Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le samouraÏ

mercredi, avril 13th, 2011

 

Quintessence de Melville.

Et voilà qu’en 1967, l’art de Jean-Pierre Melville est à son sommet.

Générique du film qui s’ouvre sur la chambre salie où Delon, à la beauté hiératique, et presque extérieure fume, allongé sur son lit, dans la seule compagnie de son oiseau encagé, aussi encagé que lui. Pas une seule note de musique durant le générique du Samourai, elles ne viendront qu’après un long moment et ce sont celles de François de Roubaix, talent pur tôt disparu. (suite…)

Vol au-dessus d’un nid de coucou

lundi, avril 11th, 2011

afficheUn film légendaire ?

Franchement, qu’est ce qui resterait du film de Milos Forman aujourd’hui, si la performance bluffante de Jack Nicholson n’avait été conservée dans toutes les mémoires ? (suite…)

Le locataire

samedi, avril 9th, 2011

Un des meilleurs Polanski.

Un excellent critique a dit admirablement l’essence du film (le singularisant notamment de l’excellente formule La folie de Trelkovsky n’exclut pas la folie du monde qui l’entoure). Et des aspects très intéressants sont aussi développés dans le livret joint à l’excellente édition Paramount, qui vient de paraître. (suite…)

Lettres de mon moulin

dimanche, avril 3rd, 2011

Soleils joyeux de la Provence.

On ne m’avait pas dit que du bien de cette ultime réalisation de Marcel Pagnol, adaptation de quelques unes des immensément connues des Lettres de mon moulin du nîmois Alphonse Daudet, adaptation qui apparaissait presque, en 1954, comme une évidence, en une époque où trois quarts de siècle de félibrige, de cigales, de lavande, d’aïoli et d’accent parfumé avaient porté la Provence en une sorte de pinacle imaginaire jamais égalé depuis lors : les films de Pagnol lui-même, ses adaptations de Giono (si critiquables et ambiguës qu’elles ont été ; voir plusieurs débats que nous avons eu sur ce point, notamment sur le fil de Regain), mais aussi toute la troupe des artistes marseillais, et puis Fernandel, Vincent Scotto, Raimu, ainsi de suite… (suite…)

Boulevard du crépuscule

dimanche, mars 27th, 2011

Mythomanies et caprices.

Un film magnifique, très noir, très sarcastique et presque tout autant pathétique, avec de drôles de figures dérangées, fêlées, méprisables et très peu de clarté. Un film qui allie intelligence absolue des situations, qualité extrême des acteurs et impeccabilité de la mise en scène. (suite…)

Very bad trip

samedi, mars 26th, 2011

Maigrelet.

Sans doute est-ce un effet de l’âge, mais j’ai toujours l’impression, lorsque je regarde un film étasunien récent, que je suis sur une autre planète ; la hideur panique des centres commerciaux, l’étrange mélange des tours de cinquante étages et des maisons individuelles à jardins calamistrés, la combinaison de naïveté extrême et d’extrême roublardise, tout cela me paraît d’une étrangeté martienne, presque. (suite…)

Bullitt

lundi, mars 21st, 2011

Un mythe !

Je pourrais reprendre presque mot pour mot la plupart des opinions de la longue file qui s’établit sur ce film mythique, que je n’avais jamais vu jusqu’alors, parce que rien ne m’y incitait  du fait de sa provenance étasunienne et de son thème policier, choses qui ne m’attirent pas spontanément. (suite…)

Océans

samedi, mars 19th, 2011

Esthétique et ennuyeux.

La carrière d’acteur de Jacques Perrin a connu quelques réussites éclatantes, de La 317è section à Cinema Paradiso en passant par Les demoiselles de Rochefort.

Sa carrière de réalisateur-producteur-scénariste-documentariste a commencé par un véritable chef-d’œuvre de sensibilité et de montage, Les enfants de Lumière, qui, en 1995, pour le centenaire de son invention, donnait un florilège éclatant du cinéma français, pure merveille indispensable. (suite…)

Un taxi pour Tobrouk

dimanche, mars 13th, 2011

Depuis la plus haute antiquité, la guerre…

Dans la falote carrière de Denys de La Patellière, il y a trois années de grâce ; après le médiocre Retour de manivelle, avant l’atterrant Bateau d’Émile, il y a Les grandes familles, Rue des prairies, Un taxi pour Tobrouk.

Mais à dire vrai, je ne suis pas certain que ces trois films soient de La Patellière : le premier est adapté d’un roman de Maurice Druon, le deuxième, d’un roman de René Fallet ; les trois doivent tout à Michel Audiard, à son talent protéiforme, à son génie des mots, des situations, de l’empathie avec les acteurs, à sa capacité de distance avec les banalités bien-pensantes (on dirait aujourd’hui politiquement correctes). (suite…)

Sciuscia

dimanche, mars 6th, 2011

Tristes enfants perdus.

Selon ce que je lis ici et là, Sciuscia est le premier vrai film où Vittorio De Sica sort de son image de charmeur à l’œil de velours et à la moustache conquérante (qu’il reprendra souvent, singulière dichotomie, lorsqu’il ne sera qu’interprète de films tournés par d’autres) et devient un grand cinéaste inspiré, et souvent bouleversant. (suite…)