Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

L’argent des autres

mercredi, septembre 25th, 2019

Passez muscade !

Des films qui dénoncent les magouilles et les scandales des multinationales, des grandes banques, des chevaliers d’industrie, il y en a une bonne quantité. Disons, dans le désordre, Mort d’un pourri de Georges Lautner en 1977, La banquière de Francis GirodLe sucre de Jacques Rouffio, l’un et l’autre en 1978, Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil en 1980, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre en 1981. Remarquez bien que ces dénonciations, pertinentes et bienvenues n’ont jamais rien changé à la marche du monde et surtout à celle du monde des affaires. Mais enfin, cela permet aux cinéastes de prendre la pose et de se définir comme de valeureux combattants de la Vertu (V majuscule, évidemment). (suite…)

Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?

jeudi, septembre 19th, 2019

Le désastre est aussi sur l’écran.

Si extraordinaire que ça puisse (me) paraître, je n’avais jamais vu la moindre bribe de ce que certains ont appelé la saga de la 7ème Compagnie. Je ne m’explique pas très bien pourquoi, d’ailleurs. Certes, en août 1973, malgré des tentatives désespérées d’y échapper, j’entamais à 26 ans déjà, cette horrible plaisanterie dégradante qu’était le service militaire (aberration instituée par la Révolution française, qui n’en était pas à une canaillerie mortifère près). Et cette incorporation ne devait pas me prédisposer beaucoup à regarder des histoires de soldats. Mais tout de même… J’aimais beaucoup Robert Lamoureux, aux sketches acides, à la silhouette dégingandée, si bien employée par le cinéma pour Les aventures d’Arsène Lupin et pour le délicieux Papa, Maman, la bonne et moi et sa suite. Et l’idée d’un film sur des soldats perdus dans la débâcle de mai 1940 ne me déplaisait pas, d’autant qu’il présentait le Français débrouillard tenant la dragée haute au Boche envahisseur. (suite…)

Clara et les chics types

mercredi, septembre 18th, 2019

Trop gentil pour être honnête.

Voilà un bien drôle de film, qui n’a pas beaucoup d’importance dans l’histoire du cinéma français (ni même dans l’histoire de la décennie où il a été tourné), un film souvent un peu minable, médiocre, puéril et qui a pourtant aussi, quelquefois, un certain charme, des situations cocasses, des réparties bien envoyées, des moments qui ne manquent pas d’allant. Il est vrai que le scénario et les dialogues émanent du délicieux Jean-Loup Dabadie dont on peinerait à citer toutes les merveilles conçues pour Claude Sautet (Les choses de la vieCésar et RosalieVincent, François, Paul… et les autres), pour Yves Robert (Un éléphant, ça trompe énormémentNous irons tous au paradis) et pour bien d’autres. Un auteur de sketches, de chansons, un romancier, un écrivain de salut public, pourrait-on dire. (suite…)

Twin peaks : le retour

lundi, septembre 16th, 2019

Le monde est ton aventure.

La seule question qui me paraisse se poser est de savoir s’il est opportun alors qu’on a déjà réalisé une manière de chef-d’œuvre – la première série de Twin Peaks, évidemment -, de se lancer le défi de poursuivre. Et de poursuivre 25 ans plus tard. Il va de soi que j’écarte, pour qui me mettrait ça dans le nez, les hideux Bronzés 3 parce que les deux premiers films, si agréables qu’ils sont, n’atteignent tout de même pas les sommets de la création artistique et qu’on doit aller chercher plus substantiel. Alors quoi ? Je ne vois pas grand chose au cinéma. En littérature, deux idées me viennent en tête : la trilogie des Mousquetaires d’Alexandre Dumas ; le premier opusLes trois mousquetaires, suivis de Vingt ans après (comme son nom l’indique) puis du Vicomte de Bragelonne (qui se situe dix ans après le deuxième volume). Mais les trois œuvres ont été écrites très rapidement : 1844, 1845 1848. Voyons dans un tout autre recoin : l’histoire de Solal, contée par Albert Cohen : ah tiens ! : Solal en 1930, Mangeclous en 1938, Belle du Seigneur en 1968. Mais là, il y a une unité de personnage. (suite…)

Mon pire cauchemar

mercredi, septembre 11th, 2019

L’aiguille creuse.

