Mission impossible

juin 28th, 2018

Il n’y a plus d’après…

On tombe de haut lorsqu’on s’attendait à retrouver avec le même plaisir – peut-être encore accru, grâce au talent de Brian De Palma – l’esprit de la formidable série qui a enchanté les petits écrans de 1966 à 1973, sous la houlette de Bruce Geller. On a, avec Mission impossible un objet bien boursouflé, qui n’a rien à voir avec la série qu’on a aimée et qui est d’une complexité scénaristique telle qu’on a été contraint de relire deux fois le résumé fort complet qu’en donne Wikipédia pour y retrouver ses petits. Je veux bien admettre que lorsque j’admirais les exploits de Peter Graves, de Martin Landau et consorts et les formes de Barbara Bain, j’avais 50 ans de moins et un esprit assurément plus vif qu’aujourd’hui où il commence à sérieusement s’embrumer… Mais tout de même !! Read the rest of this entry »

Émile l’Africain

juin 27th, 2018

De l’audace, encore de l’audace…

Alors âgé de quatre ou cinq ans (disons six), j’ai vu Émile l’Africain lorsque le film est passé dans ma petite ville provinciale et, si je ne me rappelle pas du tout l’intrigue, je me souviens que nous en étions sortis, ma mère, mon frère et moi, assez glacés d’ennui, personne n’osant dire ouvertement qu’il avait trouvé ça minable. C’est que quoi que ce soit avec Fernandel passait pour être alors porteur d’une intense rigolade et d’un très bon moment sans souci. (Un peu comme Louis de Funès plus tard). Read the rest of this entry »

Mariages !

juin 26th, 2018

L’invention du Zéro.

Valérie Guignabodet a tourné quatre films de 2002 (Monique) à 2009 (Divorces). Elle n’en tournera plus puisqu’elle est morte en 2016, à l’âge normalement encore possible de 50 ans. Ce décès a certainement endeuillé sa famille, ses proches, son coiffeur et sa manucure, mais il n’a pas été une grande perte pour le cinéma français, bien que la dame ait recueilli un certain succès public, de ceux qui n’ont rien de durable. Il faut d’ailleurs le secours des chaînes secondaires qui remplissent ainsi leurs cases vides du dimanche soir ou, sans doute, la boutique ennuyeuse d’un soldeur de DVD périphérique pour qu’on puisse se rappeler que ce genre de films que la dame a tourné ait pu figurer un moment à l’affiche. Read the rest of this entry »

Le cerveau

juin 23rd, 2018

Bien ramolli.

Je pourrais presque reprendre – en pire – sur ce Cerveau ce que j’ai écrit il y a quelque temps sur La grande vadrouille : comment ai-je pu trouver ça drôle et enlevé lorsque j’ai vu le film sur grand écran ? Et encore… J’avais à peine plus de 20 ans, la salle devait être secouée de rires et le film, après les grands succès de Gérard Oury auparavant (La vadrouilledonc mais aussi Le corniaud) partait avec un avantage très déterminé. Mais il me semble bien que dans les quelques années qui ont suivi, à la télévision, j’ai essayé de ne jamais rater une des nombreuses rediffusions qui assuraient d’ailleurs à la chaîne programmatrice un audimat du tonnerre de Dieu. Read the rest of this entry »

Les nerfs à vif

juin 22nd, 2018

La haine qui rôde.

Une ville anonyme, sans intérêt apparent, du sud des États-Unis, peut-être la Floride. Une famille prospère, sans aspérité particulière. Le père, Sam Bowden (Gregory Peck), est avocat, sa femme, Peggy (Polly Bergen) semble rester au foyer, leur très jeune fille, à peine adolescente, Nancy (Lori Martin) paraît être une adolescente sans histoire. Ils ne sont ni antipathiques, ni particulièrement sympathiques, mais on devine dès l’abord que Sam l’avocat est un procédurier enquiquinant, un peu retors et sans doute peut prendre ici et là dans l’exercice de son métier quelques libertés avec la loi. Fait son apparition dans la bourgade un drôle de type à l’œil acéré et à la bouche mauvaise, Max Cady (Robert Mitchum). Il ne se cache pas : il vient de purger une peine de 8 ans de prison pour agression sexuelle qui lui a été infligée notamment du fait du témoignage de Bowden (tout cela est un peu trouble et flou). Read the rest of this entry »

En guerre

juin 19th, 2018

« Tout le monde a ses raisons ».

