Trois chambres à Manhattan

novembre 29th, 2015

Trois-chambres-a-Manhattan-affiche-8534Le désordre et la nuit.

Voilà un film où il se passe, finalement, assez peu de choses et qui a, pourtant, un rythme proche d’un polar. Sans doute cette impression est-elle due aux nombreux huis clos, à l’atmosphère des bars de nuit, aux errances anxieuses des personnages, finalement à tout un climat assez poisseux, analogue à celui de nombreux récits noirs. Read the rest of this entry »

Codine

novembre 24th, 2015

3700246907053_1_75 Mélancolie du Danube.

Forcément, en redécouvrant Codine d’Henri Colpi quarante ans après sa sortie, on songe aux films d’Emir Kusturica et notamment à Chat noir, chat blanc qui se passe lui aussi le long de l’immense Danube, long paysage civilisationnel qui transcende même les différences entre les Serbes, Slaves du Sud (Yougo-Slaves) et les Roumains, Latins mâtinés de Byzantins. Dans l’une et l’autre culture, il y a de la violence, de la mélancolie, de la folie mélodieuse, de la passion, un certain mépris des règles. Et puis de la poussière, des masures qui tiennent debout on ne sait comment, des animaux qui courent partout, des superstitions invraisemblables, de la cruauté. Et encore, et beaucoup, la mort qui rode ici et là. Read the rest of this entry »

L’affaire Cicéron

novembre 22nd, 2015

   l-affaire-ciceron-five-fingers-03-10-1952-22-02-1952-2-gHistoire vraie, réalisation éblouissante.

Je crois avoir lu dans la disparue collection Marabout junior qui, comme la Bibliothèque verte publiait d’intelligents ouvrages d’adultes résumés pour les enfants, le récit qui fait la trame du film de Mankiewicz, cette histoire invraisemblable et pourtant réelle d’espionnage qui aurait pu bouleverser la fin de la dernière guerre. En tout cas si les Allemands ne s’étaient piégés eux-mêmes en n’accordant pas foi aux renseignements qu’ils payaient très cher (il est vrai en monnaie de singe) à l’espion qu’ils avaient baptisé Cicéron. Read the rest of this entry »

Un frisson dans la nuit

novembre 19th, 2015

57309_t6Asthmatique.

C’est donc, paraît-il, le premier film réalisé par Clint Eastwood et c’est suffisamment maladroit pour qu’on n’en doute pas ! Alors que le scénario, sans être d’une folle originalité, est intéressant et comporte une bonne dose de violences bienvenues, qui m’ont fait, dans les meilleures séquences, songer à un excellent giallo (par exemple le meurtre du sergent McCallum (John Larch) zigouillé avec une grande brutalité), la mise en scène et le rythme m’ont paru extrêmement poussifs. Read the rest of this entry »

Truman Capote

novembre 16th, 2015

Très controversé.

Par curiosité, j’ai regardé ça hier sur Arte ; il se peut que mon jugement ait été faussé par mon ignorance totale de l’œuvre de Truman Capote (tout juste savais-je que c’était un homosexuel du genre flamboyant) et parce que je n’ai pas lu De sang froid livre qui a fait, je me le rappelle, forte impression lorsqu’il est sorti en France, en 65 ou 66…

Pour qui ne connaît ni l’auteur, ni le livre, le film de Bennett Miller paraît être une hagiographie minutieuse et révérencielle où les admirateurs de Capote retrouvent, en pieux pèlerinage, leur écrivain préféré. Les autres, dont je suis, estimeront que c’est bien long pour si peu de choses…

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Les contrebandiers de Moonfleet

novembre 16th, 2015

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Les diamants sont éternels.

Voici d’abord un merveilleux conte pour les enfants qui aiment l’aventure, s’identifient au jeune John Mohume (Jon Whiteley) et découvrent avec lui en haletant les landes sombres parcourues de nuages noirs, les châteaux en ruine aux statues brisées, les cryptes pleines d’ombre inquiétantes et de cercueils vermoulus, les puits sans fond. Il y a des bandits, des duels, des fuites éperdues, des chevauchées ; il y a aussi ce personnage fascinant qu’on ne peut s’empêcher d’admirer, Jeremy Fox (Stewart Granger), la beauté, l’élégance, la prestance, faites homme, qui pourrait être un grand frère invincible et qui incarne tous les mystères qu’on ne comprend pas tout à fait, mais qu’on devine grisants. Qui n’a jamais rêvé vivre ces moments aussi excitants que terribles ?

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Les poupées russes

novembre 13th, 2015

Affiche Les poupées russes L’avenir du passé.

On songe forcément, en retrouvant dans Les poupées russes Xavier Rousseau (Romain Duris) cinq ans après L’auberge espagnole au personnage d’Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud), mis en scène dans cinq films. On n’en est là qu’au deuxième, mais il y aura ensuite un numéro trois, Casse-tête chinois, et rien ne dit que Cédric Klapisch ne mijote pas un nouvel opus. Après tout la vie des hommes est assez intéressante et variée, pour qui sait la regarder et on peut bien s’amuser en parcourir toutes les strates, de l’adolescence au grand âge, avec à la fois ironie et empathie. Read the rest of this entry »

L’auberge espagnole

novembre 11th, 2015

affiche L'aubergeL’air du temps.

Tout ce qu’on voudra mais Cédric Klapisch a un certain nez pour respirer certains traits de l’esprit d’une époque et un certain doigté pour les présenter. Qu’il soit un cinéaste de talent est une autre question, à quoi on peut d’ailleurs sans choquer répondre par oui ou par non, mais c’est là un sujet secondaire par rapport à ce qu’il parvient à capter. Read the rest of this entry »

Vipère au poing

novembre 9th, 2015

Affiche VipèreThe last and the least.

J’ai souvent écrit que tout le monde n’avait pas la chance, comme Jacques Becker, de partir ad patres sur un dernier grand film (Le trou en l’espèce) et que, malheureusement beaucoup de grands réalisateurs achèvent mal leur carrière… Songeons aux dernières œuvres de Duvivier, de Carné, d’Autant-LaraRead the rest of this entry »

Sous les yeux d’Occident

novembre 7th, 2015

mediaLa déception est-elle révolutionnaire ?

Le film manque d’envergure et de nerf. Et alors que j’ai beaucoup d’intérêt pour l’Europe de l’Est, pour les chaudrons révolutionnaires et pour les militants des causes extrêmes (ce qu’on peut appeler, sûrement pas à tort, les excités). Et je trouve que Marc Allégret n’a pas assez appuyé sur ces thèmes, centrant tout son film sur le conflit insurmontable qui saisit ce brave type de Razumov (Pierre Fresnay) qui ne demande rien à personne, voudrait qu’on lui fiche la paix et se trouve contraint par l’enchaînement des événements à vivre un destin tragique… jusqu’à en mourir, au demeurant. Read the rest of this entry »