
Chef-d’œuvre interminable
C’est vrai et il ne faut pas se le dissimuler : c’est terriblement long, interminable même ; de mon imposante collection de DVD, c’est le seul (avec Docteur Jivago
) dont je suis obligé de retourner la galette en cours de projection, parce qu’il ne tient pas sur une seule face ; et en plus, suivant une habitude que les superproductions de jadis tenaient du théâtre, c’est précédé par un prologue et coupé par un entracte musicaux à images statiques, dont je ne rate pas une note quand j’ai le temps, et qui permettent de se mettre dans les bonnes dispositions d’esprit. (suite…)

vu plusieurs fois aux temps où la télévision ne se croyait pas obligée aux films en couleurs en début de soirée, mais j’avais plutôt gardé en mémoire une bluette très réussie, très aimable, très bon enfant et un peu superficielle. 
, je n’aurais acquis ni regardé ce
qui n’a pas une bien grande notoriété et qui date du début du cinéma parlant, c’est-à-dire d’une époque ou non seulement on capte techniquement mal le son, mais aussi – et surtout ! – où les acteurs n’ont pas encore perçu cette révolution phonique et se comportent encore comme des théâtreux, avec des articulations ampoulées et excessives. A preuve le jeu épouvantablement maniéré de 
a-t-il affadi, et même gommé la déchéance mortifère et la descente aux enfers de Toulouse-Lautrec, sans doute a-t-il introduit des éléments sentimentaux, romanesques, et même mélodramatiques qui appellent l’attendrissement et l’émotion, mais quand l’histoire d’amour avortée, abusivement prêtée au peintre s’incarne dans le magnifique personnage – totalement inventé – de Myriam Hayam, joué avec un talent fou et une admirable sensibilité par une
que je ne devinais pas si belle, on peut pardonner largement les libertés prises avec la vérité « historique », qui conduisent, paradoxalement, à une véracité essentielle.
et avant l’incertain
; c’est la fin et l’immense cinéaste de
, de
, de
, de
a poussé déjà son chant du cygne avec
. Mais il est un de ceux qui ne conçoivent la vie qu’en tournant : ça abime un peu la légende, mais c’est du domaine du vital !
Fable caustique
continue à être un de ces films mythiques et indépassables dont on ne se lasse pas de voir et de revoir les morceaux de bravoure ? 
, dont même les naïvetés sont pleines de charme et de chaleur, pour cette histoire enthousiaste, aux personnages suffisamment caricaturaux pour qu’on déteste bien fort Batala, et qu’on aime bien fort Lange ! Sans doute la trogne et le jeu niais de
sont-ils vraiment pâles et pâtissent-ils plus encore de l’extraordinaire brio de
qui n’a sans doute jamais été aussi séduisant en salaud intégral. 
) par un scénariste noirissime,
, il y a toute chance pour que le résultat soit des plus sombres ! 
, si ce n’est par mon frère cadet, bien plus amateur que moi, qui s’est émerveillé pour
, surtout parce qu’il idolâtre
.