Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Munich

samedi, janvier 21st, 2023

Et on tuera tous les affreux…

Il me semble que plusieurs des commentateurs du film de Steven Spielberg ont été fortement choqués par la dimension vengeresse du film. Celle qui pousse Golda Meir (ici Lynn Cohen), Premier ministre d’Israël à décider que pour venger l’assassinat de onze membres de la délégation du pays aux Jeux olympiques de Munich, en 1972, onze cadres ou inspirateurs de Septembre noir, l’organisation terroriste palestinienne, seront poursuivis et exécutés. Cela afin que le monde entier sache que désormais les Juifs ne se laisseront plus tuer sans répondre.

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Le spectre du professeur Hichcock

jeudi, janvier 19th, 2023

Le malheur dans le crime.

Déjà, précisons les choses : Le spectre du professeur Hichcock (1963) n’est pas vraiment la suite de L’effroyable secret du docteur Hichcock, sorti sur les écrans l’année précédente, mais une sorte de réécriture, comme une variation sur le même thème. Thème bien connu du savant fou qui prétend bouleverser la nature des choses, se présente en Prométhée arrogant devant la réalité du monde, se définit comme un démiurge capable de la dompter. Toutes les créatures de Frankenstein créées depuis Mary Shelley et sûrement auparavant se définissent, menton orgueilleusement dardé, en auxiliaires de la Création. Comme la mesure d’eux-mêmes. (suite…)

Dark waters

mardi, janvier 17th, 2023

On ne nous dit pas tout.

Voilà un film militant, engagé, résolument agressif vis-à-vis des agissements des multinationales et du capitalisme monopoliste ; un film qui montre un citoyen, avocat associé d’un grand cabinet de conseil, mais n’est guère plus engagé que vous et moi. Un type plutôt tranquille et intégré, qui se dresse contre la fortune anonyme et vagabonde et parvient avec une belle forme d’héroïsme à claquer la figure d’une entreprise aussi importante que la chimique DuPont de Nemours. Un paladin à la fois médiocre et obstiné qui a pour lui une sacrée foi dans l’honnêteté et l’effroi devant le mépris que les grandes entreprises nourrissent pour les pauvres, les minables, les gens de peu. Donc pour beaucoup de monde. (suite…)

Fantasia chez les ploucs

dimanche, janvier 15th, 2023

Au dessous de zéro.

Non, non, c’est épouvantable, c’est affligeant, c’est minable, c’est ridicule, c’est pitoyable. C’est même indécent. Et quand j’écris cela, ce n’est évidemment pas pour critiquer la tenue minimale de Mireille Darc, qui ne l’est d’ailleurs pas tant que cela et qu’on aurait au contraire aimé admirer plus souvent et plus franchement. Car montrer une strip-teaseuse déshabillée, ce n’est tout de même pas un exploit et exhiber le corps de la délicieuse Mireille, ça n’a jamais été rare. Tous les amateurs de beautés vives, souriantes, gracieuses, gaies, intelligentes, narquoises, appétissantes et des tas d’autres choses encore me comprendront. (suite…)

Chercheuses d’or de 1933

vendredi, janvier 13th, 2023

Digue, digue, dong.

J’ai été plutôt déçu – mais il est vrai que je m’attendais à beaucoup, beaucoup mieux, de bien plus nombreux numéros de cabaret – par Chercheuses d’or de 1933. Et cela alors que le genre féerique, léger, superficiel, presque onirique de ces grands plateaux de music-hall peuplés d’une ribambelle de jolies filles sagement dévêtues est de ceux qui m’enchantent. En fait, c’est seulement un peu mieux que les deux films de Robert Z. Leonard, c’est-à-dire Le grand Ziegfeld et La danseuse des folies Ziegfeld. Mais ça souffre de plusieurs défauts, notamment la médiocre qualité de la musique due à Harry Warren. (suite…)

Le port des passions

vendredi, janvier 6th, 2023

Le goût du pétrole.

