
Espaces infinis
J’ai enfin découvert hier, cette adaptation du grand succès de Louis Hémon
(dont, curieusement, un autre roman, sans aucun rapport, a été adapté au cinéma : Monsieur Ripois
, par René Clément
, avec Gérard Philipe
en 1954). Ni je n’avais lu le livre, ni je n’avais vu la version de 1950, de Marc Allégret
avec Michèle Morgan
dans le rôle de Maria et Philippe Lemaire
dans celui de François Paradis ; enfant, j’avais beaucoup aimé les récits de trappeurs de Gustave Aimard, James-Oliver Curwood et Jack London
, sauvages et virils, et l’histoire sentimentale et triste de Maria Chapdelaine
, tant célébrée par mes aïeules, devait, à vue de nez, me sembler bien mièvre. (suite…)

qui devrait briller d’un éclat beaucoup plus vif, qui devrait être tenu pour un des plus grands cinéastes français si…
dans le formidable
,
dans
)… Il réalise des histoires très fortes, bien composées, dans des milieux campés de façon précise, approfondie (
)… 
pour la première fois de ma vie, sinon à un plaidoyer, du moins à une sorte d‘explication de ce qui pousse les hommes à aller voir ailleurs, c’est-à-dire à découvrir – donc à coloniser – ; car (quelqu’un peut-il en douter ?) l’Humanité tout entière s’est répandue à la surface du globe en chassant devant elle, par vagues successives, ceux qui occupaient la place avant les derniers arrivants, et Cortez et Pizarre, si leurs noms nous sont connus, ne sont pas plus extravagants que ne l’étaient, deux, trois, dix siècles auparavant, les envahisseurs qui déferlaient d’Asie pour repousser jusqu’en Patagonie les précédents autochtones qui, eux-mêmes, avaient chassé qui ? 
réalise après la Guerre, et après sa stupéfiante incarcération – qui le marquera pour toujours, tant il a pu percevoir, durant ce trop long épisode, combien l’adulation du public était éphémère, combien les amitiés étaient fragiles . Ce premier film, donc, est un exercice de pure piété filiale, un hommage au père, au grand acteur 

marque la fin de la seconde époque de la carrière de
et qui est ponctuée par des films immenses que je ne vais pas citer parce que tout le monde les connaît (de
au
en passant par
)… 

. 
conservait toutes ses qualités de récit vivement mené, adossé à une distribution où des acteurs de complément jouent remarquablement bien le rôle de personnages tous écrasés par l’omnipotence jupiterienne d’Auguste Maroilleur. La campagne normande est photographiée sans effet spectaculaire de pittoresque ou de léché, dans toute sa morne banalité ; on est là dans le Calvados, et non pas dans le Lot ou le Vaucluse, et les chemins luisants de boue n’ont pas le charme touristique des murets de pierre sèche.
placé par la rumeur publique, la critique charmée et nombre d’amateurs au rang d’œuvre enchantée. Ça n’a pas dû bien se goupiller quand j’étais enfant, je devais être en train de courir la gueuse lorsque, à l’époque de mes vingt ans ça passait encore à la télévision et si, ça chantait suffisamment dans les mémoires pour qu’un
en fît un remake affligeant avec je ne sais plus qui, l’indifférence polie que je porte dans mes jours aimables (donc rares) à