
Drôlement bien !
Voici donc encore un jeune auteur français qui, pour son premier long métrage, fait preuve de personnalité, de tempérament, d’ambition : on lit cela, extrait d’une critique de l’époque (1960) et on pense qu’il est bien dommage que François Leterrier
, auteur ensuite de l’exceptionnelle adaptation d’Un roi sans divertissement
, d’après Jean Giono
, puis de Milady
, d’après Paul Morand (dont l’édition DVD est réclamée à cor et à cris et pas seulement par les amateurs d’équitation), que ce jeune réalisateur n’ait pu – ou su ? – trouver de public fidèle ou de producteur suffisamment courageux, et qu’il ait été réduit à tourner les porno soft de la série d’Emmanuelle
ou, ce qui est beaucoup plus honorable, mais guère ambitieux, les adaptations des bandes dessinées féroces de Gérard Lauzier, Je vais craquer !!!
ou Tranches de vie. (suite…)


en a fait à la pelle, comme le public du samedi soir le demandait, histoire invraisemblable de Lydia (
a 34 ans ; encore dix ans, et elle se donnera la mort et, dans ses dernières années, il y aura un voile de tristesse qui descendra graduellement sur son regard… 
, certains critiques baveusement anti-
ont dénoncé la cruauté et le goût du sang du réalisateur, l’éloignement historique et géographique du film, sans en atténuer le caractère, le rendait d’une certaine façon plus supportable. Mais
se passe à Paris, aujourd’hui, et ne met pas en scène des rites barbares, sinon primitifs, mais des horreurs (il est vrai tout autant barbares) dont nous percevons bien tous la réalité quotidienne. 
, que je situais dans la veine du délicieux
, de
, avec le même
et – pour une fois ! – une
gaie et lumineuse. Il me semble que j’étais influencé, aussi, par la virevoltante
, du même
, cette fois. 
puisse laisser assez froid ; il était fait pour jouer les hommes distingués, d’autorité et/ou de conviction, comme dans – bien sûr ! –
, mais aussi
,
,
ou
. Je trouve en tout cas qu’il n’est pas mal du tout dans cet
, flamboyant mélodrame assez intéressant du fait que le professeur droit, rigide, sévère-mais-juste, se transforme en ange exterminateur impitoyable après avoir été humilié, dupé et chassé par le complot des petits salopards ; ça, c’est assez novateur dans le genre de films bien-pensants : les machinations haineuses, d’ordinaire, ne peuvent pas être accomplies par le héros. Là, elles le sont et la rancune vengeresse a de la vigueur. 
) et insuffisant le réalisateur (je lis pourtant que
a obtenu l’Oscar de la meilleure réalisation) qu’on puisse estimer que
posait quelques problèmes (se reporter aux débats nourris que nous avons eus sur ce film) ne devrait pas donner le droit à proférer des attaques ad hominem d’une grande bassesse et de se lancer dans une entreprise de démolition si excessive qu’elle en devient insignifiante. 
de 1963, où
déploie des trésors d’inventivité pour rouler
, mais joue aussi très finement un grand bourgeois dans la dèche, escroc par nécessité et désinvolture… 
est sorti en 1988 ; mes enfants, tout jeunes à cette époque en connaissent des répliques entières par cœur ; un peu comme
, qui est de 1982 ; faites l’expérience autour de vous, interrogez sur ces deux comédies de très jeunes gens : tout le monde les connaît, tout le monde les aime ; dans quelques temps
les rejoindra, si ce n’est fait, au Panthéon des films-cultes français, peut-être francophones.
Histoire éternelle