Faubourg 36

décembre 28th, 2018

Ne va pas jouer dans la cour des grands !

Christophe Barratier est le neveu de Jacques Perrin, ce qui n’est évidemment pas un reproche. Bien loin de là. Je pense même qu’il a puisé chez son oncle, auteur et narrateur des merveilleux Enfants de Lumière qui est un hommage virevoltant et délicieux au cinéma français, qu’il a puisé, donc, révérence et amour pour les films de l’âge d’or. Les choristes, avec Gérard Jugnot qui, voguant sur la vague rétro et la nostalgie des histoires simples et pures, ont connu un succès tonitruant, n’étaient pourtant que le pâle remake de la charmante Cage aux rossignols de Jean Dréville avec Noël-NoëlBarratier a voulu refaire le coup en réalisant Faubourg 36, picorant ici et là des bribes mal digérées, notamment de La belle équipe, mais aussi du Crime de Monsieur Lange et même de Quai des Orfèvres. Read the rest of this entry »

Le carrosse d’or

décembre 28th, 2018

Trois hommes et un cotillon.

On n’est pas bien cohérent : à la lecture de nombreux témoignages – et donc de nombreuses déceptions – sur ce film, je m’étais bien promis de ne jamais acquérir Le carrosse d’or pour le placer dans ma DVDthèque. Et puis, lâcheté intrinsèque ou facilité concédée à des offres à petit prix, je me suis laissé aller à faire l’emplette. J’ai eu tort, évidemment. C’est nul, désagréable, ennuyeux d’un profond ennui et on s’étonne que beaucoup de cinéastes aient été enthousiasmés (au contraire des spectateurs) par une telle nullité. C’est que le nom révéré de Jean Renoir est à peu près aussi intouchable que celui de son père Auguste, le peintre des chromos bariolés qui font la joie des fabricants de boîtes de médiocres chocolats. On ne touche pas aux vaches sacrées. Read the rest of this entry »

Quatre mouches de velours gris

décembre 28th, 2018

La mort en ce jardin…

Un titre superbe, encore plus chatoyant que celui de L’oiseau au plumage de cristal au service d’un scénario finalement très banal, qui s’abrite derrière des traumatismes enfantins jamais vraiment assumés et les zigouillages consécutifs, qu’il ne faut donc pas regarder pour la surprise de découvrir qui est l’affreux assassin, mais pour le plaisir de se laisser conduire à la révélation finale. Révélation trop évidente pour être honnête, d’autant que le cercle des coupables potentiels est, dans 4 mouches de velours gris fort restreint, le film ne comportant que peu de personnages essentiels (je veux dire par là que si l’on apprenait que le cinglé psychopathe était un des vagues protagonistes qui ne sont jamais au devant de la scène, on serait bien frustré et déçu). Read the rest of this entry »

Holy Lola

décembre 28th, 2018

Lorsque l’enfant paraît…

Je ne connais évidemment pas plus que ça la vie privée de Bertrand Tavernier, mais il n’est pas besoin de lire les pages documentées de Première ou de Gala pour savoir que le réalisateur de Coup de torchon est le papa de Tiffany Tavernier qui, avec son mari d’alors, Dominique Sampiero a écrit le scénario de Holy Lola. Il ne m’étonnerait pas du tout que le film doive tout à une expérience autobiographique du couple, parti mendier au Cambodge l’adoption d’un bébé. Tout cela parce que le film est constellé de petits faits vrais qui paraissent être la retranscription fidèle d’expériences, de souvenirs, d’anecdotes vécus et qu’on ne voulait à aucun prix laisser perdre. Ce qui n’est pas, au demeurant, absolument illégitime. Read the rest of this entry »

Les producteurs

décembre 28th, 2018

Affiche

Le Führer en folie.

Il me semble bien que c’est là le seul film que j’aie jamais vu de Mel Brooks, le seul aussi de Zéro Mostel et de Gene Wilder. Des noms, pourtant que je connais mais qui, vérification faite sur Wikipédia, confirment que je suis absolument étranger à ces artistes pourtant fort drôles. Je suis bien incapable d’expliquer pourquoi, d’autant que Les producteurs, vus à leur sortie à Paris, en 1971 (et je me souviens même où : à L’Arlequin, rue de Rennes) m’avaient fait bien rire. Voilà qui fait partie des mystères profonds d’une vie de cinéphage, voué à avaler tout et n’importe quoi, non selon un plan raisonné de découvertes des genres ou des auteurs mais en fonction de ses vagabondages et de ses toquades, justifiés ou non. Read the rest of this entry »

L’Italien des Roses

décembre 28th, 2018

Une journée particulière.

