces salons surchargés, ces accumulations de vaisselle et d’argenterie, ces resserres où l’on conserve de vieux outils, ou des fruits, ou n’importe quoi, parce qu’il y a de toute façon, toute la place qu’il faut, ces vieux serviteurs aptes à tout, qui n’ont plus d’âge et qui n’ont jamais eu de revendication, ce monde figé, harmonieux, traditionnel, proche de la nature, incapable de la moindre adaptation à la mondialisation, à l’argent-roi, aux voyages à l’étranger, au rendement, tout cela est superbement observé et rendu. (suite…)

Adieu l’ami

mercredi, février 28th, 2007

093f65e080a295f8076b1c5722a46aa2

Polar bizarre et atypique

J’ai revu Adieu l’ami hier soir et je demeure sidéré que ce film, qui a seulement quarante ans (1968), apparaisse beaucoup plus démodé que…je ne sais pas, moi… les Melville (Le samouraï, -1967), les Sautet (Les choses de la vie en 1970) ou, dans un tout autre style, les Rohmer (La collectionneuse – 1967 – , Ma nuit chez Maud – 1969 -). (suite…)

Aventures en Birmanie

mardi, février 27th, 2007

aventures_birmanie

Tous magnifiques !

Les listes de nos films préférés – immarcescibles ou non ! – ont au moins ceci de positif qu’elles poussent à aller découvrir tel ou tel film, placé par un cinéphage à qui vous accordez du crédit au pinacle de ses choix.

C’est ainsi que la très belle  place octroyée par un autre cinéphage à Aventures en Birmanie m’a naturellement conduit à aller voir du côté de ce Walsh guerrier. Et tout autant que j’ai remercié l’un, je remercie l’autre !

C’est vrai, c’est très bien : un film assez long (plus de 2h20) et où n’apparaît pas le moindre frais minois, et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde, tant on partage, presque charnellement, la touffeur de la jungle birmane, l’exubérance paralysante de la végétation, la difficulté de la progression. C’est magnifiquement filmé et, même si on n’a pas le moindre doute sur l’issue heureuse de l’odyssée du capitaine Nelson, les péripéties sont haletantes et bien rythmées.

(suite…)

Lolita

lundi, février 26th, 2007

lolita_kubrick

Trahison de Nabokov ? Et alors ?

Il paraît que Nabokov qui avait eu les pires difficultés du monde à faire publier son roman scandaleux, beaucoup plus clairement pédophile que ne l’est le film, avait été très alléché par le projet d’adaptation cinématographique que lui proposait Kubrick et fut même engagé comme consultant. Kubrick n’était pourtant pas encore alors une étoile de première magnitude, même si Les sentiers de la gloire et le succès de Spartacus lui donnaient une renommée déjà intéressante. Mais rien à voir à ce qu’il advint après 2001 où chacune de ses réalisations fut attendue avec fébrilité par la masse de plus en plus grande de ses admirateurs passionnés (au rang de qui je me classe, si vous ne l’aviez deviné !). (suite…)

Volpone

vendredi, février 23rd, 2007

volpone

Irremakable !

L’édition est faite, le DVD visionné (et l’image de René Château n’est pas mauvaise, plutôt bien meilleure que celle d’Un revenant – alors même que le film a cinq ans de plus -) et, à mon grand dam, je suis tout de même conduit à réviser à la baisse la note un peu trop dithyrambique que, dans un grand mouvement de frustration, j’avais accolée à ce mythique Volpone ! (suite…)