Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Jésus de Nazareth

lundi, avril 18th, 2022

Une histoire immortelle.

Presque six heures et demie pour conter l’immense aventure des quatre évangiles, en essayant d’y inclure à la fois toutes les péripéties de la vie de Jésus de Nazareth et la force nouvelle de son enseignement, ce n’est pas excessif.

Surtout lorsqu’on divise le propos en quatre épisodes télévisés, que l’on prend tout le temps qu’il faut, sans abuser le moins du monde d’ellipses et d’allusions.

La série a d’ailleurs, paraît-il, connu un immense succès international. (suite…)

Notre-Dame de la Mouise

jeudi, avril 14th, 2022

« Le Christ dans la banlieue »

Voilà un film qui marque bien clairement – presque naïvement – son propos ; un film qui révulserait la bien-pensance d’aujourd’hui, puisqu’il emprunte tous les codes de la bien-pensance d’avant-hier. Un film bien intéressant de ce fait, d’ailleurs. Un jeune prêtre, l’abbé Vincent (François Rozet), vicaire d’une opulente paroisse parisienne, obtient de ses supérieurs d’aller évangéliser un des pires coins de la banlieue, La Californie (ainsi nommée par antiphrase) dans la fameuse Zone qui s’est établie sur les fortifications démolies et où métastasent les bidonvilles. (suite…)

Ran

lundi, avril 11th, 2022

Stupeur et tremblements.

C’est sans doute le meilleur film japonais que j’ai vu. Il est vrai que je n’en ai peut-être regardé moins que dix de toute ma vie, rebuté par l’éloignement civilisationnel, mais aussi par les éructations d’une des plus laides et les moins euphoniques langues du monde (à égalité avec le néerlandais). Quelle différence avec les belles mélodies françaises, italiennes ou russes ! On a l’impression que tous les personnages du film ne cessent de s’invectiver. Et dans ce monde-là, il semble qu’il n’y ait pas de place pour la douceur ou pour l’humour ou pour le sourire… (suite…)

Les poings dans les poches

vendredi, avril 8th, 2022

Pensum maoïste.

Marco Bellocchio eut quelque notoriété jadis, bien jadis, dans les ciné-clubs militants où anarchistes, communistes radicaux, trotskistes et surtout maoïstes commençaient à faire chauffer la bouilloire de Mai 68. Je me rappelle bien quelques discussions fiévreuses sur la nécessaire suppression de la société bourgeoise et l’éradication de la famille patriarcale qui s’appuyaient sur Les poings dans les poches. Comme pour ma part je ne connaissais d’autre société que bourgeoise, sinon la société prolétarienne qui conduisait aux superbes réussites de l’Union soviétique et de la Chine populaire, comme ma famille – et celles des camarades que je connaissais – me semblait un foyer protecteur et ennoblissant, je m’étais soigneusement gardé d’aller voir ce brûlot engagé. (suite…)

Cartel

mercredi, avril 6th, 2022

Inéluctable.

Entre autres mérites, Cartel aurait toujours eu celui de mettre à bas les illusions de ceux qui pensent qu’on pourra un jour venir à bout du trafic de drogue autrement qu’en en légalisant totalement l’usage et la vente libre. J’emploie le conditionnel puisqu’il me semble évident qu’aucun gouvernement n’a envisagé – et n’envisagera jamais – cette solution extrême qui serait évidemment l’aveu d’une défaite absolue du Bien contre le Mal. Mais enfin, mon petit doigt me dit que l’absurde prohibition imposée aux vertueux États-Unis entre 1920 et 1933 et levée à bas bruit était une défaite du même genre. (suite…)

Secrets et mensonges

vendredi, avril 1st, 2022

Les aventures des gens de peu.

Elle a de l’allure, de la distinction, elle est paisible et parfaitement insérée dans la société britannique de la fin du siècle dernier. Elle est opticienne, elle vit seule, elle vient de perdre sa mère adoptive. Elle est noire, elle s’appelle Hortense (Marianne Jean-Baptiste) et, presque sur un coup de tête, sans besoin identitaire précis, elle décide de retrouver sa mère biologique, sa génitrice, qui l’a abandonnée à sa naissance. Curiosité plus que besoin : son équilibre personnel n’a pas besoin de davantage. Mais enfin, dans une vie sans doute un peu vide, elle se prend au jeu, elle cherche.

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La loi

samedi, mars 26th, 2022

La chatte sur un toit brûlant.

Merveilleux romancier désinvolte, dandy hédoniste et drogué, Roger Vailland avait été brisé par la révélation des crimes du stalinisme par Nikita Krouchtchev lors du XXème Congrès du Parti communiste soviétique en février 1956. C’est sans doute pour cela qu’il a changé radicalement l’orientation de ses romans, jusqu’alors bâtis sur l’idéologie de la lutte des classes. Avec La loi, qui reçut le Prix Goncourt en 1957, il substituait les rapports féodaux aux rapports sociaux modernes. Et c’est naturellement qu’il situait son intrigue dans une région européenne où l’archaïsme féodal pesait encore. (suite…)

Maigret

vendredi, mars 25th, 2022

La jeune fille et la mort.

En regardant le générique jusqu’à la fin, je me suis aperçu, hier, au cinéma que Maigret était l’adaptation d’un roman intitulé Maigret et la jeune morte. Je n’ai pas lu ce titre-là, ce qui n’a rien d’extraordinaire, parce que, malgré mon immense admiration pour l’œuvre de Georges Simenon je ne possède pas l’intégrale de ce merveilleux polygraphe : plus de 350 romans publiés sous son nom, des centaines d’autres romans et de nouvelles avec l’utilisation de 27 pseudonymes. Le célèbre commissaire de la police judiciaire apparaît d’ailleurs, m’apprend notre amie Wiki, dans 75 romans et 38 nouvelles. (suite…)

The king of Marvin gardens

jeudi, mars 24th, 2022

Confus, verbeux, ennuyeux

J’ignorais, avant de regarder The King of Marvin Gardens et de découvrir Jack Nicholson encore bien jeune que l’acteur avait d’abord été scénariste. Et de la même façon je ne savais pas que c’est dans cette fonction qu’il avait rencontré Bob Rafelson. J’ignorais tout autant qui était ce réalisateur, si ce n’est qu’il avait tourné Cinq pièces faciles dont le titre très euphonique m’avait séduit, mais que je n’ai pas dû aller voir pour autant en 1970. Au vu de The king of Marvin Gardens, je me dis que j’ai eu alors une bonne intuition. (suite…)

Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des plaines)

dimanche, mars 20th, 2022

Prisonnier dans sa tour.

Ils ont bien de la chance, ces cinéastes français qui parviennent à trouver, année après année, des financements publics confortables pour tourner des films parfaitement nombrilistes. Adulé par la critique savante des professionnels de la profession, maintes fois sélectionné dans toutes les compétitions filmiques que lesdits organisent à tire-larigot (aussi bien le Festival de Cannes que les Étoiles d’or, les festivals de Cabourg ou d’Angers, etc.) Arnaud Desplechin occupe un rang de notoriété enviable, un des plus importants parmi les réalisateurs sérieux, qui font les bonnes pages de Télérama et les bons bavardages du Masque et la plume. (suite…)