Les hommes préfèrent les grosses

octobre 20th, 2019

Vive la liberté !

Les hommes préfèrent les grosses a été réalisé par Jean-Marie Poiré en 1981, il y a donc presque trente ans. Une génération. En revoyant hier cette excellente comédie pour la sept ou huitième fois, en y prenant toujours autant de plaisir, je me disais que nous avions alors bien de la chance ! Est-ce que l’on imagine, dans ce glacial et glaçant début de 21ème siècle qu’il serait possible de tourner un film doté d’un titre pareil, sans se faire traiter d’un de ces nouveaux mots incantatoires qui ont pour effet de vous dénier droit à la parole ; tout ces mots en -phobe qui vous disqualifient. Read the rest of this entry »

Watchmen – Les gardiens

octobre 18th, 2019

À mille encablures…

Il faut bien que je me rende à l’évidence, que je m’y résigne, que je tire des conclusions presque définitives. Quoi que je fasse et quel que soit l’avenir, je suis arrivé à un moment de mon existence où je ne suis plus capable de comprendre certaines évolutions du monde et de ce que je ne suis pas certain de pouvoir encore appeler cinéma. Et ceci – qui me glace -, alors que je constate que Watchmen – Les gardiens est un film qui a été tourné en 2009, il y a dix ans, époque où mes neurones étaient moins flagada qu’aujourd’hui. Le Temps est une donnée à peu près toujours aussi impitoyable. Read the rest of this entry »

Brûle, sorcière, brûle!

octobre 16th, 2019

Ma femme est une sorcière !

Le titre magnifique, angoissant, haletant du film mythique du peu notoire Sidney Hayers n’exprime pas tout à fait le type d’angoisse qu’il décrit. Brûle, sorcière, brûle ! me faisait songer, la première fois que j’en ai entendu parler aux troubles folies satanistes du 18ème siècle des Sorcières de Salem ou de tous les récits qui mettent en jeu les forces du Mal de façon un peu gothique et tonitruante. Et voilà qu’en fait le film pourrait tout autant se rattacher à des domaines du Mal assez bonhommes, presque confortables, s’insèrent dans les réalités que nous connaissons : voilà qui va de Rendez-vous avec la peur à Rosemary’s baby en passant par L’œil du Malin. Read the rest of this entry »

Paris 1900

octobre 14th, 2019

C’était il y a mille ans.

J’ai toujours entendu présenter Paris 1900, film de montage de Nicole Vedrès comme la plus belle illustration au cinéma de ce que furent les quatorze premières années du siècle, similaire dans le domaine de la littérature à Comment j’ai vu 1900 de la Comtesse Jean de Pange ou 1900 de Paul Morand. Une sorte de bijou qui a conté ce qu’on a appelé La belle époque, qui l’est devenue tant et tant à la suite des sidérations d’horreur qu’ont été les deux guerres mondiales, celles qui ont fait exploser le monde stable, fier de lui-même, conscient de son opulence et croyant en sa stabilité, en son immuabilité, même. Expression presque incantatoire qui a figé une période bien plus compliquée qu’il n’apparaît. Read the rest of this entry »

2012

octobre 11th, 2019

Tout doit disparaître !

Dût la chose étonner de la part d’un individu aussi grognon et réactionnaire que moi, je n’ai pas trouvé désagréable ce film de catastrophe et de survie, bâti sur un schéma archi-classique, mais tout de même serti de quelques originalités. Bien sûr le politiquement correct dégouline à plein régime : le président des États-Unis Thomas Wilson (Danny Glover) est noir et se sacrifie courageusement ; le Président de la République française (qu’on aperçoit fugitivement) est une femme et les deux méchants sont des Blancs ventripotents et sans scrupules, l’Étasunien Carl Anheuser (Oliver Platt) et l’oligarque russe Yuri Karpov (Zlatko Buric). La figure la plus pure, le scientifique Adrian Helmsley (Chiwetei Ejiofor) est également noire et fricotera, à la toute fin avec Laura Wilson (Thandie Newton) la fille du valeureux Président qui s’est – métaphoriquement parlant – englouti avec le navire des quelques milliards de Terriens qui ont disparu. Read the rest of this entry »

Un condamné à mort s’est échappé

octobre 9th, 2019

Un voyageur solitaire est un diable.

