Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Seven

jeudi, mars 28th, 2019

Am stram gram, pic et pic et colegram.

Rien n’effraie davantage l’imaginaire que le tueur en série parce que si, pour les faire tenir sages, on peut raconter aux petits enfants des histoires de loups-garous, on sait bien qu’existent au delà des fariboles, la réalité des crimes à haute échelle. Songeons à Gilles de Rais, ancien compagnon de Jeanne d’Arc, à la comtesse sanglante Erszebeth Bathory, à Jack l’éventreur, qu’on vient enfin d’identifier formellement. Et à la multitude de récits proposés à l’écran, depuis M le maudit de Fritz Lang. On peinerait sans doute à dresser une typologie de cette forme industrielle cinématographique d’assassinats. (suite…)

Barbecue

mercredi, mars 27th, 2019

Mal grillé et sans piment.

Un acteur qui peut être remarquable dans un rôle exigeant – Lambert Wilson – Des hommes et des dieux – une humoriste qui peut être très amusante sur scène – Florence Foresti -. Autour d’eux un rassemblement de comédiens dont certains – Sophie DuezGuillaume de TonquédecLionel Abelanski – ne sont pas médiocres, malgré la présence pustulesque du gugusse Franck Dubosc. Et, au final une pitrerie formatée pour les assoupissants dimanches soir de TF1. (suite…)

Les invités de mon père

lundi, mars 25th, 2019

Nouillerie bien pensante.

Oh là là, que c’est mauvais, convenu, trafiqué, faussement hardi, faussement paradoxal, faussement incisif, plein de niaise bonne conscience et, en même temps se voulant acide et pénétrant ! (suite…)

Un revenant

lundi, mars 25th, 2019

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Ciel de suie lyonnaise.

Je ne sais pas si on peut être vraiment sensible à la pesanteur vénéneuse de ce film si l’on ne connaît pas Lyon, ses brouillards d’étoupe, ses pavés luisants de pluie, ses grands appartements austères du quartier d’Ainay, ses familles à secrets, cette discrétion dans la hauteur et dans la morgue qui, quelquefois ne manque pas d’allure mais qui peut être d’une extrême cruauté. L’atmosphère d’Un revenant est aussi étouffante que celle du Thérèse Raquin de Marcel Carné, qui se passe aussi à Lyon. Et ceci bien qu’il se passe dans la bourgeoisie cossue, et non chez les petits boutiquiers avides, atterrants de mesquinerie. Mais les grands bourgeois d’Ainay sont au moins aussi crapoteux que les petits bourgeois de Monplaisir… (suite…)

Les Tuche 2 – Le rêve américain

vendredi, mars 22nd, 2019

Comment suis-je tombé si bas ?

J’avais déjà trouvé répugnant le premier tome de cette saga d’une roublarde démagogie qui fait honte à la fois à ses concepteurs – producteur, réalisateur, acteurs – mais aussi au public qui lui a fait un triomphe. C’est accablant, et d’autant plus que ça a de plus en plus de succès : 1,5 million de spectateurs pour le premier, 4,6 pour le deuxième… et près de 6 millions pour le troisième, de surcroît couronné d’un César du public et encensé par les critiques du Monde et du Figaro. Quand je pense qu’il y a 40 ans nous regardions d’un air supérieur et méprisant Mon curé chez les Thaïlandaises ou Les Charlots font l’Espagne ! C’était minable, mais moins dégradant que les histoires de la famille Tuche. (suite…)

Le péril jeune

jeudi, mars 21st, 2019

C’était un temps déraisonnable.

