Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Les amants

lundi, janvier 30th, 2006

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Coup de tonnerre

J’ai revu le film hier, dans l’excellente édition d’Arte (bravo pour mettre à la portée de tous l’œuvre – pourtant inégale – de Louis Malle – pourquoi ne pas en faire autant pour bien d’autres ?). Après ce revisionnage,  je maintiens la note de 5… pour d’autres raisons que celles qui me l’avaient fait donner sur la seule foi du souvenir ému et troublé de la sensualité du film. C’est vrai, le grain des peaux, si bien filmé qu’il est, ne retiendra plus l’attention de personne aujourd’hui. Dans un des (trop minces) boni,  Malle dit qu’il explique le succès sulfureux de son œuvre du fait que, lors des scènes d’amour (à son époque, bien sûr), « en général, on fait un panoramique sur la fenêtre »  et que son apport a été de faire ce panoramique « trente secondes plus tard » ; et il ajoute que (si l’esprit de l’époque l’avait permis), il « serait bien resté sur les amants » et « ne ferait pas de panoramique« . Ceci, qui a vieilli, n’est pas grave… (suite…)

Moulin Rouge (de Baz Luhrmann)

vendredi, décembre 30th, 2005

moulin_rougeÉcœurant ! Scandaleux ! Immonde !

Profitant du passage sur FR3 de ce Moulin Rouge du nommé Baz Luhrmann dont la renommée n’avait jusqu’à présent pas atteint les rives de la Seine, j’ai voulu voir, avec la bonhomie et la douceur d’âme appropriées à cette fin d’année ce qu’un cinéaste moderne pouvait bien dire sur ce thème, abondamment et admirablement illustré par John Huston et Jean Renoir ; des références, mais je n’ai rien contre les petits jeunes… (suite…)

Bilitis

mercredi, décembre 14th, 2005

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Esthétique imposture

Si, dans toute l’histoire du cinéma, il y a quelque chose qui peut collectivement être baptisée du charmant sobriquet de « trompe-couillon« , c’est bien l’œuvre entière, atterrante dans sa prétention érotique, de David Hamilton ! (suite…)

Les Orgueilleux

lundi, décembre 12th, 2005

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Pesante influence de Sartre

On ne peut pas dire que les frères Allégret, fils d’un pasteur ami d’André Gide (que Marc accompagna dans son « Voyage au Congo« ), on ne peut pas dire que les frères Allégret soient autre chose que d’honnêtes artisans du cinéma français ; un peu mieux le cadet, Yves, qui, au moins a donné au moins deux excellents films, (Dédée d’Anvers et Les miracles n’ont lieu qu’une fois, et un chef-d’oeuvre de désespérance, Manèges, comparable en noirceur au superbe Voici le temps des assassins de Duvivier)… (suite…)

L’homme à l’imperméable

dimanche, septembre 4th, 2005

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After hours avant l’heure !

Dieu me garde ! J’ai eu le malheur de donner un conseil qui a toutes les apparences d’être suivi ! Et voilà que je m’effraye devant la déception que le subtil dispensateur d’anecdotes et d’analyses sur le cinéma italien va ressentir, peut-être, si L’homme à l’imperméable – qu’il va faire venir, sans doute à grands frais – de la lointaine Europe n’est pas à la hauteur de ce que j’ai propagé ! (suite…)

La terre des Pharaons

dimanche, août 7th, 2005

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Admirable suicide collectif !

Quarante ans après que je l’ai découvert, à sa sortie, ce film reste encore bien présent dans ma mémoire…
La façon dont on traitait l’Antiquité n’était peut-être pas très fidèle, nourrie de toutes les gloses et les éruditions des archéologues, mais elle donnait aux gamins – dont j’étais – l’envie d’en savoir plus sans les décourager par trop de précision maniaque…

Et puis la fin angoissante, l’ensevelissement volontaire des prêtres dans la Grande pyramide, les blocs de pierre libérés qui fracassent les ampoules de verre, le sable qui coule comme de l’eau….

Puissant ! Du Hawks, quoi…

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J’ai revu le film hier, découvert à sa sortie en 1955 – et l’ensevelissement volontaire au fond de la Grande pyramide m’a durablement terrifié – revu sans doute il y a vingt ou trente ans à la télévision…

terre-des-pharaons-1955-07-gEt bien, c’est encore mieux que dans mon souvenir : c’est rythmé, coloré, bien raconté et bien filmé, ça n’est pas trop long (comme le sont souvent ces grosses machines), à peine plus de 1h40, et c’est extrêmement bien interprété si, du moins, et naturellement, on accepte les conventions inhérentes aux péplums, dialogues imagés et un peu trop nobles, acteurs un peu emphatiques et hiératisés.

