Riens du tout

Affiche riens du toutEt réciproquement…

Voilà un film qui n’a pas volé son titre et qui l’illustre, même, admirablement ! C’est le premier long métrage de Cédric Klapisch, cinéaste qui n’est pas tout à fait sans importance dans le paysage cinématographique français. Mais manifestement le réalisateur aura eu les yeux plus grands que le ventre. En étant un peu indulgent, on pourra estimer qu’ainsi Klapisch a fait ses classes et que les films suivants (dès Chacun cherche son chat) le montreront plus habile.

Plus habile à quoi ? À montrer et à monter plusieurs histoires qui se déroulent en parallèle, à l’intérieur d’un léger courant conducteur, sous un prétexte gracile. Voilà qui exige un sens des rapports et des harmonies qui doit être absolument maîtrisé, faute de quoi on aboutit à un gloubi-glouba à la fois insignifiant et indigeste.

riens-du-tout-1992-03-gDe quoi s’agit-il, dans Riens du tout ? Un nouveau patron, Lepetit (Fabrice Luchini) a été dépêché pour tenter de sauver Les Grandes galeries, vieillot grand bazar qui fait songer un peu au Bon Marché avant sa totale et réussie rénovation. Ça fait songer un instant, très bref, à Quelques jours avec moi de Claude SautetDaniel Auteuil jouait un peu ce rôle (mais le film partait ensuite dans une tout autre direction).

Lepetit, plein d’idées nouvelles, tente donc de redynamiser le personnel à coup d’expression orale, de méthodes modernes de management, de sessions de cohésion (du type « saut à l’élastique » ou « participation au marathon de Paris »). Certains suivent, d’autres non et ça permet de donner des petits coups d’éclairage sur des personnages pittoresques, vendeurs ou clients. Ceux qui, comme moi, fréquentent un peu les grands magasins parisiens (ou d’ailleurs, sans doute) reconnaîtront sans peine, souvent croqués avec esprit, quelques personnages emblématiques des rayonnages (par exemple Mme Yvonne (Odette Laure), la vieille employée à qui on ne la fait pas).

Sans titreCe genre de films peut marcher quand les silhouettes prennent un peu d’épaisseur et deviennent des individualités ; Riens du tout ne manque pas de bons acteurs (Karin Viard,Jean-Pierre Darroussin,Fred Personne,Zinedine Soualem notamment), mais ça se densifie si peu qu’on commence à bâiller aux deux tiers du film et qu’on ne se souvient plus de ce qui se passe dans le dernier… Ce n’est pas tout à fait à fuir, mais à éviter sûrement…


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