Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le magicien d’Oz

dimanche, octobre 29th, 2006

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La dépression s’éloigne

Il n’est pas donné à tout le monde de faire rêver les jeunes filles, qu’elles soient grandes, ou petites. C’est pourtant ce à quoi réussit Victor Fleming en présentant, dans le même millésime de 1939  Autant en emporte le vent (dont j’ai dit déjà toute la fascination que j’en éprouvais) qui avait été immédiatement précédé sur les écrans par Le magicien d’Oz. Il doit y avoir peu d’exemples de quasi concomitance de deux immenses succès du même réalisateur à quelques mois d’intervalle, succès, qui plus est, encore vivaces presque soixante-dix ans après leur révélation. (suite…)

Femmes de Paris

dimanche, octobre 29th, 2006

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Charmante idiotie

Franchement, je suis bien étonné que quelqu’un ait eu l’idée saugrenue d’éditer, à petit prix et à petite qualité, un DVD de cette œuvrette mineure d’un cinéaste lui-même de second rang. Pourquoi l’avoir acheté et regardé ? me diront, avec un air supérieur (mais pertinent) ceux qui notent que je n’ai encore vu de ma vie un Kurosawa ou un Woody Allen. Ah là là ! si les choses étaient aussi simples, notre actuelle Vallée de Larmes serait un empyrée de délices où couleraient le lait et le miel (eh oui ! un empyrée ! et toc !) (suite…)

Los Olvidados

vendredi, octobre 27th, 2006

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Douloureux et lucide

Je classe très haut ce film difficile, prenant, dur à vivre, dans l’échelle de mes valeurs. (suite…)

De l’amour

vendredi, octobre 20th, 2006

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Exercice de littérature appliquée

Drôle de petit film, tourné sans grands moyens mais avec la vive et triple intelligence de Henry Beyle, dit Stendhal, de Jacques Laurent-Cély, dit Jacques Laurent, dit Cécil Saint-Laurent, dit Albéric Varenne et de Jean Aurel, dont j’ignore s’il avait un alias ou un pseudonyme.

Stendhal, donc, d’abord. Les ignares le croient auteur des seuls Le Rouge et le noir et de La chartreuse de Parme ; un grain de culture littéraire en plus, et on le sait auteur de romans inachevés, Lamiel et Lucien Leuwen. On le connaît moins dans l’autobiographe de La vie d’Henry Brûlard, dans le voyageur de France et d’Italie. (suite…)

Ces dames préfèrent le mambo

vendredi, octobre 13th, 2006

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Profonde nullité

C’est bien étonnant, mais il y a, ici et là, sur divers sites, des développements sagaces et pertinents, des renseignements intéressants qui offrent des éclairages nouveaux à ce qui fut effectivement un phénomène de mode, guère durable, mais d’une assez grande intensité, pendant une petite dizaine d’années.

Devrai-je avouer que ma Sainte femme de mère, qui n’aurait pas fait de mal à une amibe, et qui, bien au contraire m’a inculqué sa passion du cinéma, nourrissait une sorte de dilection bizarre pour la dégaine, l’accent, le comportement et les coups de poing d’Eddie Constantine et qu’elle paraissait juger que sa façon de se comporter avec le whisky et les p’tit’s pépées était du dernier séduisant ? La bourgeoisie de province, raisonnable et pudique, avait ainsi son petit espace de délire… (suite…)

Le Seigneur des anneaux

mercredi, octobre 11th, 2006

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L’évidence numérique

J’ai regardé, il y a peu, un bout du Ben-Hur de 1925 (un peu, parce que le muet n’est vraiment pas mon truc !) ; il y a quelques mois, le Cléopâtre de Mankiewicz ; que ce soit en 25 ou en 63, le figurant n’était pas employé avec parcimonie et les scènes de foule n’avaient pas l’aspect miteux qu’on retrouve quelquefois sur des projections fauchées de l’époque antérieure aux effets spéciaux numériques. (suite…)

L’assassinat du Père Noël

vendredi, octobre 6th, 2006

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Charmante fantasmagorie

Avant-guerre, le fécond romancier Pierre Véry s’était fait une spécialité d’histoires mystérieuses qui, à un moment donné, peuvent frôler le déroutant ou l’inquiétant. Histoires qui se résolvent, finalement, dans un habile tour de passe-passe, par la résolution de quiproquos et la levée d’ambiguïtés et de méprises qui laissent la place à un bonhomme happy end, ou à un sourire narquois. Cela a donné au moins un presque chef-d’œuvre, Goupi mains rouges, de Jacques Becker, mais aussi trois excellents films, Les anciens de Saint-Loup, de Georges Lampin et Les disparus de Saint-Agil et L’assassinat du Père Noël, de Christian-Jaque. (suite…)

La grande illusion

vendredi, octobre 6th, 2006

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Si pacifiste que ça ?

Après une bonne dizaine de visionnages, anciens et récents, de ce chef-d’œuvre de Jean Renoir, j’en suis toujours à me demander ce qui lui vaut sa réputation d’œuvre pacifiste, de brûlot subversif, réputation qui lui a – ou lui aurait – valu interdictions diverses et mises sous le boisseau.

Ou alors – et c’est plutôt même sans doute là qu’il faut chercher – parce qu’en 1937, date de sortie du film, les lourdes machines des propagandes se sont mises à accélérer et ne tolèrent plus, pour la commodité de leur fonctionnement, qu’il y ait nuances, ambiguïtés, subtilités dans la mise en scène des réalités. (suite…)

Farrebique

jeudi, octobre 5th, 2006

affiche_farrebiqueVérité, simplicité, étrangeté

Je sais bien que Georges Rouquier n’est pas le premier à avoir fait du (bon) cinéma avec un regard documentaire, et même ethnographique ; sans les avoir jamais vus, je crois que Nanouk, l’esquimau et Tabou, de Robert J. Flaherty sont des films qui comptent dans l’histoire du cinéma ; et l’œuvre de Jean Rouch l’Africain, qui m’est plus familière, a beaucoup de mérites. (suite…)

Eyes wide shut

lundi, octobre 2nd, 2006

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L’épithalame

Je me décide, le doigt tremblant et l’émotion au cœur à venir écrire pourquoi je tiens Eyes wide shut comme le sommet et le couronnement de l’œuvre fascinante de Stanley KubrickKubrick, dès qu’il touche à un genre, à une catégorie filmique particulière, non seulement réalise souvent un chef-d’œuvre de référence, mais en renouvelle si complètement le langage qu’il est difficile, après lui, de traiter le sujet, sauf à s’engager clairement dans une toute autre direction : ainsi pour le pamphlet d’anticipation politique avec Dr. Folamour, la science-fiction avec 2001, le conte philosophique avec Orange mécanique, l’adaptation historique avec Barry Lyndon, le thriller horrifique avec Shining, le récit de guerre avec Full metal jacket (et même le péplum, avec Spartacus). D’ailleurs, ranger ces films dans des catégories prédéfinies, c’est les réduire notablement ; gardons-les, toutefois, pour la commodité de ma démonstration.

(suite…)