
Le début des Trente glorieuses
Douce euphorie des histoires heureuses ! »Histoire heureuse« , et j’y tiens, parce que cette saga familiale ((saga, puisqu’il faut ajouter à Papa, maman, la bonne et moi
– 1954 – sa directe suite, Papa, maman, ma femme et moi
– 1956 – ), que nous pouvons considérer avec le même regard bienveillant est délicieuse, mais il faut l’examiner dans son environnement sociologique (c’est-à-dire sur son véritable et exclusif intérêt archéologique, aujourd’hui).
Tout le ressort du film est dans la formidable expansion économique qui accompagne alors la France depuis dix ans et qui fait précisément nourrir des envies et des espérances qui étaient inimaginables à la veille de la Guerre : ce qui est en premier lieu la cause de la crise du logement – sur quoi s’appuient les deux films – c’est, naturellement en premier lieu le baby-boom, mais aussi le désir de la génération montante d’accéder au confort (appartements plus spacieux, plus hygiéniques, plus clairs) et de décohabiter avec la génération précédente. La promiscuité que l’on peut noter, c’est encore – mais de moins en moins – la norme dans la petite bourgeoisie, et ça le restera encore au moins deux décennies à la campagne (voir Farrebique
!) (suite…)