Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Cavale

lundi, mai 29th, 2006

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Habile ; haletant

Qu’est ce qui se passe lorsque les autres quittent la pièce où l’on se tient ? Est-ce qu’ils existent encore ? Ou bien est-ce qu’autrui est la simple macération de mon propre esprit, la créature, au sens fort, d’un rêve ?

Ce genre de préoccupations ne nourrit pas seulement la philosophie (Schopenhauer, il me semble) : Lucas Belvaux s’est demandé aussi pourquoi et comment vivent les personnages qui sortent un moment de l’écran pour vivre – vraisemblablement ! – une vie autonome. D’où l’extraordinaire trilogie qu’il a réalisée, autour de trois couples de personnages principaux, mais où, dans chacun des films, surgissent ou font seulement apparition des personnages secondaires, voire de simples silhouettes, considérées sous un autre angle. (suite…)

Cannibal holocaust

lundi, mai 29th, 2006

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Immonde et formidable

Pour justifier mon choix de classer Cannibal holocaust au 50ème rang de la liste de mes films préférés, choix contesté par certain amateur de cinéma que j’ai en haute estime, j’avais écrit : Je tiens le film de Deodato pour l’archétype du mauvais goût, de la roublardise, de la complaisance et de l’ignominie. Et comme vous n’êtes pas sans l’avoir remarqué, je suis, en matière cinématographique (et littéraire) un individu profondément a-moral, jugeant, avec quelque apparence de raison, que les bons sentiments ni le bon goût ne font de bonnes œuvres. (suite…)

Angel heart

dimanche, mai 28th, 2006

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La grande force de Satan…

Il n’est pas impossible que l’on puisse considérer ce film comme le meilleur rôle d’un Mickey Rourke, acteur doté de bien des talents et d’une capacité de séduction extraordinaire, talents qu’il a prostitués jusqu’à devenir rien du tout (cela écrit alors que j’aime beaucoup L’année du dragon où Rourke est impeccable…) (suite…)

Three amigos

samedi, mai 27th, 2006

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Kitchissime et délicieux

Monument insurpassable du kitsch, Three amigos s’engage avec volupté dans tous les sentiers battus et rebattus de la parodie et du dérisoire. A l’heure où le monde change, où l’avion commence à survoler les sierras et où les mitrailleuses se substituent aux winchesters, à l’heure de La horde sauvage et de Il était une fois la Révolution, trois acteurs assez minables de « serials », cow-boys aux improbables tenues chamarrées et à la niaiserie satisfaite sont tenus par les villageois pour les héros qu’ils incarnent

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Pépé le Moko

samedi, mai 27th, 2006

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Chaleur de  la Casbah.

Tous les clichés de la France d’avant-guerre s’emmêlent et s’entassent dans ce Pépé le Moko, et, pour autant, par leur redondance même ne lassent, ni n’agacent. (suite…)

L’Atalante

vendredi, mai 26th, 2006

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Célébration du désir

L’Atalante est un film martyr, à l’étrange histoire, désormais réhabilité comme un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma.

Son auteur, Jean Vigo, fils d’un anarchiste, Miguel Almereyda, zigouillé pendant la Grande Guerre pour défaitisme, est mort très jeune ; de son œuvre courte, tout mérite d’être vu ; si je ne porte pas au pinacle Zéro de conduite, à mon goût trop libertaire et pré-soixante-huitard (fantasmagorie de la révolte juvénile d’un collège), je tiens en très haute estime un moyen métrage, A propos de Nice où l’invention esthétique est omniprésente et ébouriffante de qualité… (suite…)

Le château de ma mère

jeudi, mai 25th, 2006

Et si Pagnol…

Je ne suis pas certain que, s’il avait lui-même tourné l’adaptation de ses Souvenirs d’enfance, Marcel Pagnol aurait trouvé un ton aussi juste que celui d’Yves Robert. On peut toujours rêver et la chose n’était pas impossible, la publication des trois volumes s’étageant de 1957 à 1960 et le père de Marius n’étant mort qu’en 1974. Peut-être la très grande proximité de l’auteur avec ses récits ne lui aurait-elle pas permis de jeter un regard aussi tendre et délicat sur ces moments dorés… (suite…)

La gloire de mon père

mercredi, mai 24th, 2006

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Lumière d’été

Le pagnolien fervent que je suis avait toute raison de se méfier d’une adaptation du grand homme, qui avait su, durant son existence industrieuse parfaitement s’adapter lui-même (il y a chez Pagnol un côté « homme d’affaire qui transforme tout en or » qui est très amusant !) ; d’ailleurs le massacre de Claude Berri, mieux inspiré par d’autres auteurs et d’autres cultures, de Jean de Florette confirme la difficulté de saisir l’esprit de Provence et d’un auteur d’apparence si aimable et facile, mais qui, donc, comme tous les écrivains du bonheur, n’est pas si simple à suivre… (suite…)

Duvivier et Marie-Octobre

mardi, mai 23rd, 2006

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Le dernier grand film de Duvivier

Marie-Octobre est le chant du cygne, ou plutôt le dernier chef-d’œuvre de l’extraordinaire carrière de Julien Duvivier qui s’étend sur près de cinquante ans, qui a touché une variété de registres peu imaginable aujourd’hui, où les cinéastes s’enferment volontiers dans un genre, parce qu’ils craignent, ou négligent d’ouvrir leur palette (je ne vois guère, de nos jours, en France, que l’excellent mais très inégal Patrice Leconte qui ait le goût boulimique de toucher à tout, de la farce au drame, du film noir au conte de fée). (suite…)

Si Versailles m’était conté

lundi, mai 22nd, 2006

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La gloire de la France

La trilogie Si Versailles m’était conté/Si Paris nous était conté/Napoléon n’est pas tout à fait du même niveau que les deux bijoux de promenades historiques (ou pseudo-historiques, si l’on veut) genre que Sacha Guitry avait créé, avant-guerre, avec Les perles de la Couronne et Remontons les Champs-Elysées, miracles de légèreté, d’esprit et d’allure. (suite…)