Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Je vous trouve très beau

mardi, septembre 5th, 2006

posterNe regardez pas ça, c’est nul !

Je me suis laissé avoir à regarder cette espèce de téléfilm mielleux et sans charme, où les péripéties (!!!) sont tellement convenues, le déroulement des scènes si prévisible qu’on peut pratiquement s’absenter pour explorer son réfrigérateur à tout instant. (suite…)

La Prisonnière

lundi, septembre 4th, 2006

la_prisonniereLe désir, comme une énigme…

La Prisonnière est un film raté de Clouzot, mais un film raté de Clouzot, c’est encore très bien, et ce n’était pas la faute de l’héroïne si le scénario l’embourbait. Élisabeth Wiener qui a bien trop vite disparu du paysage cinématographique, s’est un temps adonnée à la chanson, avait un charme exquis et aurait certainement pu faire concurrence à bien d’autres…

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Le corbeau

mardi, août 29th, 2006

corbeau

Mais non !

Mais non ! Le corbeau n’est pas la description clinique d’une petite ville française, vouée aux rancœurs, aux haines recuites, aux hypocrisies latentes, aux saletés dissimulées, aux bonnes consciences triomphantes, comme, paraît-il, voulaient le faire accroire les Allemands, chez eux, en se gaussant des vaincus, ou comme en tordaient le nez à la fois vichystes et résistants en refusant, les uns et les autres de voir la réalité : Le corbeau, c’est le portrait à la pointe fine, l’autopsie au scalpel de toutes les villes et de toutes les sociétés ! Simplement les prétextes, ou les lignes de force (et de faiblesse) changent, simplement met-on davantage le doigt sur ceci plutôt que sur cela… (suite…)

La raison du plus faible

mardi, août 29th, 2006

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Le fond du trou sans fond.

Prenons Patrick (Éric Caravaca), un jeune trentenaire, un garçon formidable (« parfait » dit même sa femme), titulaire de trois licences (de quoi, d’ailleurs ? sociologie, psychologie, philosophie, la trilogie gagnante du monde moderne ?) mais chômeur dans la mouise. (suite…)

Quand passent les cigognes

lundi, août 28th, 2006

quand_passent_les_cigognes

Immense film !

Il est certain que je n’ai pas vu Quand passent les cigognes lorsqu’il est sorti en France ; je crois que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire, à propos de je ne sais plus qui, ou quoi, que, dans les années Soixante, aller voir un film soviétique relevait davantage de l’acte militant que de la démarche cinéphilique ; si on n’était pas membre de « France-URSS » ou d’un ciné-club engagé quelconque, on s’abstenait. Eh oui ! Les clivages étaient lourds et les jeunes pousses n’imaginent sûrement pas ce qu’était, en France, l’atmosphère de la Guerre froide, et notamment pour ce que j’en ai connu, entre 1956 (Budapest) et 1968 (Prague). La moindre part de talent concédée à l’autre camp vous faisait regarder d’un drôle d’air par ceux dont vous étiez idéologiquement proche. (suite…)

Orange mécanique

lundi, août 21st, 2006

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Le messie interplanétaire contre l’ultra-violence

Il se peut que de tous les films que Stanley Kubrick a réalisé après avoir conquis sa liberté de création (c’est-à-dire après Spartacus), il se peut donc qu’Orange mécanique soit le moins bon  ;  je l’ai en tout cas souvent entendu ou lu de certains amateurs, qui jugent que l’esthétique si fortement marquée des années Soixante-Dix a notablement vieilli et a périmé certains aspects de l’œuvre. (suite…)

Les chasses du comte Zaroff

dimanche, août 20th, 2006

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L’angoisse de l’aube

Un des films d’effroi les plus mythiques de l’histoire du cinéma ne dure que 62 minutes ! Mais une heure d’une densité extraordinaire, où aucune seconde n’est perdue, où toutes les séquences concourent à une intelligente tension ! Schoedsack ne perd aucune instant pour poser l’atmosphère, montrer ce bateau qui cingle dans les parages d’une île inconnue, présenter le grand chasseur Rainsford (Joel McCrea) qui, en une phrase ambiguë donne le ton du film : « Le tigre que je chasse ne prend-il pas autant de plaisir à être chassé que moi à le chasser ?« , se débarrasser des autres voyageurs, noyés, ou dévorés par les requins qui pullulent et introduire le héros dans le cadre baroque du château du comte Zaroff. (suite…)

L’ami de Vincent

jeudi, août 17th, 2006

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Une certaine déception

C’est un film plus qu’à demi raté et, si la chose était possible, je ne lui mettrai qu’une note de 2 1/2, légèrement inférieure à la moyenne, et cela malgré ma sympathie pour Pierre Granier-Deferre ; dans le supplément qui relate l’histoire du film, de sa conception à son tournage, le réalisateur et le romancier inspirateur, Jean-Marc Roberts en indiquent d’ailleurs toutes les vicissitudes, qui expliquent un peu le sentiment cotonneux que l’on ressent : mort brutale de la femme de Granier-Deferre, suicide de Patrick Dewaere qui, initialement, devait tourner avec Jacques Dutronc, décision de vieillir les protagonistes, de choisir Philippe Noiret et Michel Piccoli, défiance des producteurs pour le dernier nommé et son remplacement par Jean Rochefort, et ainsi de suite. (suite…)

Beaucoup de bruit pour rien

lundi, août 14th, 2006

beaucoup_de_bruit_pour_rien

Comment montrer Shakespeare

Le théâtre filmé a été, à l’origine, une tentation pour le cinéma, et trop souvent et trop longtemps, les metteurs en scène (le nom même est caractéristique !) se sont contentés de cadrer une situation à la manière du théâtre, ce qui était déjà, grâce à quelques gros plans et à la position frontale de la caméra, un progrès, par rapport aux salles où la vision est distordue selon où l’on est placé ! (suite…)

Le bonheur

jeudi, août 10th, 2006

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Beau film dérangeant

Le DVD du Bonheur est sorti (depuis quelques bonnes semaines, d’ailleurs), dans une lumineuse édition dont est coutumière Agnès Varda coproductrice du DVD, comme elle l’a été de Cléo et de Sans toit ni loi, ses deux chefs-d’œuvre. Et quand j’écris lumineuse édition, c’est, bien entendu parce que l’image a fait l’objet d’une restauration complète (ce qui n’a pas été facile, comme l’apprend un des suppléments), mais aussi, peut-être surtout, parce que le film est précisément entouré de suppléments (des boni, comme dit Varda, car « c’est plus français et c’est plus joli » que des bonus). tous plus intéressants et pertinents les uns que les autres. (suite…)