
On rit plus qu’on ne crie, mais bon !
Mes vingt ans de 1967 se prenaient au sérieux, comme tous les vingt ans du monde et j’étais tout de même assez agacé que ce Polanski
dont je n’avais pas vu quoi que ce soit, pas plus Répulsion
que Cul-de-sac
, que ce Juif polono-américain osât s’attaquer au mythe admirable du Vampire, magnifié par les productions de la Hammer
et incarné par l’insurpassable Christopher Lee
, mythe dont grâce à des lectures répétées de l’ouvrage de Bram Stocker
, je me voulais exégète intransigeant.
Mais, naturellement, pour que ma science fut exhaustive (j’ignorais alors qu’il existait des tas de films de vampires mexicains, chinois, ou papous), il me fallait aller tordre un nez délicat sur les élucubrations sacrilèges du sieur Polanski
dont, c’était convenu, ma critique ne ferait qu’une bouchée auprès des demoiselles qui m’avaient fait l’honneur de me choisir comme maître en vampirologie appliquée. (suite…)

est le sommet absolu de l’œuvre de
, ou, plus encore de celle d’une équipe extraordinaire, d’une densité de talents qu’on ne reverra pas de sitôt dans le cinéma,
au scénario et aux dialogues,
aux décors, 
, dont on ne dira jamais assez comment la trop courte carrière fut intense, et parsemée de tant de films admirables, commence par ce coup d’éclat : dans la France d’avant-guerre (le film est de 1943, mais ne présente aucune allusion à la situation), un quasi huis-clos campagnard marqué moins par la sophistication de l’intrigue que par l’extraordinaire caractérisation des personnages.
pour le paradigme de la modernité cinématographique, une histoire campagnarde avec des secrets, des haines recuites, des stratégies avaricieuses, ça sent un peu son siècle passé, sa désuétude, sa vieillerie. Pourtant quelle force, quelle permanence dans ce capharnaüm de personnalités, de tempéraments, de trognes qui ne pourraient pas ne pas vivre ensemble, mais dont l’existence est un perpétuel caravansérail d’espionnage, de suspicions, de médisances, de jalousies ! 
, je me demandais bien ce que pourrait donner l’adaptation allemande des
dont la densité narrative et la charge très conceptuelle me semblaient impossibles à transcrire au cinéma, a fortiori dans un film d’une durée normale d’un peu plus d’une heure et demie.
, a-t-il été très bien adapté par
, mais cet opus initial, s’il est lui aussi très chargé de sens (c’est peut-être même bien le vrai chef-d’œuvre du romancier !) est moins foisonnant, moins riche, a l’anecdote sans doute moins complexe ; par ailleurs, 


et tutti quanti dont j’avais lu ici et là quelque bien et que mon fils avait, je crois obtenu de son opérateur téléphonique pour avoir fait sauter le compteur de son forfait. C’était la première fois de ma vie que je regardais un film coréen, et sauf révolution copernicienne sous mon occiput, je pense assez nettement que ce sera la dernière.

est un film de commande – à la fois l’exploitation d’un roman de
dont on pouvait supposer qu’il passionnerait les spectateurs, et l’envie de
de jouer un cheminot. Heureusement, c’est l’immense talent de
(qui est à pleurer de rire) ou
,
,
ou
.
Merveilleux parfum d’enfance.