Ah, que c’est agréable de voir les bouseux ennemis du progrès humiliés jusqu’au tréfonds par les artisans de progrès ! Les mêmes bouseux qui, grâce à l’action intense, déterminée, courageuse des aventuriers du pétrole découvriront, niais et ridicules, que leurs crevettes dorées (dont ils cherchaient le gisement) s’ébattent précisément à la proximité du forage qui va apporter la prospérité à la petite bourgade endormie ! Ah oui, c’est bon de voir les billevesées écologistes aussi ridiculisées et reléguées aux rangs archaïques ! Presque aussi bon que de voir – enfin ! – nos gouvernements se diriger, sans gêne ni ridicule, vers la promotion de l’énergie nucléaire qui, grâce à la prochaine utilisation de la fusion nous assurera une énergie infinie et presque gratuite !

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God’s pocket

mercredi, décembre 28th, 2022

Crasseux bazar de Philadelphie.

Un film court, nerveux, rythmé qui pose d’emblée clairement les lieux et les personnages. God’s pocket est un quartier très pourri de Philadelphie. Philadelphie provisoire capitale des balbutiants États-Unis, Philadelphie qui fut prospère, mais dont le centre a été au fil des années abandonné par les classes moyennes fuyant la gangsterisation (plus de 400 homicides annuels ; avec ses 33 morts en 2022, Marseille joue très petit bras, non ?). Donc God’s country quartier minable, sali, rouillé et crasseux, très crasseux. Et habitants de la même nature, qui chapardent, trafiquent, se soûlent consciencieusement, n’essayent même plus de s’en sortir. Simplement de survivre au jour le jour en sachant bien que, sauf miracle qu’on n’attend même plus, la vie sera au moins aussi pourrie demain qu’hier. (suite…)

Salé sucré

mardi, décembre 27th, 2022

Salé, sucré, Affiche, version restaurée

Un peu mélo, mais…

Drôle d’idée d’aller regarder un film de Taïwan, cette île où jadis se réfugièrent les partisans de Tchang Kaï chek, après la défaite subie en 1949 par les armées de Mao Tsé tung. Une île de Chine, aussi pluvieuse et aussi moche que l’on imagine. Un peu moins crasseuse, seulement, parce que les Étasuniens, qui soutiennent avec force la fiction d’une Chine qui ne l’est pas tout à fait, veulent montrer au monde quelque chose de ripoliné et de présentable. Une fausse Chine, libéralisée avant l’autre, où les jeunes gens, quelques décennies avant ceux du Continent, sont partis faire des études dans les grandes universités mondiales, Harvard ou Yale, avant de revenir faire du fric dans leur île provisoirement ouverte. (suite…)

20000 lieues sous les mers

lundi, décembre 26th, 2022

« Homme libre toujours tu chériras la mer… »

Si l’on a dix ou onze ans, ou un peu plus, ou un peu moins, on se régalera de 20000 lieues sous les mers, parce que c’est rythmé, rapide, clair, angoissant et gratifiant tout à la fois, parce que ça fonctionne bien. Comme fonctionnaient toutes les belles machines hollywoodiennes de nos années adolescentes. Car si on a soixante-dix ans, ou davantage, un peu moins, un peu plus, on se régalera de retrouver un film parfaitement semblable au souvenir qu’on pouvait en avoir : exotisme, féerie, angoisse, hauteur de vue, explorations sous-marines, dévouement absolu au chef mystérieux, anéantissement très noble et très bien consenti de tous ceux qui ont suivi ce chef. (suite…)

Funny girl

vendredi, décembre 23rd, 2022

Délicieusement filmé et interminable.

C’est un film absolument interminable, à la célébration exclusive de Barbra Streisand, qui est bien oubliée, me semble-t-il, aujourd’hui, mais qui fut une immense vedette mondiale, à la scène et à l’écran. Un étrange visage au nez trop fort, mais qui ne manque pas de charme, pas plus que l’actrice ne manque d’abattage et de talent. Dans ce spectacle fastueux qui a été réalisé avec d’importants moyens par William Wyler, l’actrice occupe tout l’espace, et l’occupe sans doute un peu trop, malgré la qualité des autres interprètes, Omar Sharif et Walter Pidgeon essentiellement.

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