Et voilà qu’en 1967, l’art de Jean-Pierre Melville est à son sommet.
Générique du film qui s’ouvre sur la chambre salie où Delon, à la beauté hiératique, et presque extérieure fume, allongé sur son lit, dans la seule compagnie de son oiseau encagé, aussi encagé que lui. Pas une seule note de musique durant le générique du Samourai, elles ne viendront qu’après un long moment et ce sont celles de François de Roubaix, talent pur tôt disparu. (suite…)


aujourd’hui, si la performance bluffante de
n’avait été conservée dans toutes les mémoires ? 
Soleils joyeux de la Provence.
, adaptation de quelques unes des immensément connues des Lettres de mon moulin du nîmois
, adaptation qui apparaissait presque, en 1954, comme une évidence, en une époque où trois quarts de siècle de félibrige, de cigales, de lavande, d’aïoli et d’accent parfumé avaient porté la Provence en une sorte de pinacle imaginaire jamais égalé depuis lors : les films de
(si critiquables et ambiguës qu’elles ont été ; voir plusieurs débats que nous avons eu sur ce point, notamment sur le fil de
), mais aussi toute la troupe des artistes marseillais, et puis
,
,
, ainsi de suite… 



a connu quelques réussites éclatantes, de
à
en passant par
, qui, en 1995, pour le centenaire de son invention, donnait un florilège éclatant du cinéma français, pure merveille indispensable. 
, il y a trois années de grâce ; après le médiocre
, avant l’atterrant
, il y a
,
,
.
, le deuxième, d’un roman de
, à son talent protéiforme, à son génie des mots, des situations, de l’empathie avec les acteurs, à sa capacité de distance avec les banalités bien-pensantes (on dirait aujourd’hui politiquement correctes). 
est le premier vrai film où
sort de son image de charmeur à l’œil de velours et à la moustache conquérante (qu’il reprendra souvent, singulière dichotomie, lorsqu’il ne sera qu’interprète de films tournés par d’autres) et devient un grand cinéaste inspiré, et souvent bouleversant.