Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le bal des vampires

lundi, septembre 18th, 2006

hdomid4d

On rit plus qu’on ne crie, mais bon !

Mes vingt ans de 1967 se prenaient au sérieux, comme tous les vingt ans du monde et j’étais tout de même assez agacé que ce Polanski dont je n’avais pas vu quoi que ce soit, pas plus Répulsion que Cul-de-sac, que ce Juif polono-américain osât s’attaquer au mythe admirable du Vampire, magnifié par les productions de la Hammer et incarné par l’insurpassable Christopher Lee, mythe dont grâce à des lectures répétées de l’ouvrage de Bram Stocker, je me voulais exégète intransigeant.

Mais, naturellement, pour que ma science fut exhaustive (j’ignorais alors qu’il existait des tas de films de vampires mexicains, chinois, ou papous), il me fallait aller tordre un nez délicat sur les élucubrations sacrilèges du sieur Polanski dont, c’était convenu, ma critique ne ferait qu’une bouchée auprès des demoiselles qui m’avaient fait l’honneur de me choisir comme maître en vampirologie appliquée. (suite…)

Le jour se lève

mercredi, septembre 13th, 2006

jour-se-leve

Diamant noir

Pour beaucoup de commentateurs, Le jour se lève est le sommet absolu de l’œuvre de Marcel Carné, ou, plus encore de celle d’une équipe extraordinaire, d’une densité de talents qu’on ne reverra pas de sitôt dans le cinéma, Jacques Prévert au scénario et aux dialogues, Alexandre Trauner aux décors, Maurice Jaubert à la musique. (suite…)

Goupi mains-rouges

mardi, septembre 12th, 2006

goupi-mains-rouges

Sombre campagne.

Le premier vrai film de Jacques Becker, dont on ne dira jamais assez comment la trop courte carrière fut intense, et parsemée de tant de films admirables, commence par ce coup d’éclat : dans la France d’avant-guerre (le film est de 1943, mais ne présente aucune allusion à la situation), un quasi huis-clos campagnard marqué moins par la sophistication de l’intrigue que par l’extraordinaire caractérisation des personnages.

Évidemment, pour ceux qui tiennent Matrix pour le paradigme de la modernité cinématographique, une histoire campagnarde avec des secrets, des haines recuites, des stratégies avaricieuses, ça sent un peu son siècle passé, sa désuétude, sa vieillerie. Pourtant quelle force, quelle permanence dans ce capharnaüm de personnalités, de tempéraments, de trognes qui ne pourraient pas ne pas vivre ensemble, mais dont l’existence est un perpétuel caravansérail d’espionnage, de suspicions, de médisances, de jalousies ! (suite…)

Les particules élémentaires

mardi, septembre 12th, 2006

affiche_particules_elementaires_2005_2

Au bout du rouleau

Lecteur assidu et très attentif de Michel Houellebecq, je me demandais bien ce que pourrait donner l’adaptation allemande des Particules élémentaires dont la densité narrative et la charge très conceptuelle me semblaient impossibles à transcrire au cinéma, a fortiori dans un film d’une durée normale d’un peu plus d’une heure et demie.

Sans doute, le premier roman de l’auteur, Extension du domaine de la lutte, a-t-il été très bien adapté par Philippe Harel, mais cet opus initial, s’il est lui aussi très chargé de sens (c’est peut-être même bien le vrai chef-d’œuvre du romancier !) est moins foisonnant, moins riche, a l’anecdote sans doute moins complexe ; par ailleurs, Harel s’est étendu au minimum sur le constat de l’épuisement vital de la société occidentale, qui est la thèse fondamentale, à mes yeux, de toute l’œuvre de Houellebecq. (suite…)

Il était une fois dans l’Ouest

lundi, septembre 11th, 2006

18376617

Modeste pierre à l’édifice

Les savantes gloses qui s’étagent sur ce film magnifique interdisent au profane de se livrer à on ne sait quelle exégèse nouvelle d’une œuvre qui a durablement marqué plusieurs générations de cinéphiles. (suite…)

Ma nuit chez Maud

dimanche, septembre 10th, 2006

af_111

Conte de fin d’été

 » – Eh bien, mon cher producteur, j’ai une excellente affaire à vous proposer ! Un film qui sera considéré comme l’un des deux ou trois meilleurs de son metteur en scène, lui-même bénéficiant d’une renommée durable ; ça vous intéresse ? (suite…)

Printemps, été, automne, hiver…et printemps

samedi, septembre 9th, 2006

printemps_ete_automne_hiver_et_printemps

Une bonne chose de faite !

Comme je ne suis pas seulement le franchouillard borné que certains pensent, admirateur inconditionnel de Jean Loubignac et de Pierre Montazel, j’ai regardé hier soir ce Printemps, été, et tutti quanti dont j’avais lu ici et là quelque bien et que mon fils avait, je crois obtenu de son opérateur téléphonique pour avoir fait sauter le compteur de son forfait. C’était la première fois de ma vie que je regardais un film coréen, et sauf révolution copernicienne sous mon occiput, je pense assez nettement que ce sera la dernière.

 

(suite…)

La bête humaine

vendredi, septembre 8th, 2006

18455418

Renoir sauve la mise

Un des suppléments du DVD m’a rappelé que La bête humaine est un film de commande – à la fois l’exploitation d’un roman de Zola dont on pouvait supposer qu’il passionnerait les spectateurs, et l’envie de Jean Gabin de jouer un cheminot. Heureusement, c’est l’immense talent de Jean Renoir qui a été mis à contribution, parce que le roman, sans être le plus faible de la série des Rougon-Macquart, qui compte, je le rappelle aux ignares, vingt volumes, fait partie de la deuxième partie du tableau, bien avant, (tout de même !) Le rêve (qui est à pleurer de rire) ou La faute de l’abbé Mouret, mais très sensiblement après GerminalL’assommoirNana ou Pot-Bouille. (suite…)

Les aventuriers de l’Arche perdue

jeudi, septembre 7th, 2006

Merveilleux parfum d’enfance.

Les enfants sages qui, avant leur quinzième année ont beaucoup lu et beaucoup rêvé dans les livres de Jules Verne, de H. Rider Haggard , de Ruydard Kipling, de James Olivier Curwood, de bien d’autres sont restés longtemps orphelins de leur jeunesse. (suite…)

Funny games

mercredi, septembre 6th, 2006

Banalité du Mal.

Choc haletant d’un film qui ne m’a pas laissé tranquille une seconde. C’est une histoire de victimes et de bourreaux.

Les victimes, le père, Georges, la mère, Anna et le fiston, Schorschi ; les membres d’une famille aisée, et un peu davantage, qui vient passer quelques semaines dans sa maison de campagne cossue, au bord d’un lac de montagne ; ils y ont leurs habitudes, fréquentent leurs voisins, y sont installés dans une tranquillité parfaite, un peu endormeuse. A dire le vrai, ils sont assez insignifiants, ils ne sont pas de ces personnalités à qui l’on s’attache, dans un film, et qu’on souffre de voir disparaître.

(suite…)