Archive for the ‘Non classé’ Category

Easy rider

jeudi, novembre 12th, 2020

L’Amérique insolite.

Voici un film qui existe et subsiste dans les mémoires moins par ce qu’il montre que par ce qu’il est : une sorte de manifeste libertarien, un pied de nez aux conformismes et aux clacissismes de toute nature, une sorte d’évasion un peu dingue dans d’immenses paysages, dans des couchers de soleil somptueux, dans des histoires de rencontres sans lendemain, dans une indifférence au monde traditionnel. Voilà un film qui a représenté et, d’une certaine façon, fasciné toute une génération. Voilà que notre génération bénie du baby-boom rencontrait après les fleurs des hippies, les grosses motos des routards, leur individualisme exacerbé et pourtant indolent, surtout peut-être leur indifférence aux lendemains ; pas la moindre bribe d’envie de révolution, dans Easy rider : on vit comme on veut et on se fiche du reste du monde. D’ailleurs, ce qui peut étonner beaucoup nos esprits cartésiens et amateurs de cases bien rangées, Dennis Hopper était un fervent partisan des Républicains et aurait sans doute voté pour Donald Trump s’il n’était mort en 2010. (suite…)

Monseigneur

jeudi, novembre 5th, 2020

Le rêve passe.

Il y avait bien longtemps que je n’avais pris autant de plaisir devant un de ces nanards français, un de ces petits films bien de chez nous qui étaient à l’affiche des petites salles de quartier et qui réunissaient, les samedis soirs, un public populaire qui ne demandait qu’à se détendre. Tout cela avant de rentrer dans son cinquième étage sans ascenseur ni commodités, les toilettes étant, comme de juste, sur le palier. Voilà, dans Monseigneur, la conjonction filmée très réussie du brave petit populo parisien, volontiers révolutionnaire, grognon mais bon vivant et de la haute société qui, en 1949, existe encore un peu dans son apparat figé, sédimenté mais civilisé et extrêmement bien élevé. (suite…)

Piège de cristal

mardi, octobre 20th, 2020

Chauds, les glaçons !

On sait bien, parce que c’est évident et que c’est la loi du genre, qu’à la fin tout va s’arranger et que John McClane (Bruce Willis) triomphera des méchants et fera triompher le Bien. Mais ce qui est très bien c’est qu’on se demande vraiment comment il va faire et quels sortilèges il devra employer pour mettre en l’air l’entreprise subtile et sanglante de Hans Grüber (Alan Rickman) de s’emparer de 640 millions de dollars benoîtement enfermés dans le coffre d’une entreprise multinationale. Sortilèges n’est d’ailleurs sûrement pas le mot adéquat, puisque McLane est d’emblée présenté comme un petit policier honnête, cabochard, grognon ; presque, pourrait-on dire, limité. Rien en lui d’un superman, d’un héros de légende volant au secours de la veuve et de l’orphelin, ou sauvant le monde à ses moments perdus.

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