Archive for the ‘Non classé’ Category

Avec le sourire

samedi, janvier 12th, 2019

La fête des fripouilles.

Avec le sourire n’est pas seulement un très gentil film de 1936, année follement insouciante, un film qui permet à Maurice Chevalier de faire admirer sa gouaille et son incroyable talent d’interprète ; un talent qui culmine au moment où il explique à Marie Glory qui interprète Gisèle, débutante au music-hall le délicieux Chapeau de Zozo en indiquant comment, pour séduire un public forcément très varié, il faut en détailler chaque distique de façon différente : pour les gens du monde, pour les gens du peuple, pour les apaches et pour une minorité, oh, une toute petite minorité, les gens un peu, un peu efféminés…Avec le sourire, c’est encore beaucoup mieux que ça, quelque chose qui détonne un peu et qui surprend davantage. (suite…)

Holy Lola

vendredi, décembre 28th, 2018

Lorsque l’enfant paraît…

Je ne connais évidemment pas plus que ça la vie privée de Bertrand Tavernier, mais il n’est pas besoin de lire les pages documentées de Première ou de Gala pour savoir que le réalisateur de Coup de torchon est le papa de Tiffany Tavernier qui, avec son mari d’alors, Dominique Sampiero a écrit le scénario de Holy Lola. Il ne m’étonnerait pas du tout que le film doive tout à une expérience autobiographique du couple, parti mendier au Cambodge l’adoption d’un bébé. Tout cela parce que le film est constellé de petits faits vrais qui paraissent être la retranscription fidèle d’expériences, de souvenirs, d’anecdotes vécus et qu’on ne voulait à aucun prix laisser perdre. Ce qui n’est pas, au demeurant, absolument illégitime. (suite…)

Rec 2

dimanche, décembre 2nd, 2018

Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette…

Après le succès remporté par Rec, les deux réalisateurs espagnols Jaume Balaguero et Paco Plaza auraient été bien mal inspirés de ne pas exploiter le filon et de ne pas poursuivre l’exploration du mystérieux immeuble de Barcelone où, ans le premier opus les habituels résidents et les pauvres braves policiers et pompiers, flanqués de l’insupportable Angela Vidal (Manuela Velasco) et de son factotum cameraman avaient été zigouillés par une terrible hystérie mystérieuse de type zombifiant qui les amenait à se contaminer et se dévorer à la moindre morsurette subie. Sans être féru des longues séries de films qui exploitent des thèmes dégradants (la série des Taxi, par exemple ou des Fast and furious) ou excitants (les Alien bien sûr et même les Hellraiser – quoique…- ), je puis tout à fait concevoir qu’on ait envie de développer un sujet original. Le tout est de le bien faire, sans se moquer du spectateur.

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Le voyage de Chihiro

mardi, octobre 23rd, 2018

Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages…

Comment noter un film – et un univers ! – qui vous sont radicalement étrangers, à tous les sens du terme ? C’est exactement comme si on me demandait de classer dans un palmarès des setters irlandais (ou des géants des Flandres, qui sont une variété d’énormes lapins de concours). Non seulement je n’y connais rien, mais en plus ça ne m’intéresse pas et faire l’immense effort de m’initier à tous les codes indispensables pour profiter du plaisir de connaître son affaire dépasse de loin mes capacités et surtout mes envies. Alors je place une note médiane qui ne repose pas sur grand chose, finalement. (suite…)

L’hermine

lundi, septembre 10th, 2018

Sauve qui peut, la vie !

Si le film n’avait pas présenté en première ligne Fabrice Luchini, dont je suis un admirateur inconditionnel, je n’aurais sûrement pas regardé L’Hermine. Je pensais ex abrupto, et bien à tort, à la découverte du sujet, qu’il devait bien s’agir là d’une sorte de téléfilm dont la seule justification d’existence était de satisfaire les réglementations de quotas de production et de diffusion de TF1 et de France télévision. J’aurais dû évidemment me rappeler que le réalisateur du film était Christian Vincent, metteur en scène d’un bien joli bijou de distinction et de raffinement, La discrète. C’était, certes, il y a près de trente ans et, depuis lors, le cinéaste s’était un peu égaré à bas bruit, vers des films moins réussis, mais dont aucun (de ceux que j’ai vus), n’étaient dégradants, par exemple La séparation en 1994 ou Les saveurs du palais en 2012.

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Arabesque

lundi, août 6th, 2018

Drôle de frimousse.

