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À bout de souffle

lundi, janvier 26th, 2015

Bafouillant et chichiteux.

On se demande si on n’a pas abusivement placé sous l’étiquette de Nouvelle vague des films aussi différents que Les cousins, Les Quatre cents coups et À bout de souffle.. Le film de Claude Chabrol est sorti sur les écrans parisiens en mars 1959, celui de François Truffaut en juin, celui de Jean-Luc Godard l’année suivante, le 16 mars. Et l’acte officiel de naissance de cette Vague, c’est d’ailleurs plutôt Le beau Serge, de Chabrol déjà. De fait, si l’on peut trouver à tous ces films un air de famille dans la libre façon de filmer, d’ailleurs plus provocante, plus exagérée chez Godard, il y a peu de parentés entre des chroniques conduites de façon assez traditionnelle et À bout de souffle. (suite…)

La fièvre monte à El Pao

dimanche, janvier 25th, 2015

La_Fievre_Monte_a_El_Pao5Car, comme disait Lénine, « Que faire ? »

Il me semble que ce dont on se souvient le plus, pour La fièvre monte à El Pao, c’est que ce fut le dernier film de Gérard Philipe et non pas un film du terrible et fascinant Luis Bunuel. D’une certaine façon, on a bien raison, parce que cette œuvre de commande manque un peu de ce qui est une des qualités majeures du réalisateur : l’étrangeté. (suite…)

Un héros très discret

vendredi, janvier 23rd, 2015

18928813Soldat inconnu.

Il y a un peu, au tout début de Un héros très discret, une effluve de ces films qui ont scruté avec les yeux d’aujourd’hui ce qu’on a appelé impeccablement L’entre deux guerres, la révérence envers les héros de 14, la stupéfaction d’être sorti vivant du massacre, l’amertume de ceux qui restent là dans la sidération devant les vies coupées net sur la Marne ou aux Éparges, veuves et orphelins, témoignages en statues de sel de ce qui est arrivé. Les années folles… Tu parles ! Je veux bien le jazz, le charleston, le Bœuf sur le toit, le surréalisme, Marie-Laure de Noailles, L’âge d’or et tout le bataclan. Songer aussi aux mutilés de guerre, aux gueules cassées, aux pensions qu’on s’efforce d’obtenir, aux intérieurs rances, à la catatonie qui frappe tant et tant de survivants. (suite…)

Invitation à la danse

mercredi, janvier 21st, 2015

65448Tous en scène !

Comment qualifier Invitation à la danse, qui ne ressemble à rien que je connaisse, qui n’est pas une comédie musicale, elle-même fondée sur une histoire entrecoupée de numéros dansés et chantés dans une optique charmante et artificielle, de Top hat aux Demoiselles de Rochefort en passant par les légendes mythiques du genre, Chantons sous la pluie et Les Sept femmes de Barbe-rousse, et pas davantage un simple spectacle de danse filmé ?

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Satan mon amour

mardi, janvier 20th, 2015

mephistowaltzL’œil du Malin

Il n’est pas mal du tout, ce film qui va chercher un peu partout ses références dans la vogue sataniste surgie au cinéma après le succès de Rosemary’s baby en 1967. Sans doute, d’ailleurs est-ce du film de Roman Polanski que Mephisto Waltz (titre à tous égards préférable au titre français, Satan mon amour) est le plus proche : la prise de possession d’un individu un peu étriqué, mais à l’ambition vorace et au caractère ductile par une secte adoratrice du Prince des Ténèbres. Les deux films fonctionnent sur les mêmes ressorts jusqu’à montrer de la même manière la surprise puis l’inquiétude de l’épouse peu à peu supplantée puis délaissée.

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Tu m’as sauvé la vie

samedi, janvier 17th, 2015

Guitry, l’âge du fer

Si je titre cet avis Guitry, l’âge du fer, c’est en référence à ce superbe coffret de l’artiste qui s’appelle Guitry l’âge d’or, qui a repris et mis en valeur les plus grands films d’avant-guerre du magicien, du Roman d’un tricheur à Remontons les Champs-Élysées, et en attente de ce que l’on pourrait appeler L’âge de diamant (comme les noces de même pierre précieuse !) qui vont de La Poison à Assassins et voleurs en passant par les grandes fresques historiques (dont la plus célèbre est naturellement Si Versailles m’était conté). (suite…)

Volga en flammes

jeudi, janvier 15th, 2015

affiche-Volga-en-flammes-1934-1Du souffle et de la Russie.

Lorsque ça vous est proposé en solde pour presque rien sur le site de la FNAC, comment ne pas s’intéresser à quelque chose d’aussi singulier et au titre si ample que Volga en flammes ? Imaginez, tiré d’une histoire de Pouchkine (La fille du capitaine), un film qui transpose dans les dernières années du 19ème siècle la révolte de Pougatchev contre Catherine II, intervenue en 1773-1774 ; ajoutez que c’est filmé en 1934 par Viktor Tourjansky, Russe émigré en France pour fuir la révolution communiste ; que 1934, c’est la période où Staline a définitivement gagné la partie, Zinoviev et Kamenev éliminés, Trotsky exilé, la NEP abolie, la collectivisation des terres achevée ; on reprend son souffle, si je puis dire, avant les Grandes Purges de 36-38.

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La garçonnière

mercredi, janvier 14th, 2015

La solitude, évidemment…

S’il n’était un tout petit peu trop long, je hausserais bien mon appréciation sur La garçonnière, qui vient de me réconcilier presque avec le cinéma de Billy Wilder, capable du meilleur (Boulevard du crépuscule) comme du bien banal (Avanti !) mais qui bénéficie, en tout cas, d’une renommée peut-être un peu au dessus de sa vraie valeur. (suite…)

La chatte sort ses griffes

lundi, janvier 12th, 2015

Une suite inutile

Comme La Chatte, sortie en 1958, avait rencontré un immense succès public, l’idée est venue aux auteurs, Henri Decoin et Jacques Rémy (et sûrement un peu aussi aux producteurs !) de réaliser une suite.

Ce qui était embêtant c’est que Cora Manessier (Françoise Arnoul), qui avait trahi (involontairement) par amour son réseau avait été exécutée à la fin du premier épisode par son chef, le capitaine Debrun (remarquable Bernard Blier) et laissée pour morte sur une route de campagne.

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La chatte

dimanche, janvier 11th, 2015

Bon film, ravissante Françoise Arnoul

L’époque du tournage du film – 1957/1958 – n’était pas si éloignée que ça de la fin de la guerre (moins que la durée qui nous sépare aujourd’hui de l’an 2000 !) et les films consacrés à la Résistance n’étaient pas rares, depuis la belle Bataille du rail (1945) de René Clément, son excellent Père tranquille en 1946, Clément qui aura la main moins heureuse avec Le jour et l’heure en 1963 mais plus héroïque avec Paris brûle-t-il ? en 1966. En 1946 encore le très intéressant Jéricho d’Henri Calef. Bien sûr le vrai chef-d’œuvre, L’armée des ombres de Jean-Pierre Melville en 1969. (suite…)