Archive for the ‘Non classé’ Category

Paméla

vendredi, mars 1st, 2024

Qu’est devenu le petit Roi ?

On peut bien sûr trouver que l’Histoire n’a aucun intérêt et que ce qui a été vécu dans les siècles qui nous précèdent peut tout à fait être passé sous silence et être complétement négligé. Je vois pourtant que les journaux, les émissions, les films qui évoquent le passé recueillent bien souvent beaucoup de succès. On a beau se vouloir fier combattant de la modernité, même de l’immédiateté, on songe avec une grande fascination à des épisodes de jadis que nous font sentir que nous avons eu des parents (la guerre d’Algérie), des grands-parents (la guerre de 40), des arrière-grands-parents (la guerre de 14) et d’autre qui ont vécu les temps anciens. Mon arrière-grand-père paternel est né en mars 1821, deux mois avant la mort de Napoléon. C’est loin ? C’est proche ! (suite…)

Le frisson des vampires

lundi, février 19th, 2024

Peu de frissons, beaucoup de vampires.

Passionné de cinéma depuis l’enfance, assistant réalisateur de Luis Buñuel (paraît-il), concepteur de quelques courts-métrages, Jean Rollin a saisi en 1968 qu’il pouvait trouver le succès en se posant au confluent de deux tendances lourdes. Deux tendances qui de façon singulière et sans rapport direct l’une avec l’autre avaient mis ou allaient mettre pour un long temps la main sur l’imaginaire du monde. C’était d’abord la vogue des films de vampires, relancée dix ans auparavant par la Hammer avec l’indétrônable Cauchemar de Dracula qui faisait revivre les solides recettes horrifiques des États-Unis de la Grande crise. Puis – ce qui allait devenir un déferlement – la libération sexuelle et davantage encore, à ce moment précis la fin de la pudibonderie qui a permis que la nudité intégrale fût exposée à l’écran. La pornographie ne s’est établie que quelques années plus tard, avec une telle puissance qu’il a fallu, fin 1975, imposer le classement X, fiscalement pénalisant. (suite…)

Eaux profondes

mercredi, janvier 3rd, 2024

Longues, orageuses et noires.

Film vénéneux, sulfureux, décadent, au rythme assez lent. Rythme qui, d’ailleurs, doit être celui de l’existence de la communauté huppée de Jersey, l’île anglo-normande ; une prospérité faite d’un peu d’ennui, de ciels gris, de nombreuses partys où l’on se reçoit, s’alcoolise et flirte. Des gens bien élevés, assez complices dans leurs routines. Mais écrivant cela, je ne vois aucune raison de leur jeter un regard indigné : je serais bien plus à l’aise au milieu d’eux qu’avec les racailles de banlieue. Et que celui qui ne pense pas cela me jette la première pierre. Comme le dit la sagesse populaire, Mieux vaut être beau, riche et bien portant que laid, pauvre et malade. Tout cela s’appelle le mur de la réalité. (suite…)

Jésus de Montréal

mercredi, décembre 20th, 2023

Trop sanctifié pour être honnête.

Alors voilà : un acteur de grande qualité, Daniel Coulombe (Lothaire Bluteau), ancien Premier prix du Conservatoire, revenu à Montréal après plusieurs années d’errance dont on ne saura rien reçoit singulièrement la charge de rénover et d’actualiser le Chemin de croix, rituellement organisé dans un prospère oratoire québécois par le Père Raymond (Gilles Pelletier), qui trouve qu’il serait bon de moderniser le récit que, depuis 35 ans, il présente aux fidèles.

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Guet-apens

lundi, décembre 11th, 2023

À mille à l’heure.

Il y a longtemps que je ne m’étais pas régalé devant un film ! Ce qui ne veut pas dire que j’ai trouvé sans défauts Guet-apens dont le scénario est emberlificoté, souvent absolument invraisemblable et qui repose presque exclusivement sur les épaules de Steve McQueen qui, il est vrai, sont de grandes et belles dimensions. Car Ali MacGraw est bien jolie, mais son jeu est plutôt diaphane : en tout cas, elle ne laisse pas grande trace dans l’imaginaire. Quant au reste des acteurs, s’il y a quelques trognes redoutables (Ben Johnson ou Al Lettieri) ils n’accrochent pas vraiment la lumière, ce qui est bien dommage pour les rôles de méchants. (suite…)

Testament

mercredi, novembre 29th, 2023

Sous l’œil des barbares.

