Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Pauvres, mais beaux

lundi, janvier 28th, 2019

Ravages.

Il me semble vraiment qu’il faut avoir un certain goût pour le cinéma italien et pour un de ses plus éminents réalisateurs, Dino Risi, pour apprécier à sa mesure ce premier volet d’une trilogie optimiste. Car après Pauvres, mais beaux, en 1956, sont venus Belles, mais pauvres, l’année suivante, et enfin Pauvres millionnaires en 1959. Il y a encore l’impulsion du néo-réalisme, il n’y a pas tout à fait le regard de la comédie à l’italienne. On pourrait qualifier tout cela de néo-réalisme optimiste ; on sent en tout cas que quelque chose bouillonne, en Italie et qui apportera au cinéma mondial bien davantage que les errements de la Nouvelle vague française, pourtant bien davantage célébrée. (suite…)

L’une chante, l’autre pas

samedi, janvier 26th, 2019

Vies libérées, vies gâchées ??

Il faut bien que je me rende à l’évidence : certains cinéastes dont je ne partage pas du tout les points de vue, les orientations politiques, les engagements, peuvent figurer aussi parmi ceux dont l’œuvre me touche le plus. Parmi eux s’il y a assurément Robert GuédiguianLucas Belvaux, il y a aussi Agnès Varda. Certes la dame de la rue Daguerre est bien loin de n’avoir tourné que du cinéma militant : on chercherait sans doute sans succès la moindre trace partisane dans Cléo de 5 à 7Le bonheur ou Sans toit ni loi, ni dans les documentaires, DaguerréotypesLes demoiselles ont eu 25 ans ou Les plages d’Agnès. Un peu davantage en revanche dans Les glaneurs et la glaneuse(suite…)

Messieurs les ronds-de-cuir

jeudi, janvier 24th, 2019

L’aiguille creuse.

Du merveilleux roman de Georges Courteline, paru en 1893, voici la troisième version, simplement télévisée et réalisée (?) par l’habituellement excellent Daniel Ceccaldi.La plupart des critiques s’accordent à dire que la première adaptation, tournée par Yves Mirande en 1936, avec Lucien Baroux,Pierre LarqueyJean TissierSaturnin FabreArletty est largement supérieure à la seconde date de 1959 ; elle est due à Henri Diamant-Berger, date de 1959, et réunit notamment Noël-NoëlPierre BrasseurMichel SerraultJean PoiretPhilippe ClayJean ParédesJane Sourza. Et voilà qu’en 1978, Ceccaldi fait tourner Raymond PellegrinClaude DauphinBernard Le CoqMichel PeyrelonMichel RobinEvelyne Buyle et bien d’autres. (suite…)

Casanova 70

dimanche, janvier 20th, 2019

Le babilan intrépide.

On ne va pas classer ce film du merveilleux Mario Monicelli au rang de ses meilleures réalisations, Le pigeonLes camarades, ni surtout Mes chers amis : c’est plaisant, habile, quelquefois très drôle, c’est enluminé par le jeu toujours très juste de Marcello Mastroianni et par la beauté de plusieurs des agréables gourgandines du cinéma de l’époque (1965), Marisa MellVirna LisiMichèle Mercier voire des moins notoires, mais bien agréables à regarder Moira Orfei et Margaret Lee. Et ajoutons même que le cher Bernard Blier y fait une courte pige. (suite…)

Niagara

jeudi, janvier 17th, 2019

 Méfiez-vous des chutes !

Franchement, est-ce que quelqu’un se souviendrait de ce film, au scénario rebattu, tourné par un artisan sans génie du cinéma étasunien, s’il n’était illuminé par la séduction vénéneuse de Marilyn Monroe (qui disparaît malheureusement vingt minutes avant la fin et dès lors c’est un peu ennuyeux) ? Et aussi, sûrement peut-être davantage par le cadre qui donne son nom au film, les chutes du Niagara, qui ne sont ni les plus hautes, ni les plus spectaculaires du monde, celles du Zambèze, entre la Zambie et la Rhodésie (Victoria falls) et celles d’Iguazu, au Brésil étant, paraît-il, plus grandioses. Mais les chutes du Niagara ont l’avantage d’être admirablement situées, à la frontière du Canada et des États-Unis et d’avoir de longue date été aménagées pour la séduction des touristes et la prospérité du commerce local.