Et puis c’est terriblement cruel, ce que n’était pas toujours le cinéma américain de l’époque : on s’y tue avec abondance avec l’épée ou grâce à des moyens plus originaux et démoniaques : ainsi Nellifer-la-méchante (Joan Collins) se débarrasse-t-elle de sa rivale, la première épouse de Pharaon en faisant apprendre au petit prince Xénon un air de flûte qui attire un redoutable cobra ; n’écoutant que la voix du sang, la première épouse, avisant le serpent qui s’insinue vers le bambin mélomane, se jette sur lui pour protéger son fils et se trouve, naturellement, rayée de notre vallée de larmes (je ne sais pas si vous m’avez suivi, mais c’est ingénieux et original).

terre-des-pharaons-55-02-gEt puis Pharaon (Jack Hawkins) n’est pas un bon géant courageux et un peu pataud, qui a les sens tourneboulés par Nellifer-la-sensuelle : c’est une sorte de brute obsédée par l’or et les pierreries, ne songeant qu’à sa propre gloire et souhaitant amasser le plus grand nombre de richesses pour pouvoir mener, aux enfers, une vie de magnificence (et de fornication, n’en doutons pas !).

Les rapports humains sont sauvages et violents et tout se termine par plein de morts atroces, alors que quitte l’Égypte, où Pharaon l’avait déporté, le peuple dont était issu Vashtar (James Robertson Justice), génial architecte de la pyramide et de son labyrinthe.

Est-ce le peuple juif ? Ce n’est pas certain… D’abord parce que les Écritures ne font nullement mention d’un premier (en termes chronologiques) départ des Juifs d’Égypte, avant l’Exode conduit par Moïse (revoir Les dix commandements), ensuite parce que la désinence Sthar n’est pas spécifiquement hébraïque (me glisse quelqu’un qui s’y connaît un peu mieux que moi en philologie). Mais il est peu contestable qu’il y ait là un clin d’oeil de Howard Hawks comme on l’a justement noté.

Bon. Enfin c’est très bien. Du grand spectacle de l’Hollywood que l’on a aimé jadis…

Les vieux de la vieille

lundi, mai 23rd, 2005

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Vieilles ganaches !

Je ne partage pas le goût de beaucoup pour Les vieux de la vieille où trois immenses acteurs du cinéma français, Gabin, Fresnay et Noël-Noël se livrent à d’attristantes pitreries sans jamais donner la moindre impression de réalité ; c’est une campagne fausse, égrillarde et ridicule que Grangier, honnête artisan d’ordinaire mieux inspiré met en scène (?). Est-ce que les farces paysannes ne sont pas un genre totalement désuet depuis la fin du 17ème siècle ?

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La course du lièvre à travers les champs

mardi, mai 17th, 2005

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La routinière horlogerie de Japrisot

Je n’adhère pas toujours aux histoires de Japrisot, trop compliquées, trop – si je puis dire – « horlogères » (tout s’y révèle à la fin, les pièces du puzzle entrent toutes avec précision dans le récit) ce qui me paraît un trait assez puérilement américain (il faut tout expliquer jusqu’au dernier cil tombé de l’oeil de l’héroïne) qui me fait bailler d’ennui à la longue…Je préfèrerai toujours l’incertitude ambiguë des films de David Lynch, leur non-dits, leurs personnages qui se perdent et s’évanouissent sans qu’on, en sache la raison… (suite…)

Les patriotes

vendredi, mai 13th, 2005

les-patriotesUn film de parti-pris

Un film assez agréable malgré son parti pris totalement pro-israëlien – ou à cause de ce parti pris parce que la naïveté peut être agréable -. Eric Rochant tout en essayant de montrer les limites de la cause qu’il défend, prend clairement partie pour un sionisme sans nuances… (suite…)

Archimède le clochard

vendredi, mars 25th, 2005

Décousu

Franchement, si votre budget est limité ou si Darry Cowl vous exaspère (mais il est plutôt insignifiant, en l’espèce, dans Archimède) il n’est pas primordial de courir après : argument mince, Gabin en grognon scrogneugneu et philosophe cynique (mais n’est pas Diogène qui veut !) et vraiment pas grand chose de prenant dans cette bluette insignifiante. (suite…)