
Inutile grandiloquence
Martin Roumagnac
, pour les amateurs de Gabin, c’est un film plein de singularités : c’est la premier film de l’acteur à son retour en France, après son exil aux États-Unis et son très beau comportement de combattant pendant la guerre ; Remorques
, de Grémillon
est bien sorti en 1941, mais avait été réalisé avant l’Invasion ; en fait, mis à part deux films qui n’ont guère laissé de traces tournés en Amérique, le public est encore branché sur les personnages de prolos au grand cœur persécutés par la Vie et – surtout ! – par les garces. (suite…)
Style et bonnes manières
et si j’espère l’édition de
, c’est davantage pour
et l’atmosphère déjantée des sixties que pour la célébration de l’auteur du
et de
, films qui ne m’accrochent pas… 
, c’est, bien sûr, l’histoire renouvelée de l’enlèvement des Sabines en 1850, dans les paysages photogéniques et enneigés de l’Oregon, mais je serais bien étonné que les scénaristes – qui n’ont pas, pour une fois, adapté un musical de Broadway, mais écrit une histoire originale – n’aient pas songé, pour faire démarrer le film, à
. 

, grand bourgeois capable, par l’acuité d’un regard jamais complaisant, d’aller dénicher la substance des réalités sociales. Il me semble que les deux premiers tiers du film sont une réussite parfaite : ces vieilles grandes maisons jadis éclatantes et cossues, et peu à peu ravalées par la course des temps, par l’indolence, le laisser-aller ou l’incapacité de leurs propriétaires, par l’éclatement des fratries, à des lieux de vacances où l’on se retrouve l’été, bon gré mal gré, ces salons surchargés, ces accumulations de vaisselle et d’argenterie, ces resserres où l’on conserve de vieux outils, ou des fruits, ou n’importe quoi, parce qu’il y a de toute façon, toute la place qu’il faut, ces vieux serviteurs aptes à tout, qui n’ont plus d’âge et qui n’ont jamais eu de revendication, ce monde figé, harmonieux, traditionnel, proche de la nature, incapable de la moindre adaptation à la mondialisation, à l’argent-roi, aux voyages à l’étranger, au rendement, tout cela est superbement observé et rendu. 
hier soir et je demeure sidéré que ce film, qui a seulement quarante ans (1968), apparaisse beaucoup plus démodé que…je ne sais pas, moi… les
(
, -1967), les
(
en 1970) ou, dans un tout autre style, les
(
– 1967 – ,
– 1969 -). 
m’a naturellement conduit à aller voir du côté de ce
guerrier. Et tout autant que j’ai remercié l’un, je remercie l’autre !
et fut même engagé comme consultant.
et le succès de
lui donnaient une renommée déjà intéressante. Mais rien à voir à ce qu’il advint après
où chacune de ses réalisations fut attendue avec fébrilité par la masse de plus en plus grande de ses admirateurs passionnés (au rang de qui je me classe, si vous ne l’aviez deviné !). 
– alors même que le film a cinq ans de plus -) et, à mon grand dam, je suis tout de même conduit à réviser à la baisse la note un peu trop dithyrambique que, dans un grand mouvement de frustration, j’avais accolée à ce mythique
!