La Truite

janvier 12th, 2017

Gobe-mouches

Je n’ai absolument aucune prévention contre le cinéma de Joseph Losey ; j’ai eu assez d’intérêt pour The servant, je me souviens d’avoir jadis regardé sans désagrément Le garçon aux cheveux verts, Eva ou Monsieur Klein et j’aimerais bien retrouver la beauté de Monica Vitti, singulière Modesty Blaise. Par ailleurs, j’ai beaucoup d’admiration pour la personnalité et surtout l’œuvre romanesque du dandy communiste (un peu) et drogué (beaucoup) Roger Vailland. François Leterrier a réalisé une adaptation parfaite des Mauvais coups, Jules Dassin une bonne adaptation de La Loi, Jean Prat une adaptation télévisée de 325.000 francs. Et il y a même eu une adaptation de Drôle de jeu par Jean-Daniel Pollet et Pierre Kast (mais que je n’ai pas vue). Read the rest of this entry »

Les lions sont lâchés

janvier 9th, 2017

Mais la mouche tsé-tsé les a piqués.

Bon, allez, je vous mixe tout ça. Réalisateur, Henri Verneuil, un des metteurs en scène les plus solides du cinéma français, un type qui collectionne les succès et qui tourne quelquefois de bons, de très bons films, de La vache et le prisonnier au Clan des Siciliens en passant par Le Président, Un singe en hiver, Mélodie en sous-sol et bien d’autres, des succès publics et des films qu’on ne se lasse pas de voir. Auteur du roman dont le film est adapté, Françoise Parturier, (sous le pseudonyme de Nicole), qui fut un auteur à grands succès, à la fois féministe et gaulliste (ce qui ne va pas de soi). Read the rest of this entry »

La Bible

janvier 6th, 2017

Clinquant. Vide. Ennuyeux.

Avoir voulu embrasser dans un film qui dure pourtant près de trois heures les 22 premiers chapitres de la Genèse, c’est-à-dire du premier segment (qui en compte 50) du Livre majeur de l’Humanité (qui comprend 39 ensembles de textes pour le seul Ancien Testament) était un projet honorable, mais d’évidence promis à la catastrophe. Gageure impossible à tenir, mais aussi trop long feuilleton décousu marqué par une absence totale de spiritualité, ce qui peut se concevoir, mais aussi de distance avec le texte. Sans doute peut-on créditer les scénaristes (dont, paraît-il, Orson Welles) d’une grande honnêteté et d’un respect méticuleux des textes, mais ça ne suffit évidemment pas à rendre compte de récits complexes et légendaires sur lesquels a pris racine la Foi de milliards de gens. Read the rest of this entry »

La bonne année

janvier 4th, 2017

Un homme et une femme.

Dans la filmographie de Claude Lelouch, aussi vaste et vide qu’un corridor monumental, La bonne année émerge assez nettement et parvient, même après plusieurs visions, à retenir l’attention. Il est certain que c’est là le meilleur film de ce réalisateur boulimique, généralement insignifiant, qui, malgré la succession des bides qu’il ne cesse de rencontrer, parvient à conserver une notoriété médiatique incompréhensible. Read the rest of this entry »

Et Dieu créa la femme…

décembre 30th, 2016

puis longuement, ensuite, il se reposa…

Comment se fait-il qu’un film doté – si l’on peut dire – d’un scénario d’une telle indigence, affreusement mal dialogué et dont les interprètes (tous les interprètes, même la pourtant excellente Jane Marken, même Jean-Louis Trintignant) sont extrêmement mal dirigés puisse conserver 60 ans après une telle renommée, jusqu’à être (hier soir) programmé sur Arte et avoir conservé une certaine force subversive ? Read the rest of this entry »

Quoi de neuf Pussycat ?

décembre 28th, 2016

À oublier pour toujours.

Ma note ne s’élève au dessus de la glaciation absolue que grâce à la tonitruante chanson-titre qui, grâce au talent du Gallois Tom Jones, fit une carrière planétaire absolue. Au titre aussi, un peu, qui est une belle trouvaille de Warren Beatty. L’acteur, paraît-il, abordait en effet ainsi, par What’s new, Pussycat ? les minettes, dont il était grand consommateur et fut à l’origine de l’idée du film (ceci sûrement à l’issue d’une soirée un peu imprégnée de substances que la loi interdit mais qui faisaient florès à l’époque dans le monde occidental). Read the rest of this entry »

L’arme à gauche

décembre 24th, 2016

Du rhum et du punch.

Je m’étonne d’avoir été, il y a quelques années, si condescendant pour ce film qui, malgré quelques longueurs initiales, dès qu’il a atteint la bonne température, devient très prenant et même quelquefois haletant, à ses meilleurs moments. Read the rest of this entry »

Un plan simple

décembre 22nd, 2016

La plume du corbeau dans la culotte du zouave.

Admirable titre que celui d’Un plan simple et admirable grinçante situation de braves gens insignifiants qui, par une sorte de logique implacable des choses se trouvent peu à peu coincés dans un piège infernal semé de cadavres ! On a rarement aussi spirituellement mis en valeur des situations dans quoi chacun peut sinon se retrouver, du moins imaginer qu’il pourrait être, jusqu’à leurs développements les plus épouvantables… Read the rest of this entry »

Maigret tend un piège

décembre 14th, 2016

Ça n’sert à rien de chercher à comprendre…

J’aimerais faire tourner Jean Gabin : il habillerait bien certains de mes personnages, disait déjà Georges Simenon en 1937. Et, de fait, la rencontre de ces deux monuments a forgé un bloc bien solide de très bon cinéma français. Adaptations souvent très infidèles au texte, mais la plupart du temps très conformes à l’esprit de romans naturalistes depuis La Marie du port jusqu’au Chat, en passant par La vérité sur Bébé Donge, Le sang à la tête, En cas de malheur. Et les trois Maigret, dont il ne faut retenir que les deux premiers, ceux tournés par Jean Delannoy, le troisième, Maigret voit rouge, réalisé par Gilles Grangier, ne méritant qu’un voile pudique. Read the rest of this entry »

Haute pègre

décembre 10th, 2016

haute-pegreÉlégant, léger, superficiel.

Je crois bien que Haute pègre est le premier film que je regarde de l’assez réputé Ernst Lubitsch, film que le cinéaste considérait comme sa meilleure œuvre et qui est chanté ici et là avec des trémolos admiratifs sur bien des sites de cinéma. Je ne suis pourtant pas certain que ça m’a donné envie de voir d’autres réalisations de ce metteur en scène, mais je ne rechignerais pourtant pas si m’étaient proposés à bas prix ou par la grâce d’une diffusion télévisée Ninotchka (surtout pour découvrir si Greta Garbo était si belle qu’on l’a dit) ou Jeux dangereux qui est, paraît-il, assez réussi dans le genre sarcastique. Read the rest of this entry »