Les jeunes filles

novembre 7th, 2015

les-jeunes-filles-179x300Aisance, insolence et drôlerie.

C’est comme ça : on a édité, dans diverses collections, tout ce qui fit la richesse et l’intérêt de la télévision française de jadis, qu’elle fut R.T.F., O.R.T.F ou, plus récemment, TF1 ou Antenne2. On se procure sans grand mal les feuilletons, les séries, les grandes heures de La caméra explore le temps, mais il y a un grand déficit dans ce qu’on appelait les Dramatiques. Introuvables, Illusions perdues de Maurice Cazeneuve, La cousine Bette d’Yves-André HubertVipère au poing de Pierre Cardinal (ces deux derniers avec une immense Alice Sapritch) ; introuvables, inédités, Les célibataires de Jean Prat, Les jeunes filles de Lazare Iglesis, superbes adaptations de Montherlant. Read the rest of this entry »

L’île de l’épouvante

novembre 5th, 2015

affiche-l-ile-de-l-epouvante-3060Au dessous de tout.

Dans l’atterrant déroulement des pires navets de terreur, de ce cinéma de genre qui accable plus souvent qu’à son tour l’amateur sincère, il peut y avoir, surnageant dans l’océan des médiocrités, une séquence, ou même seulement quelques images qui permettent de se dire qu’on n’a pas complètement perdu son temps. Read the rest of this entry »

Le château du dragon

novembre 3rd, 2015

YFNODrôle de drame.

Les admirateurs déterminés du cinéma de Joseph L. Mankiewicz se projettent dans ses films suivants pour accorder au Château du dragon de fort bonnes notes. Et cela bien qu’ils admettent volontiers l’insuffisance du scénario et les incohérences du récit.  Je conviens volontiers qu’il est effectivement difficile de ne pas avoir en avant-vue, si j’ose dire, toute la carrière d’un réalisateur pour apprécier sa première œuvre, mais moi qui suis un  thuriféraire modéré de l’auteur d’Ève, je n’ai pu m’empêcher de trouver le film long, confus et bien mélodramatique. Et j’ai mêlé  dans ma tête tout au long de la projection sur mon écran du Château du dragon les regrets de voir un film intéressant tourné sur un mauvais scénario. Read the rest of this entry »

Milady

octobre 28th, 2015

26922392« En avant, calme et droit ».

J’emprunte ce titre, En avant, calme et droit, à un beau roman de François Nourissier situé, tout comme Milady, dans l’austère milieu du Cadre noir de Saumur, conservatoire de l’équitation de haute école, refuge de traditions qui peuvent paraître incongrues, à tout le moins incompréhensibles à l’heure de la modernité galopante et de la mondialisation échevelée. Read the rest of this entry »

Belles familles

octobre 26th, 2015

ob_b57a4a_belles-famillesArthrose cervicale.

Je ne rate jamais un film de Jean-Paul Rappeneau. Remarquez que ce n’est pas très difficile puisque, depuis La vie de château en 1966, il n’en a tourné que six et que Belles familles est, alors qu’il a 83 ans, seulement son septième. Je sais qu’il n’est pas de bon goût d’évoquer l’âge d’un réalisateur, mais j’ai eu tant de bonheur avec Les mariés de l’an II, avec Cyrano, avec Le hussard sur le toit que je me crois autorisé à une certaine familiarité critique. Read the rest of this entry »

Leur dernière nuit

octobre 26th, 2015

Affiche Leur dernière nuit Bel ouvrage, agréable découverte.

Ah, voilà un film plein de charmes et de défauts, quelque chose qui m’a surpris et séduit lors de sa découverte et que je placerais volontiers dans une liste des films méconnus mais de grande qualité des années 50, au milieu de L’homme aux clés d’or, de Meurtres, de L’air de ParisRead the rest of this entry »

La bataille des cinq armées

octobre 25th, 2015

artoff8445Naufrage évident.

Sans doute, si j’avais vu au cinéma la bataille des cinq armées, de la même façon que j’ai vu les deux premiers volets de la saga du Hobbit, Un voyage inattendu et La désolation de Smaug, sans doute serais-je resté jusqu’au bout assis dans mon fauteuil. Malgré des réticences exprimées dès le premier épisode et qui tiennent à la vacuité de l’inspiration et au délitement du récit, devant la largeur de l’écran et la puissance des haut-parleurs, sans doute aurais-je été interloqué, abasourdi, hypnotisé, lobotomisé et serais-je sorti de la salle avec ce curieux sentiment de fatigue et d’insatisfaction que donne la vision d’une énorme machine parfaitement bien réglée mais profondément inutile. Read the rest of this entry »

La Cité de Dieu

octobre 24th, 2015

L’enfance nue.

Sans doute est-ce un peu long et surtout un peu répétitif. Même si le récit s’étale sur une quinzaine d’années, il ne s’échappe pas de cette favela où l’on suit l’initiation, l’ascension, la prise de possession, le règne et la chute sanglante de Petit Dé (Douglas Silva), devenu, avec l’âge, Petit Zé (Leandro Firmino), gamin des rues qui a le don du crime et va, pendant quelques années, régenter le trafic de drogue dans la Cité de Dieu, quartier de Rio de Janeiro construit pour éponger les longues files de miséreux qui s’accumulent dans la ville. Read the rest of this entry »

Welcome to New-York

octobre 20th, 2015

Affiche Welcome_to_New_York_(2014)Le secret derrière la porte.

Il y a lieu de penser que si, le 14 mai 2011, Nafissatou Diallo, femme de chambre du Sofitel de New-York était entrée une heure plus tard qu’elle ne l’a fait dans la suite 2806, Nicolas Sarkozy serait encore Président de la République française. Sans guère de doute lors de la Primaire d’octobre Dominique Strauss-Kahn, alors Directeur général du Fonds monétaire international aurait été désigné candidat du Parti socialiste aux élections présidentielles du printemps 2012. Quelques semaines avant le premier tour du scrutin, l’affaire des prostituées du Carlton de Lille serait sortie dans la presse et se serait diffusée avec gourmandise. Trop tard pour que le PS puisse désigner un autre candidat. Il n’est pas impossible, d’ailleurs, que la Gauche aurait été éliminée dès le premier tour, la vertueuse indignation des foules aidant. Read the rest of this entry »

Souvenirs perdus

octobre 17th, 2015

Affiche Souvenirs_perdus-1.jpg~original…et qui auraient pu tout aussi bien le rester.

Délaissé aujourd’hui, le film à sketches a connu un âge d’or pendant une bonne quarantaine d’années, au moins en Europe. Le procédé permettait de placer sur les affiches une distribution nombreuse et éblouissante, même si certains comédiens ne faisaient qu’une très brève pige, apparaissant quelques instants et justifiant à peine leur cachet. Le fil conducteur pouvait être assez artificiel (Carnet de bal ou Le diable et les dix commandements de Julien Duvivier, La vie à deux de Sacha Guitry, Les petits matins de Jacqueline Audry) ou ne pas exister du tout, le film constituant une étude de caractères, comme on disait jadis (Les monstres de Dino Risi, Sept fois femme de Vittorio De Sica). Read the rest of this entry »