Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Belle du Seigneur (film)

mercredi, février 5th, 2020

Il y a dans le scandale recherché quelque chose de bien vulgaire

Comment ça ! Vous avez le culot de mettre un infâmant 1 à un film que vous n’avez pas vu et que vous vouez sans nuances aux gémonies ? Vous êtes décidément un drôle de zigoto !

Eh oui, je n’ai pas vu ça, ne le verrai jamais et j’ai de toutes mes fibres espéré que cette mauvaise action ne se commettrait pas. Pourquoi ?

Eh bien moi, qui pense être un assez bon connaisseur de l’œuvre d’Albert Cohen, totalement inadaptable, tant sa langue et ses extraordinaires chatoiements ne peuvent être transposés, je frémissais rien qu’à l’idée qu’un crétin prétendait s’emparer de ce livre admirable ! Le bide extraordinaire et mérité du Mangeclous de Moshé Mizrahi ne leur avait donc pas suffit ???

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Moi, Gagarine

samedi, février 1st, 2020

Le néant subventionné.

Cette chose informe, qui dure 61 minutes difficilement supportables, a été subventionnée par une kyrielle d’organismes bien-pensants. Le CNC, France 2 (nos impôts !!!), Lyon Capitale TV et aussi d’autres organismes, plus ou moins assistés ou bénéficiant de déductions fiscales intéressantes (toujours nos impôts !!!). Qu’une ânerie pareille ait bénéficié de telles grasses complaisances en dit long sur le petit monde de l’entre-soi cinématographique. Si l’on fait partie du Camp du Bien, on a droit à une abondante avoine dans la mangeoire. Si l’on n’en fait pas partie, on peut toujours se brosser, comme Cheyenne Carron qui poursuit son chemin en accumulant les pires difficultés. (suite…)

La vie de plaisir

jeudi, janvier 30th, 2020

Drôle de fourmilière.

Je viens de découvrir La vie de plaisir qui est le deuxième film que je voyais d’Albert Valentin, après Marie-Martine. À l’un et l’autre film, je mets une note excellente et je me dis qu’en les regardant à nouveau quelque jour, il n’est pas certain que je ne les apprécierai pas davantage. Et pourtant la notoriété de ce cinéaste d’origine belge est bien confidentielle. Pourquoi ? D’abord il n’a pas beaucoup tourné lui-même, alors qu’il a été le scénariste de nombre d’œuvres, certaines très ou assez réussies (Le ciel est à vousAu p’tit zouaveL’étrange Madame X), d’autres moins convaincantes (L’affaire des poisonsArchimède le clochardLe bateau d’Émile) ; il n’a pas beaucoup tourné – et il faudrait que je voie L’entraîneuse avec Michelle Morgan – parce que, précisément La vie de plaisir a causé un tel scandale dans la France de la fin de la guerre (sortie le 16 mai 1944 !!!) que le cinéaste a pratiquement été interdit de tourner, de la même façon que Henri-Georges Clouzot. Quand les ukases ont été levés, le feu sacré s’était sans doute éteint… Une carrière brisée net. (suite…)

Leaving Las Vegas

mercredi, janvier 29th, 2020

Sur les rives du Styx.

Ben Sanderson (Nicolas Cage) ne boit pas : c’est pire. Il avale, il ingurgite, il absorbe du whisky, du gin, du bourbon, de la vodka, de la tequila, engloutis directement au goulot des bouteilles ; il ne me semble pas avoir jamais vu un alcoolisme aussi quantitatif, si je puis dire, au point qu’on a presque du mal à y croire parce qu’on se dit qu’on aurait soi-même roulé sous la table si on dévorait le quart du tiers dont ce scénariste en pleine déglingue démolit sa vie. Sa femme l’a quitté ; boit-il parce qu’il a été quitté ou a-t-il été quitté parce qu’il buvait ? La question demeure incertaine, y compris pour lui. Sa femme est partie et son patron de Los Angeles le fiche à la porte : on sait d’emblée qu’il n’y aura pas d’issue. Il en est d’ailleurs tellement conscient qu’il décide d’aller terminer son existence à Las Vegas parce qu’au moins là-bas, au Nevada, on peut acheter de l’alcool à toute heure du jour et de la nuit et partout. (suite…)

Sideways

samedi, janvier 25th, 2020

Avec une poignée de terre.