On est presque à la fin du film. Les ouvriers d’une usine de sous-traitance automobile d’Agen, qui va fermer pour manque de rentabilité en laissant 1100 personnes sur le carreau sont parvenus, après plusieurs mois de grève et d’actions quelquefois violentes, à arracher la réunion de la dernière chance. Le chef de file des grévistes, Laurent Amodéo (Vincent Lindon) ne supporte bientôt plus le discours policé et hermétique de ses interlocuteurs du patronat et apostrophe directement le PDG allemand (Martin Hauser) de la multinationale en parlant de la vie des ouvriers et des familles qui va être détruite par la fermeture de l’usine. Et le grand patron de lui opposer la loi internationale du Marché et de lui dire, substantiellement, Je vis dans un monde où cette loi s’applique. C’est dans ce sens que je titre ce message Tout le monde a ses raisons, une des phrases favorites de Jean Renoir. Read the rest of this entry »

Hier, aujourd’hui et demain

juin 17th, 2018

Les malheurs de Sophia.

Je n’attache pas énormément de poids aux distinctions que s’entre-attribuent à foison les professionnels de la profession, les Oscars, Césars, Palmes d’Or, Ours du même métal et tout le toutim mais je ne les voue pas pour autant aux ténèbres extérieures. Et puis les prix obtenus comme réalisateur par Vittorio De Sica ont couronné des films si éclatants (SciusciaLe voleur de bicycletteMiracle à MilanLe jardin des Finzi-Contini) que je ne pouvais qu’être favorablement disposé pour Hier, aujourd’hui et demain qui reçut l‘Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1963.

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La mort en ce jardin

juin 14th, 2018

Au bout de la forêt coule une rivière…

Il faut toujours se méfier de la vision sarcastique, noire, cruelle de Luis Bunuel : là où l’on croit assister à un récit d’aventures finalement assez classique, surgit à tous moments l’ironie et la singularité du cinéaste, qui n’a eu ni prédécesseur, ni successeur dans le genre. C’est exactement ce que dit, dans un des suppléments du DVD le critique Charles Tesson : La mort en ce jardin est un film de John Huston, mixage du Trésor de la Sierra Madre et de L’odyssée de l’African Queen mais réalisé par Luis Bunuel ; ce qui, en effet change tout et introduit une dose suffisante d’étrangeté pour qu’on y reconnaisse toujours la patte du réalisateur espagnol qui était alors, en 1956, au cœur de sa période mexicaine, entamée en 1947 par Le grand casino et conclue en 1962 par L’Ange exterminateur. Read the rest of this entry »

Une journée en enfer

juin 12th, 2018

Zim boum boum.

L’ombrageux, têtu et susceptible John McClane (Bruce Willis) qui, à la fin du deuxième épisode de la série qu’il incarne (58 minutes pour vivre), filait le parfait amour avec sa charmante femme Holly (Bonnie Bedelia) se retrouve, au début du troisième, à la fois séparé et alcoolique. Selon ce qu’il dit, il s’est disputé téléphoniquement avec la dame et, en une année, personne n’a eu l’élémentaire intelligence de rappeler l’autre. Cette dispute n’apporte rigoureusement rien au scénario, au demeurant, et je soupçonne qu’elle a été inventée pour la commodité de la réalisation, l’actrice n’étant pas disponible ou ne souhaitant pas reprendre le rôle. Pour le reste, on demeure sur les recettes les plus éprouvées qui ont fait le succès de la série et qui, on en convient volontiers, présentent une bien belle efficacité.

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Battement de cœur

juin 10th, 2018

Une jeune fille rangée.

Henri Decoin était encore le mari de Danielle Darrieux lorsqu’en 1939, après J’aime toutes les femmesLe domino vertAbus de confiance,  Mademoiselle ma mère et Retour à l’aube, il tourna avec elle Battement de cœur. Ça ne devait plus tellement aller bien entre eux, puisqu’ils divorcèrent en 1941, mais comme c’étaient deux artistes extrêmement bien élevés, ça ne les a pas empêchés de tourner ensuite le délicieux Premier rendez-vous (modèle de film léger, spirituel, fait pour permettre aux Français d’oublier un peu la pesanteur de l’Occupation) puis, bien plus tard il est vrai, La vérité sur Bébé Donge (remarquable adaptation de Simenon), Bonnes à tuer et L’affaire des poisons. Il y a quelque chose de charmant et de solide là-dedans.

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