L’homme à la Buick

août 25th, 2018

Honfleur jungle.

Dès que l’on apprend que c’est Jean Gabin et non Fernandel qui devait interpréter Armand Favreau, le personnage principal de L’homme à la Buick, on comprend mieux ce qu’on pourrait appeler la raison d’être du film qui, tel qu’il nous apparaît, n’en a aucune ou plutôt une raison si bizarre qu’elle décontenance complétement. Parce que voir Fernandel séduire la délicieuse veuve noire Michèle de Leyrac (Danielle Darrieux), c’est tout de même un des chocs les plus puissants que j’ai ressentis en 65 ans de cinéphagie.

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Le placard

août 24th, 2018

Boîte à outils.

On sentait déjà venir en 2001, au moment où Le placard est sorti sur les écrans, l’ombre terrifiante du pire politiquement correct, ce rideau sombre qui empêchera à l’avenir de confier à un Noir un rôle autre que celui de chef ou de président, à un infirme celui d’un sale type et à une obèse celui d’une souillon. Les minorités agissantes et glapissantes sont tellement parvenues à imposer leur doxa que le balancier discriminant de jadis s’est niché complétement dans l’autre sens et va y rester quelques décennies. Peut-être, sans doute, est-ce là une punition méritée pour ceux qui se sont, pendant longtemps, gaussé des négros, des estropiés et des grosses, mais c’est chèrement payé pour la qualité des œuvres. Read the rest of this entry »

Beetlejuice

août 22nd, 2018

Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle !

Ce premier film du singulier Tim Burton passe pour une de ces œuvres-culte que beaucoup de ceux qui les découvrent citent à tout bout de champ. De fait, en 1988, lorsque Beetlejuice est sorti sur les écrans, on pouvait bien se rendre compte que le réalisateur avait en lui une cinglerie tout à fait particulière, originale et séduisante. Si les araignées ne sont pas rares dans les placards de beaucoup de cinéastes, toutes n’ont pas les couleurs mordorées de cette histoire échevelée de bienveillants fantômes. Histoire qui oscille constamment entre l’horreur et le comique, mais qui, à mes yeux, joue insuffisamment sur l’un ou l’autre. Read the rest of this entry »

La loi c’est la loi

août 21st, 2018

Affaires étrangères.

On imagine que les producteurs, toujours friands de recettes faciles (aux deux sens de ces termes et après tout ils sont là pour ça !), que les producteurs, donc, se sont dit que mettre en face à face deux grandes vedettes, française et italienne, était une bonne recette. Après les immenses succès des trois premiers Don Camillo (1951,53 et 55), il devait être tentant, en effet, de reconstituer un duo presque exotique de cette sorte. Fernandel, évidemment, gage de succès assuré de ce côté des Alpes et Toto,moins connu ici, mais très populaire là. C’est sans doute la base, l’idée initiale. Read the rest of this entry »

Week-end de terreur

août 17th, 2018

Sept petits nègres.

Week-end de terreur se situe au confluent de plusieurs riches veines romanesques et cinématographiques. Celle de l’élimination graduelle des protagonistes par une mystérieuse main assassine, dévoilée seulement à la toute fin de l’ouvrage. Mais aussi celle des adolescents fêtards du Nouveau Monde qui sont invités par une condisciple à passer un bon moment dans une très belle propriété isolée. Et encore celle de la gémellité et de la folie. Et on pourrait ajouter par dessus le marché celle des doubles retournements (je ne puis en dire plus sur ce dernier point sauf à dévoiler trop crûment l’astuce terminale). Read the rest of this entry »

Le foulard de Smyrne

août 15th, 2018

Le parapluie du colporteur.

Ce très bref bijou de court métrage (15 minutes) qui ne peut être regardé nulle part (à dire le vrai, je ne ne me souviens pas du site où miraculeusement je l’ai vu,) n’est pas simplement le prologue du film que Jean Giono souhaitait adapter de son Hussard sur le toit. Le roman, paru en 1951, avait été un immense succès et il paraissait plus facilement transposable au cinéma que beaucoup d’œuvres du romancier, qui allait, d’ailleurs, devenir de plus en plus elliptique.

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Itinéraire d’un enfant gâté

août 15th, 2018

Compte pour du beurre.

J’avais bien tort de penser que cet Itinéraire d’un enfant gâté était un des seuls films regardables de Claude Lelouch, après la très satisfaisante Bonne année. Mon ancien souvenir était trop bienveillant et, à la revoyure, j’ai malheureusement retrouvé les maladresses naïves et la prétention du cinéaste à être un auteur. Le personnage n’est pas désagréable en soi et, d’après certains témoignages, il est même assez sympathique et animé d’un sincère amour du cinéma. Mais y a pas à dire, ce qu’il tourne laisse presque toujours confondu devant tant d’inanité sonore (surtout lorsqu’il croit devoir truffer son film d’insupportables ritournelles de Jacques Brel et de Nicole Croisille). Read the rest of this entry »

La mazurka du baron

août 11th, 2018

L’atrabilaire amoureux.

Je ne connais pas plus que ça le cinéma de Pupi Avati. Je dois même à la vérité de dire que je n’avais jamais entendu parler de lui que pour un film d’angoisse, La maison aux fenêtres qui rient, dont le beau titre étrange m’attire mais que je ne suis jamais parvenu à voir. L’occasion m’ayant été donnée de regarder La mazurka du baron j’ai glissé avec une certaine curiosité le DVD dans mon lecteur. Et, après l’en avoir retiré, je suis resté bien perplexe et guère séduit. Read the rest of this entry »

Voyage à travers le cinéma italien

août 9th, 2018

Scolaire.

Le titre de ce montage, Voyage à travers le cinéma italien est tout à fait abusif. Il aurait été plus juste et plus honnête de l’intituler quelque chose comme Présentation des grands films italiens classiques des vingt ans qui ont suivi la guerre. Je conviens volontiers que cette appellation n’est pas des plus commerciales, mais elle recouvre beaucoup mieux la réalité : on est dans une sorte de manuel presque didactique et souvent scolaire, un Lagarde et Michard ou peut-être plus exactement encore un Que sais-je ? à usage d’étudiants sages et sérieux qui veulent réussir leur examen et écoutent respectueusement leur professeur, sorte de mandarin incontesté, style avant 68. Read the rest of this entry »

Arabesque

août 6th, 2018

Drôle de frimousse.

J’avais idée qu’Arabesque était un peu quelque chose comme Charade, délicieux film plein d’esprit du même Stanley Donen, tourné trois ans plus tôt. Une histoire spirituelle, intelligente, virevoltante, plaçant des acteurs, Cary Grant et Audrey Hepburn ici, Gregory Peck et Sophia Loren là dans des situations cocasses et légères. C’est d’ailleurs certainement ce que Donen a souhaité faire : un récit avec des aspects vaguement policiers, ou touchant à l’espionnage, mais filmés avec un certain sens de la dérision et une façon de ne pas se prendre trop au sérieux vraiment. Read the rest of this entry »