Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?

lundi, janvier 18th, 2016

nos_heros_reussiront_ils_a_retrouver_l_ami_mysterieusement_disparu_en_afrique0 Adieu Afrique !

Si chaque séquence était plus contractée, plus brève, plus dense, réduite d’un bon tiers, Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? serait un très bon film, drôle et souvent jubilatoire. Mais Ettore Scola, plus grand scénariste que grand cinéaste se prend un peu les pieds dans sa virtuosité de conteur et dilate trop souvent le récit. (suite…)

Brazil

vendredi, janvier 15th, 2016

BrazzilUn cauchemar rêvé.

Je trouve que le meilleur aspect, l’idée la plus séduisante de cette dystopie, ce qui est un récit de contre-utopie à résonance sinistre et souvent pédagogique, je trouve que ce qui est plaisant est d’avoir situé le récit dans une sorte de monde parallèle aux références empreintes des années 50. Le décor, les vêtements, les bibelots sont directement issus de ces belles années étasuniennes, celles de la grande prospérité et de l’impérium le moins contesté sur le Monde libre. Le décalage des tenues American way of live et de l’omniprésence terrifiante totalitaire robotisée du Pouvoir anonyme technocratique est ainsi rendu à la fois plus distant et plus angoissant. (suite…)

Les vacances de M. Hulot

mardi, janvier 12th, 2016

les-vacances-de-monsieur-hulot De la gnognote.

Comment ce cinéma de saynètes courtes (dans la durée, mais surtout dans la substance), de tableautins superficiels, de gags éculés ou dégradants parvient-il à conserver, aux yeux de la Critique bien-pensante, mais aussi de nombreux amateurs de cinéma l’aura mystérieuse qui soutient la réputation de Jacques Tati ? (suite…)

Voulez-vous danser avec moi ?

dimanche, janvier 10th, 2016

41866946Chachacha des thons.

C’était l’époque où Brigitte Bardot, devenue mythe universel à l’instar de Marilyn Monroë, pouvait tourner n’importe quoi. C’était l’époque où Michel Boisrond, dont personne ne se souvient plus aujourd’hui, avait la réputation d’un cinéaste léger, civilisé et intelligent. C’était l’époque où avec une grande vedette et trois ou quatre faire-valoir de talent, on sortait quelque chose qui s’exporterait sur les Ancien et Nouveau continents sans difficulté. C’était une époque qui n’est pas si ancienne que ça, mais un film qui paraît maintenant complètement antédiluvien. (suite…)

L’amant de Bornéo

mercredi, janvier 6th, 2016

lamantdeborneoafficheTendre gouaille.

Posons clairement les choses : L’amant de Bornéo est la seule réalisation au cinéma de Jean-Pierre Feydeau, fils de Georges et le film, adapté d’une pièce, sent clairement le théâtre : tics de langage, scènes à faire, personnages cocasses, hasards miraculeux, retournements de situations, tout sent clairement le boulevard. Mais, dans le genre du théâtre filmé, j’ai vu clairement pire et le metteur en scène parvient même quelquefois à faire oublier qu’il qu’il évolue entre cour et jardin. (suite…)

Confession d’un commissaire de police au procureur de la République

mercredi, janvier 6th, 2016

Confession-d-un-commissaire-de-police-au-procureur-de-la-république-Qui que tu sois, quoi que tu fasses…

Alors même que la vision, qui n’est pas très ancienne de Gomorra ou de la première saison de La Piovra devraient m’avoir initié à l’effarante main-mise de la corruption sur le sud de l’Italie, je demeure toujours vaguement interloqué devant l’importance des soubassements de cette corruption. Je ne fais pas mine d’ignorer qu’elle sévit partout dans le monde, France comprise, mais elle prend en Sicile ou en Calabre un caractère de fatalité, d’inéluctable maîtrise, avec ses régiments de tueurs sans scrupules, la pourriture de tous les pouvoirs publics, élus, magistrats, policiers, la résignation de la population, la peur de tout ceux qui en approchent. (suite…)

L’étrange désir de M. Bard

samedi, janvier 2nd, 2016

33829Mourir d’aimer (!).