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Dialogue des Carmélites

jeudi, janvier 17th, 2019

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Marche au supplice

D’une vision télévisée très ancienne, je ne conservais guère que le souvenir des dernières séquences, qui sont absolument bouleversantes, sauf à être de ceux qui ricanent devant le sacré et le vrai pathétique et qui relatent le martyre des seize Carmélites de Compiègne, guillotinées le 17 juillet 1794, seulement onze jours avant que le buveur de sang Robespierre et sa clique de fous furieux soit conduite à l’échafaud le 27 juillet (9 Thermidor an II). On peut ne voir là qu’une coïncidence ou peut-être bien l’exaucement par Dieu du vœu solennel que les religieuses avaient formé pour obtenir la fin des violences et la paix pour l’Église et l’État. (suite…)

Total recall

dimanche, janvier 13th, 2019

Coquecigrues.

Parodiant une séquence récurrente de la mythique émission Les raisins verts de Jean-Christophe Averty, je pourrais m’exclamer comme le Professeur Choron : Que ceux qui ont compris quelque chose à ce salmigondis interminable nous écrivent : ils ont gagné !. S’il est de fait que, même aux temps où je dévorais exclusivement de la science-fiction, je ne me plaisais pas tellement aux histoires fuligineuses de Philip K. Dick, je parvenais néanmoins, en m’accrochant, à saisir le sens général de Ubik ou du Maître du haut château. Mais pour le film de Paul Verhoeven, réalisateur que je tiens pourtant en haute estime (La chair et le sangStarship troopersElle), alors là, rien du tout, nib de nib. Et davantage. (suite…)

120 battements par minute

jeudi, janvier 10th, 2019

Le masque de la mort rose.

Je me méfie assez des films trop unanimement appréciés et couverts d’un nombre invraisemblable de prix et de récompenses : quand tous le jurys, toutes les académies, tous les groupements et syndicats de journalistes ou d’auteurs font pleuvoir sur un film, un réalisateur et des acteurs un déluge de mentions et de célébrations, on peut souvent se dire qu’il y a anguille sous roche. Et même qu’on n’a pas osé faire moins lorsqu’a été mise en scène une cause jugée incontestable (en tout cas non-critiquable en soi) et la réalité de drames humains survenus. Et si je renonce à citer tout ce qu’a obtenu 120 battements par minute, dont la liste est impressionnante, il faut tout de même citer le Grand prix du Jury et le Prix de la critique internationale au festival de Cannes et six Césars 2018, dont celui du meilleur film et celui du meilleur scénario. (suite…)

Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse

mercredi, janvier 9th, 2019

Le bruit et la fureur.

Et voilà que je ne suis pas loin de classer ce grand mélodrame flamboyant au premier rang des films que j’ai vus de Vincente Minnelli, alors même que beaucoup d’amateurs font la fine bouche et jugent que ce long récit plein de bruit et de fureur ne vaut pas tripette. Et pourquoi donc ? Parce que le roman de Blasco Ibanez (dont tous les écoliers d’antan avaient lu les magnifiques Arènes sanglantes) a été passablement modifié, transposé selon les exigences de la production de la 1ère à la 2ème guerre mondiale et que l’adjonction de la barbarie nazie à une histoire déjà bien romanesque est de trop ? Quelle absurdité ! Tant à faire dans l’emphatique et le baroque, autant convier autour de la table tous les sinistres convives possibles !

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Apollo XIII

lundi, janvier 7th, 2019

Oh la belle bleue !

C’est tout de même là une démonstration évidente de la puissance de la pénétration des États-Unis d’Amérique dans l’imaginaire mondial ! Voilà une adaptation (sûrement très fidèle, on ne reviendra pas là-dessus) du livre de James Lovell (dans le film interprété par Tom Hanks) qui relate la catastrophique mission Apollo XIII, dont il était le chef. Voilà un salmigondis de situations d’apparence très indigeste et d’une technicité qui dépasse les capacités scientifiques et pratiques de la quasi totalité de l’Humanité, puisque la concentration de cerveaux remarquables qui peuple les centres de décision de la mission se tient très au dessus de nos modestes connaissances. (suite…)