Comme j’avais ouï dire du bien du cinéma d’Anne Fontaine sans jamais y avoir goûté, je n’ai pas manqué l’occasion de regarder un de ses films qui passait l’autre soir à la télévision. Disons que Mon pire cauchemar ne m’a pas du tout donné envie de découvrir le reste de ses assez abondantes réalisations. Peut-être suis-je mal tombé, au demeurant et la vision de Nettoyage à sec ou de Entre ses mains pourrait modifier mon impression. Mais enfin, ça n’est pas tellement bien barré, après ce que j’ai vu. (suite…)

Une nouvelle amie

mardi, septembre 10th, 2019

Passe-moi le mascara !

Le cinéphage qui a déjà un peu de bouteille et quelques années de route ne peut qu’être surpris de découvrir une nouvelle catégorie de films, dont il ne croyait pas l’existence possible. Et puis voilà que surgit sous ses yeux effarés un film qui est à la fois particulièrement malsain et particulièrement ridicule. Au demeurant il n’a rien contre la première spécificité, y attachant même souvent de l’intérêt ; quant au ridicule, il en a tellement vu et en verra tellement que la chose glisse sous ses paupières comme l’eau sur les plumes d’un canard. (suite…)

Independence day : resurgence

lundi, septembre 9th, 2019

Summer holiday.

En 1996, lors de la sortie sur les écrans d’Independence day, le film initial de ce qui est en passe de devenir une série, mon fils avait 11 ans et je me faisais un devoir de l’accompagner dans les salles obscures où les petits garçons de son âge aimaient à se repaître de films catastrophe de ce genre. Que le danger vienne des forces naturelles (Twister de Jan de BontLe pic de Dante de Roger DonaldsonPluie d’enfer de Mikael Salomon), de la malfaisance des hommes (Speed de Jan de Bont encore) ou des petits hommes verts (le délicieux et parodique Mars Attacks ! de Tim Burton), les enfants bien nés aiment en effet à s’identifier aux paladins qui, avec leur seul courage et leur obstinée détermination parviennent à chaque fois à sauver le groupe, la ville, le pays ou même la planète. (suite…)

More

samedi, septembre 7th, 2019

En route vers l’enfer.

J’ai l’impression qu’on ne parle plus du tout aujourd’hui de More qui, en 1969, fut, d’une certaine façon, un coup de tonnerre dans le paysage français. Sans doute pas, évidemment, par la qualité cinématographique qu’il portait ou par les quelques innovations d’apparence hardies qu’il arborait. Ainsi Barbet Schroeder n’est-il pas peu fier de proclamer dans More la première nudité frontale masculine du cinéma français ; que d’histoire pour une zigounette ballottante et incertaine ! Sans doute pas par la linéarité et la simplicité du récit, ou par la course évidente du récit dont la conclusion est tout de suite évidente. (suite…)

Retour vers le futur

vendredi, septembre 6th, 2019

L’aiguille creuse.

Le voyage dans le temps et son corollaire, le paradoxe temporel n’ont cessé de séduire et de caresser les esprits romanesques, sans doute bien davantage que les cerveaux scientifiques qui doivent n’en pas voir la possibilité. Au cinéma, il y a un peu de tout, du très bien (Brigadoon de Vincente Minnelli) à l’insignifiant (C’est arrivé demain de René Clair) en passant par l’attrayant (François 1er de Christian-JaqueLes Visiteurs de Jean-Marie PoiréCamille redouble de Noémie Lvovsky). J’ai pourtant l’impression que si l’on interrogeait comme ça, au débotté, sur ce thème, un quidam dans la rue, il évoquerait Retour vers le futur, qui eut tant de succès qu’il y eut deux suites et qu’un quatrième film est même annoncé. (suite…)

Car wash

mercredi, septembre 4th, 2019

Breakfast in America.

Mon glaive vengeur et mon bras séculier ont plutôt tendance à s’abattre au moment où le film que je regarde s’étire, s’allonge et me paraît interminable, quelle que soit la durée du métrage, au demeurant. Et voilà que pour une fois, mon humeur qui était du genre morose et même morosissime s’est vaguement éclairé au moment où l’on parvenait au dernier quart d’heure. La chose est assez rare pour être relatée, mais il ne faudrait pas penser pour autant que j’ai passé un moment agréable en compagnie d’une troupe de laveurs de voiture, généralement noirs, dans un faubourg assez minable de Los Angeles. (suite…)