Loufoque, lunaire, poétique, original, tendre et gentil, j’admets bien volontiers tous les qualificatifs qu’on a donnés à L’étrange désir de M. Bard. Sûrement dix minutes ou un quart d’heure de trop, comme souvent mais la patte habile de René Barjavel, romancier de grande imagination mais aussi homme-protée du cinéma français des années 50 (les Don Camillo, Les chiffonniers d’Emmaüs, L’homme à l’imperméable, Le cas du Docteur Laurent et bien d’autres films adaptés ou dialogués). (suite…)

Saboteur

vendredi, janvier 1st, 2016

5659 Fuite en avant.

Les trois premiers quarts d’heure de Saboteur font irrésistiblement songer à une série étasunienne qui eut son heure de gloire au point qu’elle suscita, quelques décennies après son passage à la télévision, le tournage d’un film pas trop mal fait : c’est Le Fugitif et son adaptation que j’évoque : un individu sans particularité notable est saisi dans une machination, faussement accusé de meurtre alors même que le véritable criminel s’enfuit et se trouve pourchassé par la police alors qu’il cherche désespérément à retrouver le vrai coupable. Voilà un ressort dramatique qui n’est pas tout à fait neuf mais qui produit de bons effets, le cœur du spectateur battant à peu près au rythme du malheureux innocent qui est toujours à deux doigts de prouver qu’il n’a rien fait et qui n’y parvient pas. (suite…)

La guerre des boutons

jeudi, décembre 31st, 2015

artoff4949 La craie sur le tableau noir.

Le livre de Louis Pergaud, sa verve, sa truculence et les nostalgies d’enfance qu’il suscite ont eu un tel impact dans l’imaginaire collectif français qu’il n’y a rien d’étonnant qu’il ait donné lieu à tant d’adaptations. Précédée par La guerre des gosses de l’inconnu Jacques Daroy en 1936, celle d’Yves Robert est la deuxième en date et la plus connue et célébrée. Et, invraisemblablement, elle a été suivie par deux films sortis en septembre 2011, à huit jours de distance : on voit par là que le cinéma français est volontiers suicidaire. D’abord, La guerre des boutons de Yann Samuell. Puis La nouvelle guerre des boutons de Christophe Barratier. Notons que celui-ci s’est construit une spécialité de piratages et de détournements de succès du passé : après Les choristes en 2004, démarque mignonnette de La cage aux rossignols de Jean Dréville en 1945, il a commis un salmigondis populiste et bien-pensant, Faubourg 36 qui prétendait reconstituer l’esprit de La belle équipe. Et il s’est donc ensuite attaqué à une lourde trahison du livre de Louis Pergaud. Dès que, sur mon écran de télévision, j’ai vu surgir, au milieu des peignées que se fichent Longevernes et Velrans, la figure culpabilisante, moralisatrice et quasiment obligée de l’adolescente juive persécutée (car l’action est transposée pendant la Guerre, comme dans tout téléfilm qui se respecte en méprisant son public), dès que j’ai vu cette sinistre mascarade, j’ai évidemment zappé. (suite…)

Les jeunes loups

mardi, décembre 29th, 2015

les_jeunes_loups_1968_-5e09f À la poursuite de la jeunesse.

Les jeunes loups sont sortis sur les écrans au début du mois d’avril 1968. Quelques jours plus tard les effluves puissants des gaz lacrymogènes emplissaient les rues de Paris. Ces effluves enterraient pour longtemps un film que la critique n’avait pas apprécié et qui ne survivait depuis lors que par la réputation de son réalisateur et par la chanson I’ll Never Leave You, interprétée par Nicole Croisille, baptisée pour la circonstance Tuesday Jackson, pour faire chic et anglo-saxon. (suite…)