Cent briques et des tuiles

juillet 8th, 2022

Guide du protocole et des usages.

Titre épouvantable comme il en a existé beaucoup dans le pire cinéma français des années 60 et 70, celles où il y avait encore des spectateurs rigolards et des salles de cinéma dans les quartiers périphériques et les petites villes de province. Faible notoriété du réalisateur, Pierre Grimblat, au cinéma ; surtout connu – et là très connu – pour ses activités de production et de télévision, des feuilletons, comme Navarro ou L’instit, jamais vus, mais qui ont eu, paraît-il un succès d’audience. Sur le grand écran, et de façon anecdotique, Slogan (1969), dont le seul mérite est d’avoir fait se rencontrer Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Read the rest of this entry »

Hôtel Monterey

juillet 7th, 2022

Le silence de l’ennui.

Difficile d’aller jusqu’au bout a-t-on écrit de ce film. Si difficile que je n’y suis pas parvenu. Et pourtant, au rebours de mon goût affirmé pour la franchouillardise, les répliques de Michel Audiard, la rudesse de Jean Gabin et d’Alain Delon, les fantasmagories de Jacques Demy et quelques milliers d’autres plaisirs, il m’arrive de céder à d’honorables démons. D’aller voir chez des cinéastes réputés hermétiques, difficiles, rigoureux, austères, s’il y a un peu de miel à gratter. Je m’étais deux fois frotté à Chantal Akerman avec, dans l’ordre Jeanne Dielman, 23 quai du commerce (1975) et avec Les rendez-vous d’Anna (1978). Des films lents, arides, austères, glacés et quelquefois glaçants. Je n’avais pas eu beaucoup de plaisir de spectateur, mais j’avais écrit que je trouvais ce cinéma ni médiocre, ni inintéressant. Read the rest of this entry »

Tetro

juillet 4th, 2022

Le long ennui.

Mais quelle tristesse, mon Dieu ! Quel sentiment d’avoir perdu deux heures de sa précieuse vie pour regarder les interrogations nombrilistes de Francis Ford Coppola ! À dire le vrai, c’est sur son seul nom que j’avais regardé le DVD et pourtant alors même que le réalisateur du Parrain, d’Apocalypse now et de Dracula ne m’est pas gage de qualité ! Mais, comme tout le monde il m’arrive – sottement – d’être impressionné par une notoriété, qui, en fait, n’a pas lieu d’être. Pourtant en regardant cette connerie majuscule de Tetro, j’avais souvent l’impression d’être dans un de ces films grotesques réalisés ou inspirés par l’inutile Marguerite Duras : du bavardage inspirant pour institutrices frustrées qui croient qu’elles accèdent ainsi à la sagesse et à la culture. C’est aussi absurde que glaçant. Read the rest of this entry »

La fille seule

juillet 1st, 2022

Étrangement intéressant.

J’étais à deux doigts d’écrire que ce film de 1995 réalisé par Benoît Jacquot, sans être déplaisant, ne valait pas grand chose. Ou plutôt ne valait que par la présence continue à l’écran, pendant 86 minutes du très joli minois de Valérie,(Virginie Ledoyen), jeune soubrette d’un grand hôtel parisien (le Concorde Saint-Lazare), qui vient de se découvrir enceinte des œuvres de son petit ami Rémi (Benoît Magimel) et ne sait pas trop ce qu’elle va faire de ce petit bout d’homme qui pousse en elle depuis quatre semaines. Tout le film – à l’exception notable de sa conclusion – se passe en temps réel mais porte cette interrogation grave. Read the rest of this entry »

Ulysse

juin 30th, 2022

La prison maritime.

Je crois qu’il n’y a presque rien de plus beau que L’Odyssée dans nos vieilles terres d’Europe ; que cette histoire de roi maudit condamné à errer sur la mer couleur lie de vin comme la décrit Homère, mer au sourire innombrable comme l’évoque Eschyle continue depuis près de trois mille ans à illuminer notre imaginaire. Lisez cela dans la belle traduction du grand helléniste Victor Bérard, qui date de 1924 mais n’a pas pris une ride : Le vaisseau filait sans secousse et sans risque et l’épervier, le plus rapide des oiseaux, ne l’aurait pas suivi. Il courait, il volait, fendant le flot des mers, emportant ce héros aux divines pensées, dont l’âme avait connu, autrefois, tant d’angoisses. Read the rest of this entry »

That’s entertainment III

juin 29th, 2022

Bouquet final.