J’avais idée qu’Arabesque était un peu quelque chose comme Charade, délicieux film plein d’esprit du même Stanley Donen, tourné trois ans plus tôt. Une histoire spirituelle, intelligente, virevoltante, plaçant des acteurs, Cary Grant et Audrey Hepburn ici, Gregory Peck et Sophia Loren là dans des situations cocasses et légères. C’est d’ailleurs certainement ce que Donen a souhaité faire : un récit avec des aspects vaguement policiers, ou touchant à l’espionnage, mais filmés avec un certain sens de la dérision et une façon de ne pas se prendre trop au sérieux vraiment. (suite…)

Battement de cœur

dimanche, juin 10th, 2018

Une jeune fille rangée.

Henri Decoin était encore le mari de Danielle Darrieux lorsqu’en 1939, après J’aime toutes les femmesLe domino vertAbus de confiance,  Mademoiselle ma mère et Retour à l’aube, il tourna avec elle Battement de cœur. Ça ne devait plus tellement aller bien entre eux, puisqu’ils divorcèrent en 1941, mais comme c’étaient deux artistes extrêmement bien élevés, ça ne les a pas empêchés de tourner ensuite le délicieux Premier rendez-vous (modèle de film léger, spirituel, fait pour permettre aux Français d’oublier un peu la pesanteur de l’Occupation) puis, bien plus tard il est vrai, La vérité sur Bébé Donge (remarquable adaptation de Simenon), Bonnes à tuer et L’affaire des poisons. Il y a quelque chose de charmant et de solide là-dedans.

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Les compagnes de la nuit

samedi, mai 12th, 2018

La mort qui fait le trottoir.

Le titre de cet avis, que j’emprunte à Montherlant, n’est pas vraiment adapté à ce petit film de samedi soir, qui se termine trop heureusement bien pour être honnête : il a une tonalité bien trop tragique, glaçante et désespérée, alors que Ralph Habib a réalisé un bien intéressant récit de nature presque ethnologique sur la prostitution parisienne en 1953. Ce n’est pas la fermeture des maisons de tolérance, le 13 avril 1946, à la suite de la loi impulsée par la douteuse Marthe Richard qui a fait disparaître ce qu’on a toujours appelé le plus vieux métier du monde et on voit mal comment les hystériques ligues de vertu féministes pourraient y parvenir aujourd’hui, fût-ce en pénalisant le client. Les deux doux crétins Franck Kellog (États-Unis) et Aristide Briand avaient, en 1929, prétendu mettre la guerre hors la loi ; on a vu ce qui est arrivé dix ans plus tard. La folle envie de modifier la nature humaine amène tous les gogos à suivre des mots d’ordre grotesques. (suite…)

Plus dure sera la chute

mardi, janvier 23rd, 2018

Juste un coup à prendre !

Dans le riche sous-genre des films qui mettent en scène la boxe professionnelle, sous-genre qui compte, d’ailleurs, quelques réussites artistiques incontestables (Gentleman JimNous avons gagné ce soirLe baiser du tueur, les premiers RockyRaging bull et même, d’une certaine façon Million dollar baby), voilà que Plus dure sera la chute survient comme la dénonciation la plus vive, la plus convaincante, la plus violente de cette activité barbare, dont les amateurs vous racontent qu’elle est l’escrime des poings mais qui est en réalité l’hypocrite descendance des pires combats de gladiateurs de l’Antiquité. Si la vision des boxeurs en action est toujours pathétique, celle des yeux exorbités et des cris orgasmiques des spectateurs est un des aperçus les plus glaçants qui se puissent sur la nature humaine. (suite…)

Une femme en blanc se révolte

mardi, janvier 16th, 2018

 

Le diable qui veut se faire ermite.

On demeure rêveur, tout de même : qu’est-ce qui a pu conduire Claude Autant-Lara, un des cinéastes français les plus talentueux, mais sûrement aussi le plus destructeur, le plus méchant, le réalisateur grinçant, féroce de Douce, de L’auberge rouge, de La traversée de Paris à filmer une pouillerie pareille ?? C’est tout dire, on croirait voir un de ces affreux films d’André Cayatte, un de ces films à thèse tout dégoûtants de crème indignée à la Stéphane Hessel, où une voix supérieure tonne du haut de sa chaire pour faire passer des idées censées réunir par leur noblesse affectée tous les spectateurs, y compris (et surtout) ceux dont le cœur est le plus endurci. Et, par dessus le marché de faire progresser la Société vers l’avenir radieux où elle éliminera vertueusement les pires entraves d’un passé forcément abominable…

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