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La petite

samedi, janvier 10th, 2015

Le tapin tranquille.

C’est curieux, comme le temps passe… En 1978, lorsque j’ai vu La Petite, à sa sortie sur les écrans, ni le cadre d’un bordel confortable de la Nouvelle Orléans en 1917, ni la juvénilité de Violet (Brooke Shields), La Petite, ne m’avaient particulièrement choqué. J’avais simplement été un peu déçu par la lenteur et la minceur de l’intrigue du film de Louis Malle, dont la dernière œuvre, Lacombe Lucien avait été un formidable coup de fouet dans un paysage endormi et qui commençait avec ce film, d’un autre genre de venin, une nouvelle carrière Outre-Atlantique.

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Quatre mariages et un enterrement

mercredi, janvier 7th, 2015

18798036Rule Britannia !

Curieux film, qui fut un succès formidable et montra qu’on n’enterre pas si facilement que ça le cinéma britannique, qui fut si vivace et si original, qui est sans doute un peu écrasé par sa proximité – au moins langagière – avec le cinéma étasunien mais qui conserve un caractère et une pertinence qui font plaisir à voir. Vingt ans que Quatre mariages et un enterrement est sorti sur les écrans, mais il conserve sa force comique et sa force émotive alors même que son réalisateur, Mike Newell, qui marqua là son unique coup d’éclat, s’est depuis lors englouti dans les films de série (Harry Potter et la coupe de feu), inspirées même d’un jeu vidéo (Prince of Persia).

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Le fantôme de la liberté

mercredi, janvier 7th, 2015

Le_fantome_de_la_liberteTardif, très tardif…

Drôle de réalisation que ce film tardif de Luis Bunuel, son pénultième avant Cet obscur objet du désir. Sans doute ne peut-on jamais rester vraiment indifférent devant un cinéaste totalement atypique, assez cinglé, assez cruel, assez intelligent pour faire apparaître des images impressionnantes dans n’importe quelle séquence. Mais là, on tire la ligne jusqu’au bout. Ou plutôt on revient aux origines surréalistes du réalisateur, ce goût provocant (et un peu vain) pour les billevesées du type Cadavre exquis, l’écriture automatique, les raccrochages singuliers d’une anecdote à une autre.

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Les saveurs du Palais

mardi, janvier 6th, 2015

Trufficulture.

Petit film qui se laisse voir d’un réalisateur, Christian Vincent, qui avait entamé sa carrière par un film original, La discrète, mais qui s’est perdu ensuite dans l’insignifiance (ou, si l’on préfère, dans les marécages du cinéma français archi subventionné).

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Les Tontons flingueurs

lundi, janvier 5th, 2015

« Touche pas au grisbi ,salope ! »

Je veux bien qu’on cherche des noises aux Tontons flingueurs, qu’on les prenne de haut, qu’on trouve que le scénario n’est pas bien construit, que les acteurs en font des tonnes, que les dialogues de Michel Audiard envahissent l’espace au point de ne pas laisser grand chose d’autre demeurer (sinon la musique de Michel Magne…). Je veux bien qu’il y ait ici et là des longueurs, que Georges Lautner tire ici et là à la ligne, par exemple lors de la visite pré-nuptiale – si j’ose dire – d’Amédée Dieulafoy (magnifique Pierre Bertin soit dit en passant). Je veux bien que ce cinéma d’une extrême franchouillardise parfaitement assumée (fumet du bœuf miroton, de la blanquette de veau, du gigot-flageolets, du poulet rôti et du navarin d’agneau) puisse agacer dans une époque où cette France-là, qui fut si douce, est sommée de s’adapter à un monde mondialisé.

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La ligne générale

samedi, janvier 3rd, 2015

« Allons au devant de la vie… »

Il ne me vient évidemment pas une minute à l’esprit de reprocher à Eisenstein d’être un cinéaste engagé et de réaliser un film de pure propagande. Après tout nous sommes d’assez grands garçons pour faire la part des choses et distinguer au milieu du brouhaha idéologique la patte de l’artiste et ce qu’il a pu amener de beauté au monde. Les quelques séquences que j’aie pu voir du Triomphe de la volonté consacrées par Leni Riefenstahl aux célébrations nazies du Congrès de Nuremberg en 1934  – et dont je déplore qu’on ne puisse les voir en DVD – sont à la fois fascinantes et monstrueuses, c’est entendu. Mais la monstruosité fait aussi partie de la réalité du monde.

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Umberto D

mercredi, décembre 31st, 2014

Dignité de la misère

Mais qui est Umberto Domenico Ferrari, au juste, que nous allons suivre l’espace de quelques jours ou de quelques semaines dans la Rome de 1952 ? Nous ne le savons pas, pas plus que nous ne saurons ce qu’il va lui advenir alors que le mot Fin s’est inscrit sur l’écran et que rien de ce que nous lui avons vu endurer n’a changé. La fortune, la jeunesse ou la chaleur humaine ne lui sont pas tombées du Ciel. Au moins dans Miracle à Milan, la parabole à la fois la plus belle et la plus douce de Vittorio De Sica, les pauvres, conduits par Toto (Francesco Golisano) s’évadent de la Terre, qui leur est si dure, pour gagner le Paradis. Mais Umberto D va rester encore quelque temps ici-bas à jouer avec son petit chien Flike et dès qu’il aura fini de lui lancer une balle ou de le faire se dresser sur ses pattes, la misère et la solitude viendront lui faire un clin d’œil vorace. (suite…)

L’aventure de Mme Muir

mercredi, décembre 31st, 2014

Conte de fées pour grandes personnes.

Je ne suis pas autant tombé, ou retombé, sous le charme que je l’espérais, mais j’ai été très séduit non seulement par l’extraordinaire beauté de Gene Tierney (qui ne le serait ?), mais aussi par l’atmosphère romanesque et ravissante de ce conte de fées pour grandes personnes. Cela dit et paradoxalement, ce sont sans doute ces mêmes aspects qui me retiennent d’aller jusqu’au chef-d’œuvre, ni même à la note maximale.

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Quai d’Orsay

mercredi, décembre 31st, 2014

Et les Shadoks pompaient, pompaient…

Surtout, et sous le prétexte que le film est réalisé par le même Bertrand Tavernier, ne pas penser qu’il pourrait se comparer à Que la fête commence qui présentait avec une force rare ce que j’avais appelé dans mon commentaire d’alors L’angoisse du Pouvoir : le moment où le détenteur de ce Pouvoir doit prendre des décisions dont la gravité dépasse la plupart du temps la norme humaine. Dans Quai d’Orsay n’est montrée que l’écume des choses, le tressautement hystérique, le rythme infernal d’un cabinet ministériel contemporain, ce qu’Albert Cohen appelait le tremblement inutile des gens qui mourront demain. Et encore est-ce présenté sous une forme plaisante, sarcastique, moqueuse alors que l’excellent Exercice de l’État montrait la face grave, la face sombre de l’impuissance dans quoi nos civilisations et nos pays sont tombés.

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Louise-Michel

mardi, décembre 30th, 2014

Sale cinéma.

Parce que je me dis qu’à chaque fois que Yolande Moreau apparaît à l’écran il va se passer quelque chose d’intéressant, j’ai voulu regarder Louise-Michel ce soir. J’étais pourtant prévenu, depuis le piteux Le grand soir vu il y a quelque temps que Gustave Kervern et BenoÎt Delépine n’étaient que des lanceurs d’idées, incapables de tenir un film dans la durée. Je me suis laissé avoir.

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