Archive for the ‘Non classé’ Category

J’accuse

dimanche, novembre 24th, 2019

Le livre de la jungle

Je dois dire que je suis d’abord et avant tout allé voir le film en salle (ce qui ne m’arrive que deux ou trois fois par an) par solidarité avec le grand Roman Polanski, que des harpies féministes et leurs complices du politiquement correct ont prétendu interdire des écrans, ce qui est tout de même inimaginable. Je ne sais pas du tout si Polanski a violé une (ou deux ou trois ou quatre ou plus) jeunes filles. Cela regarde lui-même, sa conscience et la Justice. Et, à vrai dire, je m’en contrefiche absolument. Que Montherlant soit allé traquer le giton à Pigalle, que Marcel Proust ait fréquenté des bordels d’homme où il jouissait en faisant percer des rats par de longues aiguilles n’enlève rien à l’admiration que je porte aux Célibataires ou à La Recherche. Et que Michel Simon soit allé consciencieusement déposer des morceaux de pain dans des vespasiennes pour un usage que je vous laisse imaginer n’empêche pas qu’il soit un acteur admirable.

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Tumultes

jeudi, novembre 7th, 2019

Ciels gris, ciels bleus.

Des films qui racontent une douloureuse histoire de famille, avec ses rancœurs, ses erreurs, ses secrets, ses incertitudes, ses sacs qu’on vide, mais aussi les liens profonds qui unissent parents et enfants, les grands moments de complicité, les retrouvailles autour des souvenirs d’enfance, des films, donc, qui s’insinuent dans une intimité que nous connaissons à peu près tous, malgré les particularités, il y en a une foule. Parmi ceux que j’ai vus il y a peu, je me rappelle Le fils de Jean de Philippe Lioret ou Juste la fin du monde de Xavier Dolan. Rien qui m’ait vraiment convaincu, au demeurant.

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La liste de Schindler

mercredi, octobre 23rd, 2019

Les bourreaux sont derrière la porte.

Ce qui me paraît le plus sommaire dans ce film beaucoup trop long, mais très bien fichu, c’est tout de même l’absence de toute réflexion sur la seule vraie question primale, essentielle, terrifiante, cette question qui nous renvoie à une sorte d’animalité première, à la honte de notre animalité : comment des tas de gens qui n’étaient pas plus mauvais que beaucoup ont été capables de faire ça ? À ce moment là il faut mettre de côté tous les anathèmes contre les cingleries hitlériennes. Quand j’écris mettre de côté, ça veut simplement dire que ça ne me paraît pas suffisant et, d’une certaine façon, trop facile. L’histoire des génocides est variée et abominable : les soldats républicains de Hoche ou de Kléber qui éventraient les femmes de Vendée pour arracher à leurs ventres les fœtus à peine formés, les Turcs qui clouaient aux pieds des Arméniens des semelles de bois, les Khmers rouges qui crevaient les yeux des binoclards jugés par cela même des intellectuels, les Rwandais fanatisés qui allaient assassiner leurs propres parents… (suite…)

Angèle

mercredi, septembre 25th, 2019

Le trésor des filles perdues.

Le frère aîné de Marcel Pagnol, Maurice, est mort alors qu’il avait à peine plus de trois mois, en août 1894. La chose n’était pas rare ; ce qui l’était davantage, c’est qu’il n’était né que quatre mois après le mariage de ses parents, Joseph et Augustine, si bien incarnés dans La gloire de mon père et Le château de ma mère par Philippe Caubère et Nathalie Roussel. Il ne faut pas être grand clerc pour concevoir que cette singularité, si exceptionnelle jadis, si banale aujourd’hui, a pu marquer son œuvre. La Trilogie (MariusFannyCésar), évidemment, qui est entièrement orientée vers cet enfant né d’une nuit malencontreuse et qui pèsera tant sur le destin de toute une famille. Mais aussi La fille du puisatier. Et, naturellement Angèle. Et l’histoire de la fille perdue, ou en passe de l’être est aussi présente dans Regain et dans Naïs. (suite…)

Le pianiste

vendredi, juillet 12th, 2019

Au fin fond du marécage.