Je ne suis pas tout à fait persuadé de la nécessité pour la Metro Goldwyn Mayerd’avoir, vingt ans après les deux premiers volumes, raclé le fin fonds de ses archives pour présenter That’s Entertainment III en 1994. D’ailleurs ce dernier tome n’a pas été présenté en Europe, semble-t-il, demeurant sur le seul marché domestique. Il est vrai pourtant que Il était une fois Hollywood (1974) et Hollywood, Hollywood ! (1976) avaient été des réussites enchantées mais, sans épuiser tout à fait le filon, avaient présenté à peu près tout ce qui devait être vu dans une anthologie de la comédie musicale MGM.

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Hollywood, Hollywood !

juin 28th, 2022

En marche pour le quadrille !

Messieurs les Producteurs le savent bien : lorsqu’un film rencontre un succès tonitruant et mérité, il est toujours tentant d’essayer d’en tirer une suite afin de profiter du bel élan des spectateurs. Voilà qui donne quelquefois d’interminables séquelles, notamment dans le genre de l’épouvante, les scénaristes épuisant tant bien que mal (presque toujours plus mal que bien) tous les replis, les fentes, les détails, les potentiels de l’œuvre originelle. La chose me semble plus rare dans le domaine du film de montage, de l’anthologie, car, en principe tout ce qu’il y a de meilleur figure déjà dans le premier volume. Et les deuxième, troisième sont souvent bâtis avec de bien médiocres fonds de tiroir. Read the rest of this entry »

Il était une fois Hollywood I

juin 27th, 2022

En route pour la grâce !

Les États-Unis d’Amérique ont empoisonné le monde depuis une large centaine d’années avec leur interventionnisme messianique délirant qui a semé la guerre partout, leurs hamburgers dégoulinants de graisse cuite et leurs sodas acides décapants. C’est une affaire entendue. Mais il faut mettre à leur crédit d’avoir créé une denrée rare et délicieuse, qu’eux seuls, à dire le vrai, ont su complétement maîtriser : la comédie musicale, genre qu’ils ont mis au monde, développé, enrichi, enluminé comme personne. C’est comme ça, il faut bien l’avouer. Read the rest of this entry »

Alphaville

juin 25th, 2022

La curiosité et un vilain défaut.

Il faut rendre hommage au contributeur inconnu de la notice d’Alphaville sur notre amie Wikipédia, contributeur qui parvient à discerner un scénario dans ce monument d’inanité et d’ennui qui n’a comme seule qualité que d’être assez bref (1h35). Cela étant dit, l’histoire exposée est d’une telle banalité, elle est si tributaire de l‘air du temps(celui de 1965, bien sûr) que son éclaircissement n’a aucune espèce d’importance ; elle fait penser aux pires romans de science-fiction de Philip K. Dick, ces ennuyeuses dénonciations d’un monde où la science, la rationalité, la technique ont remplacé l’élan vital de l’Humanité. Read the rest of this entry »

Règlement de comptes à O.K. Corral

juin 22nd, 2022

Nocturne sans Indiens.

Comme il est long, languissant, ce film, où les Étasuniens, au lieu de nous montrer ce qu’ils possèdent en propre et ce qu’ils savent le mieux faire, tentent d’entrer dans les raffinements de la vieille Europe civilisée ! Qu’on le veuille ou non, la légende de l’Ouest, c’est la belle tenue des paysages arides et stupéfiés de soleil de l’Arizona et les cruelles peignées mises par les colonisateurs (sauvés de la déroute au dernier moment par la Cavalerie !) aux féroces Peaux-rouges. Mais dès que le Nouveau Monde essaye de singer de façon plutôt grossière nos raffinements décadents, ça fait plutôt rire… Read the rest of this entry »