S’il demeure un jour quelque chose de Charles Matton, je gage que ce sera davantage dans celui de l’art contemporain où l’homme (1931 – 2008) a acquis une grande notoriété, que dans celui du cinéma. Remarquez, écrivant cela, je ne suis pas certain que cette notoriété, qui fut réelle, comme représentant affirmé de la peinture figurative puis dans l’étrange et séduisante expérience des boîtes, soit encore entière. Peu connaisseur et guère amateur d’art contemporain, je ne me tiens pas au courant des côtes et modes. Mais l’article consacré au bonhomme sur Wikipédia dit assez fort qu’il a représenté une tendance artistique notable. Dans une de mes vies, j’ai eu l’occasion de l’approcher un peu et même d’aller le voir chez lui et de trouver intéressant son travail. C’était un type à la fois sympathique et sarcastique, deux qualificatifs qui ne vont pas particulièrement de pair mais qui s’imposent assez dans son cinéma. Read the rest of this entry »

Giorno di nozze

décembre 15th, 2018

Excellente surprise que cette comédie légère et brève captée presque par hasard au Cinéma de minuit de FR3 et qui est, à mon souvenir, le premier film qui me tombe sous les yeux de Raffaello Matarazzo, réalisateur qui connut un immense succès en Italie, paraît-il, principalement pour ses mélodrames. Il est vrai que Giorno di nozze, qui est drôle et se termine bien, pourrait être, aussi, un mélodrame ou, mieux, une sorte de préfiguration de la comédie à l’italienne, alors même qu’il date de 1942. Il suffirait pour ça d’assez peu de choses, pour faire de ce charmant récit mené à toute allure, quelque chose de plus grinçant et possiblement de presque tragique. C’est bien ainsi, après tout, que fonctionne la vraie vie où le tragique n’est jamais loin du comique et vice-versa. Read the rest of this entry »

Mes amis, mes amours

décembre 11th, 2018

Puits sans fond.

On n’a pas forcément envie après plusieurs semaines où, sur toutes les chaînes, les images des ronds-points campagnards occupés par les gilets jaunes ont occupé le maigre espace disponible d’un cerveau vieillissant et où, en début de soirée, les propos du Président de la République ont absorbé le mince filament de capacité intellectuelle qui demeurait, on n’a pas d’autre envie, donc, que de se laisser aller à une sorte de léthargie plon-plon, avant d’aller mettre la viande dans le torchon, comme le dit avec grâce Marcelle Groseille (Christine Pignet) dans La vie est un long fleuve tranquille. On zappe le long de la théorie des chaînes minuscules, on aperçoit le nom de Vincent Lindon,celui de la jolie Virginie Ledoyen. On bâille et on regarde. Read the rest of this entry »

Rec 4 – Apocalipsis

décembre 8th, 2018

On n’est pas sorti de l’auberge !

Je craignais que le numéro 4 de la série ne fût l’abomination de la désolation (ce qui est plutôt cohérent, s’agissant d’un film à allusions bibliques – Daniel 11-31), survenant après le numéro 3, (Rec 3 Genesis) qui n’avait à peu près aucun intérêt, mais voilà que ça a redressé un peu la tête. Il était temps néanmoins que ça se termine, toutes les pistes ayant été explorées et chacun ayant eu son content de tripailles déchirées et de hurlements de bêtes fauves. Je note toutefois que les scénaristes ont laissé une fin ouverte à l’aventure ce qui permettra le cas échéant de remettre cent sous dans la machine (ou deux thunes dans le bastringue). Mais c’en est en tout cas bien fini avec ce qui faisait l’intérêt des deux premiers épisodes, le côté reportage de la caméra portée et, si farfelue qu’il était, le parti de relier possession démoniaque et contamination virale. Read the rest of this entry »

Rec 3 Genesis

décembre 5th, 2018

Mariage sanglant, mariage pétulant !

Les deux premiers films de la série ayant eu un réel succès – mérité au demeurant, surtout pour le premier – on comprend bien l’envie de tirer sur la pelote de laine et de la dévider jusqu’au bout. Ce n’est sans doute pas bien élégant, mais, dans le monde cruel de l’économie du cinéma, ça peut se comprendre. Il y a des tas d’exemples où un public peu exigeant se satisfait du réchauffage des recettes cuites et recuites, aimant retrouver un paysage, des personnages, des situations connus et appréciés. On en est au numéro 5 dans la série des Taxi, au 8 (en comptant les téléfilms) dans la série des American pie. Rec compte 4 films. Read the rest of this entry »