Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Autant en emporte le vent

mardi, août 8th, 2006

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Chef-d’œuvre interminable

C’est vrai et il ne faut pas se le dissimuler : c’est terriblement long, interminable même ; de mon imposante collection de DVD, c’est le seul (avec Docteur Jivago) dont je suis obligé de retourner la galette en cours de projection, parce qu’il ne tient pas sur une seule face ; et en plus, suivant une habitude que les superproductions de jadis tenaient du théâtre, c’est précédé par un prologue et coupé par un entracte musicaux à images statiques, dont je ne rate pas une note quand j’ai le temps, et qui permettent de se mettre dans les bonnes dispositions d’esprit. (suite…)

Le père tranquille

samedi, août 5th, 2006

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Beau travail !

Je conservais un excellent souvenir de ce Père tranquille vu plusieurs fois aux temps où la télévision ne se croyait pas obligée aux films en couleurs en début de soirée, mais j’avais plutôt gardé en mémoire une bluette très réussie, très aimable, très bon enfant et un peu superficielle. (suite…)

Poil de carotte

vendredi, août 4th, 2006

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Une curiosité

Honnêtement, si je n’étais un sectateur absolu – en fait non : plutôt un admirateur vigilant – de Julien Duvivier, je n’aurais acquis ni regardé ce Poil de carotte qui n’a pas une bien grande notoriété et qui date du début du cinéma parlant, c’est-à-dire d’une époque ou non seulement on capte techniquement mal le son, mais aussi – et surtout ! – où les acteurs n’ont pas encore perçu cette révolution phonique et se comportent encore comme des théâtreux, avec des articulations ampoulées et excessives. A preuve le jeu épouvantablement maniéré de Catherine Fonteney sociétaire de la Comédie Française qui joue Mme Lepic, mère détestable de Poil de Carotte à coup de roulements d’yeux, de gestes torturés et de diction ampoulée et artificielle ; les jeunes acteurs qui jouent le rôle de Félix et d’Ernestine Lepic, frère et sœur de Poil de Carotte sont encore plus ridicules. (suite…)

Moulin rouge

jeudi, août 3rd, 2006

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Superbe et éclatant et pathétique

Sans doute, et vraisemblablement pour des raisons qui tiennent à ce que pouvait être la nature profonde de l’Hollywood de 1952, Huston a-t-il affadi, et même gommé la déchéance mortifère et la descente aux enfers de Toulouse-Lautrec, sans doute a-t-il introduit des éléments sentimentaux, romanesques, et même mélodramatiques qui appellent l’attendrissement et l’émotion, mais quand l’histoire d’amour avortée, abusivement prêtée au peintre s’incarne dans le magnifique personnage – totalement inventé – de Myriam Hayam, joué avec un talent fou et une admirable sensibilité par une Suzanne Flon que je ne devinais pas si belle, on peut pardonner largement les libertés prises avec la vérité « historique », qui conduisent, paradoxalement, à une véracité essentielle.

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Chair de poule

mercredi, août 2nd, 2006

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Ça se laisse regarder

Ce Duvivier tardif intervient après le mitigé Le diable et les dix commandements et avant l’incertain Diaboliquement vôtre ; c’est la fin et l’immense cinéaste de Pépé le Moko, de La belle équipe, de La fin du jour, de Voici le temps des assassins a poussé déjà son chant du cygne avec Marie-Octobre. Mais il est un de ceux qui ne conçoivent la vie qu’en tournant : ça abime un peu la légende, mais c’est du domaine du vital ! (suite…)

Le couperet

samedi, juillet 8th, 2006

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J’ai trouvé assez plaisant ce film qui, comme tout conte philosophique ne fait que développer, avec logique et cohérence, une situation donnée jusqu’à ses plus extrêmes conséquences. (suite…)

Le salaire de la peur

vendredi, juillet 7th, 2006

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L’efficacité faite film !

Quand une œuvre est aussi solidement structurée, avec un suspense qui monte crescendo, parfaitement joué par des interprètes qui semblent avoir été conçus pour le rôle et qui sont impeccablement filmés avec un sens de l’atmosphère tel qu’on ressent sur soi la poussière poisseuse de la petite ville où un groupe de parasites, de demi-sels, d’immigrants paumés attend un improbable miracle, comment s’étonner que, plus d’un demi siècle après sa sortie sur les écrans, Le salaire de la peur continue à être un de ces films mythiques et indépassables dont on ne se lasse pas de voir et de revoir les morceaux de bravoure ? (suite…)

Le crime de Monsieur Lange

jeudi, juillet 6th, 2006

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La cour du Front Popu

J’ai une tendresse particulière pour ce Crime de Monsieur Lange, dont même les naïvetés sont pleines de charme et de chaleur, pour cette histoire enthousiaste, aux personnages suffisamment caricaturaux pour qu’on déteste bien fort Batala, et qu’on aime bien fort Lange ! Sans doute la trogne et le jeu niais de René Lefèvre sont-ils vraiment pâles et pâtissent-ils plus encore de l’extraordinaire brio de Jules Berry qui n’a sans doute jamais été aussi séduisant en salaud intégral. (suite…)

Coup de torchon

mercredi, juillet 5th, 2006

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La noirceur absolue

« Noir, c’est noir« , comme dit l’autre ! Et lorsqu’on fait adapter un roman noir d’un auteur noir (« 1280 âmes » de Jim Thompson) par un scénariste noirissime, Jean Aurenche, il y a toute chance pour que le résultat soit des plus sombres ! (suite…)

Les parapluies de Cherbourg

mercredi, juillet 5th, 2006

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Conte de fées triste

1964. J’ai 17 ans et, si je vais beaucoup au cinéma, je n’ai jamais entendu parler de Jacques Demy, si ce n’est par mon frère cadet, bien plus amateur que moi, qui s’est émerveillé pour La baie des anges, surtout parce qu’il idolâtre Jeanne Moreau. (suite…)