Je ne suis pas tout à fait certain (et même pas certain du tout) qu’Un condamné à mort s’est échappé va me réconcilier avec le cinéma de Robert Bresson, réalisateur révéré et respecté à peu près au rang de l’ennui rigoureux qu’on ressent en voyant ses œuvres. C’est à peu près comme les pièces de théâtre qui sont interprétées sur les scènes nationales, c’est-à-dire les salles subventionnées par l’État : généralement on s’y enquiquine tellement qu’on n’ose qu’à peine le dire, de façon à demeurer dans le trip du groupe d’amis (du groupe de relations, plutôt, l’amitié, c’est autre chose) qui vous a trimballé aux Amandiers, à Nanterre ou à la Colline, du côté du cimetière du Père La Chaise. Read the rest of this entry »

Patti Smith, dream of live

octobre 4th, 2019

Nauséabond et vomitoire.

Remarquez, je l’ai bien cherché ! Je traîne, je trouve, je prends un DVD sur une étagère ; le nom de Patti Smith me dit vaguement quelque chose, mais si je me doute bien que ce n’est pas une soprano wagnérienne, j’hésite entre une chanteuse engagée de type Joan Baez et une lumineuse diva soul de type Diana Ross. Je me sais assez béotien en matière de musique, mais, bon bougre que je puis être je n’ai rien contre, un soir tranquille et vaticinant, découvrir une voix, des harmonies, des atmosphères inhabituelles. Roule, ma poule !, me dis-je, presque étonné de mon audace en glissant le DVD dans mon lecteur. Read the rest of this entry »

L’homme léopard

octobre 3rd, 2019

La nuit ne suffit pas.

Comme Jacques Tourneur n’a jamais bénéficié dans sa carrière hollywoodienne de la confiance absolue des financiers, il lui a fallu compenser la relative modestie des moyens qui lui étaient alloués par de l’inventivité. Et, ma foi, l’utilisation d’artifices et de bouts de ficelle ne donne pas toujours de mauvais résultats puisqu’elle permet à l’esprit de divaguer et de substituer à la crudité de l’image brute des atmosphères souvent bien plus inquiétantes. Tourneur a excellé dans cette technique de l’allusif et du suggéré. C’est en tout cas avec ce procédé qu’il a tourné sa trilogie de la peur : La félineVaudou et L’homme léopard. Read the rest of this entry »

Une méthode dangereuse

septembre 28th, 2019

Là où il y a d’la gêne…

Je gage qu’il faut être non seulement bien plus frotté que moi des théories de la psychanalyse, mais aussi s’intéresser avec une certaine constance à ces coquecigrues pour ne pas s’ennuyer profondément au récit très didactique mis en scène par David Cronenberg. Un récit adapté d’une pièce de théâtre elle-même issue d’un roman ; tout cela, au demeurant, paraît assez fidèle aux relations singulières, ambiguës puis exécrables qui ont existé entre Sigmund Freud (ici Viggo Mortensen) et Carl Jung (Michael Fassbender), autour de la singulière Sabina Spielrein (ici Keira Knightley). Read the rest of this entry »

L’argent des autres

septembre 25th, 2019

Passez muscade !

Des films qui dénoncent les magouilles et les scandales des multinationales, des grandes banques, des chevaliers d’industrie, il y en a une bonne quantité. Disons, dans le désordre, Mort d’un pourri de Georges Lautner en 1977, La banquière de Francis GirodLe sucre de Jacques Rouffio, l’un et l’autre en 1978, Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil en 1980, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre en 1981. Remarquez bien que ces dénonciations, pertinentes et bienvenues n’ont jamais rien changé à la marche du monde et surtout à celle du monde des affaires. Mais enfin, cela permet aux cinéastes de prendre la pose et de se définir comme de valeureux combattants de la Vertu (V majuscule, évidemment). Read the rest of this entry »