
Habile ; haletant
Qu’est ce qui se passe lorsque les autres quittent la pièce où l’on se tient ? Est-ce qu’ils existent encore ? Ou bien est-ce qu’autrui est la simple macération de mon propre esprit, la créature, au sens fort, d’un rêve ?
Ce genre de préoccupations ne nourrit pas seulement la philosophie (Schopenhauer, il me semble) : Lucas Belvaux
s’est demandé aussi pourquoi et comment vivent les personnages qui sortent un moment de l’écran pour vivre – vraisemblablement ! – une vie autonome. D’où l’extraordinaire trilogie qu’il a réalisée, autour de trois couples de personnages principaux, mais où, dans chacun des films, surgissent ou font seulement apparition des personnages secondaires, voire de simples silhouettes, considérées sous un autre angle. (suite…)

au 50ème rang de la liste de mes films préférés, choix contesté par certain amateur de cinéma que j’ai en haute estime, j’avais écrit : Je tiens le film de 
, acteur doté de bien des talents et d’une capacité de séduction extraordinaire, talents qu’il a prostitués jusqu’à devenir rien du tout (cela écrit alors que j’aime beaucoup
où Rourke est impeccable…) 
s’engage avec volupté dans tous les sentiers battus et rebattus de la parodie et du dérisoire. A l’heure où le monde change, où l’avion commence à survoler les sierras et où les mitrailleuses se substituent aux winchesters, à l’heure de
et de
, trois acteurs assez minables de « serials », cow-boys aux improbables tenues chamarrées et à la niaiserie satisfaite sont tenus par les villageois pour les héros qu’ils incarnent
, et, pour autant, par leur redondance même ne lassent, ni n’agacent. 
est un film martyr, à l’étrange histoire, désormais réhabilité comme un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma.
, fils d’un anarchiste, Miguel Almereyda, zigouillé pendant la Grande Guerre pour défaitisme, est mort très jeune ; de son œuvre courte, tout mérite d’être vu ; si je ne porte pas au pinacle
, à mon goût trop libertaire et pré-soixante-huitard (fantasmagorie de la révolte juvénile d’un collège), je tiens en très haute estime un moyen métrage, 

un côté « homme d’affaire qui transforme tout en or » qui est très amusant !) ; d’ailleurs le massacre de
, mieux inspiré par d’autres auteurs et d’autres cultures, de
confirme la difficulté de saisir l’esprit de Provence et d’un auteur d’apparence si aimable et facile, mais qui, donc, comme tous les écrivains du bonheur, n’est pas si simple à suivre… 

est le chant du cygne, ou plutôt le dernier chef-d’œuvre de l’extraordinaire carrière de
qui ait le goût boulimique de toucher à tout, de la farce au drame, du film noir au conte de fée). 
/
n’est pas tout à fait du même niveau que les deux bijoux de promenades historiques (ou pseudo-historiques, si l’on veut) genre que
avait créé, avant-guerre, avec
et
, miracles de légèreté, d’esprit et d’allure.