Finalement, alors que, grâce à leur beauté, à leur rapport avec la Civilisation, au rapport avec notre identité française nos terroirs devraient donner aux réalisateurs des tas d’idées de scénarios, il n’y a pas tant que ça de films qui donnent sa place au vin, la première, la meilleure et la plus belle boisson du monde. A part les assez gentils MondovinoSaint AmourTu seras mon filsCe qui nous lie, films estimables mais sans éclat, que pouvons-nous dire alors que nous sommes le creuset de ce breuvage magique et merveilleux ? Pas grand chose ; et c’est aussi pour ça que nous devons subir Coca-Cola.

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Les ailes du désir

mardi, janvier 21st, 2020

Les anges de l’ennui.

Voilà un monument d’ennui et de prétention qui a eu un très grand succès, critique – ce qui n’a rien d’étonnant – mais aussi, paraît-il, public, ce qui m’étonne et me fait songer à un de ces effets de mode qui font que le spectateur féru de France-Culture et des théâtres subventionnés se ferait tuer sur place plutôt que d’avouer qu’il s’est copieusement enquiquiné. On pourra dire tout ce qu’on veut sur la fluidité de la mise en scène et la qualité de la photographie – choses à quoi l’amateur ne fait pas attention, lorsque le film l’émerveille -on se demande à quoi rime cette pérégrination à prétention métaphysique dans un Berlin hideux et bariolé. (suite…)

Invasion Los Angeles

vendredi, janvier 17th, 2020

Foire des ténèbres.

On comprend assez bien que le réalisateur John Carpenter bénéficie d’une certaine aura dans le domaine vaste du cinéma de genre. C’est convenablement construit et mené, c’est de l’ouvrage passable, assez solide toutefois pour résister à la vision après quelques décennies et il y a quelques situations et images originales qui font qu’on ne peut pas tout à fait négliger le film qu’on regarde, même si on en voit bien les insuffisances et les roublardises. En d’autres termes on n’est pas dupe, mais on ne demande pas mieux que se laisser avoir par le fil du récit présenté. (suite…)

Une vie cachée

mardi, janvier 14th, 2020

La moisson du Ciel.

Que se passerait-il vraiment si ceux qui se disent chrétiens – et dont je suis ou que j’essaye d’être – suivaient vraiment la Parole divine et mettaient vraiment en pratique ce qu’ils lisent dans l’Écriture ? Comment serait la Terre si ceux-là avaient seulement le grain de Foi qui permettrait de déplacer les montagnes, selon le propos du Christ rapporté par les Évangiles de Matthieu (17.20) et de Marc (11.23) ? (suite…)

Top of the Lake

dimanche, janvier 12th, 2020

Cinq mois chez les sauvages.

Je ne suis pas très familier avec ce qui semble, depuis une vingtaine d’années, remplacer le classique film de cinéma : c’est-à-dire ce qu’on appelle les séries et que je persiste à nommer feuilletons lorsque les scénarios ne sont pas indépendants les uns des autres et doivent se voir successivement, de la présentation des personnages à l’épilogue. Je ne sais pas très bien pourquoi le genre s’est imposé avec tant de force et paraît séduire tant de publics de toute nature. Peut-être la durée relativement restreinte (moins d’une heure) de chaque segment, durée qui se conjugue avec, en sens inverse, la longue durée de l’histoire répartie sur de nombreux épisodes voire plusieurs saisons. (suite…)

Jenny

mercredi, janvier 8th, 2020

Le traité du vain combat.

Premier long- métrage de Marcel Carné, première collaboration avec Jacques Prévert, mais aussi avec Joseph Kosma à la musique, Jean d’Eaubonne aux décors, Roger Hubert à la photographie. Prémisses et prestiges de l’âge d’or du cinéma français. Un beau mélodrame à sentiments et personnages outrés, à déroulements évidents et où ne manque pas même la goutte de fiel terminale. Ça n’échappe pas toujours à la grandiloquence et au romanesque de la malédiction des filles perdues, mais ça fonctionne plutôt bien, propulsé par le talent des acteurs et la qualité des dialogues. (suite…)