J’ai attendu bien longtemps pour découvrir Le pianiste dont on me disait pourtant beaucoup de bien, sans doute par lassitude des récits inspirés par la Deuxième guerre mondiale, dont il me semble qu’aucune soirée télévisée n’est dépourvue. J’avais tort et en regardant le film je n’étais pas loin de lui donner encore une meilleure note, ce que j’aurais fait si je n’avais trouvé la fin trop romanesque. La méprise des soldats polonais après la libération de Varsovie qui tirent sur le malheureux Wladyslaw Szpilman (Adrien Brody) parce qu’il est revêtu de la capote que lui a donnée le capitaine Hosenfeld (Thomas Kretschmann) m’a paru téléphonée et ridicule. Et les recherches sur le sort de ce malheureux officier m’ont semblé donner inutilement satisfaction à un goût, souvent éclatant, pour les belles histoires. (suite…)

3h10 pour Yuma

vendredi, juin 7th, 2019

Contes de la lune vague avant la pluie.

Pour un western et malgré les limites du genre, sommaire et brutal, ce n’est pas mal du tout, sans doute d’abord parce qu’on y retrouve ce qu’on peut y apprécier : l’espace. Et de ce point de vue, on en a son content : Delmer Daves a la capacité de montrer au spectateur de grands panoramas, d’élargir sa vision, de le faire pénétrer dans d’immenses paysages exotiques souvent très beaux, de l’emmener dans un ailleurs exotique, qui était, aux yeux des Européens civilisés qui découvraient et absorbaient, au mitan des années 50, toute une kyrielle de récits presque primitifs et en tout cas sauvages, une occasion de s’évader de leur quotidien. (suite…)

Babel

mercredi, avril 10th, 2019

Ouarzazate et mourir.

Qu’est-ce que c’est que la virtuosité, qualité essentielle, mais non suffisante qui échoit en partage à certains artistes, qui appelle à en admirer l’éclat, le brio et le brillant, mais qui porte en elle-même ses limites ? L’histoire de la musique a retenu le nom de Niccolo Paganini comme un violoniste dont on n’hésitait pas à qualifier le jeu de diabolique, paraissant surmonter les pires difficultés avec une grande facilité, mais il n’occupe pas, dans l’histoire de la musique, une autre place que celle d’un instrumentiste souverainement doué. Et, par conséquence, d’un interprète aux capacités un peu vaines, réservées à l’éclat, mais nullement à la profondeur. (suite…)

La dixième victime

samedi, mars 9th, 2019

Annales du futur.

Je partage évidemment l’opinion de tous ceux qui s’agacent de voir un film parti sur d’assez bonnes bases s’essouffler presque tout de suite et ahaner pendant 90 minutes à la recherche d’une véritable inspiration et surtout d’un véritable rythme. Car il y avait d’excellentes bases à développer sur cette société future où les vieux, qui sont des charges économiques lourdes, sont euthanasiés, où on peut naître par fécondation artificielle avec la contrepartie effarante qu’on est alors dépourvu de sensualité, où, surtout, afin d’éviter que les instincts meurtriers de l’Humanité s’épanouissent dans des guerres sanglantes, on a institutionnalisé la chasse à l’homme. Mais au contraire des Chasses du comte Zaroff où cette traque est transgression et remède à l’ennui (comme dans Un roi sans divertissement), la chasse de La dixième victime est célébrée et récompensée par la société. (suite…)

Edmond

dimanche, février 10th, 2019

Si non è vero…

Dieu sait si, depuis 1960, et l’adaptation télévisée réalisée par Claude Barma et l’enchantement du jeu de Daniel Sorano (disponible sur YouTube), Dieu sait si j’en ai vu, des Cyrano ! Au théâtre, Francis Huster et Jacques Weber, au cinéma, vue et revue, la version de Jean-Paul Rappeneau.Et le texte, lu et relu dans l’édition du Livre de poche avec tant de passion adolescente que j’en savais par cœur des scènes entières ; mais nous étions nombreux, c’est vrai, il y a un demi-siècle et plus qui aimions tant Roxane que nous aurions voulu ressembler à Bergerac – d’ailleurs personne ne m’a jamais dit vouloir ressembler à Neuvillette. Dieu sait si ce texte enchante et fascine et combien souvent, en famille, nous avons récité la tirade du nez où la Balade du duel qu’en l’Hôtel bourguignon, monsieur de Bergerac eut avec un bélître. (suite…)

Gone girl

lundi, février 4th, 2019

Une femme disparaît.

Il y avait abondance d’offres hier soir à la télévision. Alors pourquoi ce film plutôt qu’un autre ? Je ne connaissais ni les acteurs (Ben Affleck et Rosamund Pike) et n’avais pas pour le réalisateur, David Fincher une opinion bien tranchée. J’avais trouvé jusqu’ici ses récits compliqués et ennuyeux (Zodiac), plats et lisses (Panic room), chtarbés et répulsifs (Fight club), profiteurs d’une belle série de franchises (Aliens).Un artisan banal du cinéma cosmopolite qui réalise des films trop longs (toujours plus de deux heures).

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