Le Québécois Denys Arcand a posé d’emblée les bases, de façon très littéraire, très intelligente et même très intellectualisée : Le déclin de l’empire américain en 1986 et sa suite immédiate (si j’ose écrire) 18 ans plus tard, Les invasions barbares. On perçoit qu’on n’est pas dans l’exaltation heureuse, davantage dans ce que j’avais appelé la course à l’abîme qu’est la gangrène mentale du Monde occidental dans mon avis sur le deuxième film et son épuisement vital. Pourquoi pas, après tout ? Nous avons dirigé le monde pendant mille ans ; il est possible qu’il soit équitable de laisser la place à d’autres (et, dans cette optique,les trois dernières minutes de Testament, que je ne dévoilerai pas, ouvrent des pistes, qui se situent en 2042). (suite…)

Inception

vendredi, novembre 24th, 2023

James Bond contre Sigmund Freud.

À la lecture de la très très longue page qui a été consacrée à Christopher Nolan sur Wikipédia, je me suis dit que je devrais sacrément apprécier le réalisateur. Je partage son goût prononcé pour les tentatives de Jorge luis Borges de changer la réalité littéraire, j’apprécie les gravures, les architectures déconcertantes, paradoxales de M. C. Escher, le cinéma labyrinthique et quelquefois opaque de Stanley Kubrick et de David Lynch… Tous artistes qui décontenancent, désarçonnent, déroutent même souvent. Je devrais apprécier Nolan ; je devrais peut-être en voir davantage. Je n’ai qu’un très mauvais souvenir – mais assez ancien – de Memento, j’ai trouvé sans aucun intérêt Le prestige, vu récemment ; j’ai apprécié Dunkerque,mais, si j’ai bien compris, c’est un peu un contre-exemple dans la filmographie du bonhomme. (suite…)

Monsieur Klein

mercredi, novembre 22nd, 2023

Le jardin des bêtes sauvages.

Un film assez largement surestimé grâce à ses séquences finales qui sont absolument abominables et qui donnent, peut-être mieux que des images de violence extrême, l’idée de ce qui a pu saisir des gens de toute sorte entraînés malgré eux par un cataclysme.

Dans un stade qui pourrait évoquer le Vel d’Hiv de juillet 1942 mais qui est à l’air libre, voilà une sorte de flot immonde que les autorités poussent, comme ils le feraient d’ordures, vers une affreuse conclusion. Mais pour en arriver là, que de circonvolutions ! Et beaucoup d’entre elles ne se rattachent pas aux horreurs qui ont existé en France au milieu de la Guerre. (suite…)

Journal d’un curé de campagne

samedi, novembre 18th, 2023
Vu de trop haut.

Déjà, faut dire que le Journal d’un curé de campagne n’est pas un film d’aventures, ni de cancans, ni de grasses et putassières allusions. Parce qu’on y parlerait de prêtres. Rien à voir avec Clochemerle, avec Mon curé chez les riches, ni avec Don Camillo. Encore moins avec Mon curé chez les nudistes. Rien à voir. Rien du tout. Une aventure spirituelle tendue, difficile, austère, rogue qui demande qu’on ait de l’intérêt pour les misérables questions de la Grâce, de l’ouverture, de la Charité, de l’impuissance de donner à ceux qui vous entourent ce qu’on voudrait leur donner. Un film sur la solitude ; pire : sur la glaciation de la solitude et sur la capacité de désespérer. Voilà déjà qui n’est pas bien séduisant, n’est-ce pas ? Rien de distrayant, d’attirant, de facile, de réjouissant. Pas le moindre espace de tendresse ou de sourire.

Crash

lundi, novembre 13th, 2023

De sperme et de sang.

Du temps (il y a déjà un demi-siècle, doux Jésus !), du temps où je lisais toute la littérature de science-fiction qui paraissait en France, j’avais déjà un peu de mal avec les romans de J.G. BallardLe monde engloutiSécheresseLa forêt de cristal ; plus tard I.G.H., ça me laissait un malaise désagréable, une trace malsaine. Et entretemps, il y avait eu Crash qui m’avait à la fois décontenancé et légèrement dégouté. J’aurais donc bien dû me dire que l’adaptation de cette histoire violente, glaçante, scandaleuse par David Cronenberg, qui n’est pas particulièrement réputé pour sa délicatesse et son bon goût, me dérangerait passablement. De fait, j’ai reçu la dose que je craignais bien devoir recevoir et je sors de la vision du film avec une aigre impression. (suite…)