Ma foi ! C’est en redécouvrant Le péril jeune que je me suis rendu compte non pas que je vieillissais (ceci mes rhumatismes et autres maux me le rappellent avec une assez constante cruauté), mais que ce qui me semblait le plus immuable avait changé bien avant que j’en prenne conscience. Né en 1947, j’ai passé mon adolescence dans des établissements où très peu de choses avaient été modifiées depuis des lustres, un monde qui n’était pas bien différent de celui qu’avait vécu mon père un peu après la Grande guerre et sûrement mon grand-père, au siècle précédent. Absence de toute mixité, ordre, discipline, rigueur, respect de l’autorité, qui n’excluait évidemment pas de secouer le licol dans le chahut ou la fugue. Cette école-là, c’est celle si justement mise en scène par Pascal Thomas dans Les zozos : il faut laisser la politique aux grandes personnes tranche le Surveillant général lorsque deux garçons commencent à se mettre des peignées à propos de l’Algérie alors encore française… (suite…)

Le chômeur de Clochemerle

mercredi, mars 20th, 2019

Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.

Placer sous l’invocation de Blaise Pascal un film de l’ordre du Chômeur de Clochemerle peut paraître assez singulier et même tout à fait démesuré. Mais s’il est vrai que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, selon la formule hermétique d’Hermès Trismégiste et que – revenons à Pascal – les deux abîmes de l’infini et du néant se répondent en parallèle, le titre que je donne à ce message n’est pas du tout illégitime. Car la vacuité au cinéma a quelque chose de fascinant. C’est certes moins admirable que les trop rares chefs-d’œuvre et beaucoup plus fréquent, mais c’est tout autant sidérant. (suite…)

Voyage à travers le cinéma français 2

lundi, mars 18th, 2019

Tavernier l’enchanteur.

Voyage à travers le cinéma français était un film sorti en salles (trop peu de salles) en 2016, un film emballant, enthousiasmant, nourri de l’amour du cinéma de Bertrand Tavernier et destiné à ceux qui, comme lui, aiment voir et revoir les films qu’ils aiment, chefs-d’œuvre incontestés mais aussi petits bijoux peu connus, quelquefois en toc, souvent magnifiques. Mais au bout des 3h15 partagées par un entracte, on sortait frustré de la salle. Jacques BeckerJean RenoirJean VigoMarcel CarnéJean-Pierre Melville affectueusement, amoureusement présentés, c’était évidemment magnifique, mais où étaient les autres, Sacha GuitryJean GrémillonMarcel PagnolJulien DuvivierMax Ophuls ? Et un carton, heureusement, annonçait un deuxième film.

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Les secrets professionnels du docteur Apfelglück

dimanche, mars 17th, 2019

Petites horreurs minuscules.

Est-ce que Les secrets professionnels du docteur Apfelglück n’est pas, d’une certaine façon la conclusion et le chant du cygne de toute une période du cinéma comique français irrigué par les équipes mélangées d‘Hara-Kiri (et de Charlie Hebdo), du Café de la Gare et du Splendid, qui portaient une veine de dérision, de sarcasme, d’outrance et qui ont donné leurs plus éclatantes comédies dans les quinze ans qui ont précédé le film à sketches multi-réalisé par Alessandro CaponeStéphane ClavierHervé PaludMathias Ledoux et Thierry Lhermitte ? À partir de Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine de Coluche (1977) et surtout des merveilleux Bronzés (1978), c’est une suite de contes et récits déjantés. Il faut toutefois bien reconnaître que la plupart manquent totalement de qualité, que ce soient Les héros n’ont pas froid aux oreilles (1979), Elle voit des nains partout (1982), ou Les cigognes n’en font qu’à leur tête (1989). Et je ne cite que ce dont je me souviens. (suite…)

Vive les femmes !

mercredi, mars 13th, 2019

En ces temps-là…

Jean-Marc Reiser est mort, à 42 ans, en 1983 (déjà). S’il avait vécu, aurait-il fait partie des victimes de l’attentat islamiste du 7 janvier 2015 où Georges Wolinski, un de ses amis de la grande époque de Charlie Hebdo fut assassiné ? Ou bien se serait-il un peu éloigné doucement de cette équipe iconoclaste, comme l’avait fait François Cavanna, mort en 2014 ? Va savoir ! Il y a toute une équipe ravageuse qui a disparu au fil des ans, avec les vicissitudes de l’âge, comme Marcel Gotlib, équipe qui avait, comme jadis les surréalistes, révolutionné les regards sur la vie. (suite…)